Catégorie : Autres – Others

  • Faire naître l’effet de groupe avec On bouge, on se motive  

    Faire naître l’effet de groupe avec On bouge, on se motive  

    Afin de sortir de la torpeur des évènements qui plaçaient le Canada en mode veille et faire un pied de nez à la pandémie, les femmes se sont secouées. « Les gyms venaient de fermer…  On voulait se motiver!  On se lançait des défis et si l’une ne le remplissait pas, elle devait payer une bouteille de vin aux autres, se rappelle Karine Laramée, qui affirme qu’à sa connaissance, personne n’a eu besoin de mettre les pieds à la SAQ! Puisque ça fonctionnait pour nous, on s’est dit pourquoi ne pas créer un groupe pour encourager d’autres femmes dans notre mouvement. »  

    Un an plus tard, c’est 250 femmes d’ici qui font partie du groupe On bouge, on se motive sur la plateforme Facebook. Sur cette page, les femmes s’encouragent à prendre un bon bol d’air frais pour pratiquer toutes sortes de sport en y mettant des photos d’elle-même en action.  On peut voir des photos de femmes qui marchent, en raquette, en ski de fond, en vélo de montagne, etc.   

    La page, qui est réservée à la gent féminine, permet à toutes d’y mettre en lumière leurs grandes comme leurs petites victoires, sans compétition.  Elles se sentent à l’aise d’y inscrire leur performance à la hauteur de leurs efforts et l’effet de gang pour trouver la motivation à prendre de l’air semble fonctionner.  « Aujourd’hui, je travaille 13 heures d’affilés.  J’ai quand même apporté mes souliers de course, écrit Catherine Synnott, une des premières à s’y être inscrit encouragée par sa copine Monika Charlebois.  Voilà, 6 km plus tard et le coeur léger! »  On la voit avec un sourire radieux! 

    « On a réussi à faire lever de leur sofa des femmes qui étaient complètement sédentaires, souligne Mme Laramée, une rassembleuse aux sourires contagieux.  Je suis quand même assez fière de ce que ça a créé pour plusieurs.  J’ai l’air tout le temps pépé comme ça, mais ça m’a aussi apporté une belle énergie et le désir d’en faire plus chaque jour. »   

    Depuis peu, une grande coureuse d’Argenteuil, Manon Lavigne, y a ajouté un programme d’entrainement à la course pour débutant pour 12 semaines en y ajoutant des recommandations afin d’éviter les blessures fâcheuses d’entraînement.  Elle invite les participantes à y aller graduellement, selon le programme de formation qu’elle a elle-même suivi.   

    Au cours de la dernière année, des sorties de vélo ont été organisées ainsi que de la randonnée en montagne, le tout en respectant les consignes de distanciation.  Des femmes se sont aussi lancés le défi des 10 000 pas par jour, s’encourageant l’une et l’autre. Un projet de course de 10 kilomètres est en vue pour cet été. 

    Mme Laramée ajoute que chaque pas est important et qu’il est primordial d’y aller une étape à la fois.  Se donner des défis et des objectifs rendrait aussi les sportives plus performantes.  Elle a elle-même commencé la course après avoir vu des gens courir au Marathon de Montréal.  « Je me suis dit l’année prochaine, je vais être là! »  En 2013, elle courait son 1er 10 kilomètres dans les rues de Montréal. En 2019, elle a réussi son 1er marathon (42 km!) sur la piste du petit train de Nord.  Semble-t-il que l’important, c’est de commencer.  

    En 2021, elle invite toutes les femmes désireuses de bouger à faire une demande d’amitié à la page On bouge, on se motive !, qui est représenté par une botte marchant sur la neige (et qui sera très certainement changé pour un soulier de course sur l’asphalte, très bientôt !)

  • Bouger c’est la santé!

    Bouger c’est la santé!

    Pendant que la course entre la vaccination massive et l’arrivée des différents variants bat son plein, le gouvernement du Québec, de concert avec les autorités de la santé publique, permettra enfin l’ouverture des salles d’entrainement au Québec le vendredi 26 mars prochain, et cela même en zone rouge.  

