Catégorie : Le Carillon (Hawkesbury)

  • Transformer nos sociétés par l’éducation? Un changement s’impose

    Transformer nos sociétés par l’éducation? Un changement s’impose

     C’est avec un esprit totalement imprégné des puissantes paroles écrites de la main de Michelle Obama dans son autobiographie intitulée : Devenir , que je me joins à elle afin de faire un plaidoyer en faveur de la force transformatrice de l’éducation. Pourquoi parler d’éducation aujourd’hui ? Ce n’est que par l’acquisition d’une excellente éducation que l’on puisse se procurer les instruments nécessaires à la construction d’un pont capable de combler l’écart qui existe entre le monde tel qu’il est et celui que nous voudrions qu’il soit. En l’occurrence, c’est en tant que doctorante en droit des changements climatiques, étant moi-même issue d’un milieu défavorisé, mais pleinement habilitée par le pouvoir de l’éducation, que je m’adresse à vous aujourd’hui. Plus particulièrement, c’est en faveur de l’Autonomisation à l’action climatique (Climate Action Empowerment) qui résulte d’une application effective des articles 6 de la Convention-cadre sur les changements climatiques et de l’article 12 de l’Accord de Paris. Ceux-ci traitent tous deux de l’importance capitale d’informer, de former et d’éduquer l’ensemble de la société en favorisant une vaste coopération internationale dans le but d’atténuer les effets dévastateurs engendrés par la crise du climat. Il se trouve que la semaine prochaine, du 17 au 19 mai prochain, se tiendra la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’Éducation au développement durable. Pandémie oblige, cette dernière se tiendra sous forme de conférence virtuelle et sera l’occasion pour les quelque 800 décideurs œuvrant dans le domaine de l’éducation d’attirer l’attention de l’opinion internationale aux défis du développement durable. Ceux-ci incluent particulièrement la crise climatique et sanitaire dans laquelle nous sommes plongés, la perte de biodiversité qui s’accélère continuellement ainsi qu’une panoplie d’autres défis environnementaux qui font désormais partie de notre réalité quotidienne. Cette conférence traitera du rôle crucial de l’éducation au développement durable (EDD) qui est essentielle à l’acquisition des connaissances, des compétences, des attitudes et des valeurs requises pour faire face au marasme climatique dans lequel nous sommes embourbés . Or plusieurs recherches semblent indiquer que bien que le Canada possède un excellent système d’éducation, il n’en demeure pas moins que la très grande majorité de nos enseignants avouent ne pas posséder les connaissances suffisantes à l’enseignement de l’EDD. Ils affirment également ne pas disposer du temps et des ressources nécessaires afin de s’acquitter de cette responsabilité. Des chercheurs canadiens ont révélé que certains manuels présentent les effets du réchauffement climatique comme étant positifs. Il y serait fait mention, entre autres, du fait que le passage du Nord-Ouest s’ouvre à la circulation maritime et que notre capacité à produire certains biens agricoles soit à la hausse. Bien qu’il est possible que cette information soit juste, le problème est qu’elle n’est pas comparée à l’ensemble des effets négatifs qui résultent du réchauffement climatique. La réalité étant que les effets négatifs dépassent de loin les effets positifs. Les chercheurs continuent en nous offrant l’exemple d’outils pédagogiques proposant la lecture d’un texte rédigé par Friends of Science qui a la réputation d’être un organisme climatosceptique. Ils enchainent ensuite en nous indiquant que certains étudiants prennent part à des débats sur les causes possibles des changements climatiques alors que les cours de science devraient se concentrer à enseigner les faits sur lesquels la communauté scientifique s’accorde universellement. L’Autonomisation à l’action climatique cherche à faire circuler l’information et à favoriser l’éducation de tous face à la menace grandissante des changements climatiques. Pour y arriver, il faudra choisir de faire de l’éducation une priorité, au même titre que la nourriture ou les soins de santé. Il faudra suivre les recommandations d’une multitude de rapports qui invitent les pays à bâtir la capacité des enseignants. Plus que tout autre chose, il faudra continuer à développer des programmes qui permettent aux jeunes d’acquérir non seulement une éducation qui leur permette de mettre au point les innovations technologiques nécessaires à la survie de la planète, mais également une éducation capable de modifier leurs modes de pensée, leurs choix et habitudes de consommation. Heureusement, ces havres d’espoir existent. Notons particulièrement que des dix écoles canadiennes du réseau des écoles associées de l’UNESCO ayant participé à un projet pilote qui visait la mise en œuvre d’une approche scolaire globale et des initiatives en action climat, 8 d’entre elles étaient des écoles québécoises. N’oublions surtout pas qu’en tant que parents, nous sommes les premiers éducateurs de nos enfants. Après avoir enseigné plus de 26 ans au sein d’une école primaire, en tant que maman et grand-maman, j’ai été témoin du fait que les enfants apprennent beaucoup plus par la teneur des gestes que nous posons que par les paroles que nous leur adressons. Supportons les changements qui s’imposent dans le secteur de l’éducation aux changements climatiques en vue du développement durable, et ce, de la maternelle à l’Université pour un monde meilleur aujourd’hui et demain! 

