Catégorie : Autres – Others

  • Weekend arrival for truckers protest convoy

    Weekend arrival for truckers protest convoy

    “It’s all about the mandate,” said Martin Despatis, an independent truck owner/operator from St-Jérôme, Québec. “This (rally) is so important for the country.” 

    The placard on the front of Despatis’ truck that stated “The trucker convoy is not anti-vaccination. It is anti-government mandates.” He agrees that the focus of the rally, is to protest the current federal policies for vaccination against COVID-19. The trucker convoy protest began in response to the latest federal policy that took effect January 15 and affects cross-border truckers like him. 

    All truckers, whether working for a company or independent owner-operators, must have full vaccination against COVID-19. If not, they face a mandatory two-week quarantine and molecular testing for the virus before they can cross into Canada from the U.S. The trucker convoy protest has since expanded its focus to cover other federal policies dealing with COVID-19. 

    Despatis estimates the cost to him for taking part in the rally Saturday instead of on the road on a job is at least a couple thousand dollars, in both revenue and expense. But he said it is worth it if it helps to get the federal government to rethink how its vaccination policy affects business. 

    “Canada needs to work,” he said. 

    Canada Unity, the non-government political group that organized the event, which it called the Freedom Convoy, invited other preople through its Facebook page to join the convoy along the way. Cheyenne Raynard, a diary farmer in Vankleek Hill, accepted the invitation. He planned to drive alongside the big trucks as far as the Casselman turnoff from Highway 417 and then head back home because “I have to tend to my cows” he said. 

    “I’m fine with them (government) encouraging vaccination,” Raynard said, during a phone interview, but added that he thinks the federal vaccine mandates now “unfairly target” people who are not vaccinated. “I think if you want to get vaccinated, get vaccinated, but don’t be afraid of people who are unvaccinated.” 

    Between 10:30 and 11 a.m., both the truckers gathered at Herb’s Truck Stop, and their supporters driving personal vehicles, began making their way onto the highway under the direction of OPP traffic control officers. They headed off to Ottawa, passing by crowds of spectators waving flats and cheering. 

    Rally participants spent the day in Ottawa as planned but many remained on Parliament Hill and spread throughout the city on Sunday and Monday. Canada Unity announced through social media plans to have some participants relocate to various city shopping malls for mini-rallies during the week. The rally has now received criticism for the behaviour of some participants for trespass and vandalism at the Canadian War Memorial and the Terry Fox Mermorial. Concerns have been expressed through mainstream media and social media that political extremists are also trying to use the rally to promote their own agendas and philosphies. 

    The Canadian Trucking Alliance (CTA) released a statement, expressing disapproval of the actions of the convoy organizers and saying that its members should hold their own organized protest. The CTA represents Canadian truckers, both independent owner-operators and those working for freight companies, and industry suppliers. The group stated that vaccination rates among Canadian truckers are similar to the general public. 

    The federal government has stated that it will not change its cross-border vaccination policy. The U.S. government also has a similar policy in place requiring proof of vaccination for cross-border trucking. 

    A GoFundMe campaign, organized by Tamara Lich of Medicine Hat, Alberta, to raise money for the convoy campaign now totals about $8 million. GoFundMe froze access to the fund temporarily because Lich and others involved with the fundraiser had not provided specific details of how the money would be used. Last week GoFundMe allowed release of $1 million from the fund, and organizers of the fundraising say the money will first go to cover the gasoline, food, and other expenses of truckers who took part in the convoy rally, and the rest of money will go to a “veterans group” chosen by donors to the fund. 

  • Un mégaprojet de fibre optique souhaite connecter les collectivités de l’Arctique

    Un mégaprojet de fibre optique souhaite connecter les collectivités de l’Arctique

    Le plan de financement de ce projet n’est pas encore terminé et Far North Digital tient des pourparlers avec diverses institutions gouvernementales canadiennes. Selon l’organisme, il faut assurer la viabilité du projet avant d’entamer des discussions avec les collectivités inuites qui bénéficieront d’une amélioration de leur accès à Internet.

    «Ce projet est bien avancé en termes de préparation, mais je pense qu’avant de prendre contact avec les collectivités, il est important que nous ayons un projet en marche avant de commencer à créer des attentes au sein de ces collectivités», indique le président de Far North, Ethan Berkowitz.