    Du côté de Hawkesbury, en zone orange, les clients ont déjà repris leur programme d’entrainement depuis février dernier. M. Marc Charles, propriétaire du FitLife Gym de Hawkesbury depuis sept ans se réjouit du retour des membres. Le port du masque est obligatoire pour entrer dans l’établissement, toutefois, l’utilisateur peut le retirer lorsqu’il est seul à sa station. « Plusieurs de nos membres sont des gens retraités pour qui la visite au gymnase s’avère être non seulement une séance de musculation et d’entrainement cardiovasculaire, mais un mode de vie et un lieu de rencontres agréables. » Plusieurs études le confirment, le sport, c’est excellent pour la santé physique, mais c’est aussi très profitable pour la santé mentale. 

    Marc-Olivier Labelle, du Gym Max Lachute, se réjouit du déconfinement progressif et de la possibilité de s’organiser pour son ouverture fin mars. « Nous attendons encore les derniers détails à ce sujet, déclare M. Labelle, aussi maire de la municipalité de Saint-André d’Argenteuil. Nous favorisons le port du masque en tout temps à l’intérieur du gymnase. Plusieurs entreprises ont conçu des masques qui permettent de bien respirer et cette mesure permettrait à nos employés de se concentrer sur l’expérience client. »  

    « Plus que jamais, les Québécois ont besoin de bouger afin de préserver leur forme physique et mentale », de souligner Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la condition féminine.  D’ailleurs selon une enquête de Radio-Canada parue sur le site de Radio-Canada en décembre dernier, parmi les nombreux bienfaits de l’activité physique, une séance d’exercice le jour où l’on reçoit un vaccin augmente l’effet de ce dernier. Le kinésiologue et étudiant au doctorat à la Faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke, Hugo Parent-Roberge, y est cité soulignant que suite à plusieurs études à petite échelle, l’exercice pratiqué à proximité de l’administration d’un vaccin pourrait avoir un effet positif sur la qualité de réponse aux vaccins. 

    D’autre part, M. Labelle confirme également l’embauche d’un superviseur à temps plein qui s’assurera de la sécurité et du respect des consignes sanitaires à l’intérieur de ses locaux situés sur l’avenue Béthany à Lachute. Notons que les douches, les vestiaires, les casiers et les saunas demeureront fermés pour le moment aux deux endroits. 

    D’un côté comme de l’autre, ces entrepreneurs ont senti les effets de la crise sanitaire. Toutefois, une bonne planification, le support des clients ainsi que les programmes fédéraux leur ont permis de maintenir à flot leurs finances. Ils ont investi tous les deux dans le matériel sanitaire, ils ont produit les affiches au sujet des consignes ainsi qu’optimisé la circulation d’air à l’intérieur de leur édifice où l’on retrouve des plafonds de plus de vingt pieds. 

    Questionnés au sujet des cas de Covid-19 dans leur établissement respectif entre les deux vagues, les deux propriétaires confirment n’avoir été témoins d’aucune contamination. Le besoin de faire du sport, de voir des gens, de socialiser est primordial selon eux. Ils tiennent à préciser que les abonnements de chaque membre seront prolongés d’une durée équivalente au temps de la fermeture. Le nombre de membres a bien sûr périclité pendant ces mois de fermeture, mais déjà à Hawkesbury et bientôt à Lachute, on sent l’engouement reprendre de plus belle. Jusqu’ici à Hawkesbury et en prévision de l’ouverture à Lachute, on ne prévoit pas de problèmes liés à l’achalandage puisqu’il s’agit dans les deux cas de gymnase de grande superficie où la distanciation peut facilement être respectée. 

    M. Charles du Fitlife Hawkesbury confirme l’arrivée de plusieurs cours prochainement, dont un cours de karaté qui sera dorénavant disponible. 

    Pierre de Coubertain, celui qui a redonné un souffle nouveau aux Olympiques modernes, aimait bien citer l’expression : “Un esprit sain dans un corps sain…” Voilà que cette locution d’origine latine prend tout son sens en 2021! 

  • La santé mentale abordée en musique

    La santé mentale abordée en musique

    L’acceptation de soi constitue le thème principal de l’album Différente comme du roman qui l’a inspiré, La Poulette grise. Dans ce dernier, paru en 2016 aux Éditions Vent d’Ouest, une jeune femme qui vit avec déficience légère doit apprendre à s’affranchir du regard des autres malgré les embuches.

