Catégorie : Autres – Others

  • La longue route d’un Franco-ontarien pour quitter l’Ukraine

    La longue route d’un Franco-ontarien pour quitter l’Ukraine

    Luc Chénier, sa conjointe ainsi que ses 2 filles âgées de 17 et 2 ans se sont fait réveiller brutalement à 5h18 le matin du 24 février par un missile russe tombé à quelques kilomètres de leur maison de Kiev. «On a quand même été chanceux, car la soirée d’avant, on avait fait tous nos bagages, a-t-il raconté la semaine dernière à l’émission Les Matins d’ici de la radio de Radio-Canada à Ottawa. Quand on s’est fait réveiller par le bombardement, c’était le choc. On n’avait jamais imaginé ce qui allait se passer. On pensait que les menaces de Poutine n’étaient rien d’autre qu’un bluff. On n’imaginait jamais que des missiles tomberaient sur la ville de Kiev». 

    Puis ce fut le début d’un difficile périple de 17 jours vers la sécurité pour la famille Chénier. Au lieu des 45 minutes que ça prend en temps normal pour sortir de la ville, ça leur aura pris presque 6 heures, tellement les routes étaient bloquées par la circulation. Les postes d’essence étaient engorgés, dont plusieurs n’avaient plus de carburant. Ils en ont trouvé une à des centaines de kilomètres plus loin. La famille s’est d’abord dirigée vers la Pologne. Mais l’attente de plusieurs jours avec un enfant de 2 ans les a dissuadés. Alors, ils se sont dirigés vers la Hongrie ce qui leur aura pris 21 heures pour franchir la frontière. Il leur restait à multiplier les efforts pour enfin obtenir un visa du Canada pour Iryna la conjointe de nationalité ukrainienne de M. Chénier. PDG du journal en langue anglaise The Kyiv Post, Luc Chénier croit que c’est beaucoup grâce à ses contacts dans les médias, dont au quotidien Le Devoir, qui ont aidé. 

    Le visa enfin obtenu, la famille Chénier a pu s’envoler de Budapest mercredi de la semaine dernière vers Vienne en Autriche. Le lendemain, un autre avion les mènera à Montréal. Une fois rentré au Canada après avoir vécu 22 ans en Ukraine, Luc Chénier dit qu’il ne peut pas s’empêcher de penser à ceux qui restent là-bas, à subir la brutale invasion du régime russe de Vladimir Poutine. «Ce qui m’inquiète, ce sont les réfugiés qui vont venir, qui attendent et qui n’ont pas les contacts que j’ai. Ils ont besoin d’aide aujourd’hui, pas dans 2 semaines», a-t-il déclaré à Radio-Canada, alors que le gouvernement canadien a annoncé deux initiatives pour faciliter l’accueil de réfugiés ukrainiens qui fuient l’offensive russe. Pour la suite des choses, la famille Chénier loge à Hawkesbury chez Isabelle l’une des 2 soeurs du PDG du Kyiv Post. Et c’est d’ici que ce dernier continue de diriger son journal, malgré la distance. 

  • Fin du masque obligatoire

    Fin du masque obligatoire

    Le port du masque ne sera plus obligatoire dans la plupart des endroits publics en Ontario à partir du 21 mars, incluant les écoles, les restaurants, les gyms et les commerces. Le port du masque demeurera exigé dans le transport en commun, ainsi que dans les résidences pour ainés, dans les résidences pour soins de longue durée et dans le milieu de la santé. 

    Le 21 mars marquera également la fin du dépistage quotidien contre la COVID-19 et la fin des cohortes dans les écoles. 

    Si certains conseils scolaires se sont montrés réticents face à cette dernière levée de mesures sanitaires, le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO) et le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) n’ont pas fait de commentaire à cet égard. Pour le CSDCEO et le CEPEO, le port du masque chez les élèves et le personnel enseignant relèvera désormais d’un choix personnel. Les deux conseils scolaires francophones continueront de fournir des masques aux élèves qui en désirent. 

