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  • Les municipalités se conforment aux ordres de confinement

    Les municipalités se conforment aux ordres de confinement

    Au Québec, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation indique que les assemblées doivent se tenir à distance jusqu’à nouvel ordre. Les citoyens ne sont plus admis aux rencontres du conseil, mais les enregistrements audios et telévisuelles seront disponibles sur le site Internet des municipalités. 

    De plus, les citoyens n’ont plus accès aux hôtels de ville.   

    Les bibliothèques sont ouvertes au public, certaines sur rendez-vous, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur: la désinfection des mains à l’entrée, le port du couvre-visage et la distanciation physique entre les visiteurs.  Certaines offrent un service de prêt sans contact par téléphone ou par courriel. 

    La piscine de la polyvalente Lavigne est fermée jusqu’à nouvel ordre. 

  • Un hausse raisonnable à Brownsburg-Chatham

    Un hausse raisonnable à Brownsburg-Chatham

    Les élus l’ont voté le 14 décembre dernier lors d’une réunion extraordinaire. En principe ce budget devrait se trouver sur le site de la ville. Il faut croire que la pandémie et le congé des Fêtes ont quelque peu perturbé le bon fonctionnement des services municipaux puisque sur le site, au moment de rédiger cet article, de budget, point.  

    Les chiffres ont été relevé dans le procès-verbal de la réunion du 14 décembre. «Dans un budget municipal, ce qui intéresse avant tout les citoyens, c’est le compte de taxes», affirme le maire M. Kévin Maurice. Il est particulièrement heureux d’annoncer que son conseil est parvenu limiter la hausse de celui-ci à 3%. «C’est un résultat remarquable si on considère alors que le taux d’inflation officiel est de 5,1 %, ajoute M. Maurice. On peut toutefois se demander ce qui justifie cette hausse puisque d’entrée de jeux, on nous annonce une croissance de la richesse immobilière de près de 30 millions due aux nouvelles constructions et rénovations diverses ce qui a entraîné des revenus de taxes de plus de 230 000$. M. Maurice attribue l’augmentation d’environ 10% sur le budget de 2020 aux «dépenses immuables» notamment le service de police, la sécurité publique (les pompiers), les salaires des fonctionnaires et la quote-part de la ville à la MRC.  

    À cette enseigne, le maire soutient que jusqu’à présent, la ville n’a pas tiré le maximum de son appartenance à la MRC. À titre d’exemple, il cite le recours par Brownsburg-Chatham à des services d’ingénierie alors que cela fait partie de l’offre de la MRC. Il se montrera donc très vigilant pour éviter les double-emplois et obtenir le meilleur rapport qualité/prix dans cette réunion des maires.  

    Pour revenir au compte de taxes eu égard au boom immobilier qui a touché non seulement Brownsburg-Chatham, mais toute la région, le maire Maurice signale qu’un ajustement sera fait après que la MRC aura effectué l’évaluation des propriétés due l’année prochaine. Comme cette évaluation sera certainement à la hausse, la municipalité devra procéder à une révision de son taux de base de taxation afin d’empêcher que la facture n’étrangle ses citoyens comme cela s’est produit à Saint-Jovite et à Saint-Faustin lorsque les riches Américains ont découvert l’existence de Tremblant.  

    Les dépenses de fonctionnement de la ville seront donc de 14 274 600$ pour l’année 2022. Ils sont quatre postes à se partager la part du lion: Travaux publics en tête (3 201 000$) suivi par l’Administration générale (1 880 400$), de la Sécurité publique (1 225 900$), de la Sûreté du Québec (1 195 000$). Chose qui en étonnera peut-être certains, on prévoit dépenser 1 350 900$ en Loisirs et culture et si on combine à ce poste celui du Camping et Marina (981 300$), on obtient un total de 2 332 800$.  

