Catégorie : L’Argenteuil

  • La MRC présente sa stratégie en habitation

    La MRC présente sa stratégie en habitation

    Un hausse marquée du prix des loyers. Un taux d’inoccupation des logements dans un creux historique. Une baisse jamais vue en plus de 50 ans du taux de propriété. Il devient de plus en plus difficile de se loger à un prix abordable dans la province. La MRC d’Argenteuil a pris le taureau par les cornes et a annoncé diverses mesures afin de faciliter l’accès à un logement dans la région avec sa nouvelle Stratégie d’habitation.

    Quelques minutes à peine après que le conseil des maires l’ait adoptée, la MRC d’Argenteuil a présenté en détail sa nouvelle Stratégie d’habitation 2025-2035, un document regroupant une dizaine d’objectifs répartis en trois axes qui devrait, d’ici dix ans, permettre la construction de 2000 à 3000 logements locatifs majoritairement abordables dans la région.

    La crise du logement qui touche tout le Québec a évidemment un impact dans Argenteuil. Le taux d’inoccupation des logements locatifs était de 0,8% à Lachute en 2022 alors qu’il faudrait qu’il soit aux alentours de 3% pour être équilibré, selon Éric Pelletier, directeur général de la MRC d’Argenteuil.

    Le dossier de l’habitation est d’ailleurs un des éléments qui a été identifié par la MRC dans son Cadre de vitalisation, un document adopté en 2023 visant à augmenter la vitalité économique de la région. D’après monsieur Pelletier, l’implication de l’organisme municipal dans le dossier de l’habitation permet de mieux répondre aux exigences gouvernementales.

    Plus de logements

    Selon l’Institut de la statistique du Québec, la population d’Argenteuil devrait augmenter d’environ 6500 personnes d’ici 2041, ce qui serait équivalent à plus de 3170 ménages. Le directeur général de la MRC affirme qu’il s’agit d’une estimation prudente et que ces chiffres devraient être encore plus élevés dans la réalité.

    « On a aussi noté que dans Argenteuil, il y a peu de diversité en matière d’offre de logements : 70% de nos logements sont des maisons unifamiliales, indique-t-il. De 2011 à 2021, le coût des propriétés a aussi augmenté de 90% dans Argenteuil alors que les revenus n’ont augmenté que de 41%. Ça devient de plus en plus difficile pour une famille de se loger. »

    Historiquement, Argenteuil a aussi compté sur une population ayant la moyenne d’âge la plus élevée dans les Laurentides, ce qui explique en partie le fait que 75% des 16 225 ménages de la MRC ne sont composés que d’une ou deux personnes, une tendance appelée à augmenter avec le vieillissement général de la population.

    Dans les faits, la MRC estime qu’il faudrait construire 6500 unités d’habitation d’ici 2035 pour pouvoir faire face à la croissance démographique dans la région, incluant entre 2000 et 3000 logements locatifs abordables. C’est sur ce dernier aspect que l’organisme compte travailler avec sa Stratégie d’habitation 2025-2035.

    « Au cours des dix prochaines années, ce que la MRC s’engage à faire, c’est d’exercer son leadership en matière d’habitation, déployer des efforts pour assurer une abordabilité, encadrer la construction de nouveaux logements pour assurer une bonne intégration et soutenir les territoires ruraux dans l’offre de logements », indique monsieur Pelletier.

    Différentes mesures seront ainsi déployées dans les prochains mois comme la création du table de concertation en habitation ou encore l’élaboration de stratégies réglementaires avec les municipalités, par exemple avec du zonage incitatif (pour augmenter le nombre de logements abordables) ou permettre l’ajout d’Unités d’habitation accessoires (UHA) sur des terrains déjà occupés. D’autres mesures, comme la création d’un organisme à but non lucratif pour construire des logements abordables et l’adoption d’un plan directeur pour le logement social dans Argenteuil, sont déjà mises en place (voir autres textes: La clé pour des loyers abordables : un organisme à but non-lucratif  et Vers une refonte des HLM de Ayersville).

    Fierté

    Pour Bernard Bigras-Denis, maire de Lachute et préfet suppléant de la MRC d’Argenteuil, le lancement de cette Stratégie d’habitation le rempli de fierté, lui et ses autres collègues maires.

    « C’est un grand jour pour Argenteuil, non seulement pour la MRC et ses neuf municipalités constituantes mais aussi pour la population, a-t-il lancé. Puisque l’habitation est un besoin fondamental, il était essentiel pour la MRC d’assumer un leadership fort et de s’attaquer activement à la crise du logement qui sévit dans Argenteuil. En 2025, trop de personnes aînées vivent sous le seuil de la pauvreté, trop de jeunes familles peinent à se loger décemment, trop de citoyens seuls se retrouvent face à un mur quasi infranchissable. C’est à ces enjeux que la MRC a décidé de s’attaquer prioritairement. »

    Tout comme Éric Pelletier, monsieur Bigras-Denis appelle les paliers de gouvernement à aider à investir dans les infrastructures (aqueduc, égout) pour favoriser la construction résidentielle mais aussi à faire preuve de souplesse dans les solutions proposées par les municipalités pour répondre aux besoins et spécificités locales.

    « Cela ne se résume pas seulement à construire des portes : il s’agit de créer des milieux de vie de qualité à l’image des municipalités et des familles qui y résident, que ce soit en contexte rural ou urbain, dit-il. L’habitation est un enjeu partagé qui appelle une réponse commune et concertée. Il faut bâtir davantage mais il faut surtout bâtir mieux. »

    L’élaboration de cette Stratégie d’habitation 2025-2035 a été réalisée sur deux ans et a vu près de 150 intervenants du milieu être consultés. Celle-ci est disponible au www.argenteuil.qc.ca, section « Documents et publications ».

  • La clé pour des loyers abordables : un organisme à but non-lucratif

    La clé pour des loyers abordables : un organisme à but non-lucratif

    Le lancement de la Stratégie d’habitation 2025-2025 de la MRC d’Argenteuil (voir autre texte) s’est fait en même temps que l’on annonçait officiellement la création d’un nouvel organisme à but non lucratif (OBNL) dont la mission sera d’offrir des logements abordables sur le territoire. La Clé d’Argenteuil (c’est son nom) prendra divers moyens pour construire, développer, rénover et exploiter des habitations pour des ménages à revenus modestes ou ayant des besoins particuliers (par exemple : une personne se déplaçant en chaise roulante).

    On en parlait dans nos pages l’automne dernier : les municipalités de la MRC étudiaient la possibilité de créer un organisme qui aurait pour mission de ‘lever des portes’ à des fins d’habitation abordable. Comme l’objectif d’un OBNL n’est pas de faire des profits, les loyers qui pourraient être offerts en location par ce type d’organisation coûteraient moins chers que ceux détenus par des entreprises privées ou des particuliers.

    De plus, cet organisme n’est pas assujetti aux règles et normes municipales, contrairement à la MRC ou l’Office régional d’habitation d’Argenteuil (ORHA). Il a également accès à plusieurs programmes de subventions gouvernementales.

