Catégorie : Autres – Others

  • La mairesse Assaly se défendra au tribunal

    La mairesse Assaly se défendra au tribunal

    «Le public devrait pouvoir la regarder (l’audience du tribunal)», a déclaré la mairesse Assaly, qui a déposé un avis de requête en révision judiciaire à la cour divisionnaire. Je n’ai pas été interrogée. Mon assistant n’a pas été interrogé. Mes témoins non plus n’ont pas été interrogés.» 

    Mme Assaly est maintenant sous sanction approuvée par le conseil municipal à la suite de la présentation, le mois dernier, d’un rapport de John Saywell, qui a agi à titre de commissaire à l’intégrité municipale de Hawkesbury jusqu’à la fin de décembre 2020, date à laquelle il a démissionné. 

    Lorsque M. Saywell a déposé son rapport, la mairesse Assaly a fait valoir qu’il avait «manqué à ses obligations légales en tant que commissaire à l’intégrité» en ne permettant ni à elle ni à son assistant administratif de répondre aux questions dans le cadre de l’enquête. À la mi-février, elle a déposé une requête pour que le rapport de M. Saywell et ses recommandations soient examinés par la Cour divisionnaire de l’Ontario et elle continue de soutenir que l’enquête de M. Saywell est viciée. 

    L’une des dernières tâches de M. Saywell en tant que commissaire à l’intégrité était une enquête sur les plaintes contre Mme Assaly concernant la conduite de la mairesse sur diverses questions. Selon le rapport, les plaintes comprenaient des allégations selon lesquelles elle aurait outrepassé son autorité à plusieurs reprises en interférant dans les opérations administratives. Elle a notamment déclaré une session à huis clos du conseil en juin 2020, sans en avertir au préalable l’administrateur principal ou le secrétaire municipal, au cours de laquelle le conseil a approuvé le licenciement de trois employés. 

    D’autres plaintes concernaient le comportement d’Assaly à l’égard de certains membres du personnel supérieur, dont celle de comportement abusif, ce qui aurait conduit plusieurs personnes à quitter leur poste. La mairesse se serait aussi placée en conflit d’intérêts en essayant d’interférer dans l’enquête sur des plaintes de harcèlement qu’elle aurait déposées à l’encontre de certains employés municipaux. 

    Le rapport de M. Saywell indique que les plaintes d’ingérence administrative, de harcèlement et de conflit d’intérêts sont fondées. Le conseil municipal de Hawkesbury a approuvé la recommandation de Saywell concernant les sanctions contre la mairesse Assaly. 

    Ces recommandations exigent des excuses publiques à trois membres du personnel supérieur, dont à deux personnes qui ne travaillent plus pour la ville. Mme Assaly doit également suivre une formation de 24 heures auprès d’un coach professionnel en gestion afin de développer son leadeurship. Elle n’est pas non plus autorisée à participer aux séances du comité plénier du conseil municipal tant qu’un nouvel administrateur en chef n’a pas été engagé et qu’elle n’a pas rempli les obligations des deux autres sanctions. 

    Mme Assaly, son avocat et le conseiller juridique de la ville de Hawkesbury attendent un avis du bureau de la cour divisionnaire sur la date de la révision judiciaire. 

  • Un couple d’agriculteurs exceptionnels récompensés  

    Un couple d’agriculteurs exceptionnels récompensés  

    La cérémonie annuelle de remise du Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier s’étant déroulée le 26 mars dernier était la 15e de l’UCFO. Cette année, un couple d’agriculteurs ayant fait face à l’adversité a été mis en valeur par le prix, en cette année marquée par la pandémie et ses multiples contraintes. Le couple a pris possession d’une ferme familiale dans le nord de l’Ontario, dans la famille depuis 1925. Partis du Bas-Saint-Laurent, au Québec, Loyola et Suzanne Sylvain ont débuté leurs activités agricoles à Kapuskasing, en 1986. 