    La psychologue Marie Gingras (de la région d’Ottawa) signe les textes des deux œuvres. Ses complices musiciens Jean-Louis Pitre (de la région de Rogersville au Nouveau-Brunswick) et Serge Keravel (de la région de Gatineau), respectivement infirmier et psychologue, les ont mis en musique. Six interprètes leur donnent voix.

    Rencontre avec la psychologue-parolière, qui aborde l’importance de prendre soin de soi et porte un regard critique sur la société de l’instantané.

    Francopresse : Différente est-elle une tout autre œuvre que le roman La poulette grise, dont elle s’inspire?

    Marie Gingras : Je voulais que les chansons s’écoutent sans avoir lu le livre, sans le contexte des personnages. L’idée, c’était de prendre des thèmes universels, dans lesquels les gens pourraient se reconnaitre. Par exemple le deuil, la réaction à une agression sexuelle, le cheminement du couple qui se perd un peu de vue. Ça ne suit pas la séquence du roman, mais ce sont des thèmes qui s’y trouvent.

    Vous abordez plusieurs thèmes qui peuvent sembler lourds : la déficience légère, le viol, la grossesse non désirée et les problèmes de couple.

    On est trois professionnels de la santé retraités, alors on n’a pas peur de ces thèmes-là! Je pense que c’était un peu pour donner le message qu’on est mieux d’affronter ses problèmes. Il vaut mieux en parler que de les taire. Quand chacun reste pris avec ses deuils, ses situations difficiles, c’est plus difficile à porter. Quand les secrets trop lourds sortent, on peut guérir.

    Ce sont des thèmes assez lourds, mais avec des teintes d’espoir. L’idée, c’est de suivre le chemin vers la lumière. On part de la difficulté à s’accepter ; le personnage se sent jugé. À la fin, il s’accepte et s’assume. À travers ce cheminement-là, on aborde plein d’étapes.

    En quoi votre parcours de psychologue a-t-il influencé votre démarche?

    J’ai passé 40 ans à faire ce métier-là ; j’ai vu plein de situations, j’ai vu plein de gens. Il y a la notion que quand on accepte de confronter ses blessures, on peut passer au travers et ça nous enrichit. Quand on accepte de partager avec les autres, qu’on ne reste pas pris seul avec ça, ça devient plus facile à porter. Finalement, on va vers quelque chose de meilleur, on se découvre, on apprend.

    Je ne pense pas que l’album s’écoute comme une série de blessures ; il y a des touches légères et toujours ce message qu’on va vers quelque chose de plus positif. C’est la même chose dans le roman. C’est un cheminement vers quelque chose de mieux, de plus beau, de plus humain.

    La pandémie donne-t-elle une nouvelle dimension à l’œuvre?

    L’acceptation de soi était dans l’air du temps avant la pandémie et reste pertinente. Je pense qu’on est plus à fleur de peau. Alors, avec un album qui explore les émotions et la condition humaine, on est peut-être plus réceptif à ça à cause de ce qu’on traverse comme collectivité.

    Parlez-nous du processus d’adaptation d’un roman en chansons.

    J’ai ressorti les thèmes qui s’appliquent à plein de monde. Par exemple, il est question d’infidélité et d’une amoureuse qui se fait délaisser par son amant. C’est une situation assez fréquente.

    J’ai ressorti des thèmes du roman, donc, et j’ai écrit. J’envoyais un texte à mes magiciens musicaux et ils me revenaient avec une chanson.

    C’est toujours un processus vraiment très satisfaisant de recevoir un texte transformé en chanson : ça fait vraiment dégager une émotion qui est plus latente dans les mots. Les interprètes ajoutent ensuite leurs couleurs. Il y a quelque chose de vraiment très stimulant que tous ces gens-là produisent quelque chose ensemble!

    Qu’aimez-vous des deux types d’écriture?

    Évidemment, une chanson, c’est beaucoup plus concis. En quelques minutes, on peut aborder une question en profondeur et émouvoir les gens. Il faut avoir bien cerné le thème et arriver à livrer le message en quelques minutes.

    Un roman, c’est un travail de longue haleine qui demande vraiment un engagement beaucoup plus exigeant. Mais j’imagine que ça pardonne plus, parce qu’avec le roman, tu peux t’écarter, prendre des détours, le message finit par passer.