  • Ringette Club holds rocking open house

    Ringette Club holds rocking open house

    All three of the CCRA Falcons league teams played a game at the Canadian International Hockey Academy Arena in Clarence Rockland, starting with FUN3 at 10:15 a.m,, moving on to U12B an hour later, and finishing off with U12C at 12:15 p.m. All three teams played amazingly, and the seating area was almost full for all three games. 

    The first game saw the FUN3 Falcons face off against the Upper Ottawa Valley Armstrongs. Although they put up a fierce fight, they lost to the Armstrongs at a score of 6-4. 

    The second game pitted the U12B Falcons against the Nepean Kennedys. The game was no competition, and the Falcons won with a score of 4-0. 

    The last game saw the U12C Falcons crush Ottawa’s Team Dubois. Although the Ottawa players tried to claw their way back, they ultimately succumbed, and the Falcons won 7-2. 

    “Thank you for supporting us last fall and hopefully you’ll be available to support again,” stated the CCRA. “We welcome and invite friends, family and the community to come out to support the CRRA Falcons.” 

  • Une autoroute 50 plus sécuritaire

    Une autoroute 50 plus sécuritaire

    «Aujourd’hui, je confirme que les travaux pour l’élargissement de l’autoroute 50 seront exécutés en 2032. Tronçon par tronçon, on sécurise ce lien névralgique pour l’Outaouais, un projet que la population réclame depuis trop longtemps», a confirmé le ministre sur son fil twitter lundi, alors qu’il était de passage à Gatineau. Les travaux sur une distance de 9,7 km dans la région de l’Outaouais débuteront la semaine prochaine, le contrat au montant de 82,7 M$ a été attribué à l’automne dernier.  

    Le tronçon entre Lachute et Mirabel serait aussi traité en priorité dès cet été, selon le site Transport Québec. «Tout est mis en œuvre afin d’avoir en main les plans et devis pour une partie de tronçon Lachute-Mirabel au cours de l’année 2022, ce qui mènera au lancement de l’appel d’offres pour la réalisation d’un premier lot de travaux dans ce secteur», précise-t-on. Rappelons que le nombre d’accidents mortels sur ces 96 kilomètres de voies contiguës ne cesse de croître. 

    À quelques mois de la campagne électorale provinciale, les annonces se font nombreuses. Le vendredi précédent, c’est 323 161 000 M$ qui ont été promis pour l’amélioration du réseau routier dans la région des Laurentides d’ici les deux prochaines années par les députés des Laurentides. Pour la région, plus de 85 projets sont prévus. 

    Attention nids-de-poule 

    Ces annonces visent à assurer le maintien et l’amélioration de l’état des infrastructures routières et tombent au même moment que l’arrivée des fameux nids-de-poule de la saison printanière. La semaine dernière, sur l’autoroute 50 à la hauteur de la sortie pour Saint-André d’Argenteuil en direction de Gatineau, il aura fallu plus de quatre jours pour réparer une crevasse qui a causé plus d’une vingtaine de crevaisons en bord de route. Les Travaux publics se sont déplacés le vendredi 11 mars vers 11h pour réparer le trou béant qui ne laissait aucune chance aux automobilistes.  

    Pour signaler un trou dans la chaussée, on doit communiquer avec le 5-1-1. 

     

  • L’autoroute de la francophonie musicale canadienne: en mars, la musique nous redonne vie!

    L’autoroute de la francophonie musicale canadienne: en mars, la musique nous redonne vie!

    Ce menu printanier de notes et d’accords débute avec un des auteurs-compositeurs-interprètes des plus prolifiques de sa génération. L’Acadien Matt Boudreau nous offre Ovni, une sorte de transformation de son album précédent, Armageddon, mais qui comprend aussi de nouvelles pistes.

    Il redonne ainsi vie à de superbes chansons en leur apportant une dimension plus acoustique, plus intime, plus live. Certaines pièces ont une profondeur plus intense que sur Armageddon, alors que d’autres, plus organiques, viennent toucher encore plus l’auditeur de cet opus.

