Catégorie : Autres – Others

  • Extra money for Edwards Street rebuild

    Extra money for Edwards Street rebuild

    The original budget allocation for the project was $1,684,140 but a recent public works report to council indicated that another $244,000 would be needed because of several factors. The lowest of the four bids received was still a little higher than the budget allocation. 

    One reason is that the original design proposal for the project was done in 2018 and based on material and labour cost estimates for that period. Inflation has increased some material costs since then. 

    Council approved a recommendation to increase the budget for the Edwards Street project to $1,928,140. The extra funds will come from the roads reserve fund for paving and related work while money from the water and sewer reserve funds will help supplement costs for the force main and other work involved in the reconstruction. 

    Council also approved a recommendation to award the contract for the project to STP Excavation& Construction Inc., which provided the lowest bid at $1,450,158.70, not including HST. 

  • Spring treeplanting begins in Prescott-Russell

    Spring treeplanting begins in Prescott-Russell

    The non-profit conservation group continues its 50 Million Trees project in spite of the pandemic. This year’s goal is to plant 2.8 million seedlings across the province with 65,000 of those new trees spread throughout Prescott-Russell communities. 

    Last year the provincial government designated tree planting projects as an essential service during the pandemic. The challenge for Forests Ontario is finding enough community partners to accomplish its treeplanting goals this year. 

    “Unfortunately, tree seedlings are quite perishable,” stated Rob Keen, registered professional forester and chief executive officer of Forests Ontario. “They need to be planted soon after coming from the nursery, so careful timing and fine-tuned logistics are required.” 

    The 50 Million Trees program aims to improve Ontario’s forest cover and is sponsored through the federal government, major businesses, and individual donations. Forests Ontario works with local landowners and community groups on its annual treeplanting program. This year the non-profit group distributed COVID-19 field work recommendations and guidelines with information on social distancing, use of personal protective gear, and frequent sanitization of hands and equipment during treeplanting operations. 

    Since Forests Ontario launched the 50 Million Trees project in 2008, more than 31 million seedlings have been planted across the province. More than 550,000 seedlings were planted in the Prescott-Russell region since the program began. 

    Forests Ontario offers financial and technical aid to landowners who plan to plant 500 or more seedlings on their properties. An over-the-counter program also exists for landowners and community groups who want to take part but cannot do the minimum planting of 500 seedlings. 

    Treeplanting plans under the program can help with erosion control, provide shade cover for homes, create windbreaks to reduce snow removal work on local roads, provide bird habitats or aerial pathways for some animals, and also help enhance some streamside habitats. 

    Landowners or community groups who wish to be part of the 2022 treeplanting season can contact Forests Ontario officials at 416-646-1193, extension 222, or go to www.forestsontario.ca/en/program/50-million-tree-program. 

  • Des travailleurs étrangers impatients de retrouver les champs

    Des travailleurs étrangers impatients de retrouver les champs

    Une fois arrivés au pays, les travailleurs agricoles étrangers doivent d’abord respecter une période de confinement obligatoire de 14 jours avant d’accéder aux champs. Ce temps de chômage involontaire peut peser sur le moral, déplore José Raúl Cortes Prado, un travailleur agricole mexicain en quarantaine à la ferme Leisure Farms, à Sturgeon Falls, dans le Nord de l’Ontario.

    «La quarantaine est longue, j’aimerais pouvoir travailler, car c’est plus intéressant et le temps passe plus vite […] J’aime le fait que chaque travailleur fasse le test de COVID avant d’embarquer dans l’avion. Une fois arrivé, je crois que le reste [les tests et la quarantaine] n’est pas nécessaire», lance-t-il.

    Le propriétaire de la ferme Leisure Farms, Mitch Deschatelets, emploie 19 travailleurs agricoles mexicains. Il s’interroge lui aussi sur la nécessité des mesures sanitaires :

    «Une question que nous nous posons avec les autres agriculteurs, c’est que si [les travailleurs étrangers] ont voyagé ensemble et passé tous les tests ensemble, une fois arrivés sur la ferme, pourquoi ils ne peuvent pas travailler à l’extérieur?»

    «En agriculture, on n’a pas de problèmes à les faire travailler en respectant la distanciation. […] Ils ont quitté leurs maisons et leurs familles, alors c’est long de rester enfermé pendant 14 jours. […] Ce n’est pas bien pour eux et ce n’est pas bien pour nous», ajoute Mitch Deschatelets.