    «L’agriculture est déjà un métier pas facile, mais lorsque l’accident de Loyola est survenu, nous avons dû nous adapter et nous relever pour nous prendre en main et résoudre nos difficultés supplémentaires» raconte Suzanne Sylvain, celle qui a épaulé son mari depuis plus de 40 ans et travaille encore à la ferme et au marché de Kapuskasing. Loyola Sylvain a perdu l’usage de ses deux jambes, suite à un accident de travail, il y a quelques années.  

    Avant l’accident, la ferme des Sylvain était essentiellement laitière, élevant des vaches holsteins. Aujourd’hui, la ferme est également maraichère. Loyola Sylvain a pu bénéficier de l’aide de sa famille et de sa communauté pour lui permettre de poursuivre le métier qu’il aime. Un système d’ascenseurs et de véhicules permet à M. Sylvain de veiller aux activités de la ferme. Les activités agricoles sont également favorisées par l’aide de plusieurs bénévoles, notamment la participation d’écoliers locaux venant faire des visites d’apprentissage sur les lieux, pour comprendre la culture maraichère. 

    La remise de prix était animée par l’humoriste Boucar Diouf. Ce dernier, océanographe et biologiste de formation, a un lien privilégié avec le monde agricole par l’entremise de son père Sénégalais. «Mon père a toujours élevé des vaches et voilà pourquoi je peux apprécier votre métier d’élevage bovin. Quand j’étais petit, j’allais m’occuper des vaches dans les champs. Elles ont toujours gardé une place importante pour moi. Mon père me rappelait d’ailleurs leur beauté en déclarant parfois que quelqu’un avait de beaux yeux de vache. J’ai toujours eu une grande appréciation pour ce métier et son importance dans la société et l’écologie», a raconté M. Diouf. 

    «C’est pour nous un grand honneur de recevoir ce prix après toutes ces années de travail. C’est très valorisant de voir son travail reconnu en espérant que nous soyons une inspiration pour les Franco-Ontariens», ont déclaré conjointement Loyola et Suzanne Sylvain, en recevant le prix Pierre-Bercier. Les deux agriculteurs ont exprimé de la gratitude à leur communauté de Kapuskasing pour leur support tout au long des années. Ils ont également souhaité la vivacité de la communauté franco-ontarienne et des agriculteurs franco-ontariens partout dans la province pour des générations à venir. 

  • La bulle immobilière atteint la région

    La bulle immobilière atteint la région

    «La région d’Ottawa-Gatineau regroupe environ 50 000 employés du gouvernement fédéral. Avec la hausse du prix des maisons, il n’est pas rare de voir un couple profiter de cette bulle pour vendre leur résidence cossue autour de 800 000$ et venir s’installer à Hawkesbury dans une résidence similaire pour la moitié du prix.» M. Steven Levac explique que la venue du télétravail incite ces fonctionnaires à s’éloigner du lieu physique de leur emploi. «Habituellement, je réalise environ plus de 125 transactions annuellement. L’été dernier, j’avais encore une quarantaine d’inscriptions, mais depuis novembre 2020, le marché s’est emballé. Plusieurs propriétés s’envolent en 48 à 72 heures alors que 5-6 offres arrivent en même temps. Notre inventaire de résidences disponibles est actuellement réduit à son minimum alors qu’une douzaine d’inscriptions figurent sur son site, incluant les terrains et le commercial.» 

    Si la hausse du prix de vente des maisons est profitable aux vendeurs, il devient de plus en plus difficile aux acheteurs de trouver une maison accessible en lien avec leur budget, ce qui attire la sympathie de M. Levac. «N’oublions pas que les vendeurs désirent aussi ensuite s’acheter une autre propriété. Les raisons qui poussent les gens à déménager sont multiples: séparation, nouveau couple, retraite à venir, etc.» 