     

    Isabelle Lefebvre, LL.M. 

    Doctorante en droit des changements climatiques, Clarence-Creek 

     

  • Certains espaces extérieurs rouvrent leurs portes samedi

    Certains espaces extérieurs rouvrent leurs portes samedi

    Cependant, les écoles devront poursuivre les classes en mode virtuel, et les repas en terrasse et les commerces de détail non essentiels ne devraient pas reprendre avant la mi-juin.

    AN ENGLISH VERSION IS AVAILABLE
    Some outdoor spaces to reopen Saturday

  • La vice-présidente du Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario à la tête de la CCUNESCO

    La vice-présidente du Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario à la tête de la CCUNESCO

    C’est le lundi 17 mai qu’elle est entrée en fonction comme nouvelle secrétaire générale de la Commission canadienne pour l’UNESCO, un acronyme qui signifie Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.  

    C’est pleine d’espoir et d’ambition qu’elle a quitté son pays d’origine le Djibouti en 1994 pour une vie meilleure dans l’Est ontarien. «Dans la Corne de l’Afrique de l’Est, mon pays est entouré de la Somalie et de l’Éthiopie, deux pays où il y a toujours des conflits, explique Roda Muse. Et souvent, Djibouti reçoit plus de réfugiés qu’il n’en faut. Donc j’ai vu l’impact de la guerre. En voyant tout ça, tu finis par développer un appétit pour la paix.»  

    Se disant diplômée et très outillée, pleine d’assurance surtout, elle s’est investie dans la communauté franco-ontarienne dès son arrivée. Elle a travaillé en alphabétisation, en immigration, en santé dans l’Équipe de santé familiale de l’est de l’Ontario. Elle a cofondé la fondation Acacia, une organisation caritative qui encourage l’excellence par le mentorat et l’éducation chez les jeunes francophones des minorités visibles.  

    Roda Muse affirme que durant toute sa carrière, elle a voulu donner une voix aux femmes et aux communautés ethnoculturelles. Elle arrive à la tête de la CCUNESCO à la suite de nombreux états de service dans la communauté franco-ontarienne. En plus d’y avoir enseigné, elle a siégé au conseil d’administration du collège La Cité, au conseil d’administration de l’Hôpital Monfort et comme membre du Consortium du Centre Jules-Léger. Elle est toujours vice-présidente du Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario. Comme conseillère scolaire du CEPEO, elle représente le secteur de Cumberland, à une jetée de pierre des Comtés-Unis de Prescott-Russell.  

    Mme Muse voit un lien entre l’éducation et la réconciliation. «Il faut en apprendre plus sur l’histoire des communautés autochtones. Comme elle dit, il faut que ça fasse partie du curriculum, pour que ça devienne un réflexe.» Une de ses priorités comme secrétaire générale consiste à lutter contre les inégalités.  

    «Je suis extrêmement heureux de la nomination de Roda Muse, déclare Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Avec son bagage, elle amène une expertise vraiment intéressante. Sa nomination se reflète sur toute la communauté franco-ontarienne.» 

     C’est Simon Brault qui a annoncé la nomination de Roda Muse fin avril. Il est directeur du Conseil des Arts du Canada, partenaire de la Commission canadienne pour l’UNESCO depuis 1957. 

     

  • Un prestigieux prix pour le projet d’agriculture communautaire de la MRC

    Un prestigieux prix pour le projet d’agriculture communautaire de la MRC

    Cette distinction découle de l’ensemble des personnes qui ont mis leur fougue, leur talent et leur cœur dans ce projet: partenaires du milieu, membres de la communauté, bénévoles, employés et élus depuis 2013. «La MRC d’Argenteuil est animée d’un sentiment de grande fierté et de gratitude face à cette prestigieuse reconnaissance. Deux membres du personnel de la MRC, Renée-Claude Bergeron et Jonathan Palardy, qui, par leurs connaissances, leur passion et leur persévérance, ont largement contribué à ce succès collectif», a déclaré le préfet de la MRC, Scott Pearce.  