    Des couts élevés refilés aux employeurs

    Les règles du fédéral obligent les travailleurs étrangers temporaires à respecter la période de quarantaine de deux semaines.

    C’est toutefois l’employeur qui doit prendre en charge les couts de logement et d’épicerie de son employé, en plus de lui verser une rémunération obligatoire 30 heures par semaine. Des couts jugés exorbitants par le producteur laitier Éric Patenaude, qui emploie six ouvriers guatémaltèques à la ferme Gilette, à Embrun, dans l’Est ontarien.

    «La chambre me coute 2000 $ par personne. […] On aurait aimé avoir plus d’options pour nous organiser. Mais on n’a pas eu beaucoup de support financier», déplore-t-il.

    Le Programme d’aide pour l’isolement obligatoire des travailleurs étrangers temporaires prévoit d’offrir aux employeurs une aide de 1500 $ par travailleur jusqu’au 15 juin 2021 afin de leur permettre de réduire les couts. 

    Mitch Deschatelets juge cette somme insuffisante : «Moi, quand je fais mes calculs, ça me revient plus cher [que 1500 $]», insiste-t-il.

    Un long périple 

    Le processus d’embauche d’un travailleur étranger temporaire se fait en plusieurs étapes.

    L’employeur doit d’abord soumettre une offre d’emploi, après quoi le travailleur doit faire une demande de permis de travail et se faire tester pour la COVID-19. Avant d’arriver au Canada, le travailleur doit recevoir un test négatif dans les 72 heures avant de monter dans l’avion. Une fois sur le territoire canadien, il doit passer un deuxième test de dépistage, puis un troisième test au 10e jour de la quarantaine obligatoire, avant de pouvoir commencer à travailler après le 14e jour en isolement.

    Une longue procédure stressante, clame José Alfonso Alvarado Hernández, travailleur agricole mexicain à la ferme Leisure Farms.

    «Mon plus gros problème quand je pense venir au Canada, c’est de laisser ma famille […] De plus, je n’aime pas beaucoup l’idée de remplir tous ces papiers qui sont requis pour faire partie du programme, car il y en a beaucoup et c’est stressant», confie-t-il.

    Bien qu’il affirme comprendre la nécessité de tous les tests obligatoires et saluer les efforts des gouvernements, il souhaiterait tout de même que ces derniers fassent preuve de plus de souplesse.

    Éric Patenaude raconte que ses employés ont un contrat de travail d’un an avec une possibilité de vacances annuelles d’un mois. Sauf qu’en 2020 au moment de la première vague, les travailleurs partis rejoindre leurs familles au Guatemala, se sont retrouvés dans l’impossibilité de revenir au Canada.

    «Certains étaient partis et les vols ont été annulés. On ne pouvait plus les ramener travailler. Ça nous a terriblement affectés […] À cause de ça, ils sont partis en vacances deux mois ou deux mois et demi à la place. Ça nous a couté très cher, car on ne s’y attendait pas», raconte Éric Patenaude. En raison des risques de ne pas pouvoir revenir au Canada, certains de ses employés ont choisi de sacrifier leurs vacances.

    «D’autres Guatémaltèques ne veulent plus profiter de leurs vacances par peur de ne plus revenir. Ils préfèrent honorer leurs contrats et gagner de l’argent», explique-t-il.

     À la ferme familiale Troistrèfles à Embrun, Pierre Pasquier, producteur laitier et associé, embauche habituellement des stagiaires français pour une durée de six à huit mois. Cette année, il a dû revoir sa stratégie et embaucher un étudiant montréalais pour une durée de deux à trois mois.

    «Avoir des Français ici, ça nous permettait d’avoir une saison plus complète, car ils viennent en avril et repartent en septembre ou octobre […] La COVID ne nous a pas permis de le faire cette année.»

    Un engouement pour la consommation locale

    En dépit des pertes d’argent et des défis logistiques, Éric Patenaude constate que ses ventes explosent depuis le début de la pandémie. Il s’estime très chanceux : «Au début, c’était dur, car on a dû jeter du lait. Mais une fois que la situation a été réglée, ç’a été positif.»

    Pierre Pasquier abonde dans le même sens : «La COVID a été positive pour l’agriculture. Les gens ont réalisé que c’est bien de manger local et à la maison […] La consommation de lait local a remonté.»

    Mitch Deschatlets constate le même engouement dans le Nord de l’Ontario et espère le voir continuer même après la pandémie : «Pour sortir le positif de tout ça, la consommation locale et les vieilles traditions ressortent et ajoutent de la valeur à nos produits […] Quand je rencontre les gens, ils me remercient d’être là. Et c’est très encourageant. C’est dans ça que je trouve la force de continuer.»