    Jusqu’à présent, l’administration a réalisé deux projets rassembleurs qui relève du rayon loisir et culture: le marché d’hiver qui s’est révélé un succès et la transformation des sentiers du camping en patinoire d’agrément. Offert gratuitement à tous pour cette année, on envisage pour l’année prochaine de prendre modèle sur la plage publique, c’est-à-dire de maintenir la gratuité pour les habitants de Brownsburg-Chatham et de fixer un prix d’entrée aux gens de l’extérieur.  

    Quant à l’avenir de La Place du citoyen pour laquelle l’unique soumission a été rejetée par l’ancien conseil en novembre dernier, rien n’est encore envisagé. «Le projet n’est pas mort, dit M. Maurice, mais il revient au conseil de décider de la suite des choses.» Rappelons que le nouveau maire ainsi que la plupart des anciens conseillers étaient favorables au projet lors de sa présentation initiale, mais que des ajouts au plan de départ et la hausse considérable des coûts de la construction, notamment la flambée des prix du bois, ont rendu impossible sa réalisation à l’intérieur d’un budget raisonnable. Pour l’heure, comme le conseil a d’autres chats à fouetter, le projet a été placé sous respirateur: l’avenir nous dira s’il verra le jour.  

    Si on compare le budget de Brownsburg-Chatham à celui des villes voisines, on constate que ses citoyens sont moins durement frappés : Lachute connaît une hausse de taxes de 7,9% et à Saint-André d’Argenteuil, on ajoute 5% et quelques décimales à la facture. Donc « un bout d’jouet » qui devrait permettre aux brownsbourgeois et chathamois de se concentrer davantage sur le taux d’inflation qui lui se révèle beaucoup plus douloureux.  

  • 40 000 nouveaux rendez-vous par semaine

    40 000 nouveaux rendez-vous par semaine

    L’équipe demande aux gens de vérifier souvent la plage horaire sur le site Clic Santé avec la venue de 128 000 nouveaux rendez-vous d’ici mars prochain. De plus, afin de faciliter l’accès à une première dose, les cliniques, dont celle située au Carrefour Argenteuil de Lachute, accepteront toutes les personnes de 5 ans et plus sans rendez-vous.  Ils seront intégrés aux personnes qui viennent chercher leur dose de rappel, selon l’horaire habituel.  

    Depuis l’annonce du gouvernement Legault d’imposer des passeports vaccinaux le 17 janvier prochain à la SAQ et la SQDC, aucune recrudescence de premier rendez-vous n’a été remarquée par les spécialistes lors de la conférence de mardi denier.  C’est 1061 premières doses qui ont été administrées depuis, mais principalement à des enfants de 5 à 11 ans. Selon les infirmières du centre de vaccination à Lachute, hier, plusieurs personnes ont accepté de relever la manche pour une première fois. Elles demandent toutefois d’arriver 30 minutes avant la fermeture. 

    La 3e dose sera accessible à toutes les personnes de 18 ans et plus d’ici vendredi.  Pour le moment, ce sont les 25 ans et plus qui peuvent être inoculés pour une 3e fois. Par contre, selon la Dr Danielle Auger,  médecin-conseil à la Direction de la santé publique, les personnes qui ont été déclarées positives à la COVID-19 après le 20 décembre devraient attendre 3 mois avant de prendre rendez-vous pour une dose supplémentaire. «Ce n’est pas dangereux de le faire maintenant, mais potentiellement inutile. Il est important de laisser les places à ceux qui n’ont pas encore été infectés», note Dr Auger, en indiquant que selon les experts une immunité naturelle agit durant plus de 3 mois après les symptômes COVID-19. 

    Le Réseau de la santé des Laurentides, qui assure que sa campagne de vaccination va bon train, est tout de même en discussion avec le déploiement d’un contingent militaire sur son territoire dans les secteurs les plus névralgiques. La prise de rendez-vous a pour but principal d’éviter des files et des rassemblements. 

