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  • Nouvelles cibles d’immigration: et les francophones?

    Nouvelles cibles d’immigration: et les francophones?

    Le Canada accueillera 431 645 nouveaux résidents permanents en 2022, 447 055 en 2023 et 451 000 en 2024.

    Cette annonce était l’occasion de revenir sur les niveaux d’immigration francophone hors Québec avec le ministre Fraser, qui a tenu à répondre en français aux questions de Francopresse, après avoir fait l’objet de critiques pour avoir tenu une conférence de presse uniquement en anglais.

    «Je travaille fort sur mon français, mais je ne suis pas parfaitement bilingue. […] C’est ma première entrevue en français, mais ce n’est pas la dernière», a-t-il promis.

    Réalités de l’immigration francophone en 2021

     En 2021, l’immigration francophone hors Québec représentait 1,95 %, un taux bien en deçà des 4,4% prévus depuis 2003.

    L’Ontario, la province la plus populeuse où s’installent le plus de francophones à l’extérieur du Québec fait état de 1,97%, au lieu des 5% fixés par le gouvernement provincial en 2012.

    La seule province officiellement bilingue, le Nouveau-Brunswick, atteint un taux de 14,84 % au lieu des 33% prévus par la province.

    Le ministre admet qu’il y a des lacunes : «Ces 50 dernières années, il y a eu une réduction du poids démographique des francophones. Ce n’est pas acceptable et c’est pour cela qu’il faut continuer de développer notre Stratégie en matière d’immigration francophone. C’est aussi la raison pour laquelle il faut changer la Loi sur les langues officielles, afin de permettre un meilleur accueil des nouveaux arrivants francophones.»

    «À quel niveau on se dit qu’il faut apporter des correctifs?»

    Pour Paulin Mulatris, vice-recteur de l’Université de l’Ontario français (UOF), les nouvelles cibles d’immigration relèvent d’une «très bonne intention. Mais la cible [de 4,4% de nouveaux arrivants francophones] n’a jamais été atteinte depuis qu’elle a été fixée. À quel niveau on se dit qu’on n’a pas atteint les cibles et qu’il faut apporter des correctifs?»

    Pour lui, la grande question reste à savoir si le Canada a la capacité d’atteindre cette cible. «On ne l’atteint pas, car je pense que la volonté n’existe pas pour aller recruter, vu que le plus gros bassin est en Afrique», déplore-t-il.

    Comment rétablir le poids démographique francophone?

    Le ministre Fraser assure pourtant que les programmes d’immigration déjà mis en place à son arrivée au Cabinet Trudeau, en plus des annonces qu’il a faites ces dernières semaines et des nouveaux «outils» auxquels il pense, suffiront à augmenter la population francophone hors Québec.

    «Je suis sûr que nous pourrons augmenter le nombre total de nouveaux arrivants francophones, et que nous serons capables d’atteindre la cible fixée à 4,4% de nouveaux arrivants francophones hors Québec dès l’an prochain […] avec le soutien de ma secrétaire parlementaire, Marie-France Lalonde», souligne-t-il. 

    Cette dernière, députée d’Orléans en Ontario, se décrit comme «fière Franco-Ontarienne» et peut faire valoir les intérêts francophones auprès du ministre, qui ne parlait pas français à son entrée au Cabinet.

    En décembre dernier, le Commissariat aux langues officielles (CLO) a constaté qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) n’atteint pas sa cible en immigration francophone depuis qu’elle a été fixée.

    À la question de savoir s’il faudrait une cible plus ambitieuse, le ministre répond: «J’apprécie l’orientation du commissaire. Je ne veux pas communiquer que la cible de 4,4% d’ici 2023 est la limite de ce que l’on peut faire. C’est la base.»

    Après avoir annoncé il y a quelques semaines que le gouvernement allait accroitre le soutien financier des services d’établissement pour les immigrants, Sean Fraser assure que «les changements précédents des points additionnels dans le système d’Entrée express, qui donne davantage de points aux personnes bilingues et francophones», portent des fruits.

    Le ministre rappelle «un autre succès», celui de la Voie d’accès de la résidence temporaire à la résidence permanente pour les nouveaux arrivants francophones qui «n’a pas été plafonnée». Toutefois, ce programme a pris fin le 5 novembre dernier.

