Catégorie : Autres – Others

  • Le feu vole tout à une femme locale

    Le feu vole tout à une femme locale

    Josée Myre s’est enfuie de chez elle au 833, rue Sinclair à Hawkesbury, vers 2 h 30, le lundi 8 mars, vêtue de son peignoir. L’incendie qui a consumé le triplex de deux étages où elle habitait lui a tout pris, y compris son précieux petit chien.

  • Unis TV à la rencontre d’éleveurs fransaskois

    Unis TV à la rencontre d’éleveurs fransaskois

    La série Cowboy urbain suit Steve Jodoin, animateur et producteur d’Edmonton, dans ses pérégrinations à la rencontre de francophones dans les Prairies afin de partager leur mode de vie et leur histoire. Dans le 4e épisode de la deuxième saison, intitulé Préserver son élevage et diffusé le 15 mars sur Unis TV, l’animateur se rend en Saskatchewan et rencontre plusieurs Fransaskois éleveurs de bétail. 

    L’un d’entre eux, Jean-Paul Monvoisin, élève des bœufs pur-sang à Gravelbourg. Les caméras débarquent chez lui en plein hiver, juste à temps pour le vêlage, moment où les vaches mettent bas, donnant naissance aux petits veaux. Quelque 450 nouveau-nés voient ainsi le jour par -40 degrés. «C’est impressionnant de voir à quel point il travaille fort, commente Steve Jodoin. Les éleveurs sont très travailleurs.»

    Ce qui frappe le plus l’animateur est sans aucun doute cette force de travail : «On oublie tout le travail qu’ils font pour qu’on ait de la viande dans nos supermarchés. Ils m’ont fait travailler comme l’un des leurs. C’était éprouvant, et ils font bien plus de travail que moi!», s’exclame Steve Jodoin, admiratif.

    Une histoire de famille

    Le métier d’éleveur de bétail est bien souvent une histoire de transmission. «Ce sont des gars qui ont appris de leurs parents, qui eux-mêmes ont appris de leurs parents et à leur tour, leurs enfants sont intéressés. C’est vraiment une entreprise familiale avec une transmission», observe l’animateur et producteur.

    Preuve en est chez Jean-Paul Monvoisin qui élève des bœufs depuis cinq générations. La série permet ainsi de découvrir non seulement le métier de rancher, mais aussi de découvrir la vie de ces familles. «Les gens sont tellement accueillants. Je m’attache vite au monde. Ils m’ouvrent leurs portes, ils sont généreux avec leurs histoires et deviennent des amis avec qui je garde contact», explique Steve Jodoin.

    Louis Alix, lui, élève des Black Angus avec sa famille depuis quatre générations à Coderre, à une demi-heure au nord de Gravelbourg. Face à l’intérêt porté par la nouvelle génération pour reprendre l’entreprise familiale, Steve Jodoin entrevoit un bel avenir pour la profession : «Il y aura toujours de la place pour les ranchers. C’est une nécessité pour la survie alimentaire. Ce sont eux qui mettent la nourriture sur la table», souligne-t-il. 

    Polyvalents avant tout

    L’épisode 4 de Cowboy urbain montre aussi le côté entrepreneur des éleveurs. «Ça fait partie du métier, indique Steve Jodoin. En plus de travailler avec le bétail, ils doivent s’assurer de trouver des acheteurs, d’aller dans des foires agricoles pour présenter leur bétail, d’amener leur entreprise à un autre niveau.» 

    Aussi, la coopération est souvent de mise entre ranchers. Louis Alix profite par exemple de terres de pâturages fertiles 120 jours par an pour ses bêtes sur des terres voisines appartenant à l’Administration du rétablissement agricole des Prairies, une instance fédérale. «Il faut pouvoir compter sur ses voisins», résume l’animateur.

    Le métier d’éleveur présente de nombreux défis abordés dans la série. Diminution de la fertilité, apparition de nouvelles maladies, fluctuation des prix… «Ce sont des gens qui font face aux défis et les relèvent. Ils trouvent l’énergie», observe Steve Jodoin. Sans compter que ces derniers sont aussi agriculteurs, faisant pousser eux-mêmes la nourriture pour leurs animaux.

    L’épisode Préserver son élevage de la deuxième saison de Cowboy urbain sera diffusé le 15 mars sur Unis TV.