    Rappelons qu’en 2013, la MRC d’Argenteuil faisait l’acquisition d’un terrain de 245 hectares situé en zone agricole, dans la Ville de Brownsburg-Chatham. Autour d’une table en sécurité alimentaire, l’idée émergea d’y développer un projet d’agriculture communautaire de proximité, à caractère social, à la fois novateur et rassembleur, dans le but de bonifier l’offre de denrées fraîches offertes par les services d’aide alimentaire du territoire.  

    Ainsi, depuis l’été 2015, on y récolte une variété de fruits et de légumes de qualité pour près de 2 000 citoyens et citoyennes dans le besoin. Depuis ses tout débuts et avec le précieux support financier des gouvernements du Québec et du Canada, la MRC veille à l’évolution du projet et parvient à optimiser ses techniques, ses infrastructures et son volet social.  

    Le projet primé a retenu l’attention du jury notamment par ses aspects innovants et originaux, ses retombées dans le milieu, son niveau d’optimisation et de mobilisation des ressources ainsi que son potentiel de transfert ou d’adaptabilité. Sortant de son champ traditionnel de compétences, la MRC d’Argenteuil est parvenue à se distinguer par ce projet inclusif qui suscite l’intérêt de nombreuses collectivités à travers le Québec, et ce, depuis quelques années déjà.  

    Plus d’une centaine de tonnes de denrées plus tard, le projet ne cesse de prendre de l’ampleur et voit naître de multiples initiatives, de concert avec les partenaires du milieu. Se renouvelant constamment afin de mieux répondre aux besoins, le projet évolue rapidement et carbure à la créativité du milieu et des opportunités. À titre d’exemple, en 2019, la MRC a aménagé une aire de compostage afin de développer un volet écoresponsable et d’aborder la question du gaspillage.  

    En 2021, un volet de réinsertion et d’employabilité s’est concrétisé avec le Parcours Agroforestier Argenteuil, un programme formateur de travail rémunéré, au terme duquel une cohorte de participants âgés de 30 ans ou moins recevront une attestation reconnue. De plus, une serre a été aménagée aux fins éducatives du programme.  

    Ces initiatives, officiellement démarrées en avril dernier, sont réalisées dans le cadre de l’Entente de contribution Canada-Québec en appui aux jeunes du Québec. La MRC d’Argenteuil était en lice pour ce prestigieux prix aux côtés de la Ville de Repentigny, pour son cadre de référence interne de gestion de la diversité, et la Ville de Montréal, arrondissement de Rosemont – La-Petite-Patrie, pour ses projets participatifs citoyens.  

    Il s’agit d’une quatrième reconnaissance pour le projet d’agriculture communautaire, qui a déjà été récompensé à l’échelle nationale par le Carrefour Action Municipale et Famille (2016), le Réseau québécois des Villes et Villages en santé (2016) et la Fédération québécoise des municipalités (2015).  

    À propos du mérite Ovation municipale Reconnaissance très courue, le mérite Ovation municipale de l’UMQ souligne de façon toute particulière, depuis 2005, le fruit du travail de municipalités, MRC et organisations municipales qui ont mis de l’avant des solutions originales pour répondre de façon optimale aux besoins de leur communauté. Il s’adresse à toutes les municipalités, aux arrondissements et aux MRC, ainsi qu’aux organismes municipaux à but non lucratif du Québec.  

    Au cours des 15 premières années du concours, plus de 900 projets ont été présentés et seulement une centaine d’entre eux ont été primés.  

     

  • Le projet de cimenterie à L’Orignal approuvé

    Le projet de cimenterie à L’Orignal approuvé

    Je suis atterré, mais pas surpris que le Tribunal d’appel de l’aménagement local de l’Ontario (le TAAL) ait approuvé la construction d’une méga cimenterie à L’Orignal. Et ce en dépit du fait que 95% des citoyens dans un rayon de 5 km autour de l’emplacement proposé se soient opposés à l’implantation de cette cimenterie. 

     Le Tribunal a conclu «que les conséquences préjudiciables ont été évitées en ce qui concerne l’eau, le bruit et la circulation.» Vraiment?  Colacem avait de bons vendeurs de rêves. 

     Pourquoi ne suis-je pas surpris de la décision du TAAL? Je partage en entier l’opinion du porte-parole d’Action Champlain, Michael Santella. Selon lui, «Il faut mettre en perspective la raison d’être du TAAL, qui est celle de favoriser l’implantation d’industries dans les milieux ruraux et aussi la Loi sur les ressources en agrégats qui prend le dessus sur les droits des individus et des communautés.» 

