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  • Étudier en français sans le parler: le défi des élèves allophones

    Étudier en français sans le parler: le défi des élèves allophones

    Les langues autant que les voix se mêlent dans les couloirs et cours de récréation des écoles francophones en milieu minoritaire, qui accueillent de plus en plus d’élèves allophones. Autrement dit, des enfants immigrants et réfugiés dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais.

    «La morphologie scolaire a changé avec les mouvements migratoires successifs. Des enfants hispanophones, arabophones, sinophones et d’Afrique subsaharienne sont arrivés dans les classes», constate Carole Fleuret, professeure à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa.

    «C’est variable d’une année à l’autre, mais avec les gros efforts de recrutement des dernières années, on note une augmentation», abonde Amira Khedhri, coordonnatrice des services d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants au District scolaire francophone Sud (DSFS), au Nouveau-Brunswick.

    Sur 15 000 élèves scolarisés dans les 37 écoles du DSFS, 235 sont allophones.

    «Lutter contre la fermeture des écoles»

    Sur papier, ces enfants angolais, syriens, mexicains, chinois ou philippins ne devraient pourtant pas se trouver dans le système d’éducation francophone. Selon l’article 23 de la Charte canadienne des droits et des libertés, seuls les ayants droit y ont accès.

    «Les conseils scolaires [francophones] n’ont pas été conçus pour remplir un tel rôle», confirme Malanga-Georges Liboy, professeur au Département des sciences de l’éducation de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.

    «Au départ, ils avaient une mission spécifique : la préservation de la langue et de la culture française dans un milieu anglodominant», ajoute-t-il.

    Mais sur le terrain, face au vieillissement de la population et à la baisse de la natalité en milieu minoritaire, les écoles se sont progressivement tournées vers cette nouvelle clientèle. La volonté affichée est claire: assurer la vitalité linguistique des communautés francophones.

    «Ce sont des choix politiques. C’est une manière de lutter contre la fermeture des écoles en maintenant, voire en augmentant le volume de la population scolaire», observe Carole Fleuret.

    «Nous n’acceptons pas automatiquement toutes les demandes ; on a un processus d’admission strict pour s’assurer des motivations des familles. Elles doivent être prêtes à s’engager en faveur de la Fransaskoisie», nuance Ronald Ajavon, directeur général du Conseil des écoles fransaskoises (CÉF), qui accueille quelque 2035 étudiants dans 17 établissements.

    Le responsable veut éviter les inscriptions de parents uniquement motivés par la perspective de donner de meilleures opportunités professionnelles à leurs enfants.

    «Ils sont de bonne foi, animés d’une réelle envie de faire de leurs enfants des Canadiens bilingues, mais ils n’ont pas conscience du manque d’accompagnement auquel ils risquent d’être confrontés», poursuit Malanga-Georges Liboy, coauteur d’un article intitulé L’école francophone en milieu minoritaire est-elle apte à intégrer les élèves immigrants et réfugiés récemment arrivés au pays?

    Prendre en compte les parcours migratoires traumatisants   

    Dans ces conditions, les écoles ont-elles les moyens d’accompagner les élèves allophones, de leur apprendre la langue et la culture grâce auxquelles ils pourront se bâtir un avenir dans leur communauté d’adoption?

    Il existe diverses formules de francisation intensive à travers le pays, dont le programme d’Actualisation linguistique en français offert depuis 2004 en Ontario. Au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan, les élèves allophones bénéficient également de cours sur mesure, en tutorat ou par petits groupes. Le CÉF propose par ailleurs des cours de français aux parents.

    Cependant, aux yeux de Malanga-Georges Liboy et de Carole Fleuret, les établissements scolaires ont encore des efforts à faire. Au-delà de la barrière linguistique, «les ressources dédiées à la prise en charge des élèves allophones sont inadaptées, voire insuffisantes», estime Carole Fleuret.

    «Leurs besoins spécifiques ne sont pas suffisamment pris en compte alors qu’ils passent par un choc culturel à leur arrivée, qu’ils ont parfois vécu des traumatismes en zone de guerre», ajoute Malanga-Georges Liboy.

    Il souligne également une mauvaise circulation de l’information. D’un côté, les familles ne connaissent pas bien le fonctionnement et les attentes du système scolaire canadien – le besoin de participer aux devoirs, aux activités et aux réunions avec le corps professoral. De l’autre, les enseignants ne sont pas suffisamment informés des trajectoires migratoires des enfants.