    Du côté québécois, Guy Sauvé confirme également que la région d’Argenteuil et du grand Lachute est affectée par cet étalement urbain. D’ailleurs, L’APCIQ publiait récemment par communiqué des statistiques impressionnantes au sujet des Hautes-Laurentides, plus particulièrement le secteur Saint-Sauveur, Sainte-Agathe et Tremblant. Une hausse de prix de 40% des propriétés avec une moyenne du prix de vente à 350 000$ occasionne une rareté des résidences secondaires disponibles dans cette région et cela amène des répercussions dans Argenteuil en même temps que la bulle immobilière du grand métropolitain pousse les gens à s’éloigner de Montréal pour accéder à une résidence familiale. M. Sauvé raconte qu’il reçoit depuis quelques mois un nouveau type d’acheteurs. «Plusieurs personnes viennent regarder ce qu’Argenteuil peut offrir, que ce soit les chalets qui sont de plus en plus rares ou les terrains disponibles. Ils s’informent sur les services tels que l’aqueduc, les possibilités au niveau d’une résidence secondaire et même sur la règlementation au sujet du camping!» Par ailleurs, on peut difficilement passer sous silence la rapidité avec laquelle les vendeurs trouvent preneur pour leur domicile. «Nous ouvrons les offres sur une période d’une semaine, et ensuite, nous avisons les clients et leur agent du nombre d’offres et ceux-ci ont l’occasion de finaliser la leur. Cela nous tient fort occupés…» 

    Qui dit hausse de la valeur du parc immobilier, dit également hausse du prix des logements. Cette hausse limite l’accès à la propriété pour plusieurs jeunes familles de la région. «Le prix de vente actuellement surpasse le prix affiché d’environ 10% dans plusieurs cas de figure. La location de maison devient alors une option pour plusieurs jeunes familles. Notons l’exemple de l’entrepreneur KL Mainville : il a acheté plus d’une cinquantaine de maisons depuis quelque temps dans Argenteuil. Il les rénove de fond en comble pour ensuite les offrir en location. Cela profite à tous ceux qui ne peuvent suivre la hausse ou même obtenir le financement à l’achat», nous fait remarquer l’agent immobilier qui termine cette semaine sa longue carrière d’enseignant en histoire à la Polyvalente Lavigne. «L’heure de la retraite a sonné, j’ai adoré ma profession et je peux dire mission accomplie ! Je me consacrerai maintenant à temps plein au domaine immobilier.» 

    Les régions de l’est ontarien et d’Argenteuil ont beaucoup à offrir, on y retrouve un merveilleux amalgame entre la nature et les nombreux services aux citoyens, une communauté ouverte et plusieurs activités récréatives de toutes sortes. L’arrivée de l’autoroute 50 devait maximiser le potentiel de ces régions et la récente crise sanitaire aura au moins eu l’effet positif de revitaliser l’activité immobilière de ces magnifiques régions. Que ce soit l’acquisition d’une résidence le long de la rivière Outaouais, sur le bord d’un lac, dans un nouveau quartier de Hawkesbury ou Lachute, la venue récente d’industries profitera certainement à stimuler et revitaliser l’économie locale. 

    Depuis les années 80 qu’on espère attirer la population urbaine à s’établir chez nous, l’heure est-elle enfin arrivée? 

     

  • La diversité linguistique : un atout, pas une hiérarchie

    La diversité linguistique : un atout, pas une hiérarchie

    Ce panel sur la sécurité linguistique dans la culture et les médias s’inscrit dans une série de quatre évènements organisés par la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF).

    La discussion du 23 mars s’est amorcée par une remarque de la journaliste Martine Laberge, une Franco-Ontarienne de Hearst qui anime aujourd’hui l’émission Le matin du Nord à Radio-Canada : parler de «sécurité linguistique» plutôt que d’insécurité révèle un réel progrès.

    «On a fait du chemin», a-t-elle indiqué en se remémorant que sa façon de parler a été très remarquée à son entrée dans un programme d’études médiatiques, à Ottawa, dans les années 1990.

    Éric Dow, directeur des communications à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et membre du groupe acadien Cy, abonde dans le même sens : les accents de la «minorité audible» sont plus appréciés qu’ils ne l’étaient.