    La parolière va-t-elle prendre le dessus sur la romancière?

    Avec les chansons, j’ai trouvé ma niche. On a plein de projets en marche et on s’amuse beaucoup!

    Peut-être que ça correspond à ce phénomène de la société d’aujourd’hui, où notre capacité d’attention est assez limitée. On est capables de prêter attention pendant quelques minutes et hop! On passe à autre chose. Avec une chanson, on a plus de chances de passer notre message. Ça donne des résultats beaucoup plus puissants.

    Le roman correspond moins à notre société actuelle, qui veut que tout aille vite. J’ai beaucoup aimé le processus d’écriture des romans, mais je sens que j’ai moins de temps devant moi.

    On commence par lire le livre ou écouter l’album?

    À ce point-ci, on écoute l’album, certainement! On vient de le sortir, puis on peut l’écouter sans avoir lu le livre. Et si ça donne envie de lire le livre, tant mieux!

    À noter que les propos ont été édités pour des raisons de longueur et de cohérence.

  • Quelle littérature francophone pour l’Ouest?

    Quelle littérature francophone pour l’Ouest?

    Y a-t-il une littérature de l’Ouest ou seulement des œuvres écrites dans l’Ouest? Selon Lise Gaboury-Diallo, autrice et universitaire, «les deux réponses sont tout à fait possibles».

    «Nous avons eu des auteurs de la première génération qui nous arrivaient d’ailleurs et qui écrivaient dans l’Ouest, à propos de l’Ouest. Mais vous avez plus récemment des auteurs québécois qui prennent leur retraite, vont s’installer en Colombie-Britannique et sont publiés là, mais n’écrivent pas nécessairement à propos de l’Ouest», observe la professeure titulaire au Département d’études françaises, de langues et de littératures à l’Université de Saint-Boniface.

    Elle précise cependant qu’«il y a ces deux grandes identités qui se côtoient et qui se sont toujours manifestées, et il y peut-être une troisième identité dont on ne tient pas souvent compte : celle des voix métisses, les francométisses, qui ne sont pas très nombreuses, mais qui se sont manifestées au fils des siècles».

    L’immigration, un fil d’Ariane

    Du point de vue de l’auteur franco-manitobain Roger Léveillé, tout est une question de réussir à faire reconnaitre les auteurs et les ouvrages à l’extérieur de la région : «Les problèmes qui existent par rapport aux francophones [de l’Ouest] et le Québec sont les mêmes qui existent par rapport au Québec et à la France. […] On sait qu’il y a une littérature [francophone] qui existe à l’extérieur du Québec, certains noms sont connus par un petit milieu, mais la plupart des noms ne sont pas connus dans le public général.»

    Et l’enjeu ne se situe pas qu’au niveau national, d’après l’auteur et éditeur Laurier Gareau. Il animera le mardi 16 mars une soirée littéraire dans le cadre du projet Du Nord et de l’Ouest – Dialogue d’écrivain.e.s, orchestré par le Conseil culturel fransaskois (CCF) à l’occasion des Rendez-vous de la francophonie (RVF) 2021.

    Ce Fransaskois qui a reçu  l’Ordre du Canada en 2019 «pour sa contribution aux domaines historique et culturel au niveau provincial, et pour son leadership dans le développement de l’identité fransaskoise» voit dans cette série de six soirées littéraires «une première étape pour amener les auteurs de l’Ouest et du Nord à se parler».

    Selon Laurier Gareau, le lien entre immigration et développement d’une littérature de l’Ouest est évident du point de vue historique puisqu’elle s’est développée au fil des vagues migratoires internationales et nationales.

    «Ici, en Saskatchewan, on peut remonter aux années 1920 pour le début d’une littérature d’ici, avec les œuvres de… [Jean Féron], l’auteur de La Métisse, qui a publié une quarantaine de livres à cette époque-là et des pièces de théâtre», souligne Laurier Gareau.

    Le lien entre l’immigration et le développement de la littérature est encore bien vivant aujourd’hui selon le président des Éditions de la nouvelle plume : «On le voit de plus en plus avec le travail des auteurs comme David Baudemont [né en France] et Martine Noël-Maw [née au Québec], qui sont très, très bien connus et qui ont remporté des prix. Même chose en Alberta.»