    Boudreau signe deux nouvelles pièces sur cet album. D’abord Nébuleuse, qui donne le ton de l’album avec une couleur plus folk et une humeur plus songeuse. On retrouve aussi la chansonnette Sur la mer, qui met bien en valeur la tendresse de la voix de Matt Boudreau.

    Parmi les reprises, notons Élise, qui offre une belle richesse nous rappelant l’univers d’un certain Jean Leloup. La pièce Daydreaming propose quant à elle des couleurs plus «folk pop», comme celles peintes par Boudreau avec la pièce titre Ovni.

    L’artiste propose aussi deux versions de Cool Babe: une en chanson sur des rythmes country folks et une instrumentale toute douce à la guitare acoustique appelée (Version à Kevin). C’est vraiment un p’tit bijou!

    Ovni est un bel exercice de style qui fait place à des arrangements épurés, plus organiques et qui mettent en valeur une voix chaude me rappelant un certain Pascal Lejeune, alias Thomé Young. En ces temps de pandémie, où le besoin de se faire interpeler est important, Ovni de Matt Boudreau fait son œuvre.

    À l’autre bout du monde avec Gaetan Benoit

    Il y a une histoire qui m’a beaucoup touchée ces derniers temps. Une histoire qui nous ramène à l’essentiel.

    Après un diagnostic de cancer au cerveau, l’auteur-compositeur-interprète fransaskois Gaetan Benoit a senti l’urgence de produire un album à son image. L’autre bout du continent est un élan d’amour, d’humour et de vérité.

    Il nous propose un univers aux couleurs folk, country et folklorique, en nous interpelant sur l’essentiel de la vie. Il éveille des sentiments profonds très souvent refoulés, qui vont des imperfections du quotidien aux besoins de liberté en passant par le moment présent.

    L’auteur-compositeur-interprète expose une franchise hors du commun. L’importance de la vérité est omniprésente.

    La pièce titre L’autre bout du continent supporte un des très beaux textes de l’album qui traite de solitude et de mélancolie. La pièce Viejo Mundo est une belle métaphore sur la liberté, la libre expression et le courage.

    Le texte de Te souviens-tu? raconte l’histoire d’une femme qui souffre d’Alzheimer sur fond de ballade country. Une pièce touchante. Dans le même univers, on retrouve Grand mal, un superbe texte sur le cancer et la vie avec la maladie.

    Lorsque l’urgence de vivre prend toute la place, les barricades tombent et l’essentiel refait surface. Gaetan Benoit nous fait réfléchir en parlant de vérité et d’intégrité. L’autre bout du continent est parsemé de moments drôles, mais aussi de moments tendres qui nous dévoilent une fragilité qui fait partie de la vie.

    Gris: les nuances de Cécile Doo-Kingué

    À l’époque de la sortie de l’album Gris de Cécile Doo-Kingué, en 2012, on retrouvait peu de femmes guitaristes francophones avec un bagage comme le sien.

    Camerounaise née à New York, elle a habité aux États-Unis et en France avant de venir s’installer au Canada. Elle a su prendre sa place rapidement sur la scène franco-canadienne et se forger une solide réputation comme excellente guitariste.

    L’album Gris propose des orchestrations et des jeux de guitares enivrants, ensorcelants et intelligents. De chanson en chanson, les partitions de batteries, de guitare basse et de voix sont parties prenantes de la qualité et de la force des mélodies, majoritairement blues avec quelques soupçons de jazz, de musique latine et de musique du monde.

    L’album s’amorce avec Aunt Jemima, un texte génial sur les stéréotypes auxquels les femmes noires sont confrontées. Elle poursuit avec un blues langoureux, La bouteille, un superbe texte sur l’intégrité et la vérité.

    J’ai été séduit dès les premiers accords d’Invitation au voyage, un texte personnel, mais puissant qu’elle interprète en duo avec Tricia Foster. Il y a aussi Dors, ce blues aux couleurs latines qui rend hommage aux hommes et aux femmes qui se sont battus pour les droits des humains à l’échelle de la planète.