    Manque de formation interculturelle 

    Les deux universitaires plaident ainsi pour la mise sur pied de centres d’aide aux devoirs et de classes d’accueil à destination des jeunes qui ont été déscolarisés pendant plusieurs années. Ils défendent la création de postes d’interprètes et d’agents de liaison afin de maintenir le contact avec les parents.

    Parmi les autres écueils de l’intégration, les deux chercheurs pointent le manque de formation interculturelle des enseignants. De fait, ces derniers n’ont pas toujours les clés pour gérer des classes riches d’une grande diversité ethnoculturelle, avec des écarts de niveaux importants.

    «Il reste beaucoup à faire, mais la volonté de s’adapter et de comprendre la culture des immigrants est là. On veut favoriser les échanges et le rapprochement interculturel», réagit Ronald Ajavon du CÉF.

    Au Nouveau-Brunswick, le DSFS a ainsi embauché sept travailleurs d’établissement plurilingues dans le cadre d’une entente conclue avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Chargés d’accompagner les familles nouvellement arrivées ainsi que le personnel enseignant, ils facilitent les liens entre les milieux scolaire et familial. Des formations sur la diversité sont aussi dispensées à tous les nouveaux employés.

    Une pédagogie fondée sur les cultures d’origine

    Carole Fleuret regrette pour sa part que les cultures des pays d’origine soient encore trop souvent «folklorisées», notamment à travers des évènements ponctuels dédiés à la diversité : «En se limitant à un jour ou une semaine par an, on n’inclut pas les élèves allophones, on met plutôt l’accent sur leurs différences alors qu’il faut au contraire créer une culture commune.»

    La chercheuse insiste sur le besoin de repenser la pédagogie en s’appuyant sur les cultures d’origine des étudiants, en prenant appui sur leurs registres langagiers pour leur apprendre le français. «Il faut relégitimer leur langue maternelle, ça les valorise, ça évite des tensions entre l’école et la maison et c’est bénéfique à leur réussite scolaire», insiste-t-elle.

    Surtout, la professeure de l’Université d’Ottawa assure que les élèves allophones développeront un sentiment d’appartenance plus profond et contribueront de manière plus durable aux communautés francophones si l’on reconnait pleinement leur langue et leur identité. «Ils ramèneront la culture à la maison, leur famille vivra en français», renchérit Amira Khedhri du DSFS.

    Le chemin à parcourir reste long et des résistances au changement persistent. «La peur d’être assimilé, de voir les écoles disparaitre est tellement forte, transmise de génération en génération, que l’accent est uniquement mis sur l’identité franco-canadienne», analyse Carole Fleuret.

    Elle déplore une vision «ethnocentrée et étriquée», qui ne correspond plus à la réalité de la francophonie actuelle, «plurielle et hétérogène».

  • Bilinguisme des hauts postes fédéraux: «Ce gouvernement dit une chose et fait autre chose»

    Bilinguisme des hauts postes fédéraux: «Ce gouvernement dit une chose et fait autre chose»

    Claude Carignan n’est «pas surpris» que les 1 300 plaintes reçues par le Commissariat aux langues officielles (CLO) suivant la nomination de la gouverneure générale Mary May Simon soient jugées non fondées dans le rapport d’enquête préliminaire du commissaire aux langues officielles.

    «Le premier ministre n’est pas techniquement assujetti directement à la Loi sur les langues officielles, il n’est pas une institution dans la Loi», justifie-t-il.

    «Ça démontre toute l’importance de mon projet de loi pour qu’on puisse assujettir les personnes qualifiées au bilinguisme, avant que le dossier se rende au bureau du premier ministre et que ça aille au Conseil privé!» poursuit le sénateur.

    Le projet de loi S-220 vient ajouter, dans la liste des fonctions ciblées dans la Loi sur les compétences linguistiques, le poste de gouverneur général. La personne qui l’occupera devra donc démontrer des compétences claires dans les deux langues officielles du pays.

     «La pierre […] je la lance au premier ministre Trudeau»

    «Avec la diminution du nombre de francophones et de personnes qui parlent français à la maison [et considérant] l’importance d’avoir une augmentation de l’immigration francophone, ce poste représente la Reine, mais aussi l’identité canadienne. Si [la gouverneure générale] est unilingue anglophone, ça lance le message à l’étranger que le Canada est un pays unilingue anglophone», déplore encore Claude Carignan.

