Catégorie : Autres – Others

  • Retour sur le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles

    Retour sur le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles

    De 2016 à 2018

    Décembre 2016 – La modernisation de la Loi est mentionnée lors de consultations publiques

    La modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO) est mentionnée comme priorité par des intervenants lors de la dernière consultation nationale pour le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023.

    Mai 2017 — Début d’une étude sénatoriale sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles

    En mai 2017, le Comité sénatorial permanent des langues officielles entreprend une étude sur la perspective des Canadiens au sujet d’une modernisation de la Loi sur les langues officielles.

    En deux ans, le Comité a entendu plus de 300 témoignages, reçu 72 mémoires et publié quatre rapports provisoires portant sur la perspective des jeunes canadiens, des communautés de langue officielle en situation minoritaire, des personnes qui ont été témoins de l’évolution de la Loi et du secteur de la justice.

    En juin 2019, le Comité rend son rapport final, qui présente la perspective des institutions fédérales de même que 20 propositions qui visent à corriger des problèmes associés à la mise en œuvre de la Loi.

    Les recommandations sont organisées autour de quatre thèmes, soit le leadeurship et la collaboration, la conformité, les principes d’application et le bilinguisme judiciaire.

    Automne 2017 – Création d’un comité consultatif à la FCFA

    En juin 2017, Jean Johnson est élu à la présidence de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada et annonce que sa priorité est la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

    Durant l’automne de la même année, l’organisme porte-parole se dote d’un comité consultatif pour le dossier de la modernisation.

    Juin 2018 – Engagement de Justin Trudeau à moderniser la Loi

    Le 6 juin 2018, lors de la période des questions à la Chambre des communes, le premier ministre Trudeau crée la surprise en s’engageant à ce que son gouvernement modernise la Loi sur les langues officielles. 

    «La Loi sur les langues officielles est quelque chose d’essentiel pour notre parti et notre pays. La protection des minorités linguistiques est au cœur de qui nous sommes en tant que pays. Nous allons continuer de défendre et de chercher à améliorer la Loi sur les langues officielles. Je peux confirmer que nous nous apprêtons à faire une modernisation. Nous allons travailler avec tous les Canadiens pour nous assurer que ce soit la bonne.» – Justin Trudeau, premier ministre du Canada

    Été 2018 – La ministre Joly reçoit le mandat d’entreprendre un examen de la Loi

    À la suite d’un remaniement ministériel, Mélanie Joly se voit confier les fonctions de ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie. Dans sa lettre de mandat, la ministre Joly reçoit la responsabilité d’entamer un examen pour une modernisation de la Loi sur les langues officielles.

    Année 2019

    Février 2019 – Le premier ministre Trudeau réaffirme son engagement à moderniser la Loi

    Dans le cadre d’une rencontre avec le président de la FCFA, Jean Johnson, le premier ministre Trudeau réaffirme son engagement envers la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

    Alain Dupuis et Jean Johnson, respectivement directeur général et président de la FCFA, rencontrent le premier ministre Justin Trudeau. Photo fournie par la FCFA.

    Mars 2019 – Lancement d’une tournée de consultations pancanadiennes

    De mars à mai 2019, la ministre Mélanie Joly effectue une tournée pancanadienne de consultations en vue de moderniser la Loi sur les langues officielles.

    Au total, près de 1 500 personnes ont participé à l’un des 19 évènements publics organisés dans le cadre de ces consultations.

    Mars 2019 – Proposition d’un projet loi par la FCFA

    En mars 2019, la FCFA présente aux parlementaires fédéraux une proposition complète de projet de loi illustrant à quoi pourrait ressembler une Loi sur les langues officielles modernisée.

    L’organisme porte-parole recommande notamment de désigner une agence centrale, le Conseil du Trésor, comme responsable de la mise en œuvre globale de la Loi et de créer un tribunal administratif des langues officielles.

    Mai 2019 – Recommandations du Commissariat aux langues officielles

    En mai 2019, le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, rend public son document de positionnement sur la modernisation de la Loi, qui inclut 18 recommandations.

    Ces propositions se basent notamment sur l’expertise du Commissariat à travailler avec la Loi actuelle, développée au fil des années, et sur une consultation virtuelle de la population qui s’est déroulée sur plusieurs mois.