    Il ajoute à la liste Bertrand Nayet, un autre Français d’origine basé à Winnipeg, au Manitoba.

    Mythe fondateur et survie francophone

    Selon Laurier Gareau, des thèmes communs se retrouvent dans la littérature de l’Ouest : «Plusieurs autres aussi ont développé une littérature autour de la vie ici, surtout la vie du colonisateur, ici en Saskatchewan.»

    Lise Gaboury-Diallo identifie quant à elle la question du mythe fondateur et de la survie en lien avec l’assimilation dans la majorité linguistique anglophone comme l’un des grands thèmes de la production littéraire régionale.

    Le choix de la langue est un enjeu central pour les écrivains en milieu minoritaire. La taille du marché et de la scène littéraire francophone sont contraignantes du point de vue de la création, selon la chercheuse.

    C’est notamment ce qui a poussé certains auteurs comme l’Albertaine Nancy Huston ou encore Yann Martel, installé à Saskatoon, en Saskatchewan, à mener leurs carrières littéraires en anglais malgré qu’ils soient francophones d’origine.

    Un ancrage communautaire

    Pour se manifester, la littérature francophone de l’Ouest s’organise et se structure autour d’«institutions qui permettent l’existence d’un corpus “francoouestien” et qui permettent sa distribution», affirme l’auteur franco-manitobain Roger Léveillé.

    Quelques maisons d’édition francophones jouent un rôle fédérateur à cet égard dans l’Ouest, à savoir les Éditions du Blé et les Éditions des plaines, toutes deux établies au Manitoba depuis plus de 40 ans, les Éditions de la nouvelle plume en Saskatchewan et deux nouvelles venues : les Éditions du Pacifique Nord-Ouest et les Éditions de l’Épaulard en Colombie-Britannique.

    Ce réseau est renforcé par des centres de recherche dédiés à ce corpus. Marie-Diane Clarke, directrice du Département de langues, littératures et études culturelles à l’Université de la Saskatchewan, a ainsi contribué en 2020 au lancement du Collectif d’études partenariales de la Fransaskoisie (CEPF).

    Basé sur la notion de partenariat communautaire, le CEPF réunit différents acteurs de la communauté ainsi que des chercheurs.

    Selon Marie-Diane Clarke, la démarche est gagnante pour tous les acteurs littéraires : «On s’est associés à [la revue] À ciel ouvert. Ils ont dit oui ; eux, ils voulaient encore plus grossir, s’épanouir, alors nous on a dit oui, on va s’associer à vous et ce qu’on va faire, c’est ajouter un côté académique à [la revue].»

    Elle souligne par ailleurs l’importance de développer des outils et des ressources pédagogiques en français dédiés au corpus littéraire de l’Ouest afin de favoriser sa transmission à travers l’enseignement.

    L’auteur et éditeur Laurier Gareau est quant à lui actuellement en pourparlers avec l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) afin d’«organiser une table nationale des auteurs (Acadie, Ontario et Ouest) pour amener les besoins des auteurs à la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) ou au Conseil des arts du Canada.»

    Les différents partenariats communautaires déjà en place tentent ainsi de fédérer l’écosystème littéraire afin de faire émerger une relève au sein des communautés minoritaires francophones.

  • Sécurité à vélo : une expérience qui varie d’une province à l’autre

    Sécurité à vélo : une expérience qui varie d’une province à l’autre

    C’est à la suite du décès d’une de ses amies, victime d’un accident de vélo, que Louis-Joseph Couturier a décidé de se lancer dans cette aventure qu’il a baptisée la Campagne du dernier vélo fantôme.

    Le terme «vélo fantôme» désigne un vélo peint en blanc et installé à l’endroit où une personne est décédée à la suite d’un accident de vélo.

    Le cycliste de 30 ans avait amassé près de la moitié de son objectif de 20 000 $ lorsqu’il a dû mettre un terme à son expédition, des fonds qui iront à trois organismes militant pour la sécurité à vélo : Vélo fantôme au Québec, Advocacy for Respect for Cyclists (ARC) en Ontario et Bikes Without Borders pour le reste du Canada.