    Le sénateur acadien indépendant René Cormier, qui était président du Comité permanent sur les langues officielles avant les élections fédérales de 2021, soutient que «la conversation ne remet pas en question les compétences de Mme Simon. Il est tout à fait compréhensible pour le gouvernement, dans un contexte de réconciliation, de vouloir offrir cette place à [une personne] d’un des peuples autochtones. Elle parle l’inuktitut, ce qui est tout à son honneur et qui contribue au principe de la réconciliation au Canada».

    Il rejoint toutefois le sénateur Carignan sur le fait que la gouverneure générale, qui représente le Canada, doive parler les deux langues officielles.

    En 2013, la députée québécoise du NPD Alexandrine Latendresse avait déposé le projet de loi C-419 pour obliger certains hauts fonctionnaires du Parlement, comme le vérificateur général, à être absolument bilingues. Ce projet de loi avait été introduit en réaction à la nomination de Michael Ferguson au poste de vérificateur général. Il était unilingue anglophone au moment de sa nomination à ce poste. 

    «À ce moment, on était loin d’imaginer qu’un premier ministre du Canada oserait nommer une gouverneure générale qui ne peut pas s’adresser en anglais et en français aux Canadiens. C’est pour ça qu’on ne l’a pas inclus dans ce processus», assure Claude Carignan.

    Il poursuit: «Je salue l’effort [du français employé par la gouverneure générale lors du discours du Trône du 23 novembre dernier], mais comme francophone, quand la gouverneure générale s’adresse à moi comme Canadien, je ne m’attends pas à ce qu’elle fasse des efforts pour me parler. Je m’attends à ce qu’elle me parle dans ma langue.»

    «La pierre, je ne la lance pas à la gouverneure générale qui a fait des efforts; je la lance au premier ministre Trudeau, qui a recommandé sa nomination à la Reine», tient-il à rappeler.

    Selon le sénateur, la promesse d’apprendre le français lorsqu’une personne accède à de hautes fonctions ne suffit pas.

    Les langues officielles, pas avant Noël

    Le gouvernement a quatre projets de loi prioritaires à faire adopter avant la fermeture du Parlement pour les fêtes de fin d’année, le 17 décembre. La modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO) n’en fait pas partie.

    Pour Claude Carignan, «ça démontre que ce gouvernement dit une chose et fait autre chose».

    «Pendant six ans, ils nous ont dit qu’ils étaient pour déposer un projet de loi pour la modernisation des langues officielles. Il y a eu de la consultation, on a fait des commentaires et ils sont arrivés avec un projet de loi déposé à la veille des élections. On savait que ce projet allait mourir au feuilleton. Après les élections, j’ose croire que le projet de loi n’est pas tombé dans la déchiqueteuse!» vitupère le sénateur conservateur.

    Le sénateur René Cormier se montre plus conciliant, insistant sur le fait que «l’important est que le projet de loi soit déposé le plus rapidement possible et que ça puisse cheminer tant à la Chambre des Communes qu’au Sénat».

    Pour lui, «il y a une notion de rattrapage et d’égalité réelle ici, et tant que cette nouvelle loi n’est pas mise en œuvre les défis démographiques s’accentuent. C’est très urgent que cette loi soit débattue et adoptée rapidement».

    L’accès à la formation aux langues officielles au sein du gouvernement

    La nomination de Mary Simon soulève aussi, pour René Cormier, le fait que «le gouvernement a des obligations en matière linguistique pour les citoyens canadiens et canadiennes qui travaillent [au sein de l’appareil gouvernemental]».

    Si la LLO est révisée adéquatement et «a plus de mordant, elle va peut-être aider à assurer qu’à l’intérieur de l’appareil fédéral gouvernemental, les fonctionnaires puissent travailler dans la langue de leur choix, mais aussi avoir accès à la formation linguistique qui leur permette d’accéder à la haute fonction de l’État comme celle de Mme Simon. Ces lacunes sont identifiées depuis longtemps».

    René Cormier fait notamment référence au rapport réalisé en 2019 par le Comité sénatorial sur les langues officielles, dont il était alors le président. Le Comiété avait recommandé le renforcement des pouvoirs aux langues officielles et suggéré la création d’une agence centrale dotée de mécanismes nécessaires à une réelle force de mise en œuvre.

    «Les recommandations et les amendements proposés par la FCFA sont alignés avec ce rapport», assure encore le sénateur Cormier, qui rappelle que la ministre des Langues officielles de l’époque, Mélanie Joly, en a pris certains en compte.