  • Le brouillard terre-neuvien s’invite dans la campagne électorale

    Le brouillard terre-neuvien s’invite dans la campagne électorale

    Sur le site Web du quotidien terre-neuvien The Telegram, le dimanche 28 février, un mot brille par son absence : «élections». Sur celui de la CBC Terre-Neuve-et-Labrador, à part un texte sur le taux de participation datant de trois jours plus tôt, un seul article porte sur la question, mais il raconte plutôt comment le célèbre dirigeant grec Périclès avait perdu ses élections comme «stratège» à Athènes il y a 2550 ans en raison d’une pandémie.

    Les deux principaux médias de la province n’avaient donc rien à rapporter ce jour-là sur cette drôle de campagne électorale, dont la date limite pour inscrire son vote est le 12 mars. Où est-ce le 5? Ce l’était, oui, jusqu’à ce qu’on reporte la date… une autre fois.

    «On ne sait même pas quand on va connaitre les résultats», souligne d’un ton désabusé Amanda Bittner, politologue à l’Université Memorial, à Saint-Jean de Terre-Neuve. 

    Genèse d’une campagne «perdue»

    Lorsque le premier ministre Andrew Furey a demandé à la lieutenante-gouverneure de la province de dissoudre l’Assemblée législative et de déclencher des élections, le 15 janvier dernier, rien n’annonçait la catastrophe survenue depuis. 

    Les cas de COVID-19 semblaient sous contrôle. Trois autres provinces — le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique — avaient mené des campagnes électorales pendant la pandémie sans trop de problèmes.

    De par la loi, la date des prochaines élections devait être le 10 octobre 2023. Mais une disposition dans la législation provinciale prévoit qu’un premier ministre n’ayant pas été élu lors d’élections générales doit déclencher un scrutin dans l’année suivant son entrée en poste. 

    Or, Andrew Furey a été élu à la tête du Parti libéral l’été dernier et est devenu officiellement premier ministre le 19 aout, succédant à Dwight Ball, qui avait démissionné.

    Andrew Furey avait donc jusqu’en aout 2021 pour tenir des élections, mais il a préféré le faire cet hiver, au cœur d’une pandémie, un geste fortement critiqué par les partis d’opposition.

    «Il est devenu assez clair qu’Élection Terre-Neuve n’avait pas de plan B», souligne Stéphanie Chouinard, professeure en sciences politiques à l’Université Queen’s et au Collège militaire royal du Canada à Kingston. «Il y a eu énormément de cafouillages, des messages très peu clairs à l’égard du scrutin et des décisions assez mal réfléchies.»

    Les enjeux et les citoyens y perdent au change

    Au départ, le scrutin en personne a été reporté, mais seulement pour la péninsule d’Avalon, où se trouve la ville de Saint-Jean. Ailleurs, tout devait se dérouler comme prévu le 13 février. 

    L’éclosion de COVID-19 a toutefois continué de faire des ravages et le variant britannique a été détecté dans la province ; de sorte que, douze heures avant l’ouverture prévue des bureaux de scrutin, le directeur général des élections de Terre-Neuve-et-Labrador, Bruce Chaulk, a annoncé que tout le vote en personne était annulé et que le scrutin se déroulerait uniquement par la poste.

    La date limite pour recevoir les bulletins, le cachet de la poste faisant foi, a d’abord été fixée au 1er mars, puis au 5 mars… puis au 12 mars. Au milieu de tous ces plans de matchs, les débats sur les enjeux semblent être les grands perdants.

    «On ne discute pas des enjeux, selon Amanda Bittner de l’Université Memorial. On ne discute pas d’économie, on ne discute pas des soins de santé. Maintenant, on discute seulement de la pandémie et de la manière dont on va voter. Et c’est très dommage. Les élections sont normalement une occasion d’avoir de grandes conversations sur les enjeux, les solutions, les différentes idées, etc. On n’a pas ça depuis deux semaines. C’est dommage pour la démocratie.»

    Même avant l’éclosion, la campagne ne suscitait pas de grande passion, observe Stéphanie Chouinard : «Ç’a été une campagne qui, au moins pendant les trois premières semaines, était comme une campagne sans enjeux. Les partis politiques ont présenté leur plateforme électorale à mi-chemin de la campagne. La question de l’économie a été une question parmi tant d’autres qui a été abordée pendant le débat des chefs.»