    La drive de continuer

    La COVID-19 n’a pas empêché Louis-Joseph Couturier de démarrer son projet ; il tenait à pédaler l’hiver «pour le défi supplémentaire», mais aussi pour que la campagne soit plus populaire, sensibilise un maximum de gens et récolte davantage de dons.

    «La drive me venait vraiment de la perte d’une amie l’été passé. Quand on a perdu quelqu’un comme ça, à vélo, je pense qu’il y a une espèce de rage de finir son but. Ce qui m’a arrêté, c’est carrément que ça soit illégal de le faire, sinon je n’aurais jamais arrêté», explique celui qui a tout de même attrapé le virus au cours de son expédition.

    À ce jour, il ne comprend toujours pas comment cela a pu arriver puisqu’il voyageait seul, dormait en camping et n’était pratiquement jamais à l’intérieur. Après s’être isolé plusieurs jours, il a pu reprendre la route.

    «Toutes les difficultés que j’ai pu avoir, ce n’était rien par rapport à ce que [son amie] a pu vivre en mourant, de même que ses proches… Peu importe les défis, il y avait quelque chose de plus grand qui me motivait.»

    L’Ontario, «trou noir des cyclistes»

    S’il n’a donc pas eu l’occasion de rouler ailleurs qu’au Québec et en Ontario, Louis-Joseph Couturier s’est tout de même renseigné sur la sécurité à vélo à travers le pays et c’est sans l’ombre d’un doute qu’il affirme que «l’Ontario, c’est le trou noir des cyclistes».

    «C’est l’enfer, autant dans les villes que sur les routes. C’est déplorable. J’ai fait l’Afrique à vélo, on parle d’environ 8000 km, et l’un des pays les plus pauvres du monde — le Mozambique — est plus sécuritaire que l’Ontario. Je ne blague pas, ce n’est pas une exagération», assure le cycliste d’expérience.

    «En Ontario, il y a environ un ou deux pieds d’accotement, et il y a des 18 roues qui vous passent à côté sur la Transcanadienne. […] Tous les cyclistes qui ont traversé le Canada parlent de North Bay jusqu’à Thunder Bay comme étant un calvaire absolu, et c’est vraiment dommage parce que ce sont des endroits magnifiques qui auraient un potentiel énorme pour devenir quelque chose dans le monde du cyclotourisme», déplore Louis-Joseph Couturier.

    À l’organisme Vélo Canada Bikes, qui vise à démocratiser le vélo et à rendre sa pratique plus sécuritaire au Canada, le directeur général n’est aucunement surpris par ces propos : «Il y a une joke que les gens qui arrivent à Wawa ne sont pas capables d’en sortir. Il y a un trou ou quelque chose à Wawa qui attrape le monde», lance Brian Pincott. Un phénomène également observé chez les autostoppeurs.

    «C’est plein d’accidents. Ce bout-là est dangereux en automobile, je ne peux pas imaginer le faire à vélo. Mais il y a tout de même plein de monde qui le fait», constate le directeur de Vélo Canada Bikes.

    D’après lui, les différences en ce qui concerne la sécurité à vélo se trouvent toutefois au niveau des municipalités plutôt que des provinces. «Il y a peut-être juste deux provinces qui pensent un peu plus au vélo sécuritaire : la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard», indique Brian Pincott.

    La COVID accélératrice de changement

    Deux villes canadiennes se partagent tout de même la 18e position ex aequo dans l’index Copenhagenize 2019, qui dresse bisannuellement une liste des 20 villes les plus sécuritaires à vélo : Montréal, qui était 8e en 2011 et 14e en 2013, et Vancouver, qui vient tout juste d’y faire son entrée.

    Cet index se décrit comme «le classement le plus complet et le plus global des villes respectueuses du vélo sur la planète».

    «Toronto n’est nulle part là-dedans, et Toronto ne mérite pas de place là-dedans, estime Louis-Joseph Couturier. […] Il y a une piste cyclable au centre-ville qui est bien faite, mais il manque beaucoup d’infrastructures.»

    «À Calgary ils sont vraiment en train de passer à la vitesse supérieure pour mettre des infrastructures cyclables. J’ai hâte de voir à quoi ça ressemble, je vais regarder ça avec beaucoup d’intérêt quand je vais m’y rendre et j’espère que les rumeurs sont vraies!» ajoute le cycliste, qui fait référence à la création de nouvelles pistes cyclables déneigées ou encore à la promotion du déplacement à vélo dans des conditions climatiques extrêmes.