    «Il reste encore du travail. Maintenant, y a-t-il de la place pour apporter des amendements au projet de loi? Ce sera l’enjeu des discussions avec la nouvelle ministre et le Comité sénatorial des langues officielles. Ce comité devra regarder ce nouveau projet de loi et voir comment la ministre tient compte de ces amendements.»

    René Cormier, qui souhaite «ardemment» que le Comité sénatorial sur les langues officielles soit mis en place avant Noël, a préféré ne pas indiquer s’il se présentera à nouveau à la présidence de ce comité.

  • Des francophones solidaires durant les inondations en Colombie-Britannique

    Des francophones solidaires durant les inondations en Colombie-Britannique

    Marine Joly et son ami Anirudh Nandan auront finalement mis une semaine de plus que les cinq heures prévues pour revenir à Vancouver après une fin de semaine passée à Penticton.

    Après avoir constaté la fermeture de l’autoroute Coquihalla, entre Kamloops et Abbotsford, le 14 novembre dernier, les deux amis se sont rendus jusqu’à Aspen Grove, où ils ont été à nouveau dirigés vers le chemin menant au Parc provincial Manning. Vers 22 heures, à leur arrivée à ce site touristique, ils ont dû couper le moteur en raison d’éboulements. Ils ne se trouvaient alors qu’à deux heures de voiture de Vancouver.

    Résignés, ils ont d’abord tenté de réserver une chambre, mais tout était complet dans les hôtels à proximité.

    «On s’est garés sur le parking et, comme d’autres personnes, on a dû dormir dans la voiture. Le lendemain matin, on a vu qu’il y avait quand même des gens qui avaient dormi dans le lobby. Cette nuit-là, il n’avait pas fait si froid parce qu’il n’avait pas encore neigé», raconte Marine Joly.

    Le lendemain, les recherches afin de trouver un hôtel pour la nuit se sont une fois de plus avérées infructueuses.

    «Vers 16 heures, l’hôtel nous a dit: “On va vous mettre des matelas dans une salle de réunion dans le sous-sol.” Donc on a dormi, peut-être avec trente personnes je dirais, dans le sous-sol ; dans une grande salle de réunion, sur des matelas avec des draps et des oreillers fournis par l’hôtel», relate-t-elle. 

    Marine Joly précise que, malgré la situation, les gens sur place ont gardé leur calme.

    Les 14 et 15 novembre dernier, des pluies torrentielles ont causé des inondations et des glissements de terrain dans plusieurs secteurs de la Colombie-Britannique. Près de Lillooet, au nord de Vancouver, un glissement de terrain a provoqué la mort d’au moins cinq personnes.

    La province demeure en état d’alerte alors que d’autres précipitations abondantes sont prévues d’ici au 1er décembre.

    Solidarité francophone

    Le mardi 16 novembre, la direction de l’hôtel a demandé à des personnes réfugiées sur place de quitter l’établissement. «Ils ont confirmé le manque de ressources. Ils n’avaient même plus assez de nourriture pour nourrir les employés», raconte Marine Joly.

    Plusieurs personnes ont été redirigées vers un centre d’hébergement d’urgence de Kelowna. Découragé par la neige et le verglas, le duo a choisi de ne pas reprendre la route. Comme plusieurs chambres s’étaient libérées, ils ont pu rester une nuit de plus à l’hôtel.

    «On a demandé à prendre une douche parce qu’on n’avait pas pris de douche depuis dimanche matin, et ça, c’était mardi après-midi», explique-t-elle.

    Marine et Anirudh ont donc pris la route pour Kelowna le lendemain afin d’aller chercher de l’aide. Marine a pris l’initiative de contacter des francophones sur les réseaux sociaux afin de demander de l’hébergement.

    Sa requête a été reçue positivement: «C’était rassurant de savoir qu’on avait un endroit où dormir où il n’y aurait pas énormément de dépenses», exprime-t-elle.

    À leur arrivée à Kelowna, 150 personnes attendaient en file devant eux afin de bénéficier des services d’urgence.

    «Au supermarché, il n’y avait aucun légume, constate Marine. Les seuls fruits qu’on a pu avoir, c’étaient des pommes. Il n’y avait plus de lait.»

    Malgré l’aide d’hébergement offerte par les services d’urgence, les deux amis ont tout de même pris la décision de passer une nuit chez des francophones de la région qu’ils ont rencontrés sur les médias sociaux, avant de s’installer dans une chambre d’hôtel pour les trois jours suivants.