    C’est Jean-François Brunet, directeur général de la Ville de Brownsburg-Chatham, qui a été élu premier président de l’histoire de La Clé d’Argenteuil. « La Clé est issue de la volonté du conseil des maires de la MRC de se doter d’un organisme qui va lever des portes en logement abordable, a-t-il lancé. Ce que l’on veut, c’est de créer à tout prix un milieu de vie intéressant. On va sortir de l’ancienne mentalité de créer des logements cordés dans un quartier quelconque. On veut créer un milieu de vie où les gens seront fiers d’habiter. »

    Ce qu’est l’abordabilité dans Argenteuil

    Il ne faut pas confondre loyer abordable avec loyer à prix modique, le second étant offert à des prix encore plus bas par des organismes subventionnés par la Société d’habitation du Québec (SHQ) et où un locataire paie son loyer selon ses revenus (les fameux HLM). Un loyer abordable est plutôt un loyer offert à un prix concurrentiel par rapport à la moyenne du marché.

    Dans le cas d’Argenteuil, la SHQ établit que depuis juin 2024, dans presque toutes les municipalités de la MRC, un logement possédant une chambre à coucher ne doit pas coûter plus de 811$ par mois, ou 1017$ s’il a deux chambres, pour être considéré comme abordable. La seule exception est le Canton de Gore: comme cette municipalité fait partie de la Région métropolitaine de recensement de Montréal selon la SHQ, le prix de l’abordabilité est un peu plus élevé, soit 944$ pour un logement avec une chambre à coucher et 1062$ pour un logement à deux chambres.

    Or, selon la MRC, au début de l’année 2024, le prix moyen pour la location d’un loyer neuf dans Argenteuil était de 1225$ par mois pour un logement avec une chambre à coucher et de 1375$ pour un logement avec deux chambres, soit près de 400$ au-dessus du seuil d’abordabilité défini par la SHQ pour la région.

    En incluant les logements plus anciens, le prix mensuel médian pour un loyer dans la région est de 1085$ pour un logement à une chambre et de 1283$ pour un logement à deux chambres, ce qui est encore près de 250$ au-dessus du seuil d’abordabilité.

    La Clé d’Argenteuil visera donc à exploiter un parc immobilier dont le coût de location de chaque unité d’habitation se rapprochera du seuil d’abordabilité défini par la SHQ. L’organisme pourra construire de nouveaux logements ou se porter acquéreur d’immeubles locatifs existants afin d’atteindre cet objectif. Si l’on sait que la gestion de ces immeubles sera confié à l’Office régional d’habitation d’Argenteuil (ORHA), monsieur Brunet indique cependant que la façon de fonctionner de La Clé d’Argenteuil n’est pas encore définie officiellement mais que l’organisme s’attellera à cette tâche dans les semaines à venir.

  • Vers une refonte des HLM de Ayersville

    Vers une refonte des HLM de Ayersville

    La nouvelle Stratégie d’habitation 2025-2035 de la MRC d’Argenteuil contient un élément qui aura une incidence importante pour le quartier Ayersville de Lachute. En effet, on souhaite entièrement reconstruire le parc de logements sociaux du secteur au cours des prochaines années alors que déjà, deux immeubles devraient bientôt être remplacés par un tout nouvel édifice.

    L’Office régional d’habitation d’Argenteuil (ORHA) a été créé en 2019 en jumelant les offices municipaux d’habitation de Lachute et de St-André-d’Argenteuil afin d’étendre leurs services à la grandeur de la MRC. L’organisme gère pas moins de 315 logements qui accueillent plus de 600 locataires dans 27 immeubles, en plus d’aider une soixantaine d’autres à se loger ailleurs dans la MRC grâce au programme provincial de supplément au loyer.

    Or, à l’exception de deux immeubles construits dans les années 2000 pour en remplacer un autre détruit par un incendie, le parc immobilier de l’ORHA est assez ancien, plus particulièrement dans le secteur Ayersville. Les 18 immeubles de l’organisme dans ce secteur, comptant pour 208 portes et 450 locataires, ont tous été construits à la fin des années 60 ou au tournant des années 70 et montrent certains signes de vétusté. Un reportage de La Facture en février 2023 avait notamment révélé des problèmes de moisissures dans un de ces bâtiments.

    L’an dernier, le gouvernement du Québec et la Société d’habitation du Québec (SHQ) ont versé une subvention de 15 M$ à l’ORHA dont une partie a servi à de mener une étude sur l’état de vétusté de son parc immobilier. Un plan directeur a ainsi été créé, une vision d’aménagement du secteur qui verra au remplacement de certains immeubles et à la rénovation d’autres.

    « On a fait une étude sur l’état du parc immobilier. Est-ce qu’il est possible de le rénover ou il faut le démolir? Y a-t-il des choses que l’on peut sauver et récupérer?, explique  Marie-Christine Godin, directrice générale de l’ORHA. Cela a pris un an et demi à produire ce document et suite à ça, on va utiliser les sommes restantes [de la subvention] pour refaire le parc immobilier par phase en fonction de ce plan directeur. »

    Les premiers immeubles ciblés par ce réaménagement sont ceux situés au 97 et 99 de la rue Paul-Émile-Barbeau. Les douze ménages qui y résidaient ont tous été relocalisés par l’ORHA depuis plus d’un an. Les deux bâtisses devraient être démolies dans un avenir proche pour être remplacées par un nouveau bâtiment de douze logements. L’ORHA promet que pour les prochaines phases de démolition et de reconstruction, les locataires des immeubles ciblés seront relocalisés par l’organisme au préalable et qu’il n’y aura pas d’éviction.

    « Dans notre plan directeur, il a fallu réfléchir à qui va où et quand. C’est un jeu de dominos considérable afin de s’assurer que tout le monde ait un logement qui correspond à leurs besoins sans avoir à déménager deux fois », confirme madame Godin.

    Elle ajoute que les nouveaux bâtiments ne seront pas construits à l’identique des anciens. « Ce ne sera pas les mêmes immeubles : là où on en avait des gros, il pourrait y avoir des duplex, illustre-t-elle. La façon dont ils seront redisposés sera différente également. Tout a été réfléchi en fonction des besoins des locataires mais aussi du quartier pour mieux s’y intégrer et qu’il y ait une meilleure acceptation à ce niveau. »

    Pour l’instant, les coûts exacts de ce vaste chantier n’est pas encore connu puisque chacune des phases de reconstruction devra d’abord être approuvée par la SHQ. On sait cependant que cela s’étendra sur plusieurs années.

  • Un projet résidentiel qui mettra en valeur le patrimoine bâti

    Un projet résidentiel qui mettra en valeur le patrimoine bâti

    Le début des travaux de construction d’un nouveau projet résidentiel à Lachute a soulevé quelques interrogations de la part des internautes au cours des dernières semaines. Le projet L’Ancestrale, situé au coin des rues Principale et Gilbert, verra une maison patrimoniale être intégrée à un bâtiment moderne de 43 logements pour les personnes de 55 ans et plus.