    En outre, les travailleurs mexicains José Alfonso Alvarado Hernández et José Raúl Cortes Prado se disent contents d’être au Canada pour exercer leur métier.

    Toutefois, José Raúl Cortes Prado espère que dans un avenir rapproché, le gouvernement fédéral permettra aux travailleurs étrangers temporaires de venir au Canada avec leurs familles afin de leur permettre de surmonter plus facilement cette période de pandémie.

    Chaque année entre 50 000 et 60 000 travailleurs étrangers temporaires viennent travailler dans les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation et de la transformation du poisson au Canada, ce qui représente plus de 60% de tous les travailleurs étrangers entrant au Canada dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

    La plupart des travailleurs étrangers dans le domaine agricole travaillent dans des fermes en Ontario (40%), au Québec (32%), en Colombie-Britannique (18%) et Nouvelle-Écosse (2,6%).

    Source : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/nouvelles/2021/03/strategie-de-communication-tet-mesures-frontalieres.html

  • Tips to kick your kitchen fatigue

    Tips to kick your kitchen fatigue

    Paired with trying to manage the changes in our day-to-day lives while attempting to maintain some form of routine, it can be especially daunting to answer the age-old question of “what’s for dinner?”

  • Soutenir la santé mentale des femmes est plus important que jamais

    Soutenir la santé mentale des femmes est plus important que jamais

    Les femmes sont deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression et de troubles anxieux que les hommes, et de nouvelles recherches menées depuis le début de la pandémie ont démontré qu’au Canada, la santé mentale des femmes a été davantage affectée que celle des hommes.    

    De nombreuses femmes sont confrontées à des pressions et à des responsabilités accrues. Jusqu’à récemment, les options de traitement et les services offerts aux femmes ne tenaient pas compte des différences liées au sexe et au genre, comme les différences physiologiques et culturelles, qui font que la santé de nombreuses femmes est négligée. Il en résulte ce que les experts appellent un « écart de santé », qui est malheureusement encore plus large pour les femmes des communautés marginalisées et défavorisées.  

    Cette année, l’événement la Course pour les femmes du programme Aimez Vous de Pharmaprix se déroule virtuellement pour soutenir des programmes dédiés à la santé mentale des femmes. Ils contribueront à soutenir celles qui franchissent la prochaine étape vers la guérison.   Plusieurs ignorent l’impact réel de l’activité physique sur la santé mentale. Les exercices aérobiques, comme la course et la marche, sont recommandés dans les directives cliniques et peuvent parfois être aussi efficaces que les médicaments pour la dépression légère à modérée.   

    Malgré les obstacles auxquels les femmes sont confrontées en matière de santé mentale, le pouvoir du soutien d’une communauté peut faire une grande différence, même lorsque virtuel.   

    Nous savons qu’il y a beaucoup de femmes qui vivent des enjeux de santé mentale, particulièrement en cette période de pandémie, a déclaré Jeff Leger, président de Pharmaprix. C’est pourquoi nous sommes fiers de continuer à soutenir des organismes qui offrent des programmes et des services essentiels pour aider les femmes à obtenir le soutien dont elles ont besoin. L’événement propose de courir ou marcher 5 ou 10 km, ou même un seul kilomètre pour faire participer les enfants. Les courses ont lieu virtuellement dans 18 villes au pays du 4 au 11 juillet, et 35 $ des frais d’inscription seront versés directement à l’organisme de bienfaisance local.     

    Lorsque nous unissons nos pas, nous pouvons aider à faire une différence pour les femmes dans nos vies et nos communautés. 

    Visitez www.pharmaprix.ca/coursepourlesfemmes pour en savoir plus.  

  • Cybercrime is up across Canada – are you and your devices protected?

    Cybercrime is up across Canada – are you and your devices protected?

    For those of us working remotely, staying entertained with apps and generally spending more time online, protecting our devices is critical. Yet, according to a recent survey, only 18 per cent of Canadians are using online identity theft protection tools.

  • La baignade en été – en toute sécurité

    La baignade en été – en toute sécurité

    Voici d’importants conseils de sécurité à garder en tête lorsque vous vous baignez :

  • De babines et de bottines

    De babines et de bottines

    Il faut comprendre que dans la saga Laurentienne, la ministre marche sur des œufs, l’éducation étant constitutionnellement de juridiction provinciale et la faillite de la Laurentienne étant devant les tribunaux.