    Selon Marc Bataille, le directeur technique de Colacem, «Le projet de cimenterie à L’Original utilisera la plus récente technologie disponible afin de devenir un chef de file de l’industrie.» Re-vraiment? 

    On se souvient comment les promoteurs de McInnis Cement en Gaspésie avaient promis que la mise en œuvre de leur cimenterie dernier cri serait un  chef de file mondial du point de vue environnemental. À peu près les mêmes mots que ceux de M. Bataille. Des gouvernements péquistes et libéraux y ont englouti des sommes colossales, même s’il a été démontré qu’il y avait alors surcapacité de production de ciment au Québec. Peu de temps après l’ouverture, la cimenterie fut vendue à rabais à des intérêts brésiliens, une perte de plus de 450 millions de dollars pour les contribuables québécois. 

    Et cette cimenterie a mérité le titre peu enviable de plus gros pollueurs au Québec, en dépit de ses promesses enrobées de sucre rose bonbon!  Ça s’annonce bien pour la future cimenterie de L’Orignal. 

    Je regrette également que les élues des comtés unis de Prescott et Russell n’aient pas été solidaires à l’unanimité envers les citoyens des environs de L’Orignal, du conseil municipal de Champlain ainsi que du groupe Action Champlain qui se sont vivement opposés à ce projet. Ils ont raté une belle occasion de démontrer un appui essentiel. Mais ils n’ont pas à trop craindre des retombées de la pollution à venir. La plupart des élu.e.s ayant appuyé le projet de cimenterie à L’Orignal vivent bien à l’ouest et au sud-ouest du projet, en amont des vents prédominants du sud-ouest, loin du bruit et de la circulation générés.  

    Personnellement, je suis sidéré que cette usine soit construite sur la terre ancestrale de ma famille Poirier. Trois générations de Poirier y ont vécu. Mon arrière-grand-père, Jean-Baptiste, son fils, mon grand-père, Zéphirin, ainsi que le fils de ce dernier, Philippe, ont cultivé cette terre où j’ai passé de beaux moments dans ma jeunesse. Mon feu père, Lionel, y est né en 1917, dans la maison ancestrale depuis démolie. 

    Mon oncle Philippe dut vendre à regret la terre en 1970, devenue impraticable à cause de la pollution, la poussière qui étouffait les récoltes, le dynamitage qui brisait fenêtres et plâtres, la perte de l’eau souterraine qui assécha le puits, le tout causé par l’implantation de la carrière tout près. Cette même carrière est devenue un immense cratère et elle alimentera la nouvelle cimenterie en calcaire. 

    Oui, des emplois seront créés, les comtés-unis récolteront de beaux impôts fonciers, mais à quel prix? Le dossier Environnement ne vaut pas cher en politique, je peux le confirmer, à titre d’ancien député. Pour trop d’élues, le progrès en environnement n’est bon que pour les beaux discours ronfleurs, un somnifère pour endormir les contribuables. Mais quand vient le temps d’agir, il y en a qui ont un talent fou pour le patinage artistique. 

    Ça me laisse un drôle de goût dans la bouche, près de cinquante ans après l’obtention de mon diplôme universitaire en environnement. 

      

    Jean Poirier 

    Alfred, Ontario 

  • Prolongation de l’ordre de rester à la maison en Ontario

    Prolongation de l’ordre de rester à la maison en Ontario

    La mesure, qui devait prendre fin jeudi prochain, a été prolongée de deux semaines jeudi, car le nombre de cas de COVID-19 et d’admissions en soins intensifs est resté élevé dans la province. Les postes de contrôle frontaliers resteront en place entre l’Ontario et le Québec, y compris les traversées locales de la rivière des Outaouais et la frontière entre l’autoroute 417 et l’autoroute 40. 

    AN ENGLISH VERSION IS AVAILABLE
    Ontario’s stay-at-home order extended

  • En toute authenticité: portrait de Pierre Pagé  

    En toute authenticité: portrait de Pierre Pagé  

    Nous sommes au début des années 60, il se démarque dans un sport qu’il affectionne. Tout au long de ses études, sa carrière de joueur se déroule au niveau élite. Amoureux fou du hockey, il en fera son gagne-pain durant plus de 45 ans. 

    Joint au téléphone en Autriche le jour de son 73e anniversaire, Pierre Pagé accepte de se raconter avec humilité, passion et générosité. 