    Il évoque même une plus grande inclusion, du moins en Acadie.

    L’effet Bombardier : des accents mieux acceptés? 

    Est-ce là un effet Bombardier? Les commentaires désobligeants de la chroniqueuse en 2018 auraient-ils contribué à populariser les accents franco-canadiens?

    Les panélistes se sont intéressés à cette hypothèse, mais le phénomène d’acceptation a débuté bien avant que la chroniqueuse ne déclare que les francophones «hors Québec» étaient voués à la disparition.

    Il y a d’abord eu la prise de parole des années 1970, avec entre autres La Sagouine et Moé, j’viens du Nord, ‘stie.

    Puis, plus récemment, les succès de Radio Radio et de Lisa LeBlanc, le terme «tarois» attribué au parler franco-ontarien par la romancière Hélène Koscielniak en 2016, et la FJCF qui se penche sur cette notion de «sécurité linguistique» depuis 2014.

    Mais les puristes comme Denise Bombardier demeurent. «Certaines idéologies restent ancrées, souligne Éric Dow. On dirait que c’est acceptable de valoriser ces variations linguistiques dans un milieu culturel, mais on ne se permet pas encore de le faire dans un contexte officiel.»

    L’artiste-entrepreneur YAO, qui complétait le trio de panélistes, a rappelé à quel point certains ne jurent que par un français standardisé.

    Il a cité en exemple Aya Nakamura, une artiste malienne qui a grandi en banlieue parisienne et qui serait parfois boudée par les organisateurs d’évènements et les radios à cause de son utilisation de l’argot. N’empêche, son clip Doudou compte près 36 millions de visionnements sur YouTube!

    À chaque contexte son langage

    Par cet exemple à l’extérieur du Canada, YAO a voulu rappeler la richesse des lexiques du français dans le monde ; que ce soit en Europe, au Canada ou en Afrique, où l’on compte plus de 60 % des locuteurs du français de la planète.

    Il s’est amusé à partager des perles régionales de la francophonie : divulgâcher (Québec), agender (Suisse), céduler (Acadie), camembérer (Sénégal), cadeauter (Tchad).

    «Je suis pour la standardisation, mais pas pour l’uniformisation», a lancé l’artiste ivoirien d’origine togolaise : le lexique est trop riche pour tenter de le réduire, et permet de comprendre les origines et l’histoire d’un groupe linguistique.

    Savoir utiliser le niveau de langue approprié, selon le contexte, là est la clé, selon les trois invités du panel.

    Éric Dow, musicien originaire de la Baie–Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, valorise le parler régional, mais voit résolument l’utilité d’une langue standard. Selon lui, «on ne parle pas de la même façon au pêcheur au bout du quai que dans un panel national».

    Se donner les moyens de s’entendre 

    La solution pour valoriser et mieux intégrer les régionalismes et la diversité en serait-elle une de proximité? Pour Éric Dow, les médias communautaires et la scène permettent de faire résonner ces particularités régionales.

    Il cite en exemple la radio communautaire CIFA, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, qui est célèbre pour ses publicités qui vendent notamment des «beleuets à 3 piasses la pinte».

    Pour certains auditeurs, «ce sera la seule occasion de s’entendre sur les ondes d’une radio», souligne Éric Dow en ajoutant que ces médias communautaires sont indispensables d’un point de vue linguistique.

    Il reste beaucoup à faire, toutefois, pour que les accents prennent leur place sur les ondes des radios et des télés, au Canada : «Il y a un travail de sécurité à faire pour amener des Franco-Ontariens à trouver leur place dans les médias», relève Martine Laberge, qui avoue avoir longtemps travaillé à standardiser son français nord-ontarien.

    À titre d’animatrice sur les ondes de Radio-Canada, elle se permet des régionalismes colorés, mais assure qu’elle ne l’aurait pas fait comme journaliste et encore moins à l’écrit.