    Plusieurs collectivités du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest se trouvant le long du passage du Nord-Ouest pourraient directement en profiter, même si aucun nom de localité n’a encore officiellement été annoncé.

    Dans l’Arctique canadien, l’accès à Internet est couteux et souvent défaillant à cause du manque d’infrastructure. Comme l’indique la Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI) dans son rapport d’octobre 2020, le Nunavut est le seul endroit au Canada à n’avoir qu’une connexion à Internet par satellite. Plus lente et peu fiable, une telle connexion ne permet pas un accès à haut débit.

    La nécessité d’avoir l’accord des collectivités

    À l’heure actuelle, personne n’a encore communiqué avec la NTI, même si l’organisme est au courant des grandes lignes du projet. Elle s’attend cependant à en devenir partenaire.

    «Si le projet va de l’avant et que son incidence sur les communautés et l’environnement du Nunavut est bien comprise, nous nous attendons à ce qu’une démarche de consultation formelle ait lieu, précise la directrice adjointe, Karen Flaherty. Aucun projet ou chantier majeur ne peut avoir lieu sur nos terres sans consultation ni approbation des Inuits et [sans le respect du] processus d’approbation règlementaire au Nunavut.»

    L’infrastructure des télécommunications au Nunavut présente d’importantes lacunes par rapport à celle du reste du Canada. La NTI estime que tout projet qui reliera les collectivités du territoire au reste du monde par fibre optique contribuera à pallier ces lacunes dans les services.

    «Les Inuits du Nunavut font preuve de leadeurship en définissant eux-mêmes quels sont les projets d’infrastructure prioritaires. Nous sommes prêts à investir dans des projets viables, selon nos propres conditions», indique Mme Flaherty.

    Le projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique de Kivalliq est un exemple d’initiative menée par les Inuits. Toujours en cours d’évaluation environnementale et technique, ce projet, dirigé par l’association inuite de Kivalliq, mettra en place l’infrastructure nécessaire à un approvisionnement en électricité ainsi qu’à une connexion Interne haut débit pour cinq collectivités de la région de Kivalliq, au nord-est de la baie d’Hudson.

    Renforcer la souveraineté

    Selon la NTI, l’amélioration de l’infrastructure de l’information servira à accroitre la souveraineté des Inuits sur leur territoire. C’est aussi l’avis de M. Berkowitz, pour qui la fibre optique aidera non seulement le «Canada à bénéficier d’une plus grande souveraineté en Arctique, à un niveau national, mais permettra aussi aux collectivités d’être plus résilientes».

    L’accès à Internet à haute vitesse élargira aussi les possibilités de formation universitaire et d’accès à de l’information, ce qui contribuera à améliorer l’équité au sein de la société canadienne.

  • La brasserie d’Embrun en danger

    La brasserie d’Embrun en danger

    Depuis cinq ans, la brasserie Etienne Brûlé brasse une bière de qualité à partir d’ingrédients locaux, dans un bâtiment appartenant à la municipalité sur la rue Notre Dame. Malheureusement, le bâtiment est mis en vente au prix de 925 000$, et le propriétaire Richard Ménard ne peut garantir l’avenir de son entreprise si la vente a lieu. Il n’a pas les moyens de payer le prix demandé et il n’y a aucune garantie que le futur propriétaire lui permette de rester. 

    Selon M. Ménard, un accord avait été conclu entre lui et le canton en 2021, mais le canton est revenu sur sa décision en raison de l’augmentation considérable de la valeur de la propriété. M. Ménard n’a pas été en mesure d’obtenir un financement au prix actuel. Le canton dit le contraire, affirmant qu’aucune offre d’achat officielle n’a été faite entre le canton et M. Ménard. 

    « Il n’y a jamais eu d’offre officielle d’achat et de vente reçue du locataire ou proposée par le canton à la considération du conseil », selon Megan Beehler, coordinatrice des communications pour le canton de Russell. « Certaines discussions ont eu lieu avec le personnel en 2020, mais la distance entre la juste valeur marchande (même avant les poussées pré-pandémiques) et les suggestions du locataire sur un prix de vente potentiel était vaste. » 

    M. Ménard dit qu’il aura besoin d’au moins trois mois pour trouver un nouvel emplacement et le préparer pour les affaires, ajoutant que toute rénovation lui coûtera pas mal d’argent. Selon la distance qu’il devra parcourir pour déménager, il devra peut-être embaucher de nouveaux employés, ce qui laissera sans emploi les 35 employés à temps partiel et à temps plein qui y travaillent. 