    À l’été de ses 19 ans, il se taille une place parmi les Marcel Dionne, Pierre Plante et Michel Parizeau des Rangers de Drummondville de la LHJMQ.  Il a le cœur brisé lorsque sa mère décline l’offre du réputé Maurice Filion, alors instructeur de l’équipe. «Mon père ne parlait pas, c’est ma mère qui décidait», se rappelle-t-il. Consciente que son fils devait poursuivre des études, elle accepte la suggestion de la communauté des Clercs de Saint-Viateur qui l’accueille au Collège Bourget de Rigaud. Ayant une pensée pour sa mère récemment décédée, il ajoute: «c’est elle qui avait raison, on le voit bien aujourd’hui.»  

    Il y complètera ses études classiques tout en se révélant une étoile du hockey inter collégial. Lui qui souhaite devenir dentiste se voit refuser l’admission à l’Université McGill et doit réfléchir à une autre option.  Déçu, il retrouve le sourire au moment où lui parvient une invitation à participer au camp d’essai des Maple Leafs de Toronto. Quelques matchs hors concours avec l’équipe ferme (Tulsa, Oklahoma) s’avérant plus ou moins concluants, il décide alors de s’expatrier en Nouvelle-Écosse. Tout en jouant au hockey pour l’Université St-Francis-Xavier d’Antigonish,  il termine un baccalauréat en éducation physique. 

    Recruté par l’université Dalhousie, il enseigne et dirige l’équipe de hockey au cours des années 1970 tout en complétant une maitrise en sport (volet patinage). Désireux de parfaire ses connaissances, il assiste régulièrement aux pratiques des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, de la Ligue américaine et se lie d’amitié avec l’instructeur Al MacNeil.  Nommé à la tête des Flames de Calgary, ce dernier en fait son adjoint en 1980.  

    Instructeur du club-école de 1982 à 1985, il reviendra prêter mainforte au «grand club» où il vivra ses plus beaux moments lors de la finale 1986 de la Coupe Stanley l’opposant aux Canadiens de Montréal, équipe de son enfance. Tour à tour, instructeur au Minnesota, Québec, Calgary et Anaheim, on se rappellera son passage à titre de directeur général des Nordiques.   

    L’histoire retiendra le congédiement de Michel Bergeron, la saga Éric Lindros, le renvoi de John Kordic et surtout l’engueulade avec Mats Sundin dont la presse avait fait ses choux gras. Chagriné quant à la prise de bec avec son joueur vedette, il déplore cependant le rappel constant de la part des médias. Sur un ton plus léger, il avait invité Céline Dion à chanter l’hymne national au Colisée. Malgré une fiche gagnante lors de la saison 1992-93 (47-27-10) donnant une image de succès à l’organisation qui l’avait embauché, il se fait montrer la porte l’année suivante. 

    Quelque peu tombé dans l’oubli après son dernier passage dans la LNH (Anaheim-1998), il connaitra énormément de succès en Europe.  «Que ce soit avec Ambri-Piotta en Suisse, Eisbären Berlin et le EHC Munich en Allemagne, les gens raffolaient du hockey et on m’a toujours fait sentir chez nous», de mentionner M. Pagé, presque nostalgique. Son passage avec le Red Bull de Salzbourg a également été couronné par le championnat de la Ligue d’Autriche et celui d’Europe en 2010 faisant de son équipe, la plus connue internationalement du pays. Revivant le défilé monstre: «on n’avait jamais vécu pareil rassemblement, les gens étaient chaleureux et souriants, la ville n’avait jamais autant vibré.» 

    Nommé directeur de l’Académie de hockey Red Bull en 2014, il avait pour mission d’aider les jeunes joueurs âgés de 14 et 20 ans à s’épanouir et à progresser en vue de graduer avec les équipes Salzbourg et Munich en 1re division. Des réunions régulières avec le milliardaire Dietrich Mateschitz (propriétaire des écuries Red Bull et Toro Rosso en Formule 1 et du club de soccer New York en MLS) lui ont vite fait comprendre le succès que lui avait amené la commercialisation des boissons énergisantes. Des tractations avec des autorités chinoises font également partie du bagage de Pierre dont la devise est: «développer, divertir et gagner». 

    Officieusement retraité depuis 2018, Pierre agit à titre de consultant pour une équipe de la LNH et une d’Europe dont il doit taire les noms suite à des ententes confidentielles. «Disons que mon rôle consiste à donner des recommandations sur certains joueurs ou situations concernant le hockey en général», avance-t-il discret. Profitant de plus de temps libre, il a rédigé un bouquin intitulé: «Comment gagner la Coupe Stanley en 3 ans?» Le livre est terminé, mais il n’a pas, pour le moment, l’intention de le publier. Il aime par contre retravailler certains chapitres par pur plaisir. 