    N’empêche qu’à la sortie du secondaire, elle a choisi le français. Une décision pas banale alors que l’anglophonie, par sa taille imposante, est attirante pour de nombreux jeunes francophones, d’après Éric Dow.

    Celui-ci croit qu’il faut financer le français pour le valoriser : «Sans ce financement qui permet d’inculquer une valeur à la langue française et à la création artistique en français, surtout à un très jeune âge, on perd beaucoup de nos meilleurs talents», déplore-t-il.

    Le financement par projets que l’on voit souvent dans la francophonie en situation minoritaire est dommageable puisqu’il n’entraine aucune pérennisation, souligne YAO. Il demande que le politique suive le communautaire et veille à ce que davantage de financement de fonctionnement soit attribué aux organismes en situation minoritaire, comme cela se fait au Québec.

    «Ce financement doit être structuré pour le long terme. [Les programmes actuels] ne comblent pas les besoins réels», martèle YAO. 

    Par exemple, les subventions de création ne sont pas doublées de fonds de commercialisation. Cela donne aux artistes les moyens de créer un album, mais pas de le commercialiser. «Et cette visibilité est nécessaire», plaide-t-il.

    Une stratégie qui vise l’aplomb

    Ce panel organisé dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) 2021 visait à rappeler l’un des volets de la Stratégie nationale pour la sécurité linguistique lancée il y a un an par la FJCF.

    Son objectif est de «relancer un mouvement positif et des discussions tournées vers le futur», décrit la présidente de l’organisme, Sue Duguay.

    Le panel du 23 mars et les deux précédents sont disponibles sur YouTube. Une quatrième et dernière discussion sur les politiques publiques est prévue le 31 mars et sera diffusée en direct sur la page Facebook de la FJCF et sur sa chaine YouTube.

  • On est 33 millions et on en parle

    On est 33 millions et on en parle

    «Je parle français comme langue choixternelle, parce que c’est pas obligatoire.» C’est par ce néologisme que Sam Craft, musicien et producteur Louisianais, explique comment il vit sa francophonie dans le premier épisode de la série. Celui qui pourrait vivre uniquement en anglais a fait le choix de mener sa vie dans la langue de ses ancêtres.

    Un point de vue qui est partagé par la plupart des participants au balado qui ont tous été confrontés, à un moment ou un autre, au choix de vivre dans une autre langue que le français.

    «On oublie la grammaire s’il vous plaît, cinq minutes, mes amis», enchaine la comédienne acadienne Anika Lirette dans l’épisode intitulé Le besoin de créer en français.

    «Quand on apprend une nouvelle langue, il faut avoir le plaisir de la parler, de se tromper,  d’être tout croche.» Elle précise aussi qu’il est important d’accepter dont on s’exprime en français et d’arrêter d’avoir peur afin d’y prendre plaisir.

    Pour l’animatrice Alexandra Diaz, ces sentiments de plaisir, d’aisance et d’accueil de la diversité des accents dans les francophonies sont de plus en plus répandus et reconnus. Elle observe que la question de l’insécurité linguistique semble devenir de moins en moins importante au fil du temps.

    «On dirait que maitriser une autre langue, même si ce n’est pas parfaitement, c’est merveilleux. C’est un peu aussi gagner à la loterie dans la vie de pouvoir jongler d’une langue à l’autre. […] Je trouve qu’on a évolué dans le temps et que cette question-là devient un peu obsolète», précise l’animatrice.

    Développer un sentiment d’appartenance

    Pour l’autrice et artiste originaire de la Nouvelle-Écosse, Céleste Godin, savoir s’exprimer, expliquer ou raconter en français est utilitaire, mais contribue peu au sentiment d’appartenance pour les personnes qui vivent en milieu minoritaire.

    «Le vrai défi est : est-ce que tu peux conter une blague en français? Est-ce que tu peux rire en français? Est-ce que tu peux exprimer ta vraie peine en français? Est-ce que tu peux te sentir comme toi-même en français? Là, tu as accès à appartenir à quelque chose», précise Céleste Godin dans l’épisode intitulé S’engager dans la francophonie.