    La municipalité n’a pas été en mesure de commenter l’intérêt que le bâtiment a suscité sur le marché de l’immobilier, mais elle a publié une déclaration à son sujet. 

    «… le personnel du canton discute de bonne foi avec le locataire depuis le début de 2020 des différents scénarios qui pourraient se produire à la fin du bail du 31 décembre 2020; ce n’est pas nouveau», a déclaré le maire du canton de Russell, Pierre Leroux, dans le communiqué. « Même si le bail a pris fin, le canton a maintenu le taux actuel nettement inférieur au taux du marché locatif et a accepté le problème persistant des paiements de loyer manqués dans l’espoir de trouver une solution.» 

    «Dans notre budget 2022, la vente de cette propriété permettra de réduire considérablement les coûts de financement de la réhabilitation d’un pont municipal; sans ces fonds, cela aurait nécessité une augmentation d’impôt. Nous sommes toujours prêts à travailler avec le locataire pour trouver une solution bénéfique pour les deux parties; toutefois, le conseil a une responsabilité envers toutes les entreprises et tous les résidents, et pas seulement envers une seule.» 

  • Fatal snowmobile crash in Limoges

    Fatal snowmobile crash in Limoges

    At approximately 3:30 p.m. on January 22, emergency services responded to a report of a single snowmobile collision on a trail east of Des Bénévoles Street in Limoges. OPP, paramedics, and The Nation Township Fire Department responded to the call, but 51-year-old Richard McLean of Kemptville was pronounced dead at the scene. 

    A post-mortem examination has been ordered by the Office of the Chief Coroner, and the OPP continues to investigate with assistance from an OPP Technical Collision Investigator and Collision Reconstructionist. 

    No further information will be released. 

  • Repenser une société juste pour les personnes handicapées ou malades

    Repenser une société juste pour les personnes handicapées ou malades

    L’Encyclopédie canadienne définit l’eugénisme comme «un ensemble de croyances et de pratiques visant à améliorer la population humaine en contrôlant la reproduction».

    Ce mouvement prône la discrimination contre les personnes handicapées et malades, et le fait de limiter qui aurait le droit d’avoir des enfants. Selon l’épidémiologiste et chercheur à l’Université libre de Bruxelles Marius Gilbert, l’eugénisme va même jusqu’à suggérer, dans certains cas, de tolérer ou d’accepter l’impact d’une maladie sur ces personnes, ou même leur mort. Il consiste en d’autres cas à mettre en place des mesures et des politiques qui les mettent en danger.

    Sous tous ses aspects, l’eugénisme sacrifie les personnes handicapées et malades, et tente de présenter ces sacrifices comme justifiés et inévitables.

    On retrouve parallèlement le capacitisme (ou validisme), «une forme de discrimination, de préjugé ou de parti pris systémique à l’encontre des personnes handicapées». Combinée à l’eugénisme, cette forme d’oppression permet au reste de la population d’oublier ce qu’est devenue la vie des personnes handicapées et malades pendant la pandémie.

    Ces attitudes et les politiques qui en découlent en temps de pandémie rejoignent celles que l’on comprend habituellement comme eugénistes. Pensons à la stérilisation forcée qui continue d’être employée sur les femmes autochtones ou encore au choix, de moins en moins hypothétique, de certaines caractéristiques physiologiques d’un enfant tôt après la conception, sans parler des avortements sexosélectifs.

    Si la réaction eugéniste à la pandémie ne semble pas aussi troublante ou spectaculaire que ces derniers cas, c’est que nous avons l’habitude des discours et politiques capacitistes.

    Puisque le capacitisme et l’eugénisme sont rarement des sujets de discussion en public, nos préjugés, nos attitudes et nos actions sont rarement critiqués. Nous devons donc apprendre à reconnaitre ces discours et politiques, ainsi nos actions qui les renforcent.

    On efface pour avoir moins peur

    Cette acceptation de sacrifier les plus vulnérables est palpable dans les discours sur la pandémie. Elle est présente dans nos manières quotidiennes de faire face à la menace et de minimiser le danger afin de mieux l’oublier et de mieux fonctionner.