    La situation à Calgary est effectivement un bon signe, approuve le directeur de Vélo Canada Bikes : «Si Calgary peut mener le pays […] on sait qu’on est arrivés quelque part. Avec la COVID, la plupart des villes ont ouvert les rues pour le transport actif […] Le monde a adopté ça de manière incroyable!» se réjouit Brian Pincott.

    Il rapporte que certains détaillants cyclistes ont reçu des commandes quatre fois plus nombreuses pour 2021 que pour 2020, alors que la pandémie a déjà créé une pénurie sur le marché. 

    Quel avenir après la pandémie?

    Dans cet éventuel monde post-COVID-19, Louis-Joseph Couturier et Brian Pincott espèrent tous deux continuer de voir certaines mesures mises en place pour accommoder les vélos durant la pandémie.

    «On commence à penser au vélo comme un moyen de transport plutôt que simplement un loisir […] Le changement commence au niveau local, ce sont les municipalités qui mènent. Le gouvernement fédéral commence à penser au transport actif», estime Brian Pincott.

    Il ajoute que le gouvernement du Canada se penche actuellement sur la création d’une Stratégie nationale de transport actif, tel qu’annoncé dans le nouveau plan climatique renforcé paru en décembre 2020.

    «Mais on n’en est pas au point où l’on dit “ça doit être sécuritaire pour les vélos” ; à l’heure actuelle, on dit “ça doit être plus sécuritaire pour les vélos”. Il y a deux ou trois autres étapes après. C’est une conversation», avance Brian Pincott, qui espère voir la population se mobiliser de plus en plus autour de l’enjeu du transport actif.

    Quant à Louis-Joseph Couturier, il tentera de compléter son expédition à l’hiver 2021 et ajoutera même une portion supplémentaire à son itinéraire : «Je ferai carrément les provinces de l’Atlantique que je n’ai pas pu faire à cause de la COVID, on parle de 1800 km, et de Saint-Jean de Terre-Neuve je partirai en avion jusqu’à Thunder Bay et je finirai le tronçon jusqu’à Vancouver qu’il me manque.»

    Il espère ainsi récolter les quelque 10 000 $ manquants à la Campagne du dernier vélo fantôme et encourager le transport actif à travers le pays alors que les villes se sont adaptées à la COVID-19 : «Les pandémies, on en prévoit d’autres dans l’avenir. Je pense que le vélo va devenir un outil de résilience contre celles à venir.»

  • Mylène Deschamps, rédactrice en chef des journaux francophones Éditions EAP

    Mylène Deschamps, rédactrice en chef des journaux francophones Éditions EAP

    Apprécier les moments de grâce, ressentir, travailler ma mémoire à long terme, me rappeler des visages, oui.  Je m’en empreigne.  Je les ressens. Je les vis.  J’étais dans le bureau de François Legault, le directeur de l’information pour la Compagnie d’éditions André Paquette.  Je désirais un stage en journalisme pour compléter mon Bac en Animation et recherche culturelle de l’UQAM, profil communication.  Il m’avait demandé : « où te vois-tu dans cinq ans? »  Je lui avais répondu : «probablement dans ta chaise».  Il fallait un peu de gueule.  Du haut de mes 23 ans, j’ai passé par la suite mes trois plus belles années en milieu professionnel, avant d’avoir mon 1er garçon le 17 janvier, le lendemain du bogue de l’an 2000 et de quitter pour d’autres projets.

  • Le trophée «Immigrant j’y crois» va à Paula Assaly

    Le trophée «Immigrant j’y crois» va à Paula Assaly

    «Ça me fait vraiment chaud au coeur, car la cause des immigrants, j’y crois beaucoup! Je veux contribuer à bâtir une communauté vivante! Je tiens à partager ce trophée avec tous les nouveaux arrivants ainsi que tous les intervenants du projet Communauté francophone accueillante pour leur ouverture sur la diversité et l’intégration. Toute ma reconnaissance envers la Cité de souligner mes qualités de leadeurship et mon dynamisme à bâtir une communauté vivante et ouverte sur le monde», a mentionné Mme Assaly dont les grands-parents paternels sont arrivés au pays en provenance du Liban en 1908 avec pratiquement rien! « Mes frères et sœurs, cousins, cousines sont très fiers de ce prix! », confie-t-elle.

