Complexe récréatif de 104 M$ à Russell: critiques de groupes utilisateurs malgré des ajustements budgétaires

Des membres de la communauté expriment leur désaccord concernant la conception finale du futur complexe récréatif de 104 M$ à Russell, notamment l’élimination du vestiaire Junior B et la réduction du nombre de places pour les spectateurs.

Une démonstration récente concernant la conception du futur complexe récréatif de Russell met en lumière encore une fois l’élimination d’un vestiaire privé dédié à l’équipe Junior B, une caractéristique présente dans les plans conceptuels initiaux. Toutefois, selon la Municipalité de Russell, cette décision s’inscrit dans une volonté de préserver un budget responsable et de répondre aux besoins collectifs de la communauté.  

Les plans d’origine, élaborés avant la pandémie, comprenaient une mezzanine partielle, une capacité de spectateurs agrandis ainsi que le vestiaire privé pour l’équipe Junior B. À l’époque, le projet était estimé à environ 85 millions de dollars.  

Puis, en 2024, malgré des réductions majeures dans la conception, notamment le retrait de la mezzanine, la diminution du nombre de vestiaires de 18 à 12, quatre par patinoire, ce qui est la norme, une capacité réduite pour la patinoire principale et l’élimination du vestiaire Junior B, les coûts ont grimpé à 104 millions de dollars, en raison de l’explosion des prix de construction.  

Des attentes déçues de la part des principaux groupes utilisateurs  

Alors que le nouveau complexe devait répondre à long terme à la forte demande en temps de glace dans la région, l’association de hockey mineur et l’équipe Junior B d’Embrun affirment que la conception actuelle ne reflète plus les promesses initiales.  

Ce groupe, qui inclue Christian Gauthier, Darell Campbell, Fred Dubois, Maurice Lemieux, Matthieu Brisson, et Maxime Lauzon, demandent à la municipalité de Russell d’envisager la suppression de certains espaces inclusifs pour maximiser l’espace utilisable dans les vestiaires.  

La capacité d’accueil des spectateurs a également été revue à la baisse, passant à un peu moins de 500 sièges avec un espace debout, et l’espace junior dédié a été entièrement éliminé.  

Les représentants des utilisateurs estiment qu’un ajustement à cette étape du projet pourrait éviter des rénovations coûteuses dans l’avenir. Toutefois, ils affirment que leurs préoccupations ont jusqu’ici été largement ignorées. 

« Je pense qu’il est encore temps d’apporter des changements. Ce ne sera pas aussi coûteux que la municipalité le dit. Ils vont économiser de l’argent », a dit Fred Dubois, membre du groupe qui proteste les plans de construction du complexe récréatif. 

Une responsabilité envers toute la communauté  

« Il s’agit d’un centre de loisirs communautaire conçu pour répondre aux besoins du hockey mineur, des loisirs publics, de la natation, et des espaces de rassemblement communautaire. Il ne s’agit pas d’un centre de développement du hockey de compétition », indique Mike Tarnowski, maire de la municipalité de Russell. « Le devoir du Conseil est de s’assurer que les investissements publics servent les intérêts de la communauté dans son ensemble. » 

Les critiques sur la taille des vestiaires seraient également infondées, selon le maire. Chaque vestiaire offre 54 pieds linéaires de bancs, soit l’équivalent de la plus grande salle actuelle à l’aréna de Russell, en plus d’un espace privé attenant avec cinq pieds supplémentaires. Si l’intimité n’est pas requise, la porte peut rester ouverte, agrandissant ainsi l’espace principal. Ce modèle flexible permet de répondre aux besoins variés des joueurs, entraîneurs, gardiens, et intervenants, tout en assurant l’inclusivité.  

Et après?  

La Municipalité n’a pas encore pris de décision concernant l’avenir des arénas actuels de Russell et d’Embrun. Le conseil devrait se prononcer à ce sujet à l’automne 2025. Le nouveau complexe devrait ouvrir ses portes en 2026. 

Pour le group, ils n’ont pas de plan à court terme. Ils planifient attendre pour les élections municipales en 2028, « puis on va remettre (les choses) à normal », a dit Christian Gauthier.