    On aurait pourtant pu penser que l’économie serait au premier plan des échanges ; l’an dernier, Terre-Neuve-et-Labrador a frôlé la faillite et la Banque du Canada est intervenue à la dernière minute en effectuant un prêt qui a permis à la province de payer ses employés et ses factures.

    Les citoyens sortent également perdants de toute cette confusion, leur capacité de voter en étant affectée : la date limite pour demander un bulletin de vote était le 19 février, mais des lacunes dans le système d’appels et sur le site Web d’Élections TNL ont fait en sorte que plusieurs électeurs n’ont pas réussi à faire cette demande à temps. D’autres n’ont pu sortir de la maison pour poster leur bulletin parce qu’ils étaient en isolement en raison du virus.

    Tout cela fait craindre le plus faible taux de participation de l’histoire de la province. 

    Une nouvelle école francophone pour Saint-Jean?

    C’est dans ce contexte peu favorable aux débats d’idées que les francophones de la province tentent de se tailler une place dans l’attention des partis politiques. Le dossier prioritaire de la communauté est la construction d’une nouvelle école dans la capitale.

    Déjà en 2017, la seule école francophone de Saint-Jean à l’époque, l’École des Grands-Vents, débordait. Construite pour accueillir 120 élèves, elle en comptait alors 180. 

    Le gouvernement libéral de Dwight Ball a décidé de déménager les élèves de la 7e à la 12e année dans un autre emplacement temporaire et a promis de construire une nouvelle école.

    Survient alors la chute des prix du pétrole, qui plonge la province dans une forte crise financière. Le gouvernement change d’idée et étudie la possibilité de rénover l’École Rocher-du-Nord. Une solution qui devait être temporaire.

    Cela ne fait évidemment pas l’affaire des porte-paroles des francophones, surtout que l’École des Grands-Vents déborde à nouveau d’élèves.

    «Le gouvernement fait des choix», avance le directeur général de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), Gaël Corbineau. 

    «Il fait des choix de construire des routes. Il fait des choix d’investir dans plein de choses et il continue, c’est normal. [Mais] il n’y a pas de raison que les francophones n’aient pas cette chance, d’autant plus que [l’éducation équivalente en français] est un droit constitutionnel qui a été rappelé par la Cour suprême l’an passé, au fait que des difficultés financières ne peuvent pas être un justificatif pour ne pas respecter ces droits.»

    Le chef du Parti progressiste-conservateur, Ches Crosbie, s’est engagé pendant la campagne à respecter les engagements de l’ancien premier ministre Ball. Il n’a toutefois pas donné d’échéancier pour la construction de cette nouvelle école. 

    De leur côté, les libéraux se sont contentés de promettre de poursuivre les discussions avec le conseil scolaire francophone sur la question.    

    En ce qui concerne la campagne électorale en général, Gaël Corbineau estime que «ça va servir d’exemple au reste du pays et possiblement ailleurs. Surtout qu’on parle d’élections fédérales à venir. Ça pourrait faire réfléchir à deux fois avant de se lancer avant que le vaccin ne soit largement répandu.»

    Avant le déclenchement des élections, les libéraux jouissaient depuis un an d’une forte avance dans la très grande majorité des sondages. Le seul coup de sonde effectué jusqu’ici pendant la campagne donne aux libéraux 19 points d’avance sur les progressistes-conservateurs.

    La politologue Stéphanie Chouinard penche vers l’avantage au meneur précampagne : «J’ai l’impression que, malgré l’énorme cafouillage autour de l’élection, ça va quand même profiter au gouvernement en place.» 

    Selon elle, la grogne des Terre-Neuviens a surtout été dirigée vers le directeur des élections plutôt que vers le premier ministre, Andrew Furey.

    La population terre-neuvienne devrait être fixée au cours de la semaine du 15 mars s’il n’y a pas d’autres changements. 

  • Les médias communautaires, grands oubliés de la réforme des langues officielles?

    Les médias communautaires, grands oubliés de la réforme des langues officielles?

    «C’est certainement une déception de voir qu’on ne se retrouve pas [dans le document de réforme des langues officielles], parce qu’on n’est pas Radio-Canada, on n’est pas une institution, un mouvement associatif. Alors, c’est une surprise d’une part, et c’est une déception forcément», se désole Francis Sonier, président de l’Association de la presse francophone (APF). [La salle de rédaction de Francopresse est indépendante de l’APF, NDLR].