    Rappelons qu’un service de navette gratuit est également disponible sur le territoire pour les personnes à mobilité réduite et nécessitant un accompagnement ou n’ayant pas de moyen de transport pour se rendre à un site de vaccination.  Pour y avoir accès, il suffit d’appeler au 1 866 495-5833. 

  • Les milieux de vie touchés par Omicron

    Les milieux de vie touchés par Omicron

     «Grâce à la vaccination, on remarque dans les RPA et les CHSLD que les symptômes sont moins graves et provoquent moins de complications qu’au début, mais on continue d’être vigilant», rassure Jean-Philippe Cotton, président-directeur général adjoint du CISSS des Laurentides. En date du 11 janvier, on comptait 573 résidents testés positifs. 

    Depuis le 5 décembre dernier, début de ce raz-de-marée de personnes infectées, on dénombre dans les Laurentides six décès, des personnes âgées de 73 à 93 ans et qui présentaient toutes des conditions médicales préexistantes. Un seul de ces patients était non vacciné.  

    Dans les 6 hôpitaux des Laurentides, on dénombre 219 hospitalisations régulières et 18 personnes aux soins intensifs. Dr Éric Goyer, directeur de santé publique des Laurentides, réitère le degré de contagiosité du variant et soutient qu’avec les changements de consignes et les tests rapides, il devient difficile de comptabiliser les cas pour connaître le portrait exact de la situation épidémiologique. Du 2 au 8 janvier, alors que les tests PRC sont restreints, on comptait plus ou moins 5700 cas. «Isolez-vous quand vous avez des symptômes», rappelle-t-il. On souligne cependant que 40 à 50 % des hospitalisations COVID sont des découvertes fortuites alors que chaque patient est testé lors de son entrée. «La prise en charge par le personnel demeure plus lourde avec le protocole à respecter», ajoute le médecin, qui maintient que la double vaccination a été un facteur de protection pour plusieurs. 

    Les centres hospitaliers n’ont pas été épargnés avec plus d’une vingtaine d’éclosions, dont le Centre hospitalier d’Argenteuil, autant chez les patients que les employés. L’absence de plus de 700 employés avec des symptômes à la COVID-19 est aussi un facteur déterminant relié au niveau 4 de délestage dans les Laurentides. «Un groupe d’experts analysent les dossiers et espèrent que la vague soit la plus courte possible», ajoute Sylvain Pomerleau, directeur général adjoint au programme santé physique générale et spécialisée, de l’enseignement et de la recherche. Pour le moment, il affirme que c’est une réduction des activités opératoires non urgentes qui sévit. 

  • Report des activités intérieures

    Report des activités intérieures

    À la suite des annonces du 30 décembre dernier, la Ville de Lachute se voit contrainte de reporter le début de la session hivernale à la piscine et des autres activités se déroulant à l’intérieur. 

    Ce report s’applique uniquement aux activités de loisirs se tenant à l’intérieur. Les activités extérieures de cardio plein air débutant le 10 janvier débuteront comme prévu. Notez qu’il reste toujours quelques places et les inscriptions demeurent possibles jusqu’à la fin de la session. 

    Les patinoires extérieures, les sentiers et les glissades demeurent accessibles selon les respects des règles sanitaires. 

  • Lettre ouverte aux ministres provinciaux

    Lettre ouverte aux ministres provinciaux

     Même avant les craintes d’Omicron, ce sont près des deux tiers des PME du Canada qui n’avaient pas vu leurs ventes revenir à des niveaux normaux. Et parmi ce groupe, près d’un quart déclare que leur entreprise pourrait faire faillite dans les six prochains mois. 