    En plus de s’imprégner de la culture européenne, ces  vingt dernières années lui auront permis de maitriser l’allemand et l’italien. Questionnés sur un retour possible au Canada, lui et son épouse vivent un dilemme. «Donna se sent de plus en plus prête à retourner dans les Maritimes d’où elle est originaire alors qu’il me sera difficile de me priver de la vue quotidienne des Alpes autrichiennes (Wilder Kaiser dans l’état du Tyrol près de Kitzbühel), où je vis présentement.» 

    Pandémie oblige, le couple qui fêtera ses noces d’or l’an prochain n’a pu effectuer son traditionnel voyage au Québec, mais heureusement, sur preuve écrite d’un test négatif à la Covid-19, il a pu rendre visite à leur unique fille, Lauren, avocate vivant à Londres.  

    Tout au long de notre conversation, il répète souvent l’apport reçu de la grande famille Lowe pour qui il travaillait l’été (au comptoir crème glacé).  D’un éclat de rire bien senti: « comme je les côtoyais régulièrement, j’ai appris à connaitre leur  »côté irlandais ».» Plus sérieusement, il ajoute: « plus que le hockey, ils ont suscité chez moi la passion pour l’activité physique et le jeu.» 

    Soucieux de sa forme physique, il s’entraine avec des poids, effectue de longues marches et pratique la randonnée à bicyclette de montagne. Lui qui n’a jamais oublié ses racines conserve de précieuses amitiés à Lachute.  Tout comme celui avec qui il partage le nom de l’aréna lachutois, Kevin Lowe, il s’avère un véritable ambassadeur pour sa ville natale. 

    Pierre Pagé, un gars humble, passionné et généreux certes, authentique, assurément! 

  • Les fleurs, amies des abeilles

    Les fleurs, amies des abeilles

    En déclin depuis quelques années, les abeilles autant domestiques qu’indigènes, qui se nourrissent au quotidien de pas moins de 7000 fleurs et favorisent la pollinisation, sont sensibles du temps passé à fleurir vos espaces. 

    Saviez-vous que pour fabriquer un pot de miel de 500 grammes, les abeilles à miel doivent visiter près de 8 millions de fleurs? 

    Si les fleurs sont vitales pour ces insectes, les pesticides sont leurs pires ennemis.  En campagne, surtout là où on cultive du soya ou du maïs, les pesticides sont omniprésents et vos plantations saines aident à la survie de l’espèce. 

    Idéalement, planter des espèces différentes qui fleurissent tout au cours des saisons, du printemps à l’automne, aide non seulement à embellir vos espaces, mais aussi à leur bonheur. 

    Puisque les pesticides se retrouvent souvent dans les cours d’eau, il est aussi possible de leur fabriquer de petits abreuvoirs naturels composés de petites pierres de rivière (pour éviter qu’elles se noient) et d’eau. 

    Pour en connaitre davantage sur les abeilles et la fabrication du miel, la Famille Macle, qui exploite 7500 ruches, propose un tour guidé de ses installations dès la levée des mesures d’urgence en Ontario.  Intermiel est situé au 10291, rang de la Fresnière à Mirabel. 

     

  • Enjeux difficiles pour les jeunes femmes en milieu rural

    Enjeux difficiles pour les jeunes femmes en milieu rural

    Leadership féminin Prescott-Russell est une organisation sans but lucratif créé par un groupe de femmes des Comtés-Unis pour se pencher sur les enjeux touchant les femmes, des enjeux difficiles à vivre comme femmes francophones en milieu rural, surtout en cette période de pandémie. Les jeunes femmes consultées ont parlé de leur désir de faire une différence dans la société, d’inspirer les autres filles et de transformer le système. 

    Selon Hélène Grandmaitre vice-présidente de LFPR, «il était devenu important d’encourager et de nourrir le leadeurship des femmes dans tout ce qui touche la prise de décision.» Les discussions avec les jeunes femmes font ressortir de nombreux d’éléments. En voici quelques-uns. Il existe des contraintes pour les jeunes femmes à la recherche d’opportunités pour découvrir, développer et exercer leurs compétences de leadeurship. Les ressources et opportunités sont limitées ou peu connues, en plus de ne pas être adaptées à leur réalité rurale et francophone.  

    Lorsque les jeunes filles entament l’adolescence, elles font face à des définitions négatives des habiletés et compétences qu’elles valorisent, que ce soit l’empathie, la justice sociale, le respect, l’écoute et le nonjugement. Et dire que ce sont là des qualités de leadeurship de plus en plus recherchées dans toutes les sphères de la société! 