    La ministre Joly n’a donc pu qu’indiquer son penchant pour une gouvernance francophone et enjoindre les ministres ontariens responsables du dossier, Ross Romano aux Collèges et Universités et Caroline Mulroney aux Affaires francophones, de collaborer avec elle pour créer une telle institution.

    À lire aussi : Coupes sauvages à l’Université Laurentienne : quel est le rôle d’Ottawa?

    Le partage des pouvoirs

    La question constitutionnelle du partage des pouvoirs est centrale dans ce dossier, mais de récents développements dans les relations Canada-Ontario pourraient ouvrir la porte à une intervention fédérale plus musclée.

    Prenons par exemple le récent jugement de la Cour suprême du Canada confirmant le droit d’Ottawa d’imposer une taxe sur le carbone. Contrairement à l’éducation, l’environnement est un dossier à juridiction partagée ; malgré cette responsabilité partagée, la cour a statué que l’intérêt national donnait la primauté au fédéral.

    De même, le ministère fédéral de l’Environnement et du Changement climatique annonçait récemment qu’il étudiait la possibilité de soumettre le projet de l’autoroute 413 dans la région de Toronto à une étude d’impact fédérale.

    Il me semble que si Ottawa peut ainsi jouer un rôle primordial dans un domaine de juridiction partagée, l’environnement, il pourrait également jouer plus dur dans un secteur dont il a l’entière juridiction : l’épanouissement des minorités de langues officielles.

    Après la carotte, le bâton

    Ne nous leurrons pas, l’éducation postsecondaire est d’une importance capitale pour toutes les communautés et encore plus pour l’épanouissement des communautés minoritaires.

    Les anglophones majoritaires ont compris ça il y a longtemps. On n’a qu’à regarder le nombre d’universités et de collèges de langue anglaise qu’ils ont créés depuis des décennies. Établissements, en passant, pour lesquels nous payons des impôts pour nous assimiler.

    Il est temps que ça cesse. Quand une province traine la patte dans un dossier dont elle est responsable et que sa mauvaise foi entraine l’étiolement de sa communauté de langue officielle, le gouvernement fédéral a non seulement le pouvoir, mais même l’obligation d’intervenir. Et d’intervenir de façon musclée s’il le faut!

    Nous, francophones en milieu minoritaire, en avons plein notre casque de l’inaction et du colonialisme de gouvernements provinciaux qui se jouent de nous depuis des siècles. Il est temps que nous sachions vraiment ce qu’«égalité réelle» veut dire.

    Jusqu’à présent, la ministre Joly a bien joué ses cartes. Elle a fait miroiter la carotte auprès de ses interlocuteurs du gouvernement ontarien sans trop les pousser. Mais s’ils ne bougent pas bientôt, elle devra leur montrer qu’elle tient aussi un bâton constitutionnel.

    Ex-journaliste primé à Radio-Canada et à la CBC, Réjean Grenier est toujours éditorialiste au journal Le Voyageur, dont il a été le propriétaire/éditeur de 1998 à 2012. Il est activement engagé dans la communauté franco-ontarienne depuis 1970.

  • Roda Muse, la force tranquille franco-ontarienne nommée à l’UNESCO

    Roda Muse, la force tranquille franco-ontarienne nommée à l’UNESCO

    Née à Djibouti en 1965, Roda Muse semble être une main de fer dans un gant de velours.

    Après avoir occupé plusieurs postes au sein de ministères fédéraux, la conseillère scolaire au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) vient d’être nommée au poste de secrétaire générale de la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO). Lorsqu’elle en parle, une grande détermination émane d’elle, mêlée à une tranquillité apaisante.

    «Mon rôle [à la CCUNESCO] va être d’exercer un leadeurship mobilisé autour de la réflexion, d’apporter les enjeux et les réalisations du Canada à l’UNESCO et de servir d’intermédiaire entre les délégations permanentes», précise-t-elle.

    L’UNESCO est l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture. Cette agence spécialisée fondée en 1946 cherche à instaurer la paix par la coopération internationale en matière d’éducation, de science et de culture. Les priorités et programmes de l’UNESCO sont livrés à travers des commissions nationales.

    Une «culture de la paix» à travers l’éducation

    Son mandat au Canada ciblera trois thèmes transversaux : la réconciliation avec les peuples autochtones, l’engagement des jeunes et l’équité des genres.