    Un sentiment que partage François Côté, directeur général de l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC du Canada). «Lors de notre analyse préliminaire du document, notre constat est assez simple, c’est bien sûr l’absence de nos 105 médias [communautaires]. Nos médias que ne se retrouvent pas dans ce livre blanc là.» 

    Les médias en question sont ceux représentés par le Consortium des médias communautaires de langue officielle en situation minoritaire, dont font partie Quebec Community Newspapers Association (QCNA), English-Language Art Network (ELAN), l’ARC du Canada et l’APF.

    Un rapport d’étape

    David Larose, responsable des relations avec les médias à Patrimoine canadien, souligne par courriel que «dans la réforme [des langues officielles], le gouvernement du Canada a reconnu qu’il doit toujours protéger et appuyer les institutions clés des communautés de langue officielle en situation minoritaire pour soutenir leur vitalité et concrétiser les engagements énoncés dans la partie VII de la Loi». 

    «Le soutien aux médias communautaires en vertu de la Loi se déploie à travers le cadre du Plan d’action pour les langues officielles» qui prévoit 10 millions $ pour les médias communautaires de 2018 à 2023, précise David Larose

    Francis Sonier et François Côté se consolent en rappelant que le document présenté la semaine dernière est un «livre blanc», un rapport d’étape, et non un projet de loi. 

    «Donc, on se dit qu’il y aura surement moyen de changer le texte et de se retrouver enfin dans ce projet-là», croit Francis Sonier.

    «Ça nous a permis de travailler avec le bureau de la ministre, et c’est ce qu’on a fait, on a immédiatement appelé le bureau de la ministre. On a eu des échanges avec le bureau de la ministre Joly, et on a fait part de notre constat après la lecture de ce livre blanc», souligne François Côté. 

    Francis Sonier fait la même observation : «On a déjà amorcé des discussions avec le bureau de la ministre Joly et ce qu’on a découvert, c’est qu’il y a une bonne écoute, d’une part. Il semble y avoir de l’ouverture.»

    Quelle place pour les médias communautaires?

    Dans le document de réforme des langues officielles, on attribue à Radio-Canada les capacités de protéger, promouvoir et favoriser l’apprentissage des deux langues officielles, ainsi que de contribuer au rayonnement du français et d’être un vecteur de culture francophone.

    «On reconnait l’importance de Radio-Canada, mais les 105 médias communautaires dans les milieux minoritaires anglophone et francophone partout au pays font un travail colossal sur le terrain pour amener les gens à consommer de l’information et se divertir en français», explique Francis Sonier. 

    Pour François Côté, les médias communautaires «c’est bien sûr un service d’intérêt public, c’est souvent un des premiers services dans leur communauté aussi. Radio-Canada ne fait pas du local, Radio-Canada est plus au niveau national et régional, alors que nous, on est vraiment des médias de proximité, des médias de communauté».

    David Larose, à Patrimoine canadien, souligne que «bien que CBC/Radio-Canada et les médias communautaires diffèrent de par leur mission, il est évident que les médias communautaires sont cruciaux pour donner une voix aux communautés de langue officielle en situation minoritaire».

    Lors des audiences du CRTC sur le renouvèlement de licence de Radio-Canada, plusieurs intervenants des communautés francophones en situation minoritaire ont soutenu ne pas se reconnaitre dans la couverture de Radio-Canada.

    Or, explique François Côté, «c’est déjà ce qu’on fait. Le mandat d’un média de communauté, c’est exactement ça : c’est de refléter leur communauté. Il faut que les gens puissent se reconnaitre dans leur radio, se reconnaitre dans leur journal, c’est pour ça qu’on est là».

    Pour Francis Sonier, à l’APF, «les médias communautaires ont un rôle extrêmement important eux aussi au niveau de la promotion de la langue française et de la culture francophone. C’est dans ce sens que les médias communautaires doivent avoir leur place et être reconnus quelque part dans [le] projet de loi».

    Dans un mémoire présenté au Comité permanent du Sénat sur les langues officielles en 2018, le Consortium des médias communautaires de langue officielle en situation minoritaire proposait plusieurs pistes de solution pour soutenir les radios et les journaux en situation minoritaire. 

    Il revendiquait entre autres que les médias communautaires soient explicitement nommés dans un plan d’action pour les langues officielles qui serait inscrit dans la Loi sur les langues officielles.