    Mais mon vrai coup de cœur est la pièce titre : Gris. Cécile Doo-Kingué se fait visiblement plaisir à la guitare sur un blues lourd à la Stevie Ray Vauhan sur toute la ligne.

    Bref un album d’une douzaine de chansons blues aux nuances multiples, qui nous offre des textes magnifiques.

    Je vous souhaite un bon printemps tout en musique!

    Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.

  • À moins de 8% d’immigration, les Franco-Canadiens s’amoindriront

    À moins de 8% d’immigration, les Franco-Canadiens s’amoindriront

    C’est ce qu’a révélé la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada au cours du premier évènement du Symposium annuel sur l’immigration francophone, qui en est cette année à sa 15e édition.

    En date du recensement de 2016, le poids démographique des francophones hors Québec était d’environ 3,8 %. Patrick Naud, vice-président de la FCFA, confiait cependant à Francopresse qu’il est probable que ce chiffre ait diminué dans le recensement de 2021, dont les données concernant les CLOSM doivent paraitre le 17 aout.

    Pour que le poids démographique grimpe à 3,9% d’ici 2036, il faudrait que la cible soit de 10 % d’immigration francophone hors Québec d’après les projections de la FCFA. Un rattrapage à 4,5%, correspondant au poids démographique des francophones à l’extérieur du Québec en 1996, demanderait une cible de 16%.

    «Au cours des prochaines semaines, la FCFA rendra publique une demande officielle au nom des communautés francophones et acadienne pour [une] nouvelle cible et elle sera basée sur ces données et ces projections démographiques», a annoncé le directeur général de la FCFA, Alain Dupuis, durant sa présentation.

    «Pour nous, il est clair que la prochaine cible doit tenir compte du besoin d’un rattrapage, donc une certaine mesure de réparation, et d’un objectif de croissance de nos communautés par la suite. J’aime toujours le rappeler, nous aussi nous aspirons un jour à avoir des communautés qui ne soient pas en déclin, mais en croissance et en revitalisation», souligne encore Alain Dupuis.

    Quelques recommandations de la FCFA pour augmenter l’immigration francophone hors Québec:

    Traiter en priorité les demandes francophones dans l’inventaire actuel

    Rendre permanente la passerelle temporaire entre la résidence temporaire et la résidence permanente pour les candidate·e·w·e·s d’expression française

    Créer des bassins/quotas francophones dans les différents programmes d’immigration existants

    Créer un programme distinct pour l’immigration francophone, intégré au Plan annuel des niveaux [d’immigration]

    Développer des mesures spécifiques pour chaque catégorie d’immigration (économique, familial et réfugiés)

    Actualiser le Plan FPT (fédéral, provincial, territorial) en immigration francophone afin que les provinces et les territoires sélectionnent davantage de candidat·e·s francophones

    Accroitre la promotion et le recrutement dans les pays d’Afrique et y augmenter la capacité de traitement des visas

    «Il faut préparer le terrain pour ça»

    Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a lui aussi réalisé une présentation à l’occasion du premier évènement du Symposium, qui avait pour thème «Échéance de la cible: bilan et pistes d’avenir».

    Il y a notamment défendu l’idée d’avoir un programme d’immigration distinct pour la francophonie canadienne: «Un défi, c’est qu’on a une multitude de programmes, donc comment est-ce qu’on peut faire en sorte qu’on puisse rassembler tout ça dans une stratégie globale? En bout de ligne, ce qui nous intéresse, c’est concrètement comment est-ce qu’on va assurer le poids démographique des communautés au sein de la société canadienne.»

    Corinne Prince, sous-ministre adjointe à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), a pour sa part présenté le point de vue du ministère et a assuré que les idées soulevées au cours de l’évènement seraient partagées avec le ministre Sean Fraser.