    Lors des dernières semaines, la coupe d’une trentaine d’arbres aux alentours de la maison dite Belzile a semé la controverse sur les réseaux sociaux et certains internautes craignaient de voir le bâtiment ancestral disparaître à son tour. Or, cette maison devrait connaître une nouvelle vie alors qu’elle sera intégrée à un projet de résidence privée pour aînés.

    Le projet L’Ancestrale comportera 43 logements et devrait accueillir ses premiers résidents à la fin de l’été 2026. Ce sont Les Entreprises BSA qui sont derrière ce projet qui nécessitera des investissements de près de 16 M$. La Maison Belzile accueillera les bureaux pour la gestion de l’immeuble et sera connectée au nouveau bâtiment par un solarium.

    Benoit Simpson, président des Entreprises BSA, indique qu’il était très important pour lui de conserver la maison dans son projet.

    « Je suis menuisier-ébéniste. Quand j’ai vu la maison, j’ai eu un coup de cœur. C’est un joyau de Lachute, raconte-t-il. J’ai regardé ce qui s’est fait aux alentours et tout est moderne. Pour moi, ce n’est pas ça, Lachute. C’est antique, c’est ancien, c’est une ville qui est là depuis longtemps et qui a des bâtiments centenaires. C’est pour ça que je veux faire un immeuble qui va s’agencer avec ma maison centenaire. »

    Répondre à un besoin

    Le maire de Lachute, Bernard Bigras-Denis, accueille favorablement ce projet résidentiel bien qu’il ajoute comprendre les inquiétudes des citoyens concernant la protection de la Maison Belzile et la coupe d’arbres. Il indique cependant que ces derniers ont été plantés dans les années 70 et que l’entrepreneur devrait en planter de nouveaux sur le site.

    De plus, comme la maison a été construite avant 1940, plusieurs règlements empêchent la démolition de celle-ci. Seule son extension, qui a été ajoutée dans les années 60, sera retirée.

    Pour le maire, la construction d’un tel immeuble répondra surtout à un besoin. « Ça répond à un besoin grandissant dans la région. Uniquement à Lachute, 35 % des aînés vivent seuls, explique-t-il. C’est une moyenne qui est beaucoup plus élevée qu’ailleurs dans les Laurentides. On n’a pas assez de résidences pour personnes âgées pour répondre aux besoins. Lorsqu’on a un tel projet de résidence privée pour aînés qui est déposé, on se doit de l’évaluer en prenant en considération ce besoin. »

    Benoit Simpson abonde dans le même sens. « Quand on a fait nos recherches, on a vu qu’il y avait un gros, gros besoin pour ça avec la population qui est vieillissante, dit-il. Ce seront des appartements pour les 55 ans et plus autonomes. Des logements ordinaires, il y en a beaucoup mais il y en a peu avec de l’amusement et certains services de divertissement. On veut qu’il y ait une ambiance de communauté. »

    Il mentionne que le projet comportera cour intérieure,  cuisine commune, salle de billard, gymnase, jeux de pétanques et balançoires en plus d’un garage souterrain.

    Protéger le patrimoine

    Présentement, monsieur Simpson avoue ne pas connaître la date exacte de construction de la Maison Belzile mais il estime qu’elle doit dater de la fin du XIXe siècle. Il confirme que des recherches seront entreprises pour mieux connaître l’histoire du bâtiment, notamment en rencontrant la famille Belzile qui était sa dernière propriétaire. Il ajoute qu’il remettra un toit de tôle à la maison comme c’était le cas à l’époque.

    « Je vais marier mon bâtiment neuf en y faisant des mansardes et en mettant aussi de la tôle pour le toit comme pour la maison pour créer une uniformité, explique-t-il. C’est pour ça qu’on appelle ce projet L’Ancestrale : c’est une maison patrimoniale et on veut garder cette couleur-là. Mon bâtiment neuf va avoir l’air de ma maison antique. »

    Monsieur Simpson souligne qu’il voudra aussi trouver une façon de rendre hommage à la famille Belzile, les anciens propriétaires de la maison, et à la famille Hammond, qui possédait autrefois les terrains des alentours. Si des artéfacts sont trouvés, il compte bien les exposer dans l’immeuble.

    « Comme entrepreneur, avoir une telle maison, c’est plus un fardeau qu’autre chose, concède le promoteur. Les gens veulent généralement pas s’embarquer là-dedans. Mais quand la MRC a vu le projet, elle l’a tellement aimé qu’elle m’a dit qu’elle allait l’utiliser comme exemple à suivre auprès d’autres municipalités du Québec. »

    « C’est un excellent projet à accueillir dans notre communauté, confirme monsieur Bigras-Denis. L’intégration du nouveau bâtiment à la maison ancestrale est un merveilleux projet qui devrait être reproduit ailleurs. »

    Benoit Simpson confirme que la coupe d’arbres était nécessaire pour permettre le début des travaux de construction.

    « On n’est pas des destructeurs mais à un moment donné, on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs, illustre-t-il. Quand les gens vont voir la maison s’intégrer dans le bâtiment, ils vont trouver ça pas mal ‘sharp’. Ce sera une belle réalisation et un beau projet pour la ville de Lachute. »

  • Le camp scout Tamaracouta change de main

    Le camp scout Tamaracouta change de main

    Plus de 110 ans après son ouverture, la Réserve scoute Tamaracouta, située à Mille-Isles, a été vendue. Un entrepreneur privé, l’organisme Conservation de la nature Canada (CNC) et la Municipalité de Mille-Isles se sont en effet portés acquéreurs de différentes parties du site de près de 2,4 millions de mètres carrés dont plus de 82% sera mis en conservation.

    Ouvert en 1912, la Réserve scoute Tamaracouta est l’un des plus anciens du mouvement scout, qui a lui-même été créé en 1906. Au fil des ans, l’endroit a accueilli plusieurs dizaines de milliers de scouts, garçons et filles, notamment lors du grand jamboree pancanadien de 2007.

    Malheureusement, à l’hiver 2019, Scouts Canada a décidé de suspendre les activités au camp pour des raisons financières. Depuis, divers incidents se sont produits sur le site, notamment un incendie en mai 2024 qui a complètement détruit le bâtiment principal ainsi que, ce printemps, le vol d’un totem réalisé par un artiste de la nation Kwakiutl et donné au mouvement scout dans les années 50.

    À court d’argent, Scout Canada a donc décidé de se départir de Tamaracouta en le vendant. « Depuis sa fermeture à l’hiver 2019, les coûts mensuels d’entretien et d’exploitation se sont élevés à environ 200 000 $ par an, indique Scout Canada par voie de communiqué. De plus, près de 2 millions de dollars en réparations urgentes sont nécessaires simplement pour rouvrir le site. En raison de nos déficits fiscaux et du nombre de membres au Québec insuffisants pour soutenir les activités, nous avons jugé que le camp ne serait pas viable à long terme. »

    Retour des activités du camp

    À la mi-juillet, Scout Canada a annoncé en être venu à une entente pour vendre la Réserve scoute Tamaracouta à trois entités. Le montant total de la vente n’a pas été dévoilé mais on sait que près de 82% du site sera mis en conservation, c’est-à-dire qu’il n’y aura aucun développement immobilier sur ces terrains.