    Le Consortium proposait aussi que la Loi reconnaisse explicitement la place des médias communautaires dans le plan de communication des organismes fédéraux.

    Des inquiétudes du côté de l’opposition à Ottawa

    Pour Alain Rayes, porte-parole du Parti conservateur pour les langues officielles, le cas des médias communautaires dans le document de réforme des langues officielles «est une omission qui est importante, et je rajouterais en plus que c’est un document de travail qui n’a aucune force de loi. C’est quand on va voir un vrai projet de loi qu’on va savoir quelles sont les véritables intentions de ce gouvernement, de ce qu’il veut mettre à l’avant-plan».

    Alexandre Boulerice, le chef adjoint et porte-parole sur les langues officielles du NPD, y voit «une erreur de la part de la ministre Joly ou de son équipe, parce que quand on parle de soutenir les communautés francophones minoritaires ou de la vitalité des communautés francophones, on ne peut pas passer à côté des médias, et notamment des médias communautaires.»

    Il ajoute que «dans certains endroits, l’hebdo local ou régional peut être parfois le seul, à part Radio-Canada, le seul média qui va, en français, parler des activités de la communauté, des activités locales, des enjeux des entreprises, des écoles, etc. Donc ça fait vraiment partie de la vie».

    Le député de Rosemont – La Petite-Patrie rappelle aussi que les médias communautaires sont d’autant plus vulnérables que la situation est difficile pour l’ensemble des médias. Les dernières années ont vu des suppressions de postes de journalistes et même la fermeture de plusieurs salles de nouvelles.

    Selon Alexandre Boulerice, le gouvernement pourrait en faire davantage. «Dans le cadre de la Loi sur les langues officielles, ou peut-être [à travers] un autre ministère comme Patrimoine [canadien], il pourrait y avoir une aide spécifique et distincte pour ces médias francophones en situation minoritaire.»

    Mais, pour le député néodémocrate, le gouvernement doit accélérer le processus pour assurer que les géants du Web, qui diffusent du contenu journalistique, compensent les médias financièrement pour l’utilisation de leur contenu.  

    De son côté, le conservateur Alain Rayes observe l’ironie que «la ministre [Joly] parle de CBC/Radio-Canada comme d’une institution phare pour l’épanouissement des minorités francophones et anglophones au pays», mais que le projet de loi C-10 sur la radiodiffusion, présentement à l’étude en comité parlementaire, exclue toute mention du rôle de Radio-Canada.

    «Et tous les porte-paroles des différents organismes au pays reconnaissent qu’aucune mention n’est faite dans le projet de loi [C-10] pour protéger le contenu francophone, que ce soit pour les nouveaux joueurs ou les nouveaux acteurs numériques», rappelle Alain Rayes. 

    À ses yeux, la démarche du gouvernement en matière de langues officielles manque de cohérence : les ministres «ne se parlent pas entre eux», on constate de «l’improvisation».

    «Donc, quand la ministre nous dit que c’est important et qu’elle dépose une réforme au lieu de déposer un projet de loi […] ça démontre que c’est de l’improvisation, que ça a été fait à la dernière minute pour essayer de gagner du temps encore jusqu’à l’élection», conclut le député de Richmond – Arthabaska.

  • Un 8 mars toujours sous le signe de l’iniquité salariale

    Un 8 mars toujours sous le signe de l’iniquité salariale

    «En 2018, nous avons décidé de choisir cette date pour parler de ce thème récurrent. Nous voulons amplifier la voix des femmes qui subissent les conséquences de l’iniquité salariale à travers le pays», indique la présidente de l’AFFC, Lily Christ.

    En collaboration avec plusieurs organismes membres, l’AFFC a donc emprunté le virage virtuel et invite les personnes intéressées à «bouger ensemble, à distance» le 8 mars, à se filmer ou à se prendre en photo – idéalement avec la tuque distribuée gratuitement pour l’occasion — et à envoyer le tout à l’organisme qui réalisera un montage «pour mettre en lumière toutes les personnes qui militent pour l’équité salariale au pays». 

    De grandes variations entre les provinces et territoires

    À l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), l’organisme Actions Femmes (AFÎPÉ) se réjouit de pouvoir s’unir avec ses homologues provinciaux et l’AFFC à l’occasion du 8 mars. «On est un petit organisme, une petite province, donc ce réseau et cette solidarité sont importants pour nous ; pour apprendre des pratiques de nos partenaires, même si nos réalités sont différentes», indique la directrice de l’organisme, Johanna Venturini. 