    «L’immigration francophone, pour nous, c’est vraiment un projet de société. Si on établit la prochaine cible — soit à 5%, 6% ou même 8% —, il y a des répercussions […] il faut préparer le terrain pour ça», a-t-elle souligné en rappelant que le Plan des niveaux d’immigration 2022-2024 prévoit l’accueil d’en moyenne 443 233 nouveaux immigrants par année, soit environ 1% de la population canadienne.

    «5%, 8% de 450 000, c’est très élevé. Beaucoup plus élevé qu’auparavant, dans les années où on a eu une cible de 275 000 immigrants par année. Pour moi, ça veut dire que nous devrions tous — les provinces, les municipalités, la communauté francophone — il faut tous maintenant, aujourd’hui commencer la préparation pour ces grands chiffres», insiste Corinne Prince.

    Vers des cibles provinciales?

    Alain Dupuis indique également que «la prochaine cible, nous le souhaitons, sera une cible annuelle plutôt qu’échelonnée sur cinq ans et, bien sûr, elle devra être déclinée par région».

    L’idée de cibles provinciales a d’ailleurs été évoquée par le commissaire aux langues officielles qui rappelle que «dans chaque province et territoire, les communautés sont distinctes et ont des besoins distincts». À l’heure actuelle, seuls le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et l’Ontario ont des cibles provinciales.

    Ainsi, Raymond Théberge estime que dans ses négociations avec les provinces et territoires, le gouvernement du Canada pourrait inclure certaines exigences en matière d’immigration francophone.

    Une proposition qui rejoint Alain Dupuis : «Les provinces vont devoir en faire plus. Si elles n’ont pas de cibles, elles devront je l’espère s’en doter.»

    Soulignant que les provinces et territoires sont de plus en plus impliqués dans le choix des immigrants qu’ils accueillent, le directeur de la FCFA estime que cela doit s’accompagner de conditions du fédéral : «Il y a une négociation à avoir où les provinces doivent assumer une obligation envers la vitalité et le maintien du poids démographique [de la francophonie].»

    Ce à quoi Corinne Prince d’IRCC répond que l’immigration est un champ de compétence partagé et que «notre rôle au fédéral n’est pas de forcer les provinces et territoires à poser telle ou telle action en immigration, mais plutôt de leur donner toutes les occasions d’atteindre leurs objectifs, et nous favorisons la concertation plutôt que la confrontation».

    «Mais je crois personnellement que nous pouvons leur donner des [incitatifs]», nuance la sous-ministre adjointe.

    La pression se fait sentir

    En somme, les trois présentateurs se disent ultimement optimistes par rapport à la croissance de l’immigration francophone, notamment en raison de la modernisation prochaine de la Loi sur les langues officielles.

    «Je pense que certaines conditions sont en place maintenant pour favoriser une immigration francophone plus dynamique. […] Les astres s’alignent d’une certaine façon, mais on ne peut pas manquer cette occasion. Le fait qu’on ait [un déficit de] 75 000 immigrants francophones, on va ressentir ça pour les 10, 15, 20 prochaines années», insiste Raymond Théberge.

    Corinne Prince fait de son côté ressortir que les partenariats entre IRCC, le Commissariat aux langues officielles (CLO), la FCFA et les communautés francophones «sont plus forts que jamais», que «le recouvrement économique postpandémie est très important» et que, comme le veut le dicton, «il ne faut jamais laisser gaspiller une bonne crise».

    Enfin, Alain Dupuis souligne quant à lui qu’«il y a un mot qui me vient en tête: c’est fragilité. Je pense que collectivement, on n’a pas d’autre choix que de réussir la prochaine étape. Moi je sens une pression énorme au niveau de nos communautés pour qu’on réussisse cette fois-ci et qu’on se crée cet avenir meilleur, et je pense qu’on a des outils en place, mais il faut être ambitieux et aller chercher les moyens».

  • Elle quitte Moncton pour rejoindre la résistance ukrainienne

    Elle quitte Moncton pour rejoindre la résistance ukrainienne

    Cinq jours après le début de l’invasion, Anna K. s’est envolée de Moncton en direction de Varsovie, en Pologne. Alors qu’un demi-million de personnes ont fui son pays natal, la jeune femme est déterminée à entrer dans la zone de guerre et prêter mainforte aux forces armées ukrainiennes.