    Les 18% du site sur lesquels le développement pourra se faire concernent les lieux où les bâtiments du camp scout existent déjà. Situés sur les rives sud et ouest du lac Tamaracouta ainsi qu’un peu à l’est de celui-ci, ces terrains seront la propriété de l’homme d’affaires Éric Desroches. Celui-ci compte bien réinvestir dans les installations du camp pour le faire revivre. En 2018, il s’était d’ailleurs porté acquéreur du Camp Bruchési, à St-Hippolyte. À côté, il y a aussi fondé le Camp COCRÉA, un camp de vacances pour adultes.

    « Je trouvais que Tamaracouta avait un site exceptionnel, a-t-il lancé lors d’une rencontre d’informations avec les citoyens de Mille-Isles le 19 juillet dernier. On a un site qui n’a pas été très développé depuis longtemps. C’est un peu ce qu’on avait avec le Camp Bruchési : l’intention était de revitaliser le site mais de garder l’opérateur en place. J’y ai appris comment travailler avec des bâtiments existants et leur donner une seconde vie. »

    Monsieur Desroches indique ne pas savoir exactement comment il va développer le site de Tamaracouta mais qu’il sera à l’écoute des citoyens du secteur. Il indique qu’il voudra rénover autant de bâtiments du site que possible en conservant leur essence. Des demandes de subventions gouvernementales seront faites pour rénover les bâtiments à caractère patrimonial.

    « Au moment où on se parle, ce n’est pas encore clair combien de personnes vont pouvoir dormir sur le site en même temps ou les activités qui va y avoir, confie-t-il. C’est un endroit hyper paisible, qui a une grande biodiversité et qui a un historique d’amusement en plein-air en profitant de cette nature. Ça va être l’essence de ce qui sera à créer sur le site. Je suis ouvert à écouter les suggestions. »

    Aucun échéancier n’a été dévoilé quant à la reprise des activités du camp par monsieur Desroches. Il confirme cependant que le nom de Tamaracouta sera inclus dans la nouvelle appellation du site. Des discussions avec la municipalité auront lieu quant à la possibilité que les citoyens de Mille-Isles puissent accéder au site gratuitement selon les événements.

    Conservation

    Selon Éric Desroches, une vingtaine de groupes auraient démontré de l’intérêt à acheter la Réserve scoute Tamaracouta depuis sa fermeture. D’après lui, il trouvait important de développer l’endroit en respectant la nature, ce qui l’a incité à trouver un partenaire dans cette acquisition.

    « Je sentais qu’on avait quelque chose que l’on pouvait créer à cet endroit, raconte-t-il. Je me suis intéressé aux autres partis qui s’intéressaient à Tamaracouta et ceux qui étaient les plus proche de ma vision et de mes valeurs, c’était CNC. »

    En effet, l’organisme Conservation de la nature Canada (CNC) s’intéressait lui aussi au site depuis 2022. Monsieur Desroches s’est donc associé avec CNC pour l’achat de la propriété scoute : alors qu’il conservera 18% du site pour son projet de camp, le reste a été cédé à l’organisme de conservation pour 3,5 M$.

    CNC, pour sa part, conservera pour elle-même 122 hectares du terrain au nord, à l’est et au sud-est du lac Tamaracouta ainsi qu’au sud du chemin du même nom. Elle cédera le secteur nord-ouest du site à la Municipalité de Mille-Isles qui le jumellera avec le terrain De Volpi-Groome, situé tout à côté, un terrain qui a été cédé à la municipalité il y a quelques années déjà comme don écologique. Mille-Isles sera ainsi propriétaire d’un site totalisant 177 hectares qui sera lui aussi mis en conservation à perpétuité, en partenariat avec CNC.

    « Il y a une entente de financement de 1,4 M$ que CNC transférera à la municipalité pour l’acquisition de cette portion, explique Catherine Lefebvre, chargée de projet chez CNC. En tout, ce sera près de 300 hectares qui seront protégés, une superficie qu’on ne voit plus beaucoup dans le sud des Laurentides. C’est important car il y a des espèces qui ont besoin de beaucoup de place pour être heureuses. On peut facilement imaginer l’orignal, le lynx, le loup, toutes des espèces à grands domaines vitaux, venir s’y établir. »

    Selon madame Lefebvre, il était important pour CNC de s’assurer que le site, même s’il est mis en conservation, puisse être accessible au public, d’où le partenariat avec la municipalité.

    « Avec la réception du don écologique De Volpi-Groome et la fermeture du camp, notre vision était de pouvoir être capable d’exploiter minimalement le côté nord du lac Tamaracouta en jumelant les deux terrains, indique le maire de Mille-Isles, Howard Sauvé. Grâce à CNC et Éric Desroches, ça va se faire. Je remercie tous les intervenants pour le travail qui a été fait jusqu’à présent. »

    La municipalité indique d’ailleurs avoir déjà commencé à aménager des sentiers pédestres sur les terrains De Volpi-Groome, sentiers qui pourront éventuellement être prolongés sur les anciens terrains du camp scout. Un poste d’accueil devrait aussi être installé.

    « J’ai fait plusieurs transactions immobilières et celle-là était un beau casse-tête, a indiqué Éric Desroches. Je veux remercier Scouts Canada car dans cette démarche, ils nous ont laissé la latitude pour pouvoir préparer ce projet et introduire différents partenaires avant que la transaction ne soit finalisée. On est selon moi sur un site unique qui a une très grande richesse, qui a un beau potentiel de développement si c’est fait en harmonie avec les citoyens et la nature pour que ce soit viable et durable. »

    Divers représentants d’associations citoyennes ont aussi pris la parole lors de cette rencontre publique du 19 juillet et tous ont indiqué être heureux et soulagés de voir ce qui va arriver avec le site et de connaître la vision de monsieur Desroches.

    Notons que la transaction finale devrait être complétée cet automne.

  • Une tonne de déchets retirés des abords de la rivière du Nord

    Une tonne de déchets retirés des abords de la rivière du Nord

    Une grande corvée de nettoyage des abords de la rivière du Nord a eu lieu à Lachute le 7 août dernier, pilotée par l’Expédition Saint-Laurent dans le cadre de sa tournée provinciale 2025. Ce sont plus de 2254 livres de déchets, soit un peu d’une tonne métrique, qui ont été retirés des berges de ce cours d’eau.

    L’Expédition Saint-Laurent est une grande tournée du Québec qui vise à retirer un maximum de déchets et de matières polluantes dans le Saint-Laurent, ses affluents et la nature environnante du 6 au 22 août, à travers 22 corvées de nettoyage dans autant de municipalités. Partie la veille de Pointe-des-Cascades, en Montérégie, la corvée de Lachute représentait le troisième arrêt de la tournée. Cette dernière se terminera à Bonaventure, en Gaspésie, après des détours au Saguenay et sur la Côte-Nord.