    Juin 2019 – Publication de l’étude du Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes

    En novembre 2018, le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes a entrepris une étude sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles.  

    Les travaux du Comité, se voulant complémentaires à ceux menés au Sénat, ont porté sur trois principaux volets, soit le cadre de surveillance, la partie VII de la LLO ainsi que les retombées de la Loi à titre d’élément de cohésion sociale.

    Dans le cadre de cette étude, le Comité a entendu 44 témoins et reçu 12 mémoires. Le rapport final, contenant 11 recommandations, a été déposé en juin 2019.

    Juillet 2019 – Création d’un groupe de travail interministériel

    Un groupe de travail interministériel est mis en place pour analyser les impacts des propositions mises de l’avant par les divers intervenants.

    Automne 2019 – Campagne électorale fédérale

    Lors de la campagne, les libéraux, les conservateurs, les néodémocrates, les bloquistes et les verts s’engagent tous à moderniser la Loi sur les langues officielles.

    Octobre 2019 – Une modernisation jugée réalisable dans les six prochains mois 

    Lors d’un point de presse quelques jours après sa réélection à la tête d’un gouvernement minoritaire, Justin Trudeau affirme qu’une modernisation de la Loi sur les langues officielles est réalisable dans les six prochains mois en réponse à une question d’ONFR+.

    Décembre 2019 – Les langues officielles absentes du discours du Trône

    L’enjeu de la modernisation ne figure pas dans le discours du Trône ouvrant la première session de la 43e législature du Canada. De nombreux organismes francophones au pays, de même que le commissaire aux langues officielles, se disent déçus de cette absence.

    Décembre 2019 – La modernisation de la Loi incluse dans lettre mandat de la ministre Joly

    À la suite des élections générales, Mélanie Joly conserve la responsabilité des langues officielles. Elle est nommée ministre du Développement économique et des Langues officielles. Dans sa lettre de mandat, le premier ministre lui confie la responsabilité de moderniser et de renforcer la Loi sur les langues officielles.

    De 2020 à aujourd’hui

    Juin 2020 – L’échéance repoussée

    Le gouvernement Trudeau confirme que la modernisation de la Loi n’aura pas lieu en 2020. Un article de Radio-Canada révèle que le dépôt du projet de loi, d’abord prévu en juin, pourrait même être remis à 2021 en raison de la pandémie.

    Juillet 2020 – Réponse du gouvernement au rapport du Comité sénatorial

    Dans la lettre présentant la réponse officielle du gouvernement au rapport du Comité sénatorial, la ministre Mélanie Joly fait désormais allusion à un projet de modernisation d’ici la dissolution de la 43e législature, et non à une loi adoptée.

    La ministre précise aussi qu’il ne sera pas possible de répondre positivement à l’ensemble des propositions soumises par le Comité et que l’analyse d’impacts approfondie des recommandations est toujours en cours.

    Le sénateur René Cormier, président du Comité permanent des langues officielles, publie un communiqué de presse dans lequel il se dit déçu de la réponse imprécise du gouvernement.

    «Je suis étonné et insatisfait que le gouvernement ne soit pas davantage avancé dans son travail de modernisation de la Loi. Nous avons entrepris nos discussions avec le gouvernement fédéral il y a deux ans en l’informant de l’avancement de nos travaux. La réponse obtenue de sa part manque de précision et laisse place à beaucoup d’interprétation.» – René Cormier, sénateur indépendant du Nouveau-Brunswick

    Septembre 2020 – La FCFA demande un projet de loi avant la fin de 2020

    La FCFA demande au gouvernement de s’engager à déposer un projet de loi concernant la modernisation de la Loi d’ici la fin de l’année 2020. En réaction à cette demande, l’équipe de la ministre Joly mentionne que l’engagement à moderniser la Loi demeure, mais n’offre aucun échéancier précis.