    Elle est prête à se porter volontaire pour soigner les blessés de guerre.

    «Même si je n’ai jamais travaillé dans de telles conditions, j’espère qu’on me laissera utiliser certaines de mes compétences d’infirmière. Mais je ferai n’importe quoi, que ce soit cuisiner et livrer de la nourriture, organiser les approvisionnements, aider à l’évacuation, même donner son sang est très important en ce moment», raconte-t-elle à l’Acadie Nouvelle.

    «C’est le pays de mon cœur»

    L’Ukrainienne, installée au Canada depuis plusieurs années, s’engage dans un périple long et incertain. Elle ne s’attend pas à pouvoir rejoindre le théâtre des opérations avant une à deux semaines.

    Elle espère pouvoir gagner la région d’Odessa et de Kherson, au sud du pays, une zone actuellement occupée par les forces russes. C’est là où se trouvent ses proches, qui se sont réfugiés dans des abris antibombes.

    «L’un des ponts de la ville a été détruit, l’aéroport a été incendié et les troupes patrouillent devant le centre commercial où j’allais magasiner. C’est fou…», se désole Anna.

    Au cours de la fin de semaine, ses amis de Moncton ont rassemblé en catastrophe autant d’argent et de matériel médical qu’ils ont pu trouver : trousses de premiers soins, couvertures d’urgences, bandages, compresses et autres rations de survie. Les dons sont venus de voisins, d’inconnus et même du Oulton College, où Anna a suivi le programme d’infirmière auxiliaire.

    «Nous avons récupéré 22 kilogrammes d’équipement, nous avons entassé tout ce que nous avons pu dans un sac», décrit Nataliia Haidash, amie d’Anna, elle aussi membre de la communauté ukrainienne de Moncton.

    Au fond du sac se trouvent un casque et un gilet pare-balles. Déterminée, Anna assure que son désir d’agir pour la cause nationale l’emporte sur la peur.

    «Ça n’a pas été difficile de me décider, parce que je sais que c’est la bonne décision», lâche-t-elle.

    «Je ne suis pas trop inquiète, je crois que je peux être utile et j’essaierai d’être prudente, de ne pas me mettre en danger, mais la vérité c’est qu’il n’y a aucun endroit sûr en Ukraine actuellement. Bien sûr que j’y pense, mais je ne peux pas me tenir à l’écart, continuer mon travail et assister à la tragédie qui se déroule devant moi. C’est chez moi, c’est ma famille, c’est le pays de mon cœur ; c’est le pays qui m’a vu grandir et je ferai tout ce que je peux pour aider», ajoute Anna.

    «J’ai peur de tomber endormie»

    Son amie Nataliia Haidash n’a pas su l’en dissuader : «C’est la personne la plus entêtée que je connaisse! Si elle a choisi quelque chose, personne ne peut lui faire changer d’avis», confie-t-elle.

    Installée à Moncton depuis 2017, Nataliia est originaire de Zaporizhia, dans le sud-est du pays. Elle vit une angoisse permanente depuis jeudi. Ses parents et son frère sont en sécurité jusqu’à présent, mais l’aéroport de leur ville a été la cible de frappes aériennes.

    Impossible pour elle de décrocher du fil d’actualité de son téléphone.

    «Je dors pendant deux ou trois heures et je me réveille avec un sentiment d’horreur, raconte Nataliia. J’ai peur de tomber endormie, la situation change chaque minute.»

    Comme beaucoup à travers le monde, elle salue l’héroïsme de ses concitoyens : «Personne n’aurait imaginé qu’ils puissent résister à une armée aussi puissante. C’est incroyable de voir comment tellement de civils résistent à l’occupant russe!»

    Au cours des derniers jours, le Club ukrainien de Moncton s’est mobilisé en organisant des manifestations dénonçant l’intervention armée. L’association récolte désormais les dons de matériel humanitaire et d’argent pour couvrir les besoins en médicaments, vêtements chauds et nourriture.