     La mise en place d’une aide financière est vitale. Il est possible que vous soyez d’avis qu’avec l’adoption du projet de loi C-2, le gouvernement fédéral a renouvelé le système de subventions au salariale et au loyer qui a aidé des dizaines de milliers d’entreprises à survivre à la pandémie jusqu’à présent. Ceci est cependant inexact. Les nouveaux programmes de soutien fédéraux ont une portée incroyablement limitée. Les données recueillies par la FCEI avant la crise liée au variant Omicron montrent que 80 % des petites entreprises ayant besoin d’aide ne seront pas admissibles. Le Programme de relance pour le tourisme et l’accueil (PRTA)exige une perte de revenu de 40 % pour le mois en cours et pour les 12 derniers mois. De son côté, le Programme de relance pour les entreprises les plus durement touchées (PREDT) exige une perte de revenu de 50 % pour le mois en cours et les 12 derniers mois pour être admissible. Prenons l’exemple suivant : un restaurant dont les revenus ont diminué de 35 % ne recevra aucune aide d’Ottawa et un détaillant dont les revenus ont diminué de 45 % ne recevra aucune aide d’Ottawa. L’aide fédérale en cas d’ordre de confinement qui augmente le montant de la subvention, n’est offerte qu’aux entreprises dont la majeure partie des activités est complètement arrêtée. Les PME dont la capacité d’accueil est limitée à 50 % ne sont pas admissibles au soutien en cas de confinement. 

    La réalité est que des dizaines de milliers de PME à travers le Canada ne recevront aucun soutien des gouvernements alors que les restrictions gouvernementales réduisent considérablement leur capacité à servir les clients et que les avertissements de santé publique font en sorte que de nombreux consommateurs préfèrent rester chez eux.  Nous vous demandons immédiatement de veiller à ce que les discours des responsables de la santé publique n’accentuent pas la peur au sein de la population. Nous vous demandons également de réévaluer toutes les restrictions, nouvelles ou existantes, et de lever les restrictions dès que possible. 

    La crainte Omicron s’est installée. Les consommateurs annulent leurs voyages, leurs événements, leurs réservations et font une fois de plus leurs achats en ligne sur les sites des grands détaillants. Nous vous demandons de veiller à ce que des programmes appropriés de soutien soient mis en place pour aider les PME à survivre. Nous avons besoin de vous pour annoncer immédiatement une nouvelle série de subventions provinciales pour les PME; exhorter le gouvernement fédéral à réinstaurer la subvention salariale et l’aide au loyer au niveau du printemps 2021, c’est-à-dire disponibles pour toutes les entreprises, indépendamment de leur baisse de revenu, jusqu’à un maximum de 75 % de subvention; demander au gouvernement fédéral de modifier les mesures de soutien en cas de confinement afin qu’elles soient accessibles aux PME forcées de réduire considérablement leurs activités ou leur capacité d’accueil; exhorter le gouvernement fédéral à offrir des prêts additionnels via le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) et augmenter à 50 % la portion pouvant être transformée en subvention et demander au gouvernement fédéral d’inclure les nouvelles entreprises lancées après le début de la pandémie dans tous les programmes d’aide. 

    Comme il est essentiel d’agir rapidement, nous vous demandons de faire pression, tant en privé qu’en public, en faveur de ces mesures. La FCEI et Restaurants Canada sont prêts à travailler avec vous dans les jours à venir. 

     Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération, 

    Dan Kelly, président et chef de la direction – FCEI 

    Todd Barclay – Président et chef de la direction – Restaurants Canada 

  • L’été des possibles

    L’été des possibles

    Nous avions même des badges de shérif achetés au Rossy deux étages. Au coin de la rue Barron, nous étions les boss des quatre coins ! Moi, du haut de mes 11 ans, et mon frère, du haut de ses 8 ans, on avait la vie devant nous et, surtout, l’espoir du meilleur à venir! J’étais le propriétaire d’un splendide BMX de marque Cobra, offert par mon parrain. Oui, oui, le fameux Cobra, celui avec des roues rouges, le siège rouge, les poignées du guidon rouges, la styromousse en avant de la barre rouge et les poignées des freins rouges. À ce jour, ce bicycle est le plus beau cadeau que j’ai reçu. J’ai usé ce Cobra jusqu’à la moelle du métal, jusqu’à ce que la rouille soit sa couleur permanente ! Mon frère, la journée que j’ai reçu mon Cobra, a pleuré toutes les larmes de son corps de p’tit gros de 8 ans. Il est allé se promener avec son bicycle au «tire» balloune, avec un siège banane et des poignées Mustang ! Nous étions pauvres, très pauvres. Recevoir ce bicycle, c’était comme si j’étais l’autre bord de la ligne à Disneyworld, et que mon p’tit frère que j’aime plus que la vie elle-même était du mauvais bord de la ligne, à me regarder faire les manèges. Même si on se battait souvent, même si on se tapait dessus tous les jours, j’ai fini par partager mon Walt Disney avec mon p’tit frère, ma seule vraie famille.  

    Voyant mon frère malheureux comme les pierres, malheureux comme j’ai rarement vu, ma mère avait cassé tous les cochons de la maison et même les cochons de l’une de ses sœurs! Je revois encore ma mère arriver à pied à la maison avec le fameux bicycle. Je revois la face de mon frère et la mienne… Mon frère a dans ses mains un RMX! Oui, oui, un RMX, pas un BMX, mais bien un similibicycle deux fois plus pesant que lui! Le sourire de ma mère valait un milliard, que dis-je, tous les milliards que peut posséder Bill Gates! Comme nous sommes des enfants venant d’un milieu ultra pauvre, nous avons souri et donné plein de becs à maman, qui n’y connaît rien. Marco a apprivoisé la bête et, avec le temps, a aimé son RMX gris charbon. 

    Par la suite, nous sommes allés à la recherche du plus gros «jump» jamais réussie de l’histoire. Ce fut notre quête du Saint Graal pour quelques années, jusqu’à la découverte de ces extraterrestres qu’étaient les filles ! Le RMX était le reflet de la famille Beauséjour vivant sur la rue Filion. Il était le symbole de notre vie, de la contrefaçon. Trop pauvres pour avoir du linge de marque, on se promenait en jogging Converted pendant que les autres p’tits morveux du coin se promenaient en Converse ! Nous avions des t-shirts Vuarnet avec le logo imprimé tout croche achetés à l’encan de Lachute, pendant que les p’tits banlieusards se promenaient avec des vrais. À cette époque, j’aurais vendu ma mère pour avoir un vrai Vuarnet.  

    C’était l’euphorie dans les rues de Lachute. C’était soir de tombola dans le comté d’Argenteuil avec, comme point culminant, la soirée de lutte dans le vieil aréna. Oui, oui, les vraies étoiles de la lutte étaient chez nous, celles de la lutte internationale. Nous attendions avec impatience les Dino Bravo, Gino Brito, Édouard Carpentier, Steve Strong, Superstars, King Tonga, Gilles «The Fish» Poisson, Tarzan «La Bottine» Tyler, Les Rougeau, Les Garvin, le gros Mad Dog Lefebvre qui est mort six mois plus tard dans un accident d’auto à Chicoutimi à l’âge de 30 ans et l’inimitable Abdullah «The Butcher », qui était mon idole. Pendant que tout le monde le détestait, moi je l’adorais, car j’étais tanné de le voir perdre contre le presque parfait Rick Martel. Même à cet âge, je n’aimais pas les athlètes parfaits, j’aimais ceux qui tombaient pour mieux se relever. Nous sommes en file pour entrer dans l’aréna et déjà je tremble dans mes culottes courtes de p’tit gars de 11 ans. Ce soir-là, j’avais deux objectifs soit rencontrer M. Carpentier et Abdullah «The Butcher». J’avais un sourire accroché dans la face! Ce soir-là, j’ai probablement été la personne la plus heureuse à l’est de l’Atlantique!  