    En bref, le ministre à la tête d’IRCC depuis quelques mois seulement assure qu’il «travaille fort» pour rétablir le poids démographique francophone hors Québec.

    Plus d’efforts réclamés pour les étudiants internationaux francophones

    Devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration de la Chambre des communes qui se penchait récemment sur le recrutement et les taux d’acceptation des étudiants étrangers, l’UOF a déclaré avoir eu un taux de refus de permis d’études qui a varié entre 65 et 70% dans la dernière année.

    Dans la grande majorité des cas, le permis a été refusé parce qu’IRCC n’est «pas convaincu que l’étudiant retourne[ra] dans son pays à la fin de ses études».

    «Nous devons régler ce problème, déclare Sean Fraser. Ma lettre de mandat me demande d’établir un chemin vers la résidence permanente pour les étudiants internationaux. Nous commençons ce travail maintenant. J’aimerais voir si nous pouvons créer une voie plus ferme qui leur permettra de rester après leur arrivée.»

    Dans cette optique, le ministre a expliqué que le Volet direct pour les études (VDE) permet notamment d’augmenter le taux d’acceptation de candidats francophones en provenance du Maroc et du Sénégal, les deux pays francophones visés par ce programme.

    Discrimination envers les pays africains

    Pour Paulin Mulatris, il y a un «problème de fond. L’Afrique représente le plus grand bassin de francophones, et on la traite comme si c’était un pays. C’est un vaste continent. Isoler deux pays comme ça, en quoi est-ce représentatif?»

    Le vice-recteur de l’UOF assure que cette façon de faire cause de la discrimination, tant que les critères de sélection et d’exclusion employés par IRCC par rapport aux autres pays ne sont pas connus.

    «Le Canada peut aussi se donner les moyens d’examiner les dossiers venant de différents pays [africains]. Mais le point de chute de traitement des dossiers est problématique.» Il n’y a qu’un seul centre de réception des demandes de visas du Canada, à Dakar, pour une dizaine de pays africains.

     «On ne réalise pas ici qu’on crée des inégalités dans d’autres pays. Et je ne pense pas que ce soit l’intention du Canada d’arriver à ce niveau-là», continue Paulin Mulatris.

    Il ajoute que l’utilisation du logiciel Chinook pour traiter l’aspect humain des demandes de permis d’études mène aussi à de la discrimination. «J’ai vu une lettre de refus envoyée à un candidat étudiant de l’UOF et sur trois des quatre questions posées, c’était la même phrase qui revenait de façon automatique. C’est incohérent», fustige-t-il.

    Des pistes de solution

    Sean Fraser a exprimé son souhait d’étendre le VDE à d’autres parties du monde. «Nous devons nous attendre à voir des succès similaires. [Le VDE] sera l’un des outils pour augmenter le nombre d’étudiants internationaux qui s’installent au Canada, en particulier les francophones.»

    Le ministre a assuré: «Je ne veux pas suggérer que le Volet direct pour les études serait le seul outil. Il y a d’autres programmes accessibles pour les étudiants qui sont admis qui pourraient leur permettre de rester [au Canada].»

    Il cite notamment le Programme des travailleurs qualifiés, l’Expérience canadienne ou encore le Programme d’immigration au Canada atlantique.

    «Il y a des outils dont nous disposons maintenant et d’autres, nouveaux, que nous devons étudier. Mais avant de vous dire lesquels nous considérons, je dois rencontrer les communautés francophones, car les réponses, selon moi, se trouvent au sein des communautés concernées, pas dans les mains de politiciens qui s’assoient derrière des portes closes à Ottawa», a indiqué le ministre.

  • Disney se cache en banlieue d’Ottawa

    Disney se cache en banlieue d’Ottawa

    Après des études au Collège Boréal de Sudbury ainsi qu’au Collège Sheridan dans la région de Toronto, Martin Deschatelets obtient un contrat avec IMAX pour un film d’Harry Potter.

    «Je ne me souviens plus si c’était le sixième ou le septième [film de la série]!», avoue-t-il candidement.

    Il se rappelle cependant que ce contrat a été une très bonne école pour ses débuts en animation 3D. Il a dû modeler notamment des paysages, qui se sont retrouvés dans Le Prince de Sang-Mêlé et Les Reliques de la mort de la série des films de Harry Potter.