    «Le soutien a été incroyable, des inconnus m’ont contacté pour me dire qu’ils sont prêts à héberger les réfugiés qui veulent venir au Canada, se réjouit Nataliia Haidash. Continuez de partager de l’information et d’attirer l’attention sur le conflit. Ça nous donne plus de force et de courage de passer à travers tout ça.»

  • Sylvain Séguin cherche des âmes dans le bois

    Sylvain Séguin cherche des âmes dans le bois

    «Je suis toujours dans la forêt, dit Séguin. J’aime être avec la nature». 

    Un boisé borde l’arrière de sa maison de Forest Hill. C’est la source des matériaux de sculpture en bois de Séguin. 

    «J’ai commencé à ramasser des morceaux de bois et à leur donner «une seconde chance», a-t-il dit. C’est comme ça que je le vois, une seconde chance au lieu de laisser le bois pourrir». 

    Parfois, au cours d’une promenade dans le bois, Séguin découvre un grand arbre mort qu’il peut retourner récupérer plus tard, en tout ou en partie, avec une remorque. C’est ainsi qu’il a débuté comme sculpteur sur bois, en récupérant un érable foudroyé. 

    «J’ai pensé que c’était une honte de le laisser par terre», dit-il. 

    Après deux ans passés dans son atelier au sous-sol, trois à quatre heures par nuit à enlever l’écorce, à alterner entre le ponçage et l’utilisation d’un ciseau à bois dur et d’une tronçonneuse, M. Séguin a terminé sa première sculpture sur bois. 

    C’était il y a quatre ans. Depuis, il a réalisé près de deux douzaines de pièces, petites, grandes et gigantesques, en utilisant du bois récupéré sur sa propre propriété ou qu’il trouve ailleurs ou qu’on lui donne. 

    Une fois sa trouvaille en sécurité dans son atelier au sous-sol, M. Séguin commence à réfléchir à ce qui pourrait se cacher dans un morceau de bois de récupération. 

    «Pour moi, c’est la forme qui me plaît, dit-il. Quand je ramasse un morceau de bois, je vois toujours quelque chose en lui. Je vois toujours un résultat». 

    Bien qu’il ait vendu plusieurs de ses sculptures abstraites, être un artiste n’était pas le but initial de Séguin dans la vie. Il est couvreur de métier depuis plus de 30 ans et possède sa propre entreprise florissante de couverture depuis plus de 20 ans maintenant. 

    Ses enfants ont été l’inspiration initiale de l’intérêt de M. Séguin pour le travail du bois. 

    «Quand les enfants sont nés, j’ai commencé à faire des meubles, dit-il en souriant. J’ai fabriqué des tables à langer, des armoires et des lits pour les enfants». 

    Le simple fait de fabriquer des lits artisanaux pour ses deux enfants a tenu Séguin occupé dans son atelier, car ils devenaient trop grands pour leurs lits tous les cinq ans. Il a découvert un autre avantage à travailler le bois, à savoir le soulagement qu’il procurait face aux pressions de la gestion d’une entreprise. Le travail du bois et la sculpture se sont avérés être une bouée de sauvetage émotionnelle et psychologique pour lui pendant les premiers jours de la pandémie en 2020, lorsque son entreprise de couverture, comme beaucoup d’autres entreprises, a été mise en veilleuse pendant le lockdown. 

    «C’est une bonne chose pour l’esprit, a-t-il déclaré à propos de son travail sur le bois. Ça aide à réduire le stress». 

    Maintenant que les restrictions liées à la pandémie s’assouplissent, M. Séguin se tourne à nouveau vers les travaux de toiture. Mais il s’attend à ce que, lorsqu’il prendra sa retraite dans un avenir lointain, il consacre plus de temps à la sculpture et à faire remonter à la surface les âmes cachées dans le bois. 