    «Ça fait depuis 2018 qu’on en parle, de la modernisation. Il y a eu des consultations gouvernementales, deux rapports de comités parlementaires, un rapport du commissaire aux langues officielles, des mémoires de tout le réseau de la francophonie et une proposition de projet de loi développée par la FCFA. Avec tout ce qui s’est dit et écrit sur cette question, il n’y a aucune raison de ne pas passer à l’action maintenant.» — Jean Johnson, président de la FCFA

    Septembre 2020 – Reconnaissance du statut particulier du français dans le discours du Trône

    Dans le discours du Trône, le gouvernement Trudeau reconnait l’importance de protéger le français de façon particulière au Canada. Le gouvernement s’engage notamment à «protéger et promouvoir le français non seulement à l’extérieur du Québec, mais également au Québec» ainsi qu’à renforcer la Loi sur les langues officielles «en tenant compte de la réalité particulière du français».

    Si cette reconnaissance du statut particulier de français est bien accueillie, l’utilisation du terme «renforcer» plutôt que «moderniser» suscite des inquiétudes quant aux intentions du gouvernement.

    Novembre 2020 – Motion du Comité permanent des langues officielles

    Le 24 novembre 2020, le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes adopte unanimement une motion recommandant au gouvernement de déposer son projet de loi pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles avant le 11 décembre 2020.

    Novembre 2020 – Le projet de «livre blanc»

    Un article publié le 25 novembre 2020 par le quotidien La Presse révèle que la ministre Mélanie Joly prépare un «livre blanc» sur les langues officielles pour le début de l’année 2021. 

    Le bureau de la ministre Joly refuse de confirmer l’existence d’un projet de «livre blanc» sur les langues officielles, mais une source au fait du dossier à Patrimoine canadien l’a confirmé à Francopresse.

    Plusieurs intervenants craignent que ce document vienne retarder la modernisation de la LLO.

    Décembre 2020 – Cri de cœur pancanadien pour la modernisation de la Loi

    Le 1er décembre, des organismes francophones de partout au pays publient des communiqués et se tournent vers les médias sociaux pour lancer un cri du cœur sur l’urgence de moderniser la Loi sur les langues officielles.

    Février 2021

    La ministre Mélanie Joly dépose un document de réforme de la Loi sur les langues officielles intitulé Français et anglais : vers une égalité réelle des langues officielles au Canada. Le document réaffirme la situation asymétrique des deux langues officielles en reconnaissant le statut minoritaire du français en Amérique du Nord et le besoin de le protéger partout au Canada, y compris au Québec.

  • Des magiciens canadiens à la télévision américaine

    Des magiciens canadiens à la télévision américaine

    «C’est la première émission de magie réalité. C’est une série unique parce qu’au début de chaque épisode, on présente un gros tour de magie et on révèle comment on l’a fait à la fin», explique Éric Leclerc, sur l’émission qui allie magie, cascades et coups pendables.

    Avec une quinzaine de tours par émission, c’est quelque 150 tours que Leclerc, Ramsay, Barker et Boyer ont dû développer avec l’aide de leurs trois consultants en magie.

    Si les grands concepts ont commencé à être établis huit mois avant le début des tournages, qui ont eu lieu de décembre à février, certains tours n’ont été trouvés que quelques minutes avant de les présenter : «On arrivait sur le plateau et on savait qu’un tour ne fonctionnerait pas. On se disait : “On est en bas d’une piste de ski. Qu’est-ce qu’on peut faire?” On faisait un petit brainstorm pendant que les caméramans attendaient», poursuit Éric Leclerc.

    Avec une pandémie qui bat son plein, le magicien de 39 ans ne cache pas que les tournages étaient accompagnés de leurs lots de défis.

    Outre les trois tests COVID hebdomadaires que les comparses devaient passer, l’équipe de tournage était aussi supervisée par des «agents COVID» qui s’assuraient que les mesures sanitaires étaient respectées à la lettre: «Puisque je porte des lunettes, elles s’embuaient toujours, alors ils étaient sur mon cas plus que tous les autres», lance-t-il.

    Malgré tout, Éric Leclerc assure que les participants du public n’étaient au courant de rien. Pour éviter de leur vendre la mèche, ils étaient abordés en se faisant proposer de participer à une émission de voyage.

    Une visibilité nouvelle pour les magiciens

    Pour le magicien d’Orléans, cette série lui ouvre maintenant grand les portes et lui offre une visibilité inégalée: «C’est la septième émission de télévision que je fais et je n’ai jamais eu autant de promotion. Nos faces sont sur des billboards à Los Angeles et New York.»