    Les participants aux balados expriment tous d’ailleurs ressentir une proximité avec les autres participants, malgré les centaines de kilomètres qui les séparent. «La minorité nous met devant des expériences communes, certains enjeux, précise Alexandra Diaz. Quand on partage quelque chose, on partage les défis et ses beautés et les plaisirs aussi.»

    Faire le pont entre 33 millions de personnes

    Selon le Centre de la francophonie des Amériques (CFA), on compte 33 millions de francophones et francophiles vivant dans les trois Amériques. «C’est spectaculaire comme chiffre», s’exclame Alexandra Diaz qui se dit touchée d’avoir pu participer au projet.

    «Moi je suis une immigrante. J’ai grandi à Sainte-Foy, mais ma langue maternelle c’est l’espagnol. Mes parents, ce sont des immigrants qui étaient des amoureux du français bien parlé, bien maitrisé, respecté et aimé. Mes enfants, même si ce sont des ados qui parlent dans leur dialecte d’ado, maitrisent, aiment et respectent le français. Je trouve qu’on ne peut pas refuser la richesse du pluralisme d’une langue. Je le porte fièrement en moi et je suis contente de pouvoir m’exprimer dans plusieurs langues en étant moi», conclut-elle.

  • Zone rouge attendue la semaine prochaine

    Zone rouge attendue la semaine prochaine

    Cette hausse est plus du double de celle enregistrée la fin de semaine précédente, où 35 nouveaux cas avaient été signalés. Dix-sept des 71 nouveaux cas ont été signalés dans Prescott-Russell, principalement dans la municipalité de Russell. L’augmentation dans le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) était centrée sur Stormont, Dundas et Glengarry, avec 30 nouveaux cas, et Cornwall, avec 24.   

    Le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) comptait 227 cas actifs lundi, la première fois qu’il y a eu plus de 200 cas depuis le 5 février. À ce moment-là, la région était restée en confinement dans le cadre d’un ordre de rester à la maison à l’échelle de la province.  

    Le Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste, a déclaré que la hausse du week-end était liée à un mélange d’épidémies, de grappes et de propagation communautaire. Il a déclaré qu’il recommanderait à la région d’entrer dans la zone rouge plus tard cette semaine.  

    « Malheureusement, je n’ai pas le choix, vous avez vu les chiffres, a-t-il déclaré. À moins que nous n’obtenions une diminution miraculeuse au cours des deux prochains jours [la région passera en zone rouge] » .  

    La province devait annoncer vendredi une décision concernant la place de la région dans le code de couleurs des mesures. 

    Épidémies 

    Un foyer a été signalé à Prescott-Russell, dans l’aile est de l’hôpital général de Hawkesbury et du district. Trois membres du personnel et huit patients ont été testés positifs à des variantes du COVID-19. Aucune école de Prescott-Russell n’était en épidémie, mais un cas d’élève a été signalé à l’école élémentaire Mother Teresa de Russell.   

    Appel à la civilité 

    Le Dr Roumeliotis a demandé aux résidents d’être patients après que le personnel ait été agressé verbalement alors qu’il contactait les personnes testées positives au COVID-19. Lors d’un point de presse lundi après-midi, le Dr Roumeliotis a déclaré que le personnel avait été « engueulé, hurlé et injurié ».  

    « Notre personnel est parfois littéralement en larmes parce qu’on leur a parlé de façon si grossière, on leur a raccroché au nez, a-t-il dit. J’implore les gens… ils essaient de protéger tout le monde en faisant leur travail. S’il vous plaît, soyez plus polis avec notre personnel » .   

    La région 

    Parmi les 227 cas actifs du BSEO lundi, 54 se trouvaient dans les communautés de Prescott-Russell, dont 14 à Russell, 10 à Clarence-Rockland, 9 à Hawkesbury, 8 à Casselman, 6 à Alfred-Plantagenet, 4 à Hawkesbury Est, 2 à Champlain et 1 à La Nation.