    Cet événement est organisé conjointement par Mission 1000 tonnes, un organisme qui tient des corvées de nettoyage à travers la province depuis 2018, ainsi que Stratégie Saint-Laurent, dont la mission première est de favoriser la participation des collectivités riveraines dans la protection, la réhabilitation et la mise en valeur du Saint-Laurent.

    À Lachute, la corvée se tenait sur un terrain vacant bordant la rive ouest de la rivière du Nord, en face de l’aéroport municipal lachutois. L’Organisme de bassin versant de la rivière du Nord (anciennement Abrinord) était aussi de la partie.

    « C’est bien d’enlever le plus de déchets possible mais ça incite aussi à la réflexion comme pourquoi il y a tant de déchets à un tel endroit?, a expliqué Jimmy Vigneux, cofondateur de Mission 1000 tonnes, avant le début de la corvée. Une des meilleures façons de sauver nos cours d’eau est de réduire la quantité de déchets que l’on génère. Il faut aussi réfléchir à ça. »

    Réduire le plastique

    Outre le nettoyage des berges, l’Expédition Saint-Laurent comporte aussi un volet scientifique. En effet, des prélèvements seront effectués dans les divers arrêts de la tournée pour calculer la quantité de microplastiques présents dans chacun de ces endroits. D’autres études seront faites sur la provenance des déchets.

    « On produit annuellement 460 millions de tonnes de plastique dans le monde chaque année dont 20 millions sont rejetés dans la nature, explique Tristan Dubord, un des 18 membres permanents de l’Expédition Saint-Laurent. Ce plastique sera ingéré par des animaux qui vont ainsi s’intoxiquer. D’autres vont se remplir l’estomac de ces plastiques et vont mourir de faim parce qu’ils ne seront plus capables de manger. Ces plastiques peuvent aussi se dégrader et changer la biochimie d’un cours d’eau. »

    Le maire de Lachute, Bernard Bigras-Denis, était aussi sur place pour confirmer la participation de la Ville au Défi Saint-Laurent, un programme qui vise la réduction de la consommation des produits plastiques.

    « La protection des milieux naturels et des plans d’eau, ça commence avec des actions locales, a-t-il lancé. C’est important que tout le monde mette la main à la pâte. À la Ville de Lachute, on a multiplié les actions au cours des dernières années pour la protection des milieux naturels. Récemment, on a fait une entente avec les autres municipalités du bassin versant de la rivière du Nord pour protéger la qualité de l’eau qui est déversée dans celle-ci. »

    En adhérant au Défi Saint-Laurent, la Ville de Lachute devrait bientôt lancer des campagnes de sensibilisation en plus de travailler avec les commerces et industries pour réduire leur consommation de plastiques, en particulier ceux à usage unique. L’adoption d’une politique sur la qualité de l’eau et la protection des milieux humides est aussi dans les cartons.

    Participation citoyenne

    La corvée de nettoyage organisée par l’Expédition Saint-Laurent était ouverte au public et une bonne douzaine de citoyens sont venus prêter main-forte à l’équipe de l’expédition. C’est le cas de Louise-Hélène Côté, venue de Gore avec ses enfants de 6 et 9 ans.

    « On trouvait ça important de venir donner un coup de main pour enlever les déchets. La protection des lacs et rivières est importante pour nous, en plus de l’implication citoyenne en général, dit-elle. C’est la première fois que l’on participe à une corvée organisée mais on en a déjà fait chez nous par nous-mêmes. On avait trouvé des pneus et même une boule disco! »

    Pour sa part, le Lachutois Gaétan Larente était lui aussi venus accompagné, soit par ses trois petits-enfants. « Nous, on pêche dans la rivière du Nord. C’est donc important qu’elle soit propre, raconte-t-il. On fait attention quand on va pêcher de ne rien jeter à l’eau ou sur les berges mais on voit qu’il y a toujours des déchets quand on vient. Mes petits-enfants sont aussi des pêcheurs, c’est la relève! C’est important pour eux de protéger leur passe-temps. »

    Pour plus de détails concernant l’Expédition Saint-Laurent, visitez le www.expeditionsaintlaurent.com.

  • La tradition des Mini-Jeux se poursuit

    La tradition des Mini-Jeux se poursuit

    Pour une 19e édition, les Mini-Jeux d’Argenteuil ont accueilli plus de 200 jeunes afin de leur faire découvrir des sports le 7 août dernier, sur le campus des écoles secondaires de Lachute. Malgré une baisse de participation, les organisateurs considèrent l’événement comme un succès.

    Comme depuis ses débuts, les Mini-Jeux d’Argenteuil visent à faire découvrir gratuitement de nouveaux sports aux jeunes de 6 à 12 ans de la région. Cette année, dans une formule qui a été adoptée l’an dernier, les participants pouvaient s’initier à deux des dix sports qui étaient proposés, allant du kung-fu au kin-ball en passant par l’haltérophilie et le volleyball.

    « On a eu encore plus de répondats sportifs d’organismes basés dans Argenteuil, indique Paul-Olivier Lafortune-Séguin, régisseur à la programmation municipale et aux événements à la Ville de Lachute et responsable de l’organisation des Mini-Jeux. On le voyait dans leur façon de tenir les ateliers et avec les équipements qu’ils fournissaient, c’était plaisant pour les jeunes. »

    Ils ont été 225 jeunes à venir prendre part à cette journée. Cependant, ils avaient été plus de 350 à s’être inscrits avant la date limite, ce qui est comparable aux années précédentes. Comment expliquer cette différence entre le nombre d’inscrits et ceux qui sont finalement venus? Le fait que l’événement soit désormais tenu au début du mois d’août, alors que plusieurs familles sont en vacances, et non plus à la mi-juillet comme auparavant pourrait être l’une des explications.

    « C’est peut-être un aspect car pour les inscriptions, on était dans la moyenne, mentionne monsieur Lafortune-Séguin. On va regarder pour voir ce qui pourrait expliquer pourquoi certains d’entre eux ne se sont pas présentés à l’événement. On a quand même eu une bonne participation. Tout le monde a trouvé son compte et c’est ce qui comptait. »

    Notons qu’une nouveauté a été incorporée à la programmation des Mini-Jeux de cette année avec la présentation de Bouge!, un spectacle de cirque, sur l’heure du dîner.

    « Pour meubler un peu de temps sur l’heure du dîner, on a mis ce spectacle au programme, mentionne monsieur Lafortune-Séguin. On a choisi un spectacle en lien avec le sport et qui cadrait bien avec l’esprit de la journée. Les jeunes ont bien apprécié, on a de bons commentaires. »

    Une nageuse comme porte-parole

    Comme lors des précédentes éditions, un jeune athlète de la région a été sélectionné pour agir comme porte-parole de l’événement. Cette année, ce fut la nageuse artistique Clara Roy qui a été choisie pour ce rôle. La Lachutoise de 14 ans revenait d’ailleurs tout juste de Trois-Rivières où elle a pris part aux Jeux du Québec.