    La réconciliation avec les peuples autochtones est particulièrement importante, insiste Roda Muse, «surtout au niveau de l’éducation. Nous ne connaissons pas l’histoire coloniale ni l’histoire des peuples autochtones. Et pourtant, nous sommes et nous vivons sur des territoires autochtones […] Si nos curriculums scolaires intégraient toute cette partie dès le plus jeune âge, ce serait pour nous une façon de reconnaitre notre patrimoine autochtone et de contribuer à cette réconciliation».

    «Je pense que, quand on veut avoir une culture de paix, on touche à toute la question de cohésion sociale, affirme encore Roda Muse. Dans notre pays et dans le pays voisin, nous avons vu la polarisation, le racisme. On ne peut pas œuvrer à cette culture de paix si on laisse passer cela.»

    La paix, Roda Muse en a rêvé pour son pays d’origine, Djibouti, et les pays limitrophes.

    «Même si Djibouti est en paix, toutes les régions autour brulent souvent, sont en guerre. J’ai vu ce pays, à l’époque et jusqu’à maintenant, recevoir beaucoup de réfugiés au point que ça dépasse ses capacités. Ce mandat est très noble, mais il vient me chercher, car je sais ce que veut dire la guerre, je sais les horreurs que ça entraine, les inégalités que ça crée… Et la détresse, surtout au niveau des femmes et des enfants.»

    Un parcours de luttes pour l’égalité et l’éducation

    Dans cette optique, cette «francophone de l’Ontario», comme elle dit, s’est rodée à l’exercice en travaillant au sein de plusieurs organismes — qu’elle a parfois elle-même fondés — et ministères.

    À Amiens, en France, elle obtient une licence en lettres modernes, puis une maitrise d’enseignement en français langue étrangère (FLE) à Montpellier. Elle immigre en 1994 pour s’installer en Ontario et sort diplômée de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) en 2000.

    «J’ai eu beaucoup de chance, car je suis arrivée à un moment où l’on parlait beaucoup de l’équité en matière d’emploi au niveau de la province, se souvient-elle. C’était le NPD qui la dirigeait, avec Bob Rae [le représentant permanent du Canada aux Nations Unies]. Des amis avaient fondé le Conseil économique et social d’Ottawa Carleton (CÉSOC). Ils m’ont demandé de venir comme bénévole. Je venais d’arriver. C’est comme ça que je me suis embarquée.»

    Elle se fait remarquer pour son adresse à amener certains enjeux à la table au CÉSOC. Pour l’un de ses premiers emplois, Roda développait des programmes pour les écoles ; un sur l’écriture et un sur l’alphabétisation familiale.

    «C’était à Orléans, à l’époque, en zone semi-rurale. J’étais choquée, car je n’avais jamais attaché l’analphabétisme à un pays comme le Canada. On parlait beaucoup “d’analphabétisme fonctionnel”. Je travaillais non seulement avec des communautés semi-rurales, mais aussi avec de nouveaux arrivants et des jeunes dans les conseils scolaires catholiques pour la prévention de l’analphabétisme.»

    Sa tâche était ensuite d’aller chercher des subventions, «sa force», lance-t-elle en riant.

    La chance à tous par l’inclusion

    Elle enchaine un poste à la Cité collégiale et fonde à la fin des années 1990 une organisation de femmes, le Centre d’intégration de formation et de développement économique (CIFODE), dont l’une des valeurs principales était l’équité dans l’emploi.

    Dans la foulée d’un rapport fédéral sur l’équité en matière d’emploi publié en 2000, qui recommandait d’intégrer des membres des minorités visibles dans la fonction publique fédérale, Roda Muse développe un partenariat avec la Commission de la fonction publique, la Ville d’Ottawa et un autre organisme pour faire en sorte de donner des sessions d’administration bureautique.

    La Commission de la fonction publique s’engage à placer des personnes issues des minorités dans divers ministères.

    «Beaucoup de personnes qui sont aujourd’hui dans la fonction publique y ont justement eu accès par ce biais-là. Pour moi, c’était un succès et une façon de défoncer des portes», rapporte Roda Muse.

    L’immigration, le ministère de l’Innovation, les langues officielles, Industrie Canada… Roda Muse est partout. Élue conseillère scolaire au CEPEO en 2017, elle trouve encore le temps de s’impliquer aux conseils d’administration de l’Hôpital Montfort et du Centre Jules-Léger.

    Par ailleurs, Roda Muse ne limite pas son implication à sa vie professionnelle : «J’adore faire du bénévolat parce que je trouve que ce n’est pas figé dans un cadre. Tu peux réfléchir, apporter des points de vue qui sont des points de vue qui sortent des sentiers battus.»