    De retour à Vancouver depuis le 21 novembre, Marine affirme qu’à aucun moment elle n’a craint pour sa sécurité, malgré que les conditions de vie aient été difficiles. «On a eu quand même des gros moments de stress», conclut-elle.  

    Coupés du reste du monde

    Antoine-Marie Fradette habite actuellement à Princeton, un petit village de moins de 3000 habitants du sud de la province qui a été durement touché par les inondations.

    Il se souvient que quelques jours avant les évènements de la mi-novembre, la météo oscillait entre la pluie et la neige. C’est le 14 novembre, alors qu’il terminait sa journée de travail, qu’il a pu constater les premiers dommages causés par les inondations.

    Travaillant dans le domaine de l’exploration de l’or et ne se trouvant ainsi pas au cœur du village, il n’avait pas pu constater l’ampleur des dégâts.

    «Le dimanche, quand on est sortis du bois, on a vu qu’il y avait un côté de l’autoroute qui était complètement bouché ; on ne savait pas encore pourquoi. C’est que l’autoroute Coquihalla avait déjà commencé à s’effondrer», explique-t-il, précisant que la route était fermée à l’est de Princeton.

    «Le lendemain, ils ont fermé l’autoroute des deux côtés. On ne pouvait plus sortir du village», relate-t-il.

    Antoine-Marie Fradette dit qu’il se sentait «comme dans une bulle» face à l’évènement.

    «L’épicerie a fermé la journée de l’inondation parce qu’il n’y avait pas assez de staff, mais ils ont réussi à ouvrir depuis. L’eau n’est pas potable; même une fois bouillie, elle n’est pas potable. On a manqué de chauffage entre lundi et aujourd’hui (21 novembre), on vient juste de ravoir le chauffage. Puis, le fait que les autoroutes étaient fermées des deux côtés, on était complètement isolés», explique-t-il.

    Malgré la semaine difficile, Antoine-Marie Fradette se sent rassuré. 

    «Ils ont réussi à dégager une section de l’autoroute et ils l’ont ouverte aux voyageurs essentiels. […] Les gens ne peuvent pas se promener comme ils veulent, mais en ce moment sur l’autoroute, nous quand on revient de la job, on le voit, c’est juste des semi-remorques», affirme-t-il.

    Il déclare n’avoir jamais ressenti de panique face aux évènements, à l’instar de son entourage. «Je suis assez résilient. Ce n’est pas la première fois que ça brasse en Colombie-Britannique cette année», résume-t-il.

  • Plusieurs dossiers chauds pour les ministres des cabinets fantômes en langues officielles

    Plusieurs dossiers chauds pour les ministres des cabinets fantômes en langues officielles

    Au Parti conservateur, c’est Alain Rayes qui a été nommé porte-parole des langues officielles et lieutenant du Québec, postes qu’il a déjà occupés séparément.

    Désormais responsable de ces deux rôles simultanément, une première, il analyse : «Ça va me permettre de faire un lien entre le gouvernement du Québec et l’opposition fédérale en défendant les francophones partout au pays, mais aussi ceux du Québec. [La province] peut jouer un rôle dans toute la fédération pour les francophones, en faisant preuve de leadeurship.»

    Il ajoute que «les langues officielles sont un sujet très sensible partout, au Québec aussi. Sans avoir le bilinguisme obligatoire, on doit faire la promotion des deux langues dans la province, mais on a aussi des projets de loi que le gouvernement du Québec veut mettre en avant pour protéger la langue et en faire la promotion, comme obliger les organisations fédérales à respecter la loi 101 du Québec.»

    Il assure que le Parti conservateur s’est engagé à respecter le gouvernement du Québec à ce sujet.

    Sa préoccupation principale est de «s’assurer que le gouvernement dépose son projet [de modernisation de la Loi sur les langues officielles]. Il avait promis de le faire dans les 100 premiers jours, il ne reste pas beaucoup de temps», prévient-il.

    Modifier le projet de loi

    Il espère notamment «que le gouvernement va tenir compte des commentaires qui ont déjà été faits par les différents organismes, notamment après ce qu’on a vécu avec l’affaire du PDG d’Air Canada».

    Une idée que partagent ses homologues au Nouveau Parti démocratique (NPD) et au Bloc québécois, Niki Ashton et Mario Beaulieu.

    Ce dernier assure: «On a besoin de renforcer le français en tant que langue commune pour arriver à intégrer les nouveaux arrivants et à assurer l’avenir du français, ce qui n’est pas du tout le cas en ce moment. On l’a vu à Montréal, avec la situation de M. Rousseau.»