    « C’est un honneur d’être la porte-parole. Je n’aurais jamais cru qu’en débutant la natation artistique, j’aurais une telle opportunité, raconte-t-elle. Quand je fréquentais le camp de jour, j’ai participé deux fois aux Mini-Jeux et c’était ‘l’fun’, on venait de différentes municipalités et je m’étais fait plein de nouveaux amis. »

    Cela fait seulement deux ans que la jeune Clara fait de la nage artistique, suivant ainsi les traces de sa mère qui a déjà pratiqué ce sport. Celle qui fréquente la Séminaire du Sacré-Cœur mais qui pratique son sport à St-Jérôme trois fois par semaine ne pensait jamais se rendre aux Jeux du Québec lorsqu’elle a commencé à nager. Elle dit avoir beaucoup apprécié son expérience.

    « Ce n’était pas comme pour les autres compétitions, c’était beaucoup plus accueillant. Il y avait plus d’encouragements, une meilleure ‘vibe’, dit-elle. Ça semblait être plus une célébration du sport qu’une compétition. »

    Clara participait à la compétition de natation artistique en équipe, composée de huit nageuses. Malgré un début difficile, les Laurentides ont terminé au 5e rang sur 14 équipes.

    « Ça avait mal commencé, on n’a pas eu les résultats qu’on voulait lors des préliminaires, explique-t-elle. Mais en finale, on s’est reprises, on s’est motivées et on a presque eu tout notre degrés de difficulté et les juges l’ont remarqué. On était contentes. »

    La jeune nageuse ne sait pas si elle pourra représentée les Laurentides une nouvelle fois aux Jeux du Québec dans deux ans puisque la compétition en équipe de huit est limitée aux 13-15 ans. Elle pourrait essayer de se qualifier en solo ou en duo mais la compétition sera très féroce.

    « Il y aura beaucoup de nageuses pour peu de places. Mais j’ai encore le temps de m’améliorer! », conclut-elle.

     

     

  • Unis contre les compressions en éducation

    Unis contre les compressions en éducation

    Une soixantaine de citoyens, élèves, enseignants et membres du personnel scolaire ont manifesté le 24 juillet dernier à Lachute contre les compressions budgétaires dans le système d’éducation prévues par le gouvernement provincial. Ils demandent plutôt que Québec réinvestisse dans ce domaine.

    Rappelons qu’en juin dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, avait demandé aux centres de services scolaires et aux commissions scolaires anglophones de réduire leurs dépenses de près de 570 millions de dollars pour la prochaine année. Plusieurs observateurs s’étaient inquiétés qu’un des premiers secteurs touchés par ces compressions seraient les activités parascolaires.

    Dans un article publié par La Presse le 4 juillet dernier, on rapportait qu’au Centre de services scolaires de la Rivière-du-Nord (CSSRDN), plusieurs activités avaient été mises sur pause en prévision de la rentrée, notamment les camps de football, en raison de ces compressions. Selon le CSSRDN, il s’agit d’une suspension temporaire de ces activités d’ici l’adoption officielle des budgets finaux à la fin du mois d’août. Certaines activités pourraient reprendre leur place après cette adoption.

    Le tollé provoqué par ces compressions a incité le ministre Drainville à faire un semblant de marche arrière : le 16 juillet, on annonçait un investissement de 540 M$ dans le système d’éducation pour les services aux élèves. Il s’agit quand même de 30 M$ de moins que les compressions budgétaires qui avaient été demandées précédemment aux centre de services scolaires.

    Se faire entendre

    C’est pour faire entendre leur opposition à ces coupures qu’une soixantaine d’enseignants, élèves et parents ont pris part à une manifestation à Lachute le 24 juillet dernier. Partis du stationnement du magasin Wal-Mart, ils ont descendus l’avenue Béthany pour rejoindre le bureau de la députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, où ils ont laissé plusieurs messages avant de revenir à leur point de départ. Il s’agissait de la seconde manifestation du genre à se tenir dans les Laurentides après celle tenue à St-Jérôme au début du mois de juillet.

    C’est d’ailleurs après avoir pris part à cette première manifestation que les organisateurs de celle de Lachute ont décidé de tenir celle-ci. Kimberly Lanthier-Wilson, technicienne en travail social à la polyvalente Lavigne, et Audrey Singher-Lalande, enseignante de français en secondaire 1, 2 et 5 à Lavigne, majoritairement avec des groupes d’élèves en difficultés d’apprentissage, sont d’ailleurs aux premières loges pour voir comment les activités parascolaires, premières victimes de ces coupes, jouent un role essentiel pour éviter le décrochage scolaire.

    « Le parascolaire est très important. On est une école dans un milieu défavorisé, ce ne sont pas toutes les familles qui ont les moyens d’inscrire leur jeune à des activités sportives, culturelles et artistiques, explique madame Singher-Lalande. D’avoir ces activités avec l’école, c’est une motivation pour ces jeunes. D’aller à une pratique de football le matin et se défouler pour être prêt pour le reste de la journée ou encore de savoir qu’on a un entraînement de danse sur l’heure du dîner et se motiver pour ça, c’est très important pour nos jeunes. »

    « Je vois des élèves qui ont du 50, 60 % d’absence dans leur année et ce qui les raccroche, ce sont les activités, les sports, les arts et l’accès aux profs qu’ils aiment », ajoute madame Lanthier-Wilson.

    Maéva Boucher-Pineda sera en secondaire 4 lors de la prochaine rentrée à la polyvalente Lavigne. Il est important pour elle que les activités parascolaires restent au programme.

    « Le sport parascolaire est vraiment important dans une école. Ça nous permet de vivre notre passion, explique-t-elle. Quand tu es stressé, ça permet de libérer ton stress, tes émotions. Tu vas te sentir bien après. »

    Elle-même prenait déjà part aux activités d’haltérophilie et comptait bien embarquer dans le programme de flag-football avec ses amies lors de la prochaine année. Elle se dit déçue de devoir mettre ce projet sur la glace.

    Pas que le parascolaire

    Ce ne sont pas que les activités parascolaires qui risquent d’écoper avec ces compressions. Marie-Christine Faubert, vice-présidente aux communications et relations de travail du Syndicat du personnel de soutien en éducation de la Rivière-du-Nord (SPSERN), qui représente 1800 membres dans 36 corps d’emploi au CSSRDN, indique que certains de ses membres ont été remerciés suite à ces coupures.

    « Quand l’annonce du réinvestissement de 540 M$ a été faite, on a trouvé ça bien mais combien le CSSRDN va recevoir? On ne le sait pas, déplore-t-elle. C’est clair qu’il y aura encore de la sélection à faire. Le directeur-général du centre de services scolaires aura encore un casse-tête à faire. Il n’y a rien de garanti. Je ne peux pas dire à mes membres s’ils seront rappelés. Il y a énormément d’inquiétude. »

    De son côté, Donna Anber, vice-présidente de la Commission scolaire anglophone Sir-Wilfrid-Laurier, était sur place pour manifester contre ces compressions qui se chiffreraient à 12,1 M$ pour son organisation.