  • Nouvelles élèves conseillères au CSDCEO

    Nouvelles élèves conseillères au CSDCEO

    C’est Maliyamu Matola, une élève de 11e année de l’École secondaire catholique de Plantagenet, et Marie-Pier Prévost, une élève de 11e année de l’École secondaire catholique de Casselman qui ont été élues de façon virtuelle par leurs pairs du Sénat des élèves, des groupes de leadership autochtone et Catho-Franco, afin de représenter les élèves de la 9e à la 12e année à la table du CSDCEO pour l’année scolaire 2022-2023 

    Maliyamu Matola est membre du Sénat des élèves depuis qu’elle est en 9e année. Elle participe également au conseil des élèves de son école. L’accessibilité des réseaux informatiques et des outils technologiques, le multiculturalisme et l’environnement sont les enjeux qui la motivent à s’impliquer au sein de sa communauté. 

    Marie-Pier Prévost fait partie du gouvernement des élèves de son école depuis qu’elle est en 7e année. Elle a également eu la chance d’assister au Parlement jeunesse francophone de l’Ontario. Marie-Pier veut faire avancer les causes de la francophonie et de l’écocitoyenneté durant son mandant d’élève conseillère.  

    La directrice de l’éducation et secrétaire du CSDCEO, Eugénie Congi accueille avec enthousiasme la nomination de Maliyamu et de Marie-Pier à titre d’élèves-conseillères: «Félicitations à Maliyamu et Marie-Pier pour leurs nominations ! Nous sommes heureuses et heureux d’accueillir deux élèves qui n’ont pas peur des défis, surtout dans cette situation particulière. La participation des élèves conseillers et conseillères est importante, car ceux-ci représentent la voix de plus de 10 400 élèves de nos écoles catholiques de langue française.» 

     

  • La marina de Lefaivre fait l’objet d’une discussion au conseil

    La marina de Lefaivre fait l’objet d’une discussion au conseil

    «C’est une excellente chose», a déclaré le conseiller Ian Walker, lors de l’examen par le conseil, le 8 mars, du rapport d’exploitation de la marina de Lefaivre pour l’année 2021. Mais il s’est également demandé si l’exploitation de l’installation devrait continuer à relever de la responsabilité du canton.  

    Le rapport 2021 sur les opérations de la marina montre un léger excédent de 3 074,33$ après que toutes les dépenses ont été couvertes, et un record de ventes de près de 300 000 litres d’essence marine. Cela dépasse le précédent record de plus de 270 000 litres vendus pendant l’année d’exploitation 2017. L’année 2020, au cours de laquelle la pandémie a commencé, a enregistré la plus faible quantité d’essence marine vendue, soit un peu moins de 200 000 litres.  

    Le conseiller Walker a demandé au directeur des parcs et loisirs, Ken St-Denis, si le canton étudiait la faisabilité d’un partenariat public-privé (PPP) pour la marina. Il a fait remarquer que le rapport d’exploitation de 2021, bien qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle pour la municipalité, montrait encore des «profits à la limite» pour la marina par rapport aux coûts d’exploitation requis dans la partie loisirs du budget annuel.  

    M. St-Denis a indiqué au conseil qu’il y avait eu des discussions l’année dernière sur la question de savoir si le service des loisirs devait faire une étude sur la faisabilité d’un PPP pour la marina Lefaivre. Il a donc continué à travailler avec le comité consultatif de la marina sur la planification des opérations de l’installation de navigation de plaisance.  

    «Est-ce que nous nous dirigeons vers un partenariat public-privé? a déclaré M. St-Denis. C’est totalement la décision du conseil».  

    Il a fait remarquer que l’année dernière, le canton de Champlain a accepté de confier l’exploitation quotidienne de sa marina de L’Orignal au secteur privé. Le service des loisirs du canton d’Alfred-Plantagenet pourrait obtenir des informations de son homologue du canton de Champlain sur cet arrangement dans le cadre d’une étude préliminaire sur un PPP pour la marina Lefaivre.  

    Le conseil accepte le rapport 2021 sur la marina Lefaivre sans autre discussion.