    En matière d’équité salariale, l’Î.-P.-É. est la bonne élève du Canada : d’après une étude de Statistique Canada qui a retracé l’évolution de l’écart salarial entre les sexes de 1998 à 2018, c’est la seule province où elle aurait été atteinte. 

    «Mais ça cache d’autres notions qui ne sont pas prises en compte par Statistique Canada, comme le travail non rémunéré qui est beaucoup plus important chez les femmes ; le fait aussi qu’à l’Île-du-Prince-Édouard beaucoup de gens travaillent au salaire minimum et qu’il est parmi les plus bas du pays [à 12,85 $]», nuance la directrice d’Actions Femmes. 

    «Et même si ce n’est pas la plus grosse priorité des femmes de la communauté, ça reste une tendance au niveau du pays qu’on ne peut pas ignorer. Ce n’est pas parce que l’équité [salariale] est atteinte qu’elle va le rester», avertit Johanna Venturini.  

    Le son de cloche est très différent du côté du Yukon, où le peu de données disponibles rend difficile la tâche de brosser un portrait clair de la situation. 

    «Le peu de chiffres qui ressortent montre qu’il y a un écart salarial, même s’il tend à rétrécir un peu», indique Camille Lebeau, assistante de direction et de projets à l’organisme franco-yukonais Les EssentiElles.

    Des données du Conference Board of Canada datant d’avril 2017 rapportent un écart salarial de 7,95 % pour le Yukon, de 2,2 % au Nunavut et de 23 % aux Territoires du Nord-Ouest. L’organisme rapporte également que «le Yukon s’est particulièrement distingué en divisant son écart par deux de 2000 à 2015». 

    L’enjeu de l’équité salariale n’est d’ailleurs pas le seul où il manque des données pour le territoire : «Chaque fois qu’on fait une campagne, c’est assez difficile de trouver des chiffres! Et c’est super important, les chiffres, parce que ça permet de mettre le doigt sur le problème, et quand on n’en a pas au final c’est juste des paroles», déplore Camille Lebeau. 

    Une situation «assez frustrante» pour celle qui s’occupe notamment des campagnes sur les violences domestiques et le consentement. «Chaque fois, je voudrais montrer des chiffres… J’en trouve quelques-uns, mais souvent ils peuvent être vieux […] Surtout avec la pandémie, ça serait bien qu’ils soient [mis à jour].»

    Une problématique qui en entraine d’autres

    À taux horaire moyen, selon les données de Statistique Canada, c’est en Alberta que l’écart salarial était le plus élevé en 2018 : 6,32 $ l’heure de différence. 

    La Colombie-Britannique faisait également piètre figure avec un écart de 5,90 $ de l’heure. Une réalité que constate Lily Christ au quotidien puisqu’elle y réside : «Dans le cadre de mon travail, j’ai vu des femmes en situation d’abus conjugal qui ne pouvaient pas quitter leur conjoint parce que les logements étaient trop dispendieux pour qu’elles puissent vivre seules.»

    Elle note également que l’écart salarial est encore plus grand pour les femmes racialisées et autochtones, qui gagnent respectivement 60 % et 57 % du salaire des hommes non racialisés.  

    Une réalité qu’observe aussi Camille Lebeau au Yukon, dont environ 25 % de la population est autochtone. Là-bas, les loyers exorbitants forcent souvent plusieurs familles à partager un même logement. 

    «Quand c’est un couple où il y a des violences familiales, il faut se mettre à la place des femmes : si elles gagnent à peine de quoi survivre, dépendent de leur mari et ont des enfants à charge, elles vont se dire “ça va être difficile pour moi de partir, vaut mieux que je reste”. Il y a des centres d’hébergement, mais ils sont tout le temps pleins», ajoute l’assistance de direction et des projets chez Les EssentiElles. 

    L’enjeu est d’autant plus important depuis que la pandémie a frappé, souligne également Lily Christ, de l’AFFC. Les statistiques démontrent que les secteurs les plus affectés sont ceux qui emploient généralement plus de femmes que d’hommes : le commerce de détail, la restauration et l’hébergement, sans compter les garderies, les écoles et les postes de première ligne dans le domaine de la santé. 