    « Si on avait voulu fermer notre siège social, on n’aurait économisé que 10 M$!, illustre-t-elle. On n’arrive pas du tout à atteindre les objectifs de Québec. On a donc adopté une résolution demandant au gouvernement de pouvoir faire un déficit car on ne serait jamais capable de couper autant sans faire de déficit. »

    Elle ajoute que malgré les réinvestissements annoncés par Québec, il sera quand même difficile pour la commission scolaire de réduire ses dépenses. Le territoire qu’elle couvre est plus grand que la Belgique, ce qui fait en sorte que le service de transport scolaire est déjà déficitaire depuis de nombreuses années.

    « Ça va être difficile mais on va tout faire pour couper ailleurs que dans les services aux élèves, confirme-t-elle. Le gouvernement ne sait pas compter : s’il pense assainir ses finances en coupant en éducation, il n’a pas choisi la bonne voie. »

    Optimisation

    La députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, a réagi à la tenue de cette manifestation. Elle explique que ces demandes de compression sont une façon pour optimiser l’argent qui est dépensé dans le réseau d’éducation mais que les cibles finales n’étaient pas encore décidées.

    « J’ai transmis mes préoccupations au premier ministre, indique-t-elle. L’enjeu avec cet exercice est qu’on pourrait mettre à risque toutes nos activités parascolaires. J’ai demandé que dans cet exercice d’optimisation, on puisse le faire en tenant compte des réalités locales. On est un milieu défavorisé et je crois qu’il faut aussi tenir compte de la croissance démographique. Ce n’est pas pareil un centre de services scolaires en croissance par rapport à un qui est en décroissance. »

    La députée indique être d’accord avec cet exercice d’optimisation tout en se disant inquiète que si celui-ci ne se fait pas en éducation, d’autres ministères pourraient écoper dont celui de l’Environnement.

    Cependant, madame Grondin indique qu’elle trouve que c’est tout à l’honneur des manifestants de se faire entendre sur ce sujet. Elle dit également comprendre leurs inquiétudes.

    D’ailleurs, les participants à cette manifestation se disaient contents de voir qu’autant de personnes s’étaient déplacées pour y prendre part.

    « Je trouve ça bien de voir cette mobilisation, surtout que l’on est en plein cœur des vacances de la construction. C’est vraiment chouette », a déclaré Marie-Christine Faubert.

    « On voit que chaque mobilisation crée quelque chose. L’accumulation de chaque mobilisation va faire en sorte que ça va bouger », croit de son côté Kimberly Lanthier-Wilson.

    Reste à voir ce qui adviendra des activités parascolaires lors de la prochaine rentrée le 28 août prochain.

  • Une participation record à Lachute en fête

    Une participation record à Lachute en fête

    Les deux jours qu’a duré la 4e édition de Lachute en fête a battu des records d’achalandage les 18 et 19 juillet derniers. Plus de 13 000 personnes auraient pris part aux diverses activités gratuites offertes au parc Barron.

    « Je ne pense pas que l’on ne pourrait être plus satisfaits!, a lancé le maire de Lachute, Bernard Bigras-Denis, suite à l’événement. Ça été un grand succès. La participation a vraiment dépassé nos attentes cette année. »

    En effet, les premières estimations indiquent que près de 5000 personnes ont assisté aux prestations de King Melrose et du Boogie Wonder Band le 18 juillet. Le lendemain, pour les activités familiales durant le jour, les organisateurs parlent d’environ 2500 visiteurs tandis qu’en soirée, pour les spectacles de The Lost Fingers et des Trois Accords, ce serait plus de 6000 spectateurs qui étaient présents.

    « On a pu voir que c’est un événement qui a attiré des gens de l’extérieur, constate monsieur Bigras-Denis. On est assez content de voir que c’est un festival qui devient régional mais on le fait avant tout pour notre population.On est très, très heureux. »

    Améliorations et consolidations

    Devant le succès croissant de l’événement, certains pourraient être portés à demander à ce que Lachute en fête prenne de l’expansion, en ajoutant une journée d’activités par exemple. Mais pour le maire de Lachute, l’organisation actuelle est juste parfaite.

    « On croit que la formule actuelle est idéale, dit-il. On n’a pas non plus la pression d’en offrir plus. Les gens semblent satisfaits avec cette formule que l’on contrôle bien. Il est important de garder le contrôle car c’est payé avec des fonds publics. Honnêtement, en ajouter plus, je ne crois pas ce serait une valeur ajoutée pour la population. »

    Rappelons en effet que Lachute en fête est organisé par la municipalité, avec un budget tournant autour de 280 000 $ (le budget annuel total de la Ville de Lachute en 2025 est de plus de 36 M$).

    « C’est peu cher payé pour une activité de cette ampleur, lance monsieur Bigras-Denis. Il ne faut pas oublier non plus qu’on a des commanditaires qui nous aident à faire baisser la facture. Si on compare avec d’autres festivals du même genre, on est presque à moitié prix! »

    Malgré que le maire est plus qu’heureux de la participation des gens et du déroulement de l’événement, il concède que des éléments seront probablement à revoir pour une prochaine édition, notamment en ce qui a trait à certains kiosques alimentaires et de breuvages.

    « Certains kiosques étaient plus populaires. On va regarder pour voir si on ne peut pas en ajouter ou mieux travailler avec ceux qui sont en place pour avoir une offre plus rapide. On a eu des lignes d’attente d’une heure et demie en soirée samedi!, admet-il. On est un peu victime de notre succès! »

    Des problématiques en lien avec la circulation aux alentours du site au terme des deux soirées, alors que la majorité des gens quittaient en même temps, devront aussi trouver des solutions lors d’une prochaine édition.

    D’ailleurs, il n’est pas officiellement confirmé que l’événement revienne l’an prochain. Les élections municipales auront lieu en novembre prochain et une nouvelle administration pourrait décider de ne pas reconduire Lachute en fête.

    « Pour moi, c’est un engagement que je vais mettre dans ma plateforme, confirme le maire sortant. Mais ça va dépendre des orientations des gens qui seront en poste à ce moment-là. Je souhaite fortement être là et bénéficier de la confiance de la population. Un autre maire pourrait par contre décider d’annuler le festival, on a vu une certaine opposition venir aux séances du conseil nous dire qu’on dépensait trop dans des activités. Je crois que pour le bénéfice de la population, le festival doit demeurer car il fonctionne bien et il est très en demande. C’est un incontournable de l’été! Si j’ai la chance de revenir, je garantis qu’il y aura une 5e édition de Lachute en fête! »

  • Pont Henri-Raby et autoroute 50 : Agnès Grondin fait le point

    Pont Henri-Raby et autoroute 50 : Agnès Grondin fait le point

    Un pont toujours en attente d’être remplacé et l’élargissement de l’autoroute 50 qui semble repoussé : voilà deux dossiers touchant Argenteuil qui provoquent des inquiétudes parmi les citoyens. La députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, a fait le point sur l’évolution de ces projets.