    Par la suite, il a déménagé à Orléans, en périphérie d’Ottawa. Loin de regretter ce changement, Martin Deschatelets constate que les emplois y sont mieux rémunérés qu’à Toronto et que le cout de la vie y est également moins cher.

    Dans la cour des grands

    Il s’est d’ailleurs trouvé un emploi au Mercury Filmworks, l’un des gros studios canadiens dans le domaine de la création numérique artistique.

    C’est là que l’aventure avec les Studios Disney a débuté. Récemment, grâce aux contrats de Mercury Filmworks, Martin Deschatelets a travaillé notamment au site de la communauté d’adeptes de la série Molly McGee et le fantôme de Disney et à la série Hilda diffusée sur Netflix.

    L’artiste orléanais est aussi bédéiste et a collaboré à la production de la bande dessinée L’Ordre de Jacques-Cartier pour le compte du Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO).

    Le premier tome de cette bande dessinée est sorti en 2018 et le deuxième devrait paraitre prochainement.

    Pour Martin Deschatelets, il est important d’avoir des créations en français, «parce que je suis francophone ; ça me permet d’avoir des personnages avec une personnalité franco-ontarienne».

    Gros projet de jeu vidéo

    La nouvelle année sera sans doute déterminante pour Martin Deschatelets. Bien qu’il ne puisse pas encore tout dévoiler, il assure que le projet de nouveau jeu vidéo proposé «à l’un des trois gros joueurs» dans le domaine occupe actuellement une grande place dans son quotidien professionnel.

    Il est prévu que sa propre boite, Expired Comics, produira ce jeu vidéo.

    Déjà, une première démo est terminée et sera envoyée sous peu à la compagnie de production tenue secrète pour l’instant.

    Cette création a débuté il y a trois ans. «Ce n’est pas un petit projet», lance fièrement Martin Deschatelets.

    En plus de compter sur ses associés d’Orléans, il a aussi demandé la collaboration d’élèves du secondaire provenant notamment du Collège Algonquin d’Ottawa. Huit personnes travaillent à ce nouveau jeu.

    Animé d’une grande passion

    Entre la bande dessinée et l’animation numérique, qu’est-ce qui passionne le plus Martin Deschatelets?

    Visiblement, son projet de jeu vidéo semble beaucoup l’allumer en ce moment. «La possibilité d’avoir le contrôle sur la direction artistique, la musique» plait beaucoup à l’artiste, ce qui s’entend dans sa voix.

    Qui sait, le fameux jeu vidéo sera peut-être sous le sapin de bien des foyers dès Noël prochain.

  • Aujourd’hui en ces temps troublés

    Aujourd’hui en ces temps troublés

    Je ne sais plus, je n’ai ni le temps ni l’énergie, de répondre à toutes les demandes de mes amis canadiens qui viennent vers moi pour trouver une réponse. Il faudrait demander à mes collègues psychiatres. On ne peut pas deviser de réponses quand on ne connait pas l’objectif, quand le temps manque pour analyser les processus qui ont mené à l’émergence du dit problème.

    J’ai des bribes de pensées que je veux partager avec vous pour tenter d’amorcer une réflexion. Ça se fera un peu sous forme d’eulogie, car le moment s’y prête. Pour vous, le monde que vous connaissiez semble s’écrouler, être mort. Alors une eulogie, pourquoi pas! Sauf que là, dès ce moment, on a un problème d’interprétation.

    Vous pensiez qu’un monde s’était écroulé et qu’un autre, heureux, était advenu. On vous a appris, ressassé, imposé cette idée farfelue que la Guerre froide était finie, que vous aviez gagné, bref que c’était la fin de l’histoire. Mais le péché originel commence là. Le monde occidental n’a jamais gagné la Guerre froide ; l’URSS a implosé, toute seule comme une grande, de l’intérieur. La Guerre froide était un jeu d’échecs. La fin de la Guerre froide n’a pas mis en échec le roi. La partie était pat, c’était une sorte de victoire en demie teinte. Mais les pièces de l’adversaire étaient encore là, le roi également, en mauvais état, mais bien là.

    De cette interprétation fondamentalement erronée s’en est suivi une longue série de mauvaises interprétations et d’appréciation hasardeuse des règles du jeu pendant des années. Aujourd’hui, on en paye le prix. Je dis «on», mais ce n’est pas vous, Canadiens ou Américains, ni même moi, qui en pâtissons, mais le peuple ukrainien et d’autres : les Bélarusses, les Russes et les Moldaves. C’est à eux que j’ai envie de m’adresser.