    L’exposition à des modèles féminins de succès dans divers domaines est essentielle pour développer le sentiment de confiance envers ses propres capacités, ses connaissances et pour viser haut. «Que les jeunes filles sont terriblement intéressées et motivées à devenir des leadeurs, à jouer un rôle dans la société et qu’elles ne trouvent pas les moyens pour développer ces habiletés et de les exercer dans la communauté à cause des enjeux reliés à la ruralité francophone et aux femmes en particulier», a interpelé Hélène Grandmaitre dans ce que les consultations ont révélé.   

    Durant les consultations tenues en février et mars, une participante de Hawkesbury-Est a déclaré que «le leadeurship, c’est important pour nous parce qu’on veut être inspirantes, on veut montrer aux autres que même si on est des filles on peut accomplir tout ce qu’on veut et on veut continuer à s’améliorer nous-mêmes . » Une participante d’Embrun affirme pour sa part que «L’influence des médias sociaux nous amène à beaucoup comparer notre apparence physique à ce que les autres partagent sur leurs comptes, surtout pendant la pandémie, quand on a beaucoup moins de contacts en personne».  

    À la lumière des résultats de cette initiative nommée “Ma Voix, Mon Futur”, le Centre Novas en partenariat avec Leadeurship féminin Prescott-Russell travaillent maintenant à développer pour cet automne des ressources en vue d’appuyer les jeunes femmes franacophones des Comtés-Unis. Les deux organismes ont obtenu pour ce projet un financement de 10 000 dollars du Fonds de soutien communautaire de Centraide de l’Est de l’Ontario, dans le cadre du Fond d’urgence de la COVID 19.  

    Enfin, pour valider davantage la pertinence du projet “Ma Voix, mon futur”, voici quelques statistiques nationales sur les jeunes femmes, selon l’étude canadienne «Always Confidence & Puberty Wave V» publiée en 2017. Près de 42% des filles se sentent paralysées par la peur de l’échec à la puberté ; 69% des filles évitent d’essayer de nouvelles choses pendant la puberté parce qu’elles ont peur d’échouer et 87% ont déclaré avoir envisagé de laisser tomber après un échec vécu à la puberté.  De plus, la moitié des filles (53%) estiment que la société rejette les filles qui échouent. Plus de 8 filles sur 10 attribuent la peur de l’échec chez les filles pendant la puberté à la pression sociale de devoir satisfaire les autres et d’être parfaite et 79% des filles conviennent que les médias sociaux contribuent à la peur de l’échec chez les filles à la puberté. 

     

  • Un plus pour les francophones dans le Recensement 2021

    Un plus pour les francophones dans le Recensement 2021

    Dès la fin du processus du recensement, Statistique Canada pourra appliquer une nouvelle méthode de calcul de la population «susceptible à demander des services au sein ses minorités linguistiques».

    Ces données importantes serviront d’indicateur au gouvernement fédéral pour déterminer l’offre de services aux minorités linguistiques dans leur langue.

    Le français langue seconde pris en compte

    Le nouveau calcul comprendra aussi des données sur la «première langue officielle parlée». Lors du Recensement de 2016, 1 094 000 personnes étaient désignées comme ayant le français comme première langue officielle parlée.

    Pour en arriver à ce nombre, Statistique Canada s’est basé sur les réponses à trois questions du recensement : la connaissance des langues officielles, la langue maternelle et la langue parlée à la maison.

    Auparavant, pour la question de la langue parlée à la maison, seule la langue «la plus souvent» parlée entrait dans le calcul. Cette année, le Secrétariat du Conseil du trésor a adopté un nouveau règlement qui indique que les gens qui ne parlent pas le français le plus souvent à la maison, mais qui le parlent «régulièrement», seront pris en compte.

    «Ça permet de prendre en compte, par exemple, les personnes qui sont allées dans un programme d’immersion en français, mais qui parlent l’anglais de façon majoritaire à la maison», explique Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint, Diversité et statistique socioculturelle, à Statistique Canada.

    «Le français est quand même parlé de façon régulière, mais comme langue secondaire», illustre-t-il.

    Le nombre de personnes désignées par le terme «première langue officielle parlée», selon la méthode habituelle, sera encore présenté dans les tableaux tirés du recensement. La nouvelle méthode de calcul permettra cependant de présenter la population «susceptible de demander des services» en français à l’extérieur du Québec et en anglais au Québec.

    Des hausses d’environ 50%

    Selon Alain Dupuis, directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), ce changement reflètera mieux la réalité linguistique des francophones.