    La saga du pont Henri-Raby est devenu un vrai roman feuilleton au cours des derniers mois. Permettant à la rue Principale d’enjamber la rivière de l’Ouest au centre-ville de Brownsburg-Chatham, il a été fermé sans avertissement en décembre dernier par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), responsable de son entretien. Un chemin de détour de près de 2 km, empruntant le seul autre pont enjambant cette rivière, a été mis en place, ce qui a provoqué des dérangements pour les résidents.

    En mars dernier, le ministère annonçait l’installation pour cet été d’un pont temporaire par-dessus le pont Henri-Raby. Or, alors que la période estivale est déjà bien entamée, il semble qu’il faudra encore attendre quelques semaines avant que cette solution temporaire ne se réalise, selon la députée d’Argenteuil Agnès Grondin.

    « L’objectif du départ était de trouver un pont existant. Ils en ont trouvé un mais il n’était finalement pas adéquat [pour l’usage prévu à Brownsburg], explique la députée. Là, le MTMD a trouvé le financement pour concevoir et fabriqué un pont temporaire spécifiquement dédié pour Brownsburg-Chatham. »

    Ces délais de fabrication signifient que ce nouveau pont temporaire pourrait ne pas être installé avant la fin août. « Je souhaite que ce pont temporaire soit aménagé avant la rentrée des classes et c’est dans ce sens-là que je vais travailler sans relâche, indique madame Grondin. Un des enjeux les plus importants est que nos jeunes puissent marcher pour se rendre à l’école ce qui n’est pas possible à l’heure actuelle. »

    « C’est une grosse cicatrice en plein noyau villageois. Je comprends l’impatience de la ville et des citoyens, poursuit-elle. J’essaie de mettre le plus d’énergie pour assurer un suivi. Je sais que c’est long mais il faut faire les choses dans les règles de l’art. Il y a 280 ponts dans les Laurentides et Lanaudière qui vivent à peu près la même chose, soit que les traverses sont réduites ou qu’elles sont fermées. De notre côté, on a mis tellement de pression avec la ville que l’on a réussi à trouver une solution temporaire. »

    Annoncé trop vite?

    Or, en plus d’avoir annoncé la mise en place d’un pont temporaire qui n’est toujours pas en place, le ministère des Transports a, depuis au moins 2014, annoncé à quelques reprises que le pont Henri-Raby en tant que tel allait être reconstruit. Construite en 1940 et longue de 40 mètres, cette structure est dans un tel état de délabrement qu’elle doit être remplacée mais jamais, malgré les multiples annonces en ce sens au fil des ans, des travaux n’ont eu lieu. Est-ce à dire que le ministère procède à des annonces sans que le dossier ne soit complètement réglé?

    « On pourrait dire ça, croit la députée. Mais moi, je suis de ceux qui pensent qu’il faut faire un état des lieux. En tant que députée, je constate qu’il y a des investissements majeurs à faire dans notre région et il faut trouver des solutions pour accélérer la réfection ou reconstruction de nos ponts. »

    Dans le cas du pont Henri-Raby, la députée indique qu’il s’agit d’un dossier assez complexe alors qu’il faudrait déplacer des infrastructures liées à Hydro-Québec et discuter avec Orica Canada, l’entreprise qui possède tous les terrains autour de l’ouvrage, dans l’éventualité d’une expropriation partielle afin d’y construire des culées plus stables pour le nouveau pont. On ne sait pas si, depuis dix ans, des discussions ont eu lieu en ce sens.

    Et la 50?

    Autre dossier majeur, l’élargissement de l’autoroute 50 entre L’Ange-Gardien et Lachute a connu un certain recul ce printemps. Comme nous l’avions souligné dans nos pages en avril dernier, le projet de la 50 a été divisé en deux projets distincts dans le dernier Plan québécois des infrastructures (PQI), soit un concernant la portion entre Lachute et Mirabel et l’autre, entre Lachute et L’Ange-Gardien.

    Or, la portion vers l’Outaouais est maintenant listé comme étant un projet de « maintien et de bonification » de la 50 et non plus un projet « d’élargissement et de réaménagement », comme c’était le cas dans le PQI de l’année dernière.

    Plusieurs médias de l’Outaouais ont par la suite obtenu confirmation de la part du cabinet de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, qu’il n’y avait pas de budget disponible pour permettre l’élargissement à court terme de la voie rapide. En 2022, le gouvernement caquiste avait pourtant promis que l’élargissement complet de la 50 allait être terminé d’ici 2032. Désormais, l’horizon serait de 2035 ou 2036.

    Selon Agnès Grondin, cette division du projet global d’élargissement de l’autoroute résulte d’une volonté d’efficacité. « Quand on met un projet au PQI avec un montant, on gèle cet argent, explique-t-elle. Au lieu de geler cet argent pour 4, 5 ou 10 ans, la ministre a décidé de le prendre pour des projets où on en est rendu à la réalisation. Le tronçon entre L’Ange-Gardien et Lachute, on en est encore à l’étude, on n’est pas près de sa réalisation. »

    L’ancien projet inscrit au PQI de l’an dernier incluait en effet l’élargissement de la 50 sur toute sa longueur. La division du projet en deux permet ainsi de libérer des sommes qui étaient prévue pour la portion entre L’Ange-Gardien et Lachute.

    « On a beaucoup parlé de mettre en place des mesures de sécurisation en attendant l’élargissement, poursuit la députée. C’est pour ça que le projet a été scindé en deux dans le dernier budget : ça va aller beaucoup plus vite pour le tronçon Lachute-Mirabel en terme d’élargissement tandis que la partie Lachute-L’Ange-Gardien reste à l’étude. »

    Notons effectivement que le report de l’élargissement de la 50 ne concerne que la portion entre Lachute et L’Ange-Gardien. Le tronçon entre Lachute et Mirabel est toujours au programme, alors qu’une première partie de 6,6 km entre l’aéroport de Mirabel et la sortie pour le chemin St-Simon doit ouvrir en septembre. Les travaux devraient ensuite commencer rapidement sur les 17,6 km qui resteront à être doublés jusqu’à Lachute. Un tronçon de 9,7 km entre Gatineau et L’Ange-Gardien a été ouvert il y a à peine un an.

    « On voit les travaux qui sont presque terminés à Mirabel, on voit des travaux qui sont terminés en Outaouais. Je trouve ça super encourageant, on voit que ça se réalise », tempère la députée.

    D’ici l’élargissement, de nouvelles mesures de sécurisation devraient être mises en places dans les secteurs où l’autoroute ne compte que deux voies. Une augmentation de la surveillance policière et l’ajout de photos-radar mobiles dédié à la 50 sont au menu. L’installation de glissières de sécurité entre les deux voies est aussi au programme, comme cela avait été annoncé il y a un an.