    Au peuple russe

    Mes premières pensées vont au peuple russe, cette grande nation animée d’une âme (doucha) unique, faite de résilience, de résistance et d’obéissance.

    Vous avez été humiliés, c’est un fait. Le monde a oublié vos sacrifices hors du commun pendant la Grande Guerre patriotique, vos souffrances pendant la Grande terreur. On vous a voués aux gémonies du capitalisme glouton le plus éhonté pendant les années 1990 et on vous a abandonnés depuis plus de deux décennies entre les mains d’un monstre qui n’a rien à envier au montagnard géorgien.

    Certains d’entre vous, toujours animés de cette doucha unique, osent défier les ordres du Kremlin et prendre d’assaut les rues de Saint-Pétersbourg, Moscou et autres villes de la Russie éternelle. Votre courage est admirable, vous incarnez, vous, la grandeur russe!

    À mes frères et soeurs bélarussien·ne·s

    Mes pensées vont ensuite à mes frères et soeurs bélarussien·ne·s qui croupissent en prison ou qui sont en exil forcé, à l’exception de toi A.G.K. le seul ami précieux qui me reste «libre» dans cette grande geôle à ciel ouvert qu’est le Bélarus.

    Après l’abandon en rase campagne des Occidentaux dans votre lutte démocratique contre l’idiot du Sovkhoze qui se prend pour un président, voilà que vous êtes obligés d’assister à la dernière déchéance de votre pays tant chéri qui sert de base arrière pour l’autre fou du Kremlin.

    Par là même, on souille l’honneur de la terre et de la nation bélarussienne qui n’a jamais rien demandé de plus que, pour une fois dans son histoire multiséculaire, de vivre en paix, de ne pas servir de paillasson aux Français, aux Allemands et aux Russes dans leurs guerres intestines. Mais non, une fois encore, vous vous retrouvez aux premières loges des infamies et de la folie de l’Europe. Quelle malchance finalement d’être situé au cœur du continent! Vous devriez être le carrefour des échanges d’idées, de cultures et des hommes. Mais non, vous semblez voués à être une terre qu’on laboure à coup de botte, au pas d’oie ou autre, à coup de sillons creusés par des chars.

    À mes ami·e·s ukrainien·ne·s

    J’ai honte! J’ai honte comme quand j’avais 11 ans et que je voyais à la télé le mur de Berlin être attaqué par les Allemands de l’Est qui aspiraient à la liberté. Quand j’ai demandé des explications, et après moult explications et lectures, j’ai compris que j’avais grandi à l’abri, de la tyrannie. Simple chance d’être née du bon côté du Rideau.

    Le sentiment de culpabilité qui m’a envahi par la suite fut immense (et m’amènera à apprendre le russe). C’est ce même sentiment que je ressens aujourd’hui. Je ne vous le cacherai pas mes ami·e·s, de toute façon vous le savez, tout le monde s’en fiche comme de l’an 40 que l’Ukraine soit rayée de la carte. Personne n’ira mourir pour Kyiv, ou Lviv, ou Kharkiv. Les Occidentaux le rabâchent depuis des semaines.

    Le premier jour où les forces des ténèbres ont envahi votre beau pays, le communiqué que le G7 a cru bon de pondre — en dehors du blabla habituel et attendu — concernait leur inquiétude sur les chaines d’approvisionnement en énergie.

    Les Occidentaux sont des petits Marcel Déat sur pattes qui, en bon socialiste et pacifiste de 1939, se demandait en une de son journal pourquoi «Mourir pour Dantzig?» Avouons qu’aujourd’hui, les journaux et chancelleries ne posent même plus la question pourquoi «Mourir pour Kyiv?». Vous m’en voyez désolée.

    L’Histoire nous jugera férocement pour cet esprit de Munich et je sais que ces quelques mots maladroits n’y changeront rien.

    Une dernière pensée pour mes ami·e·s moldaves

    Si j’ose tenter de suivre la logique particulièrement tordue du maitre du Kremlin, vous devriez être «next in line». Vous qui, depuis trente ans, tentez de vous épanouir dans cette exigüité imposée et en plus amputée par Moscou via des pseudo-Transnistriens, je vous offre d’ores et déjà toutes mes sympathies.