    Avec cette visibilité est venue une participation à quatre au populaire talkshow Ellen, animé par Ellen DeGeneres, le 14 avril: «Pendant toute ma carrière, j’ai essayé d’aller sur Ellen. Je suis passé près par deux fois. Là, c’est WarnerMedia [NDLR Propriétaire de TruTV] qui a tout organisé. La compagnie a mis toutes ses ressources dans la promotion de la série.»

    D’ailleurs, de toutes ses réalisations, qui incluent d’être double champion de magie du Canada et d’avoir berné le duo légendaire Penn et Teller à leur émission Fool Us, sa participation à Ellen est sa plus grande fierté. Comme quoi, le petit garçon de 9 ans qui a découvert la magie à Noël peut encore être émerveillé toutes ces années plus tard.

  • Les collèges et universités canadiens face au désengagement des gouvernements

    Les collèges et universités canadiens face au désengagement des gouvernements

    Les investissements des provinces et du fédéral dans l’éducation postsecondaire stagnent depuis plus de vingt ans, conclut un rapport de la Société royale du Canada paru à la fin mars 2021.

    «L’insuffisance de l’investissement public mine la capacité du secteur de l’éducation postsecondaire à soutenir les aspirations économiques politiques et sociales du Canada», y estiment les auteurs.

    Parmi eux figure Julia Wright, titulaire de la Chaire George Munro de littérature et de rhétorique au Département d’anglais de l’Université Dalhousie. Elle souligne que les données démontrent un déclin important du financement public du secteur postsecondaire, non dans les sommes investies, mais plutôt relativement au PIB et à la part des revenus des collèges et universités.

    La part de financement des provinces dans les revenus des collèges et universités canadiens serait passée de 41,5% en 2010-2011 à 35,4% en 2018-2019 — et de 33,7 % à 25,1 % sur la même période dans le cas de l’Ontario —, selon les données de Statistique Canada.

    Sur la même période, la part de revenus des collèges et universités issue des frais de scolarité serait passée de 21,5% à 29,4% au Canada, et de 27,7% à 39,5% en Ontario, toujours selon les données de Statistique Canada.

    Mais ces données dissimulent une autre réalité selon Alex Usher, président de la firme-conseil Higher Education Strategy and Associates (HESA): les frais de scolarité pour les étudiants canadiens n’auraient augmenté que de 5% en dollars réels au cours des dix dernières années, si on tient compte de l’inflation.

    Il estime plutôt que depuis 2015-2016, près de 100% de la hausse des frais de scolarité a été absorbée par les étudiants internationaux.

    Les universités financées par les étudiants internationaux

    Si les frais de scolarité versés par les étudiants internationaux sont venus combler une part croissante du financement des universités, explique Alex Usher, c’est en partie dû à des facteurs démographiques.

    Il y a eu une forte croissance du nombre d’étudiants dans les universités entre 1996-1997 et 2012, mais cette vague de population s’est résorbée par la suite, ce qui a laissé plusieurs places vacantes dans les établissements postsecondaires canadiens – places qui ont pu être comblées par les étudiants venus d’outremer.

    Alex Usher note également que le manque d’ouverture des contribuables pour les hausses d’impôts a forcé les investissements en éducation postsecondaire à rivaliser avec d’autres préoccupations du public, comme les services de santé.

    «Le problème ici, c’est que les contribuables ne veulent pas vraiment mettre plus d’argent dans les universités, et que les universités ne veulent pas réduire leurs couts. Alors il n’y a qu’un [facteur] qui peut s’ajuster : les frais de scolarité. Et les gouvernements ont dit clairement qu’ils ne veulent pas que les universités haussent les frais de scolarité sur le dos des étudiants canadiens», rappelle Alex Usher.

    La stratégie de transférer couts du système d’éducation postsecondaire des contribuables vers les étudiants internationaux a fait l’affaire des gouvernements provinciaux, pense Alex Usher, mais elle présente tout de même des limites.

    Selon le président de HESA, «le “moment international” pour le Canada est arrivé en même temps qu’une baisse démographique, donc il y avait des places en surplus [dans les universités]». Mais ce creux démographique touchera à sa fin d’ici la fin de la décennie, estime-t-il.