    À titre d’exemple, au début janvier, la directrice des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis, Rochelle Walensky, a affirmé qu’elle trouvait encourageant que plus de 75% des personnes décédées de la COVID-19 présentent plusieurs comorbidités.

    Autrement dit, ce sont surtout des gens malades et vulnérables qui en meurent. Est-ce encourageant que ces personnes meurent? Ou est-ce seulement acceptable? Pensons-y!

    Un autre exemple : en septembre 2021, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, parlait d’une «pandémie de non-vaccinés».

    Rappelons-nous que les «non-vaccinés» ne sont pas tous antivaccins, mais qu’il y a aussi des personnes immunovulnérables qui ne peuvent pas toutes se faire vacciner ou recevoir le même bénéfice du vaccin.

    On oublie que même avec le vaccin, un changement de médicaments pourrait être nécessaire pour mieux combattre le virus, ce qui risque de mener à d’autres problèmes de santé.

    Encore un exemple, peut-être moins direct, mais non moins réel : on justifie le fait de garder les écoles ouvertes en citant la santé mentale des enfants, mais on passe alors sous silence le manque de services de santé mentale pour les enfants qui remonte à bien avant la pandémie.

    Par ailleurs, on ne tente pas de mitiger l’effet d’une conscience du danger sur les enfants déjà aux prises avec des troubles d’anxiété et de dépression, et qui s’exposent au contact des autres dans des salles mal ventilées.

    Puisqu’il s’agit de préserver leur santé, où sont les services de santé mentale qui pourront sauver les vies d’enfants et de jeunes et leur permettre de participer pleinement à l’école et dans le reste de leur communauté et société?

    Un dernier exemple: on attend que les hôpitaux soient engorgés et ne soient plus dédiés qu’aux patients atteints de la COVID-19 avant de mettre en place des mesures qui pourront véritablement changer le cours de la propagation du virus. Ainsi les consultations, les tests de dépistage et les suivis, sans parler des opérations – tout est suspendu.

    Or, beaucoup de personnes handicapées ou malades ont besoin de soins réguliers et en sont ainsi privées, sans compter qu’il était déjà difficile d’obtenir ces soins avant la pandémie étant donné le sous-financement des systèmes de santé au Canada.

    Le danger des probabilités

    En temps de pandémie, il est normal et sans doute inévitable de chercher à se rassurer. Le nombre de personnes qui souffriront des séquelles de la COVID-19 sera peut-être relativement petit, surtout parmi les personnes vaccinées. On se le rappelle souvent.

    Mais ignorer les petits nombres, c’est oublier qu’ils ne sont petits qu’en relation à l’ensemble de la population. Se rassurer de ce nombre, c’est accepter de laisser souffrir ou mourir.

    Se rassurer en se disant que le pire sera évité si on n’a pas de «comorbidités», c’est mettre en pratique l’idée que les vies de personnes malades ne valent pas la peine d’être vécues. C’est se le répéter sans cesse, au point d’en venir à le croire, et c’est le leur répéter sans cesse.

    Se limiter aux seuls cas de COVID-19, c’est aussi oublier tous les soins qui ne sont plus ou rarement prodigués pour les autres maladies et conditions. Les personnes handicapées et malades ont les mêmes droits que le reste de la population. Pourtant, les politiques et attitudes actuelles les empêchent souvent de les faire valoir.

    Les discussions publiques mentionnent rarement les personnes handicapées et les dirigeant·es tendent à ne pas écouter leurs demandes ou même les recommandations des organismes chargés de les protéger.

    Cette ignorance décidée encourage le capacitisme et l’eugénisme qui sont exacerbés par la pandémie.

    Nombre de personnes handicapées et malades ont déjà fait valoir le besoin de protections supplémentaires et de mesures qui leur permettraient de vivre sans s’isoler complètement. Les attitudes et politiques eugénistes les forcent soit à s’exposer à un risque beaucoup plus grand que le reste de la population, soit à se retirer presque entièrement de la vie sociale, ce qui n’est souvent pas possible pour des raisons affectives ou économiques, considérant que les personnes handicapées et malades se trouvent souvent dans des situations économiques précaires.