    Elle donne «des coups de main par-ci par-là», notamment à des jeunes Noirs qui cherchent leur voie dans les études ou dans leur vie professionnelle.

    «C’est pour ça qu’on a fondé la Fondation Acacia, pour changer le fait de toujours parler des jeunes Noirs en les liant au crime.»

    Elle ajoute : «Pendant longtemps, des gens parlaient d’intégration, par exemple au niveau des jeunes et des minorités visibles, en disant “Ah, il faut les intégrer”. J’étais choquée, parce que mes deux enfants, à part mon ainé, sont nés ici [Roda Muse a trois fils, NDLR]. Je disais “Non! Il faut les inclure, ils n’ont pas besoin d’être intégrés. Ils sont nés ici.”»

    «J’ai fait la paix avec la terminologie “Franco-Ontarienne”»

    Toujours dans ce souci d’inclure, à son arrivée en Ontario, Roda Muse trouvait le mot «Franco-Ontarien» exclusif. «Ça me révoltait», se souvient-elle, mentionnant que les Franco-Ontariens employaient des expressions comme «nous autres» et «eux autres».

    «On s’est battus pendant longtemps pour parler du concept de “francophones de l’Ontario”, détaille-t-elle. À partir du moment où ce concept a été accepté, j’ai fait la paix avec la terminologie “Franco-Ontarien”. Si on dit que je suis Franco-Ontarienne aujourd’hui, je dis oui.»

    Cela n’empêche pas l’une des futures têtes canadiennes de l’UNESCO de s’être «toujours sentie faire partie de la communauté. J’ai eu de très bons mentors. J’ai milité auprès de Linda Cardinal et Lyne Bouchard et bien d’autres, à la Table féministe de l’Ontario. On était des sœurs. Nous étions des femmes qui luttions pour nos droits, côte à côte, de façon égalitaire. Ces mêmes femmes luttaient avec nous pour la reconnaissance de la diversité.»

    La francophonie en Ontario, une «famille»

    Parmi ces luttes, il y en a une que Roda Muse a embrassée dès son arrivée en Ontario en 1994 : la cause de l’Hôpital Montfort. «À chaque fois qu’il faut sortir dans la rue, je suis dans la rue», lance-t-elle en souriant.

    Comment faire pour choisir ses causes lorsqu’on vient d’immigrer et qu’on ne connait peut-être pas encore tous les tenants des luttes en cours? «Quand tu reçois les services d’une institution francophone, d’un organisme francophone, tu n’es plus traité comme un étranger, affirme-t-elle avec force. C’est ton organisme. C’est cette appartenance que j’aime».

    Cette notion d’appartenance à la francophonie ontarienne signifie «que […] tu vis en français, tes enfants vont dans une école francophone ; ils vivent en français. […] C’est un monde, une famille».

    Pour Roda Muse, cette appartenance se crée aussi par un haut standard au niveau des services dans les institutions francophones.

    «Quand tu regardes les conseils scolaires francophones, qu’ils soient catholiques ou laïcs, la qualité de l’enseignement est là, souligne-t-elle. Quand tu regardes l’Hôpital Montfort, c’est un des meilleurs hôpitaux au monde. Dans la façon dont nos institutions travaillent, il y a un effort pour aller vers l’excellence et c’est ça que j’aime, cette rigueur, ce besoin de toujours mieux desservir la communauté.»

  • Plongée dans l’origine et l’évolution des fêtes nationales au Canada

    Plongée dans l’origine et l’évolution des fêtes nationales au Canada

    C’est cet univers qu’explorent, avec quelques partenaires, les historiens Joël Belliveau, jusqu’à récemment professeur à l’Université Laurentienne, à Sudbury, et Marcel Martel, professeur à l’Université York, à Toronto, dans le livre Entre solitudes et réjouissances – Les francophones et les fêtes nationales (1834-1982), qu’ils ont codirigé aux Éditions du Boréal.

    L’ouvrage examine l’origine et l’évolution des principales fêtes nationales du pays, soit la fête de Victoria (ou fête de la Reine), l’Empire Day, la fête de Dollard (ou Journée nationale des patriotes), la Saint-Jean-Baptiste, la fête du Canada et la fête nationale de l’Acadie.