    «[À ce moment-là], peut-être qu’il y aura de la compétition pour les places. Comment les Canadiens vont-ils réagir? Moi, je ne suis pas certain qu’ils vont dire “écoute il y a 30% d’étudiants internationaux à l’Université de Toronto [mais] ils prennent 50% des places [par exemple] dans un programme très important comme le génie, ou les sciences informatiques”. Les parents de Toronto ne vont pas être très très contents, d’après moi», souligne Alex Usher.

    En s’appuyant actuellement de plus en plus sur les étudiants internationaux pour financer les collèges et universités, Alex Usher croit que les gouvernements évitent de faire un choix auquel ils seront confrontés tôt ou tard: couper de façon draconienne dans les couts d’exploitation ou réinvestir dans le secteur postsecondaire.

    «On repousse la question de la relation entre les investissements publics dans nos universités et [celle de] la qualité de nos universités publiques», conclut-il.

    Les établissements postsecondaires francophones vulnérables

    Le modèle de financement axé sur le recrutement d’étudiants internationaux fragilise les institutions postsecondaires francophones à l’extérieur du Québec, croit Alex Usher.

    Selon le consultant, les étudiants francophones de l’extérieur du pays ont l’option de fréquenter l’Université d’Ottawa, qui offre des frais de scolarités domestiques aux étudiants internationaux qui étudient en français ; ou d’aller étudier au Québec, qui a une politique similaire envers certains étudiants internationaux.

    «Donc, le marché canadien pour les étudiants de la francophonie est très différent de celui pour les [étudiants] anglophones : si vous voulez étudier en anglais, on va vous demander 30 000$, mais si vous voulez venir étudier en français, on va seulement vous demander 6000$», illustre Alex Usher.

    «En conséquence, le pouvoir de l’Université de Moncton d’établir ses prix est fortement diminué, parce qu’elle est en compétition avec l’Université de Montréal. Ils peuvent aller chercher des étudiants étrangers, mais ils ne peuvent pas en profiter de la même façon que les universités anglophones», estime le président de HESA.

    Le cas de l’Université Laurentienne est quelque peu différent croit Alex Usher: «La Laurentienne, au moins, elle avait l’option d’aller chercher des étudiants étrangers en anglais et d’utiliser les profits pour subventionner [les programmes en] français. Elle ne l’a pas fait. Mais elle avait l’option de le faire.»

    Alex Usher ajoute que les petites universités sont aussi fragilisées par le modèle de financement basé sur le recrutement d’étudiants internationaux: «Si on manque les cibles financières de 10% ou 15% deux années de suite, ça cause des problèmes.»

    Des situations qui ne s’appliquent pas à l’Université de Toronto ou York, par exemple, qui ont des surplus de plusieurs millions, selon le spécialiste.

    Vers une marchandisation de l’éducation

    Pour Julia Wright, le modèle actuel de financement de l’éducation postsecondaire entraine une marchandisation de l’éducation : «On pense à donner une certification aux étudiants, qu’ils pourront échanger pour un revenu, sous la forme d’un emploi. On ne pense pas à l’éducation comme quelque chose qui favorise la cohésion sociale, fait de nous de meilleurs citoyens, nous rend mieux adaptés pour nous aider les uns les autres.»

    La professeure rappelle que certains secteurs de l’économie sont absolument essentiels, mais n’offrent pas nécessairement de bons salaires – comme l’enseignement élémentaire, les arts et la culture.

    En rendant l’éducation plus dispendieuse, «on risque de compliquer la vie des gens qui veulent aller à l’université pour s’orienter vers des carrières qui ne sont pas particulièrement rémunératrices», prévoit-elle.

    «On parle d’assurer la pérennité des programmes d’éducation en français, mais il y a une pénurie d’enseignants de français dans les écoles […] Regardez la paie des enseignants et comparez-la aux frais de scolarité pour devenir accrédité comme enseignant, et ça a de moins en moins de sens d’un point de vue arithmétique! Donc on décourage les gens d’aller vers des carrières dont on a vraiment besoin», conclut Julia Wright.

  • Funding boost for youth farm workers program

    Funding boost for youth farm workers program

    “The goal is to give young people job experience,” said Marie-Claude Bibeau, federal agriculture minister, during a Thursday video conference with media to announced increased funding for the ministry’s Youth Employment and Skills program (YES).