    Il reste donc à les écouter. La situation de pandémie pourrait être l’occasion de repenser ce qu’est une société juste pour les personnes handicapées ou malades, que leur condition soit chronique ou passagère.

    Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).

  • Les traces mentales de la pandémie

    Les traces mentales de la pandémie

    «Pratiquement toutes les instances dans notre société ont cerné, à un moment ou à un autre, la santé mentale comme étant un enjeu dans la pandémie», affirme Geneviève Fecteau, directrice générale de la Division du Québec et de la Filiale de Montréal de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM).  

    «Je ne saurais vous dire si le tabou s’est estompé, mais ce que je peux affirmer, selon des observations, c’est que la santé mentale est davantage discutée et mentionnée. Elle est sur les lèvres de gens qui, d’habitude, n’en parlent pas», explique-t-elle.

    Selon une étude menée conjointement par l’ACSM et l’Université de la Colombie-Britannique, 41% de la population canadienne a observé un déclin de sa santé mentale dans la première année de la pandémie. Les personnes les plus touchées sont celles qui se sont retrouvées au chômage en raison de la pandémie, les celles avec un trouble de santé mentale préexistant à la pandémie, les adultes les plus jeunes, les personnes en situation de handicap, les personnes LGBTQ2+ et les étudiants.

    En tout, 79% des Canadiens ont indiqué s’adapter à la pandémie et au stress qu’elle impose. Pour cela, ils ont développé plusieurs stratégies :

    Stratégie mise en place

    Pourcentage de répondants

    Augmentation du temps d’écran

    57%

    Marche ou activité physique à l’extérieur

    51%

    Communications virtuelles avec la famille ou les amis

    43%

    Maintien de saines habitudes de vie (équilibre, sommeil, alimentation, etc.)

    40%

    Source: Résumé des conclusions: Les conséquences de la COVID-19 sur la santé mentale (ACSM)

    «Beaucoup de personnes ne pensaient pas être concernées»

    «On a remarqué qu’il y a une augmentation au niveau des symptômes d’anxiété et de dépression», précise Geneviève Fecteau.

    «Il est certain que l’on ne peut pas l’attribuer à 100% à la pandémie. Il y a des gens qui avaient des fragilités avant la pandémie, dont les problèmes ont été exacerbés. Ce que nous pouvons remarquer par contre, c’est qu’il y a beaucoup de personnes qui n’avaient jamais expérimenté un trouble de santé mentale, ou du moins une inquiétude au niveau de sa santé mentale avant la pandémie. Cela est très significatif, car beaucoup de personnes ne pensaient pas être concernées.»

    Elle note aussi une tendance chez les gens à être plus ouverts quant à leur état de santé mentale, mais que tous n’en sont pas au point de demander de l’aide. «Je trouve que l’augmentation de demandes d’aide n’est peut-être pas proportionnelle à l’augmentation des besoins. C’est là où on devrait porter notre attention.»

    Ce à quoi Anne Gadermann, coresponsable de la recherche et professeure à l’École de santé publique de l’Université de Colombie-Britannique (SPPH), apporte une mesure d’autoévaluation des besoins. «Si des émotions comme l’inquiétude, la colère, la tristesse ou le désespoir vous submergent et persistent sur une longue période, il est temps d’aller chercher de l’aide.»

    Des situations précédentes qui indiquent des tendances à long terme

    Danielle Maltais, professeure au Département des sciences humaines et sociales à l’Université de Chicoutimi mène actuellement une étude sur l’impact de la pandémie sur les jeunes. Au fil des ans, elle s’est intéressée aux répercussions à long terme sur la santé mentale des victimes du glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney en 1971 où en quelques heures, plusieurs maisons du village ont été englouties dans un glissement de terrain.

    Dans une étude qu’elle a publiée au début des années 2000, elle constate que, près de 30 ans après les évènements, les victimes ressentaient toujours les impacts du traumatisme.  

    «Lorsque les gens sont exposés à une catastrophe, ils n’oublient pas ce qu’ils ont vécu […], mais on peut dire que la majorité des gens s’adapte aux situations qu’ils ont vécues, même sur le long terme. On peut lister des conséquences positives, du fait d’avoir été capable de développer des bonnes stratégies d’adaptation pour faire face à la situation. Ce qu’on s’est rendu compte, c’est que ces impacts sont surtout dans la vie personnelle, la vie conjugale, familiale ou sociale», indique la chercheuse.