  • Pour un retour des élèves du 2e cycle du secondaire à temps plein

    Pour un retour des élèves du 2e cycle du secondaire à temps plein

    La Fédération considère qu’il est important, pour la socialisation et le bienêtre des jeunes, de passer le plus de temps possible en classe, surtout afin qu’ils demeurent motivés.  Selon elle, l’encadrement soutenu dont ils bénéficient lorsqu’ils sont physiquement à l’école favoriserait de meilleurs apprentissages.

  • Chanson pour célébrer les femmes

    Chanson pour célébrer les femmes

    Depuis plusieurs années, Colibri – Centre des femmes francophones, du comté de Simco, célèbre cette journée du 8 mars avec un concert ou un spectacle destiné à sa clientèle, ses personnes alliées et ses partenaires communautaires, mais cette année, le centre s’adresse à toutes les femmes franco-ontariennes en présentant un vidéoclip de la chanson Comme les roseaux, écrite par Janie Renée, auteure-compositrice-interprètre, de Vankleek Hill. Accompagnée des Chiclettes, de Patricia Cano et de Mimi OBonsawin qui unissent leur voix, Janie Renée tentera de séduire son public avec son nouveau vidéoclip.

    «Je suis une soeur, je suis une femme, je suis labeur et état d’âme, je suis demain, je suis hier, je suis l’avenir de la terre, a récité Nathalie Nadon, l’instigatrice du projet. J’avais envie de reprendre cette magnifique chanson de Janie Renée avec des artistes féminines engagées dans leur communauté, préoccupées par le rayonnement de leur culture et soucieuses de la situation de toutes les femmes».

    Cette année, le thème principal de cette journée est le #RelanceFéministe. Il représente ainsi une invitation à tenir compte de l’impact disproportionné de la pandémie de la COVID-19 sur les femmes, alors que le Canada prépare sa relance sociale et économique. Le thème explique aussi que les femmes ont été les plus profondément touchées par la crise sanitaire et économique, qui s’est traduite en des pertes d’emploi, un manque de garde d’enfants, une augmentation du travail non rémunéré et une montée de la violence familiale envers elles.

    Comme les roseaux était lancé lundi dernier sur toutes les plateformes de réseaux sociaux et cherchera à offrir un message d’espoir et de résilience pour les femmes.

  • Déjà 75ans pour le programme des plaques porte-clés des Amputés de guerre

    Déjà 75ans pour le programme des plaques porte-clés des Amputés de guerre

    Dans la lettre qui sera distribuée avec les plaques des porte-clés, le couple de parents, Tracie et Jeremy, décrit à quel point les Amputés de guerre ont supporté leur famille, depuis le jour où leur fille, Michaela Blasklee, est née avec un bras gauche, quelques doigts et des orteils handicapés.

    En tant que membre du programme pour enfants amputés (Les Vainqueurs), Michaela reçoit une aide financière pour l’achat de membres et d’appareils artificiels et participe également à des séminaires régionaux où Les Vainqueurs et leurs parents apprennent les dernières nouveautés en matière de membres artificiels, de taquineries et de regards et d’éducation d’un enfant amputé.

    Les bras artificiels de Michaela, qu’elle appelle ses «mains d’aide», comprennent un bras pour l’usage quotidien et un autre qu’elle utilise pour des activités comme le vélo. «Sans le financement des Amputés de guerre, il nous serait très difficile de lui procurer une quelconque prothèse, ont expliqué Tracie et Jeremy. Tout ce qui n’est pas couvert par notre assurance professionnelle et par le gouvernement, les Amputés de guerre aident financièrement pour qu’elle dispose de ces appareils et l’aider dans sa vie quotidienne.»

    Le programme des plaques porte-clés a été lancé en 1946 afin que les vétérans amputés de guerre qui revenaient au pays puissent non seulement travailler à des salaires compétitifs, mais aussi pour fournir un service aux canadiens qui permettrait de générer des fonds pour les nombreux programmes de l’association, dont Les Vainqueurs. Le programme continue d’embaucher des amputés et des personnes handicapées et a rendu plus de 1,5 million de jeux de clés perdus à leurs propriétaires.