    Un phénomène relativement récent

    L’idée du livre a germé dans la tête de Joël Belliveau en 2012: «Au début, c’était plus large que les fêtes nationales. On avait appelé ça Les Canadiens français dans les imaginaires canadiens, donc comment les Canadiens français ou les Canadiens francophones étaient vus par les différents groupes au Canada. Puis on a commencé à travailler là-dessus et on s’est dit que c’était trop large!» raconte-t-il.

    Lorsqu’ils ont plutôt décidé d’analyser les fêtes nationales, les différents auteurs de cet essai — ils sont six — se sont basés sur une multitude d’éditions d’une vingtaine de journaux d’un bout à l’autre du pays. Ils ont couvert une période de près de 150 ans, soit de la fondation de la première Société Saint-Jean-Baptiste — celle de Montréal — en 1834 au rapatriement de la Constitution canadienne en 1982.

    «Les fêtes nationales, telles que nous les concevons aujourd’hui, sont un phénomène relativement récent dans l’histoire de l’humanité», peut-on lire dans l’introduction. En effet, plusieurs de ces fêtes dans les grands pays démocratiques ont vu le jour au 19e siècle.

    «Le Canada s’inscrit dans ce mouvement qui, en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs dans le monde, offre un prétexte pour célébrer les origines historiques et, souvent, les fondements idéologiques des États-nations», enchainent les auteurs.

    Renforcer l’attachement envers la monarchie

    Au Canada, la première fête décrétée par l’État sera créée en 1845 par le Parlement de ce qui est alors la «province du Canada» ou «Canada-Uni», soit l’entité coloniale issue de l’union du Bas-Canada et du Haut-Canada.

    Les députés décident alors de faire du 24 mai, anniversaire de la reine Victoria, couronnée en 1837, un jour de fête.

    Selon les professeurs Belliveau et Martel, qui signent ce chapitre, «les organisateurs de la célébration cherchent à renforcer le sentiment d’attachement à la monarchie et à l’Empire britannique, quelques années après les rébellions dans les deux Canada et l’Acte d’Union, ainsi qu’à démarquer l’Amérique du Nord britannique de la république états-unienne au sud».

    Dès sa naissance, la fête de Victoria est un jour férié pour les employés de la fonction publique de la colonie ainsi que pour ceux des banques. Il faudra cependant attendre la mort de la reine en 1901 pour que le Canada, avec Wilfrid Laurier comme premier ministre, fasse du 24 mai une fête légale à l’échelle du pays.

    Fait intéressant, le Canada est le seul pays du Commonwealth qui continuera à chômer la journée de la fête de Victoria, même après sa mort ; les autres fêteront plutôt le jour de naissance du monarque britannique vivant.

    Joël Belliveau explique que l’une des raisons pour cette fête perpétuelle du 24 mai était que l’anniversaire du nouveau roi, Édouard VII, tombait en novembre : «Les Canadiens sont habitués depuis 1845 à avoir un jour de congé au printemps. Ils ne la trouvent pas drôle! En plus, Victoria était la reine au moment de la Confédération, donc au moment de la création du Canada. Elle était très aimée.»

    Des fêtes commerciales dès la fin du 19e siècle

    En 1899, sous l’impulsion de l’Ontarienne Clementina Trenholme Fessenden, est créée une fête qui se déroulera la veille de la fête de la Reine afin de promouvoir l’appartenance du Canada à l’Empire britannique. Nommée justement «l’Empire Day», cette fête, non fériée, perdurera jusqu’à la fin des années 1950.

    Ces deux fêtes vont être célébrées de façon inégale, même chez les anglophones : dans la population en général, on y voit surtout l’occasion de faire un piquenique ou autre activité familiale.

    Marcel Martel dit avoir été surpris de constater l’ampleur de l’aspect commercial de ces célébrations dès la fin du 19e siècle : «Les marchands tentaient de faire de bonnes affaires à la veille de la fête de la Reine ou de la Confédération en encourageant les gens à s’acheter du nouveau linge. Et, à défaut de pouvoir s’en acheter du nouveau, peut-être l’envoyer chez le nettoyeur pour avoir des vêtements tout propres!»

    Les francophones et les fêtes «canadiennes»

    Chez les francophones, la popularité de ces fêtes est variable. Au Québec, le 24 mai est surtout souligné là où les francophones et anglophones cohabitent, comme à Montréal.

    Quant à l’Empire Day, «il est observé et célébré, même si c’est souvent sans débordement d’enthousiasme et de manière constante», peut-on lire. On rapporte malgré tout des activités au Manitoba et même dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

    Il faut dire que les Canadiens français ont leur propre fête, et ce depuis longtemps. Lors d’un banquet tenu à Montréal le 24 juin 1834 — trois ans avant le début de la rébellion des patriotes — son organisateur, Ludger Duvernay, déclare aux convives qu’il entend faire de ce jour la fête nationale des Canadiens français.