    Ce soir-là, je suis avec mon oncle. C’est grâce à lui si nous sommes ici. Il y a mon cousin, mon frère et toute la ville de Lachute. La vieille grange est remplie jusqu’au bouchon! Les vieux se sont gardé les places debout, et nous, nous sommes sur le bord de la baie vitrée! L’ambiance est carnavalesque, il ne manque que la femme à barbe et l’homme tronc pour compléter ce joyeux cirque. Je suis assis comme un enfant sage sur le banc et je porte fièrement mon Vuarnet au logo croche! J’ai la bouche gommée de barbe à papa et mon frère aussi, car on se bat contre la même barbe à papa. Nous avons les doigts gommés et nous sommes heureux. Deux p’tits crottés contents de vivre. Des fois, pas souvent, il y a des journées qu’on voudrait éternelles… Moi et mon p’tit frère tout gommés, ça fait partie de mon éternité!  

    Noirceur, silence, boucane et entrée des «Head Hunters» avec leur gérant, contre qui, je me souviens plus! Je me souviens juste de leurs torches de feu dans le noir. Magie dans les yeux d’un p’tit cul de Lachute! La soirée défile à un train d’enfer. Je réussis à parler à M. Édouard Carpentier. Un en deux pour le roi du BMX, il ne reste qu’à rencontrer Abdullah. Quart de final de la soirée, Abdullah contre le pauvre « Kojak » Shelley ! Le combat dure le temps de trois gorgées de notre slush Puppies. The Butcher a matraqué Kojak à coups de chaise pendant que l’arbitre avait le dos tourné. J’étais le seul dans l’aréna à applaudir Abdullah, qui m’a envoyé un signe du pouce, voyant que j’étais le seul debout pour l’encourager à estropier son adversaire ! Mon lutteur, mon mien, a gagné! Je suis presque comblé de bonheur ! Entre la finale et la demi-finale, je vois le gros Abdullah assis dans un coin de l’aréna, et personne ne va le voir bien sûr… Mon frère reste assis avec mon oncle et mon cousin, et moi je cours littéralement vers «The Butcher»!  

    Je cours comme Forrest Gump, comme Ben Johnson, comme Usain Bolt, mais je ne suis pas un Olympien et je plante la face la première ! La gueule en sang sur le béton. Ça pisse le sang comme quand on égorge un cochon! Je m’essuie avec ma manche de Vuarnet… Bof, que je me dis, c’est juste un maudit faux Vuarnet, et je reprends ma course vers mon idole!  

    Le roi du BMX vs Abdullah «The Butcher», nous sommes face à face. Je me sens tout seul dans mes culottes. Je me demande ce que je fais là. Je le trouve encore plus laid à 6 pouces de ma face. Je lui donne mon stylo et ma feuille. Aucun son ne sort de ma bouche, moi qui suis un verbomoteur. Je tremble et tremble encore. Et quand j’ai eu fini de trembler, j’ai recommencé. Il ne parle pas plus que moi.  Il met ma feuille dans sa bouche et la mâche comme de la gomme balloune. Il la mâche sans aucune réaction dans sa grosse face de méchant. Il avale la feuille et a un p’tit sourire en coin. À ce moment précis, j’avais le goût de faire un dégât dans mes culottes. Il met le stylo dans sa bouche et le mâche aussi. Il crache le stylo et sa langue est bleue. Il se lève et quitte. J’ai le goût de pleurer. À quoi je devais m’attendre, c’est quand même le plus méchant des méchants. Je reviens m’assoir en pleurant.  

    Moi: Je n’ai pas de signature ! Et je chigne…   

    Mon Oncle : Pourquoi tu pleures Pat? Tu l’as eu ta signature ! Tu vas t’en souvenir toute ta vie ! Butcher n’est pas fou, il s’est permis de faire ça avec toi, car il a bien vu que tu étais vraiment un de ses fans! Il a joué son rôle juste pour toi à la perfection !  