    Nous vivons sans sentir sous nos pieds de pays,

    Et l’on ne parle plus que dans un chuchotis,

    Si jamais l’on rencontre l’ombre d’un bavard

    On parle du Kremlin et du fier montagnard.

    Il a les doigts épais et gras comme des vers

    Et des mots d’un quintal précis comme des fers.

    Quand sa moustache rit, on dirait des cafards,

    Ses grosses bottes sont pareilles à des phares.

    Les chefs grouillent autour de lui — la nuque frêle.

    Lui, parmi ces nabots, se joue de tant de zèle.

    L’un siffle, un autre miaule, un autre encore geint –

    Lui seul pointe l’index, lui seul tape du poing.

    Il forge des chaînes, décret après décret…

    Dans les yeux, dans le front, le ventre et le portrait.

    De tout supplice sa lippe se régale.

    Le Géorgien a le torse martial.

    Novembre 1933

    Ossip Mandelstam

    Dans : Ossip Mandelstam, Tristia et autres poèmes, choisis et traduits du russe par François Kérel, Paris, Gallimard, 1975 et 1982, p.171-172.

  • Les défis d’étudier en français dans le Nord du pays

    Les défis d’étudier en français dans le Nord du pays

    «Il y a plus de 44 000 habitants, dont environ 10% qui parlent français. Donc, on ne peut pas offrir une expérience étudiante comme un grand campus, d’où l’importance des partenariats», explique Josée Clermont, directrice générale du Collège nordique francophone (CNF) qui vient de conclure un partenariat avec le Collège La Cité d’Ottawa.

    L’importance de la collaboration entre les établissements d’enseignement, les associations francophones et les commissions scolaires a été soulignée fréquemment. «C’est une belle démonstration que la distance ne devrait plus être un enjeu aussi sérieux lorsqu’on veut faire des collaborations», argumente la présidente-directrice générale de La Cité, Lise Bourgeois.

    Entre manque de confiance, de reconnaissance et de modèles

    Marguerite Tölgyesi, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), étudie les sciences politiques et les études nordiques à distance à l’Université Laval, depuis Whitehorse. Elle a toujours voulu étudier en français.

    «Au secondaire, je n’ai malheureusement pas pu prendre tous les cours que j’espérais prendre. […] Je trouvais dommage d’arrêter là, d’avoir mis tout cet effort toute ma vie [pour finalement étudier] en anglais», indique-t-elle.

    Détentrice d’un diplôme d’études secondaires bilingue, l’étudiante a eu beaucoup de difficultés à le faire reconnaitre au Québec pour y poursuivre ses études postsecondaires. «Ils le reconnaissaient comme un diplôme anglophone et non francophone, explique-t-elle. J’ai dû faire énormément de tests en français pour prouver que je suis francophone. […] Il faut toujours expliquer pourquoi on existe, comment ça se fait qu’il y a des francophones au Yukon ou ailleurs au Canada».

    Christiane Nadine Petnkeu Ntchatchoua, mère d’une élève francophone au Nunavut, s’est retrouvée face à des défis similaires.

    «Depuis que ma fille est rentrée au secondaire, on n’a pas de modèles Franco-Nunavois accessibles», assure-t-elle. Elle souligne toutefois que grâce aux interventions communautaires et à différents forums, sa fille a pu rencontrer des gens de sa communauté, même à distance.

    «Une chose qui revient souvent pour nos finissants lorsqu’ils sont en train de considérer leurs choix d’institution postsecondaire, c’est l’insécurité linguistique», souligne Marc Champagne, directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY).

    Selon lui, en plus du manque de confiance en soi qui pèse lourdement, il y a souvent plus de choix pour les programmes en anglais. «Évidemment au Yukon, on n’a pas d’institution postsecondaire en français et les institutions anglophones sont souvent plus visibles», ajoute-t-il.

    C’est en ce sens que, pour Jean de Dieu Tuyishime, président de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) «tant que nos élèves n’ont pas cette fierté et identité francophone, c’est difficile de commencer à penser s’ils vont s’orienter dans des études postsecondaires en français».