    Elle voit des aspects positifs à tirer de l’expérience pandémique. «Des jeunes nous ont dit : « Moi, je vais pouvoir en parler à mes petits enfants de la pandémie ». Déjà, ils sont marqués», précise-t-elle.

    «La pandémie, c’est un cumul de stresseurs», explique Danielle Maltais. «Ce n’est pas la pandémie comme telle, mais les stress qu’on va avoir vécus pendant la pandémie qui vont probablement marquer.»

    Selon elle, plusieurs recherches démontrent que l’accumulation des pertes, qu’elles soient humaines ou matérielles, et la durée de la période difficile, alourdissent les conséquences. «[La pandémie], c’est un terrain dangereux pour développer des séquelles à long terme», assure-t-elle.

    La mise en lumière de problèmes sociaux existants

    Geneviève Fecteau abonde dans le même sens. «Avec l’ampleur de la pandémie, c’est certain qu’on va ressentir les contrecoups au niveau de la santé mentale pendant longtemps […] et ça ne prendra pas quelques mois pour que ça reprenne son cours normal. Donc on va encore en souffrir longtemps».

    Geneviève Fecteau explique ce phénomène en se questionnant sur les effets de la pandémie sur des problèmes sociaux préexistants. «Que ce soit au niveau de la violence [cojugale] ou de l’aidant naturel qui vivait avec des personnes qui avaient une maladie incurable […]. Après la pandémie, l’impact […] va demeurer.»

    Elle-même a pu observer des enfants qui ont vécu un déficit de socialisation ou des étudiants qui étaient moins confiants dans leurs capacités.

    La pandémie, selon elle, a confronté la société à certaines réalités plus difficiles comme les conditions de vie dans les maisons d’hébergement, la violence conjugale et l’itinérance.

    «C’est également un reality check pour tous ceux qui se sentaient épargnés par les troubles de santé mentale. Ils se sont rendus compte qu’à tout niveau et à tout moment dans notre vie, on peut vivre une situation difficile qui ébranle notre équilibre.»

  • Les faibles taux de rétention, revers de la médaille en immersion

    Les faibles taux de rétention, revers de la médaille en immersion

    Ce constat provient d’un projet pilote complété en 2021 par le chercheur Laurent Cammarata, également professeur titulaire en éducation à la Faculté Saint-Jean de l’Université d’Alberta.

    En mars 2021, il obtenu du financement de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) pour élargir son projet de recherche, qui visait exclusivement les programmes d’immersion de Alberta.

    L’étude pancanadienne RÉCIF-SRIFS sur la rétention scolaire en immersion française et en milieu minoritaire francophone vise désormais l’ensemble du Canada et inclut les écoles francophones en milieu minoritaire.

    De 50 000 à 13 000 élèves

    «Quand on commence à regarder les chiffres, ils sont extrêmement beaux quand on regarde au niveau des inscriptions. […] En immersion, on a une augmentation d’à peu près 75 % en 20 ans, on a de quoi se réjouir!» lance Laurent Cammarata, qui tire ces données de son projet pilote en Alberta.

    Il note également qu’entre 2015 et 2020, le nombre d’écoles francophones en Alberta est passé de 37 à 42, une hausse de 27%.

    «Évidemment, il y a toujours un revers à la médaille. Quand on commence à se pencher sur le phénomène de la rétention des élèves […] on n’a pas de données sur les pertes. Très, très peu de conseils scolaires collectent des statistiques sur les gens qui partent ou ont des entrevues avec les parents qui décident de retirer leurs enfants», déplore le chercheur.

    Au Canada en 2016-2017, près de 50 000 élèves fréquentaient la maternelle en immersion. Pour chaque année scolaire, ce nombre diminue, pour finir avec à peine plus de 13 000 élèves en 12e année.

    «Il y a des choses qui sont normales, explicables […], mais il y a aussi toute une partie qui n’est pas explicable», constate Laurent Cammarata. Il note que la tendance est similaire d’une province ou territoire à un autre.