    Le soir même, mon oncle a pris une bière avec Abdullah à la brasserie et mon oncle lui a parlé de moi. Abdullah lui a demandé s’il en avait trop mis et espérait que son admirateur numéro un à Lachute ne soit pas trop déçu… Mon oncle de lui dire que j’avais été ben impressionné, et que dans les estrades, le monde riait de me voir faire les gros yeux!  

    Trente-trois ans plus tard, je me souviens encore de cette rencontre, et trente-trois ans plus tard, je suis toujours le plus grand admirateur d’Abdullah «The Butcher». Merci encore pour l’autographe imprégné dans mon cerveau!  

  • Fermeture des visites dans les hôpitaux

    Fermeture des visites dans les hôpitaux

    Un seul proche aidant, par jour, sera autorisé pour visiter une personne hospitalisée. L’établissement accompagnera le proche aidant dans l’intégration et dans la compréhension des mesures de prévention et de contrôle des infections. Cette mesure temporaire émane d’une dérogation des directives ministérielles obtenue par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Elle vise à limiter la circulation du virus dans les hôpitaux ciblés et ainsi protéger les usagers et le personnel qui s’efforce de donner quotidiennement des soins de qualité et sécuritaires. Des mesures d’exception peuvent s’appliquer dans certaines circonstances notamment pour l’accès aux unités de naissance et en soins palliatifs. Le CISSS des Laurentides remercie la population de sa compréhension et de sa collaboration habituelle.  

  • Un album jeunesse par une auteure d’ici

    Un album jeunesse par une auteure d’ici

    Le personnage transporte ses lecteurs dans la vie de gens d’ailleurs, plus particulièrement dans le mode de vie de la Tunisie, ce pays d’Afrique du Nord. Rhama le secret du désert est humoristique, ludique et informatif, alors que le personnage principal vit des aventures en visitant, entre autres, des sites historiques. On y découvre des traditions, des croyances et l’identité culturelle propre aux habitants de ce pays en nous plongeant dans des connaissances sur le désert et la découverte de trésors de ce pays.  Le texte est illustré par des dessins faits à la main. 

    Le 1er livre de Claire Durocher, intitulé Ludovik dompteur de tigres, racontait des traditions du Népal. La série se veut comme un carnet de notes historiques sous forme de petites histoires afin d’éveiller une réflexion sur les différences culturelles en tant qu’enjeu social. 

     

  • Une histoire comme dans les films

    Une histoire comme dans les films

    Leidy Mayerly Choconta Aranguren suit des cours de natation dans une école dirigée par Dary Castro Parrado. Leidy est fiancée, Dary célibataire. Les deux femmes se lient d’amitié. Après ses études, Leidy devient professeure dans l’entreprise de Dary. Ensemble, elles mettent sur pied un programme de cours pour les enfants défavorisés. À Bogota, ce n’est pas ça qui manque.  

    Mais voilà que leur amitié prend une tournure que ni l’une ni l’autre n’avait prévue et qui leur cause un profond tourment. Homosexuelles? Quand on vient d’une bonne famille catholique, on sait que c’est péché. Certes, l’homosexualité n’est plus illégale à Bogota depuis 1981, mais les mentalités changent moins vite que les lois. Les deux femmes sont déchirées entre l’inclination qu’elles se découvrent et l’opprobre dont elles vont faire l’objet. Néanmoins, exit le fiancé.    

    Lorsque Madame Choconta apprend que sa fille a des relations avec Dary (qui est en plus sa grande amie), c’est le drame. La vie va devenir impossible. La mère balance entre colère et bienveillance refusant aujourd’hui ce qu’elle a accepté hier. Bref, l’enfer. La sœur de Leidy ira même jusqu’à menacer Dary avec un couteau. Alors, Leidy choisit d’aller vivre ailleurs, chez une cousine. De son côté, Dary reçoit des appels de menaces. Elle finit par fermer son entreprise sous la pression de certains parents qui craignent pour le bien-être moral de leurs enfants  

    En 2011, Leidy et Dary décident de cohabiter, mais discrètement. Leur logement comportera deux chambres à coucher avec deux penderies. Pour le commun des mortels elles ne sont que des colocs, sans plus. Elles se trouvent du travail dans une autre école comme profs d’éducation physique.   