    La célébration du 24 juin prend rapidement de l’ampleur au Québec, puis en Ontario dès 1846 et dans l’ouest du pays plus tard, au 19e siècle. Même les Métis vont participer à la première Saint-Jean au Manitoba en 1854. Comme ce n’était pas un jour férié, on profitait parfois du congé de la fête de la Confédération (devenue la fête du Canada) pour fêter la Saint-Jean… le 1er juillet.

    La Saint-Jean se veut inclusive de tous les francophones. Lors de son sermon du 24 juin 1873, Mgr Alexandre-Antonin Taché, évêque à Saint-Boniface, exprime le souhait que la Saint-Jean soit «la fête nationale de tous les habitants d’origine française sur le continent américain».

    Les Acadiens font bande à part

    Si la popularité de la Saint-Jean ne fait aucun doute à l’ouest du Québec, et même parmi les Canadiens français de la Nouvelle-Angleterre, c’est une autre histoire dans l’est du pays. Les Acadiens refusent d’embarquer dans ce train.

    Lors de la première Convention nationale des Acadiens, tenue en 1881 à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, un débat fait rage sur le choix d’une fête nationale. Il y a deux camps : celui de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin, et celui du 15 aout, fête de l’Assomption. Ceux qui favorisent le 24 juin estiment qu’il faut s’unir avec les autres Canadiens francophones et soulignent que le 15 aout tombe au moment des récoltes.

    Mais ce sont les partisans du 15 aout qui gagneront la partie, menés par l’un des leadeurs nationalistes acadiens de l’époque : Mgr Marcel-François Richard, futur instigateur du drapeau acadien.

    «Les Canadiens ayant choisi Saint-Jean-Baptiste pour patron, il me semble qu’à moins de vouloir confondre notre nationalité dans la leur, il est urgent pour les Acadiens de se choisir une fête particulière, a-t-il dit lors du débat. Nous ne sommes pas les descendants des Canadiens, mais de la France, et par conséquent je ne vois aucune raison qui nous engage à nous faire adopter la Saint-Jean-Baptiste comme notre fête nationale.»

    Dollard, une ferveur qui s’estompe

    Passablement pour ces mêmes raisons, la fête de Dollard, que les Canadiens français vont substituer vers 1920 au duo fête de Victoria/Empire Day, n’aura que très peu d’échos en Acadie.

    À l’est du Québec, on ne s’identifie pas à ce personnage historique, mort en 1660 lorsque des Iroquois attaquent son groupe au Long Sault, sur la rivière des Outaouais.

    Dollard ayant été «redécouvert» par l’historien national François-Xavier Garneau dans les années 1840. D’autres leadeurs, comme l’abbé Lionel-Groux, le portent au rang de héros canadien-français et catholique.

    Cette histoire ayant un volet ontarien, la nouvelle fête suscite l’adhésion des Canadiens français de cette province. Ceux de l’Ouest aussi vont l’adopter. Selon Joël Belliveau, le personnage «rejoint plus l’imaginaire des coureurs de bois, des explorateurs dans l’Ouest, puis c’est la raison pour laquelle Dollard a été si populaire dans l’Ouest, même peut-être plus qu’au Québec, certainement plus qu’en Ontario. Ils faisaient des parallèles entre Dollard puis La Vérandrye, qui s’est rendu jusqu’aux Rocheuses.»

    Après 1950, la ferveur envers la fête de Dollard va peu à peu s’estomper au Canada français. Au Québec, l’idée de remplacer la fête par une célébration des patriotes des rébellions de 1837-1838 va prendre forme dans les années 1960, mais ce n’est qu’en 2002 que le gouvernement du Québec désignera le lundi avant le 25 mai, soit la même journée que la fête de Victoria, «journée nationale des patriotes».

    Quant à la Saint-Jean-Baptiste, elle sera déclarée officiellement la «fête nationale du Québec» sous le premier gouvernement du Parti québécois, en 1977. Elle continue d’être fêtée à l’ouest de la rivière des Outaouais.

    À l’instar de la Saint-Jean, la fête nationale de l’Acadie continue d’être populaire, malgré des périodes d’essoufflement. Aux discours religieux se sont substitués des rassemblements à grand déploiement, ainsi que des fêtes populaires.