  • Deux nouvelles entreprises d’Argenteuil rayonneront en finale nationale  

    Deux nouvelles entreprises d’Argenteuil rayonneront en finale nationale  

    La Brasserie Sir John Brewing co., située rue principale, a raflé les honneurs dans la catégorie nouvelle entreprise bioalimentaire devant la microbrasserie Les bières philosophales, située à Mirabel.  Les jurys ont été séduits par leur optimisation, leur plan d’affaires impeccable et le côté historique relié à leur nom. «On est vraiment heureux de ce qui se passe, a commenté Jean-François Nolin, le gars des finances de l’entreprise lachutoise lors du gala virtuel qui se tenait jeudi dernier.  On a parti ça par passion, pour s’amuser. On est rendu à un niveau qu’on ne s’attendait pas et nous sommes fiers de rayonner dans ce milieu.» 

    Dans la catégorie nouvelle entreprise d’économie sociale, ce sont les nouveaux venus dans la région, la Coopérative ferme La Roquette, située sur la route 148 à la frontière de Lachute et Brownsburg-Chatham, qui ont remporté face à Les promoteurs de bonne heure Lac-du-Cerf. «Nous avons plusieurs membres qui travaillent d’arrachepied avec nous, a souligné Léandre Chagnon, l’un des cinq comparses qui ont pour la plupart étudié au Cégep de Victoriaville, le seul à offrir la Technique d’agriculture biologique. Ce projet germait déjà depuis près de 7 ans dans la tête des instigateurs, Frédéric Turgeon-Savard, Jean-Sébastien Lépine et Léandre Chagnon.  Ils ont été attirés dans la région grâce au programme Place aux jeunes et ont obtenu un fier coup de main de la part de la MRC d’Argenteuil avec Jonathan Palardie, qui a fait le pont entre eux et les propriétaires des terres actuels, Raymond et Rémi Jeté pour y pratiquer la culture maraichère biologique.  Ils y produisent plus de 40 sortes de fruits et légumes qui sont vendus au kiosque de la ferme, au marché du terroir de Mirabel et en panier minimarché. 

    Ils insistent sur l’accueil reçu depuis un an et demi par les gens de la région et ont d’ailleurs pour projet l’achat de leur propre terre et s’ouvrir au milieu animalier avec l’élevage de porc en pâturage et du poulet de grain ainsi que la production d’oeufs avec des poules pondeuses. 

    Le pub Sir John Abbott, dans la catégorie Faire affaire ensemble, a salué les récipiendaires de la région et félicité le gagnant dans sa catégorie, Le pont vert – L’épicerie autrement, une épicerie de Prévost qui s’approvisionne à plus de 80% de produits québécois.  «On n’a pas gagné de prix hier soir, mais on a réalisé qu’on a gagné beaucoup plus, d’avancer Denis Pellan et sa conjointe. Nous le répèterons aussi longtemps qu’il le faudra.  Acheter local, ce n’est pas encourager local, c’est se donner les moyens d’avancer et d’enrichir nos collectivités.» 

  • Chabot: la bataille n’est pas gagnée d’avance

    Chabot: la bataille n’est pas gagnée d’avance

    La balle est désormais dans le camp de la Cour Divisionnaire composée de trois juges de la Cour Supérieure de l’Ontario. Ce sont ces juges qui vont décider s’ils acceptent ou non d’entendre l’Appel. Le porte-parole d’Action Champlain André Chabot croit que ça pourrait prendre jusqu’à trois mois.  

    Entretemps, à la suite d’une assemblée citoyenne virtuelle d’une centaine d’opposants au projet de cimenterie le 18 avril, Action Champlain a jusqu’à maintenant recueilli près de 70 000 dollars en contribution. Il lui en faut 110 000 pour couvrir les frais juridiques au cas où l’Appel était rejettée.  

    Le groupe a par ailleurs demandé officiellement au conseil du Canton de Champlain de combler la différence, soit une somme d’environ 50 000 dollars. Le conseil devrait décider ces jours-ci de contribuer ou non après avoir consulté l’avocate du Canton qui se penche présentement sur un rapport des avocats d’Action Champlain faisant valoir les arguments de droit justifiant la demande d’Appel.  