    La poussière retombe. La sœur de Leidy présente ses excuses à Dary et sa mère finit par se faire une raison. Seuls les parents de Dary vivent dans le déni. Ils croient que leur fille partage un appartement avec une amie comme bien d’autres femmes. «Je pense qu’ils savent, dit Dary, mais ils ne veulent pas savoir.»  

    En 2018 se produit un événement qui bouscule la vie des deux femmes. Suite à une dénonciation Dary reçoit des menaces de mort. Puis, un jour en rentrant à l’école, une voiture s’approche d’elle et quelqu’un tire du pistolet dans sa direction. Dary est indemne. Intimidation? Attentat raté? Qui sait. A Bogota, ce genre d’événement n’émeut pas grand monde, surtout pas la police (en 2020, la communauté LGBTQ+ a subi 83 meurtres en 8 mois). Dary craint pour sa vie et décide de partir, mais Leidy ne sera pas du voyage. Sa mère est atteinte d’un cancer et a besoin d’aide.   

    Arrivée à Fort Lauderdale, Dary rencontre des Canadiens qui lui tracent un portrait séduisant de la vie au Canada, en particulier au Québec. Conquise, elle monte sans tarder vers le nord, emprunte le Chemin Roxham et demande le statut de réfugiée. Elle se rend à Montréal au refuge Royal Victoria, puis trouve un job et un logement. En principe, Leidy devrait la rejoindre sous peu.   

    Mais, les histoires d’amour sont toujours truffées d’obstacles. La maman de Leidy meurt et sa sœur, elle aussi atteinte d’un cancer, doit suivre une chimiothérapie qui doit durer plus d’un an. Cerise amère sur ce gâteau empoisonné, le père de Leidy disparu depuis longtemps surgit tout à coup dans sa vie; il est malade et a besoin de soutien.   

    À Montréal, on est découragé. À Bogota, c’est la grosse déprime. À bout de souffle et de force, Leidy décide de rompre. Mais Dary ne veut rien entendre. S’il faut attendre, elle attendra.   

    Le temps passe. Puis, l’embâcle se défait. Les obstacles s’effacent et Leidy peut partir. Elle suit les traces de Dary et à son tour demande l’asile au Canada. Les deux femmes se retrouvent enfin. C’est la joie. Leidy est embauchée par la même société que sa compagne, Idéal, un fabricant de vêtements qui emploie beaucoup de latinos. On respire.  

    Il y a toutefois un hic. Après l’agitation des dernières années, Leidy et Dary aspirent à une vie tranquille. Elles visitent les banlieues nord et sud et aboutissent au COFFRET à Saint-Jérôme qui les réfère au Centre pour l’immigration en région (CIR). Le directeur, Gabriel Garcia, les prend en charge; il leur présente Argenteuil, les informe quant aux possibilités d’emploi et de logement. Les femmes sont séduites. Le constructeur d’armoires de cuisine haut de gamme Luxor collection les embauche toutes les deux. Elles trouvent un appartement à Grenville.   

    C’est là qu’elles attendent maintenant des nouvelles de leur demande d’asile. Pour la première fois depuis une éternité, elles ont l’impression de vivre sans stress. Elles apprennent le français et, malgré la pandémie, se sentent parfaitement à leur aise dans leur nouvel environnement. Une ombre au tableau; elles s’ennuient de leur famille qu’elles ne désespèrent toutefois pas de la revoir un jour… quelque part entre Montréal et Bogota.