    «Le gouvernement en est conscient […] Maintenant, ça va prendre une lentille féministe pour que la relance économique prenne en compte les enjeux spécifiques aux femmes, pour mettre fin aux désavantages structuraux qui les affectent», avance encore la présidente de l’AFFC. 

    À l’Île-du-Prince-Édouard, Johanna Venturini remarque un paradoxe créé par la COVID-19 : «On est la province où les femmes ont perdu le plus leur emploi. Au niveau du retour à l’emploi, on est la pire province, parce que c’est souvent des métiers du care, liés au tourisme, donc des métiers très impactés par la pandémie.»

    «Comme quoi on peut être un bon élève, mais le plus dur, c’est de stabiliser ça, de le maintenir», ajoute la directrice d’Actions Femmes. 

    Pour Camille Lebeau, la pandémie aura au moins permis de mettre à profit les réseaux sociaux pour les causes importantes : «Que ça soit l’écart salarial ou les violences sexuelles, on arrive à parler de toutes ces causes via les réseaux sociaux alors qu’avant […] il n’y avait pas autant de mouvement. Les langues se délient de plus en plus, c’est plus facile de communiquer», note-t-elle en félicitant l’AFFC d’avoir organisé un évènement virtuel pour le 8 mars. 

    «On est au 21e siècle, les femmes ne valent pas moins que les hommes. L’écart salarial ne devrait plus exister : on vaut autant que les hommes, on a des jobs aussi importants, on est aussi compétentes et intelligentes, aussi tout! Les femmes doivent prendre leur place dans la société parce que c’est une place qui nous revient de droit», conclut Camille Lebeau. 

  • Monday morning fire leaves six homeless

    Monday morning fire leaves six homeless

    Both the Hawkesbury and L’Orignal fire departments answered a call about a house fire on Sinclair Street in Hawkesbury. The building was a two-storey triplex that housed six people.

  • Two charged over disturbance

    Two charged over disturbance

    The Russell County Ontario Provincial Police (OPP) were called to Lemay Street at about 10:00 a.m. after a traffic complaint. In a statement, the OPP said “the driver wasn’t cooperative with the officer’s demands” and was arrested. The OPP also said the driver and a passenger also assaulted the officer at the scene.

  • Un incendie d’immeuble à logements de Grenville-sur-la-Rouge fait un mort

    Un incendie d’immeuble à logements de Grenville-sur-la-Rouge fait un mort

    Il ne reste plus qu’un amas de décombres de l’immeuble à logements qui a pris feu vendredi 5 mars dernier à Grenville-sur-la-Rouge. L’incendie a été déclaré à 10h du matin. Le service d’incendie est arrivé pour combattre un feu généralisé et l’a combattu jusqu’à 13h avant de le déclarer maitrisé. Des ouvriers ont ensuite démoli les ruines de l’immeuble à l’aide d’une pelle mécanique. Ce dernier étant une perte totale suite au brasier.

    Lors des opérations des pompiers, la découverte d’un corps d’une personne ayant péri dans ce sinistre a été faite à l’intérieur d’un des appartements. L’identité de la personne n’a pas encore été révélée par le coroner à l’heure de la publication. Un technicien en sécurité incendie a été dépéché sur les lieux pour analyser le contexte de l’incident et ses causes. 

    Étant donné qu’il y a eu une mort dans cet incendie, l’enquête a été confiée par la Sûreté du Québec au  Service des enquêtes sur les crimes majeurs. L’incendie a eu lieu sur la route 148 au coin de la rue des Hirondelles.

  • Plus de 2 millions de dollars d’aide pour Prescott-Russell

    Plus de 2 millions de dollars d’aide pour Prescott-Russell

    Le ministre des affaires municipales Steven Clark a annoncé le 4 mars dernier plus de 500 millions de dollars de nouveaux fonds dans le cadre du programme Safe Restart pour les municipalités les plus touchées par la pandémie. Ces fonds sont destinés à soutenir la fourniture de services essentiels et à aider les projets d’investissement prioritaires.

  • Freezing weather hampers fire fighters at house fire

    Freezing weather hampers fire fighters at house fire

    Just after 8 a.m., March 2, a call was received about a house fire at 3420 Greenlane Road in East Hawkesbury Township. Firefighters from the township fire department were joined by their counterparts in Vankleek Hill and L’Orignal to try and extinguish a fire in a two-storey house during sub-zero weather conditions.