    Sans présumer d’avance quelle sera la décision de son conseil, le maire du Canton de Champlain se montre plutôt optimiste. Normand Riopel estime que: «La bonne chose à faire serait de mettre l’épaule à la roue et de contribuer les 50 000 dollars si le conseil est d’accord avec les arguments de droit de la mise en Appel.» Et si la Cour divisionnaire refusait simplement d’entendre la mise en Appel, Action Champlain s’engage dans cette éventualité à rembourser tous ceux et celles qui ont contribué par virements interacts.  

    Ça fait déjà de nombreuses années que le groupe Action Champlain se bat avec l’appui de 90 pour cent des résidents de la région contre le projet de cimenterie de Colacem Canada près de l’Orignal. Lorsqu’on lui demande ce qu’il retient de ce combat, le porte-parole d’Action Champlain, André Chabot réfléchit un peu et déclare: «Que le système fait en sorte que c’est loin d’être facile de s’opposer au développement industriel. Le TAAL sert avant tout les intérêts de l’industrie et non pas de la population. Ça ne veut pas dire, insiste-il, que la communuté doive baisser les bras et accepter. Si on ne gagne pas avec des arguments de droit, nous passerons aux pressions politiques tant au fédéral qu’au provincial.» 

  • Drugs seized from Hawkesbury property  

    Drugs seized from Hawkesbury property  

    Two men in their 60s will face court after a raid at a Hawkesbury property on Friday. Officers from the Ontario Provincial Police (OPP) Street Crimes Unit executed a search warrant at a residence in the town and seized pills, cash, and cannabis. Two men, both aged 66, will face the Ontario Court of Justice in L’Orignal on trafficking and stolen property charges. The charges have not been proven.

  • Un partage à trois pour l’excédent de l’UCPR 2020

    Un partage à trois pour l’excédent de l’UCPR 2020

    Gérald Gauthier, de la firme comptable MND, a présenté le rapport de vérification financière de 2020 pour les Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) lors de la séance du conseil du 28 avril. Un élément d’information bienvenu dans le rapport est un excédent d’exploitation de 7,9 millions restant dans le budget 2020, ce qui, selon la directrice des finances des Comtés unis de Prescott-Russell, Valérie Parisien, fournira un coussin confortable pour certains des projets d’infrastructure et d’amélioration actuels et futurs des comtés.

    «Je pense que cela sera bénéfique pour nos futurs engagements (de planification), a déclaré Mme Parisien.  Et cela nous aidera également à réduire nos besoins de financement.»

    Mme Parisien et M. Gauthier ont tous deux noté que la pandémie a joué un rôle important dans la réduction de certaines des dépenses de fonctionnement habituelles des CUPR en 2020. Les CUPR ont également bénéficiés, du côté des recettes de son budget de fonctionnement, d’un financement supplémentaire fourni par les gouvernements provincial et fédéral pour faire face aux dépenses de fonctionnement supplémentaires liées à la pandémie.

    L’excédent de fonctionnement de 7,9 millions sera réparti entre la réserve du fonds de roulement des CUPR, la réserve de travaux publics et la réserve de la Résidence Prescott-Russell.

  • Three-way split for UCPR 2020 surplus

    Three-way split for UCPR 2020 surplus

    Gérald Gauthier from the MND accounting firm, presented the 2020 financial audit report for the United Counties of Prescott-Russell (UCPR) during council’s April 28 session. One welcome item of information in the report is a $7.9 million operating surplus left over from the 2020 budget, which UCPR Finance Director Valérie Parisien noted will provide a comfortable cushion for some of the present and future infrastructure and other improvement projects for the counties.

    “I think it would be beneficial with respect to our future (planning) engagements,” Parisien said, “and will helps us reduce our financing needs as well.”

    Both Parisien and Gauthier noted that the pandemic played a significant role in reducing some of the UCPR’s usual operating expenses during 2020. The UCPR also benefited on the revenue side of its operating budget with extra funding provided by the provincial and federal governments for dealing with extra operating expenses related to the pandemic.

    The $7.9 million operating surplus will be shared among the UCPR’s working fund reserve, its public works reserve, and the Prescott-Russell Résidence reserve.