    Des ponts et partenariats à créer

    En lien avec cette préoccupation, Josée Clermont annonce qu’«on vient de signer, au CNF, une entente avec la Commission des parents francophones du Canada (CPF) pour former des formateurs dans la construction identitaire».

    Situé en territoire autochtone, le CNF a aussi entrepris ce que sa directrice générale appelle la «réconciliation en action». Elle explique que le collège travaille beaucoup avec les ainés pour développer des ressources pédagogiques. Tous les employés du collège reçoivent aussi une formation qui prend une grande importance pour les nouveaux arrivants. Selon elle, le tout se fait dans le but de «décoloniser nos systèmes et nos façons de faire».

    Josée Clermont distingue trois catégories de défis : le contexte législatif, le financement et la taille de la population.

    Elle souligne une avancée sur le premier point : «On a convaincu le gouvernement de créer une loi sur l’éducation postsecondaire […] elle devrait entrer en vigueur en avril», explique-t-elle en ajoutant qu’«il faut être persévérant».

    Pour le financement, la directrice générale du CNF précise que «c’est ce qui permet de faire du développement. Le Collège nordique est sur le point d’obtenir un financement pluriannuel», annonce-t-elle fièrement.

    Marc Champagne relève également que la COVID-19 empêche de faire des liens et d’encourager les élèves à poursuivre leurs études en français. Mais il assure que les visites des campus au sein des établissements postsecondaires ont eu un impact positif sur les élèves. 

    Miser sur une bonne préparation des élèves

    Jean de Dieu Tuyishime, de la CSFTNO, a insisté sur l’importance de bien préparer les élèves à la vie postsecondaire. «Ça fait une sorte de transition entre le secondaire et le postsecondaire parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Et quand ils arrivent au postsecondaire, ils sont débordés», observe-t-il.

    Lui et Linda Leclerc, directrice générale de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN), estiment que ces ressources pourraient faire partie des tâches des conseillers en orientation.

    «Nous avons une conseillère en orientation qui agit auprès des élèves des 7e et 8e années. Le but des élèves est de prendre connaissance de soi.».

    De la neuvième à la douzième, il y a d’autres buts, poursuit Linda Leclerc, comme leur fournir une aide dans leurs choix de cours, remplir les demandes de bourses pour les plus vieux, ou encore les aider à chercher à la recherche d’établissements postsecondaires. Une aide est également fournie aux parents.

    Il est possible de s’inscrire au sommet des États généraux sur le postsecondaire en contexte francophone minoritaire, les 24 et 25 mars 2022. Un rapport final sera rendu public à l’automne.

  • Un incendie détruit la grange d’une ferme de chèvres

    Un incendie détruit la grange d’une ferme de chèvres

    Le service d’incendie de Grenville-sur-la-Rouge a répondu à un appel à 4 h 47, le 25 février, concernant un incendie de grange à la Ferme Zorro, sur la deuxième concession. Les services d’incendie de Grenville et de Brownsburg-Chatham ont également envoyé des camions et des pompiers sur les lieux.  

     Le chef des pompiers, Marc Montpetit, de Grenville-sur-la-Rouge, a confirmé que la grange avait été détruite. La Ferme Zorro a annoncé plus tard sur sa page Facebook qu’un troupeau entier de chèvres a été perdu dans l’incendie et que l’exploitation agricole a été fermée pour la durée de l’incendie.  

    La cause de l’incendie n’est pas connue pour le moment. La Ferme Zorro était spécialisée dans l’élevage de chèvres nigérianes, qui ont les yeux bleus. 

  • Truckers convoy protestor arrested in Vankleek Hill

    Truckers convoy protestor arrested in Vankleek Hill

    Ottawa Police Service has charged Steeve Charland, 48, of Grenville, Québec, in relation to his activities during the protest gathering in Ottawa against federal vaccination and other public health policies. The OPP arrested Charland February 27 in Vankleek Hill and turned him over to the Ottawa police.

  • Une affaire de meurtre locale au programme du tribunal en mars

    Une affaire de meurtre locale au programme du tribunal en mars

    L’avant-procès judiciaire portant sur l’affaire du Dr Brian Nadler se poursuit après la séance de la cour provinciale du 23 février au palais de justice de L’Orignal. Le procureur de la Couronne Robin Flumerfelt a confirmé que l’avant-procès en cours traitant de l’affaire Nadler reprendra les 11 et 16 mars.