    À travers l’étude RÉCIF, le chercheur espère pouvoir identifier certaines des raisons qui poussent les parents à retirer leurs enfants de ces programmes: «Ma question personnelle, c’est qu’est-ce qui se passe lorsqu’on a des parents qui ont fait le choix de l’immersion — qui est déjà quelque chose de très courageux —, qui étaient au départ très motivés, pour qu’à un moment donné ils décident de les retirer […] Tant qu’on ne sait pas, on ne pourra pas résoudre les problèmes.»

    Des problèmes aux solutions

    L’équipe de recherche a donc décidé de sonder les parents sur leur propre expérience avec le français, sur les motivations qui les ont amenés à choisir l’immersion ou l’école francophone pour leur enfant ainsi que sur leur perception actuelle du programme – s’ils pensent à retirer leur enfant, par exemple.

    Un suivi avec des entrevues et des groupes de discussion est également prévu.

    L’étude RÉCIF s’adresse également aux enseignants et aux administrateurs. «On veut voir aussi comment les perceptions et motivations des parents sont comprises ou interprétées par les autres acteurs du milieu, comment les enseignants et les administrateurs accompagnent ces familles-là», résume Laurent Cammarata.

    «Le but ultime, c’est vraiment d’identifier des problématiques particulières, des manques ou des choses sur lesquelles on devrait travailler, pour pouvoir ensuite apporter des propositions pour améliorer la situation», ajoute-t-il.

    Quelques réponses préliminaires

    Laurent Cammarata note que «d’après les données qu’on a, beaucoup de parents mettent leurs enfants dans un programme d’immersion sans s’être vraiment préoccupés de poser des questions ou sans avoir eu accès à beaucoup d’information. Beaucoup d’entre eux ne savent pas vraiment ce que c’est, les programmes d’immersion».

    Il observe aussi un manque de connaissances par rapport à l’apprentissage d’une langue seconde, ce qui soulève éventuellement des inquiétudes : «En immersion, on a souvent un délai naturel au niveau de la lecture et de l’écriture en anglais puisqu’on apprend à lire et à écrire exclusivement en français jusqu’à la troisième année. Beaucoup de parents s’inquiètent alors lorsqu’ils voient leur enfant avoir un petit retard», constate le chercheur.

    Une autre raison évoquée par les parents est un manque de soutien pour des problèmes d’apprentissage. «C’est vrai que, dans la situation actuelle de l’Alberta, il y a des coupures assez incroyables, on se retrouve avec des enfants qui ont des besoins particuliers en salle de classe et qui n’ont pas le soutien nécessaire […] Dans les écoles anglophones, en général il y a plus d’argent», évoque Laurent Cammarata.

    Enfin, beaucoup de parents s’inquiètent de ne pas pouvoir accompagner leur enfant dans les devoirs. «Le gros problème ici, c’est qu’on fait la promesse au départ que les parents n’auraient pas besoin de parler français [dans le cas des programmes d’immersion]. C’est vrai pour certains enfants, mais pour celui qui a par exemple des problèmes d’attention, cet enfant-là va avoir besoin de soutien à la maison», relève le chercheur.

    Un partenariat avec Canadian Parents for French

    L’étude doit se conclure au mois de mars. Laurent Cammarata voit toutefois cette recherche comme «le début d’une aventure […] La deuxième étape, ça va être d’approfondir tout ça et de faire des études ciblées sur des choses que l’on aura remarquées».

    «Si on veut vraiment que tout le Canada soit bilingue, il faut que les enfants se retrouvent dans des programmes bilingues, donc il faut se préoccuper des gens qui sortent de ces programmes», souligne le chercheur.

    L’équipe s’est d’ailleurs associée dès le début du projet à la branche albertaine de Canadian Parents for French (CPF), «un réseau national de parents, de bénévoles et de sympathisants qui se consacre à la promotion et à la création d’occasions d’apprentissage du français langue seconde (FLS) pour les jeunes Canadiens».

    Son directeur général, Michael Tryon, note qu’il s’agit d’une «opportunité de parler ensemble de ce qu’on va faire pour améliorer les programmes d’immersion francophone et supporter les étudiants, les enseignants et les parents».

    «En ce moment, le gouvernement albertain n’écoute pas les enseignants, n’écoute pas les conseils scolaires et les universités. Il écoute plus les parents – les électeurs […]», observe Michael Tryon. Il estime donc que son organisme peut porter la voix des parents jusqu’au gouvernement et exiger de meilleures conditions pour les programmes d’immersion et les écoles francophones.