    «On le sait, un francophone n’est pas moins francophone parce qu’il a un conjoint ou une conjointe de langue anglaise ou parce qu’il parle anglais, peut-être majoritairement à la maison. Peut-être qu’il parle français avec ses enfants, qu’il travaille dans un milieu francophone ou qu’il vit une partie de sa vie en français, et que quand il est devant son gouvernement, il veut ses services quand même dans cette langue-là!»

    Des changements d’apparence subtile, mais la différence dans les résultats sera notable d’après les estimations de Statistique Canada. 

    Pour effectuer ces calculs, Statistique Canada a appliqué la nouvelle méthode aux résultats du Recensement de 2016. Avec l’ancienne méthode, le gouvernement fédéral s’est basé sur les résultats de 1 094 000 personnes ayant le français pour langue officielle pour déterminer la demande potentielle de services en français.

    Avec le nouveau calcul, le résultat serait de 1,4 million de personnes, soit 300 000 «demandeurs potentiels» de services en français de plus.

    La province qui gagnera le plus de cette nouvelle méthode de calcul sera Terre-Neuve-et-Labrador, d’après les estimations. En appliquant la nouvelle méthode de calcul aux données de 2016, le nombre de «demandeurs potentiels» a plus que doublé dans la province.

    Les simulations indiquent que la plupart des provinces et territoires pourraient enregistrer des hausses d’autour de 50%.

    Alain Dupuis est heureux de cette avancée, mais souhaiterait que les calculs aillent encore plus loin en comptant tous ceux qui affirment avoir une «connaissance» du français.

    «On aurait souhaité peut-être une définition encore plus large pour désigner des bureaux bilingues du gouvernement fédéral. Nous, on préfère évidemment la connaissance des langues comme facteur, mais le nouveau règlement est quand même un pas très positif qui va permettre à plus de bureaux bilingues de maintenir des services en français. Je pense que le gouvernement actuel a fait un bon travail pour s’assurer qu’on ne recule pas, mais qu’on avance», souligne le directeur général de la FCFA.

    La question des ayants droit

    En termes simples, un ayant droit est un citoyen canadien qui a le droit de faire instruire ses enfants dans la langue de la minorité dans des établissements provinciaux.

    Selon l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, inscrite dans la Constitution, ces droits s’appliquent aux citoyens canadiens:

    a) dont la première langue apprise et encore comprise est celle de la minorité francophone ou anglophone de la province où ils résident,

    b) qui ont reçu leur instruction, au niveau primaire, en français ou en anglais au Canada et qui résident dans une province où la langue dans laquelle ils ont reçu cette instruction est celle de la minorité francophone ou anglophone de la province.

    Le droit de faire instruire ses enfants en français s’applique aux niveaux primaire et secondaire. De plus, si un parent a un enfant qui a reçu son instruction en français ailleurs au Canada, le droit d’étudier en français s’applique à tous ses enfants.

    Mais ce droit n’est pas absolu. Pour avoir accès à une école ou une classe de langue française, ou anglaise au Québec, le nombre d’ayants droit doit «le justifier». Or, c’est là où les nouvelles questions du recensement auront vraisemblablement un impact.

    À lire aussi : Enfin un juste calcul des ayants droit à l’éducation en français

    «C’est majeur! souligne Alain Dupuis. On entrevoit que ça va permettre de justifier qu’il y a plus de demandes et donc qu’il faut des infrastructures suffisamment grandes pour accueillir cette demande-là.»

    Les autorités scolaires au sein des minorités francophones ont vécu ce problème à de multiples reprises : les gouvernements sous-estimaient le nombre d’élèves francophones potentiels et ont construit des écoles trop petites.

    Par exemple, l’École des Grands-Vents, à Saint-Jean de Terre-Neuve, a été construite en 2004 pour recevoir 120 élèves. L’établissement a dépassé sa capacité quelques années plus tard pour atteindre plus de 180 élèves en 2017.

    Les élèves du secondaire de cette école ont alors dû déménager dans une école «temporaire» et ils y sont depuis. Pour l’École des Grands-Vents, le déménagement des élèves du secondaire n’a été une solution que de courte durée, puisque quatre ans plus tard, elle déborde à nouveau d’élèves.

    «Il y a une sous-estimation des francophones dans la province, ce qui fait qu’on n’a jamais eu les infrastructures nécessaires. C’est un problème qui sera peut-être réglé dans [les résultats] du prochain recensement», espère le directeur Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), Gaël Corbineau.

    La participation de tous les Canadiens au recensement est obligatoire. Après une certaine période, Statistique Canada tentera de contacter ceux qui n’ont pas répondu. Une amende peut même être imposée à une personne qui refuse de remplir le questionnaire.