    Les trois porte-paroles s’accordent notamment sur le fait que le prochain projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO) que déposera la ministre Petitpas Taylor devra donner plus de pouvoir au Commissariat aux langues officielles (CLO), une demande formulée par la FCFA fin octobre.

    Mario Beaulieu insiste: «Tant que le CLO n’interfère pas avec l’application de la Charte de la langue française ou avec le français comme langue commune, on appuie ce qui touche l’extérieur du Québec.»

    De son côté, la porte-parole des langues officielles au NPD, Niki Ashton, estime que le premier ministre «fait semblant de se préoccuper des francophones. Les libéraux disent de belles choses sur la protection du français, mais quand il s’agit de passer à l’action, ils rejettent les projets de loi du NPD».

    La députée francophile du Manitoba fait ici référence aux projets de loi de Yvon Godin et de François Choquette, qui visaient notamment le bilinguisme des juges de la Cour suprême.

    C’est d’ailleurs l’un des dossiers chauds sur lesquels les libéraux sont attendus. Si le NPD et le Bloc québécois sont en faveur de légiférer sur le bilinguisme à la Cour suprême et d’en faire un critère de recrutement, le Parti conservateur est plus frileux.

    «On veut que la compétence soit priorisée. À la base, on recherche des gens bilingues. Mais si c’est impossible à cause de différentes raisons en lien avec la compétence, la géographie, il devrait y avoir un engagement clair» de la part du juge d’apprendre le français, souligne Alain Rayes.

    Il tourne ensuite le projecteur sur les libéraux : «On trouve ça très spécial de voir le gouvernement fédéral en faire leur cheval de bataille numéro un dans leurs attaques des autres partis, quand eux-mêmes ont nommé une gouverneure générale [qui n’est] pas capable de s’exprimer en français, qui ne l’a jamais appris, même si elle demeurait au Québec.»

    Des priorités pour le prochain Plan d’action pour les langues officielles

    L’autre pièce attendue est le prochain plan quinquennal d’action pour les langues officielles. L’actuel plan court jusqu’à 2023.

    Pour Alain Rayes, «ce plan n’aura aucune valeur tant qu’il n’y a pas de projet de loi [de modernisation de la LLO]. Il y a l’urgence de donner plus de pouvoir au commissaire aux langues officielles, de centraliser toutes les décisions dans un seul ministère et de mettre en place des budgets, car ça prend de l’argent pour aider les communautés à faire la promotion du français et à le protéger.»

    Le conservateur note au passage que ce financement devra passer par les institutions postsecondaires. «C’est par celles-ci que passent les formations des enseignants, des éducateurs et éducatrices qui vont rester dans les communautés francophones, les faire vivre et s’assurer que le français continue à être promu à tous les niveaux», précise-t-il.

    La porte-parole néodémocrate, Niki Ashton, est moins loquace. Elle souhaite entendre un peu plus la ministre Petitpas Taylor pour en discuter plus précisément.

    Une hésitation qui confirme un certain vide au NPD en matière de langues officielles, depuis le départ des députés Yvon Godin en 2015 et François Choquette en 2019.

    Quant à Mario Beaulieu, il rappelle que le Bloc appuie toutes les demandes faites par les «communautés francophones et acadienne pour les francophones hors Québec».

    «Si Mme Petitpas Taylor veut travailler dans le sens de promouvoir le français en tant que seule langue officielle des communes au Québec et respecter le fait que le gouvernement du Québec est le maitre d’œuvre de son aménagement linguistique, on est tout à fait disposés à travailler avec elle», soutient-il.

    Il prévient toutefois: «Mais si le [fédéral] veut imposer le bilinguisme institutionnel et les services en anglais sans réserve au Québec et affaiblir l’application de la loi 101, à ce moment-là, le gouvernement libéral va nous trouver sur son chemin.»

  • 20 000 lumières et des heures de travail

    20 000 lumières et des heures de travail

    Inspirées par une émission américaine, «Light Figh», qui met en vedette des passionnés avec des décors de plus de 100 000 lumières, les Lalande investissent d’innombrables heures pour mettre en valeur leur domaine qui longe la rivière Outaouais au 5, rue Belle-Vue à Brownsburg-Chatham.   

    Patrick Lalande, technologue en sécurité électronique, a une longueur d’avance, mais il obtient énormément de support autant de sa conjointe Mélanie à la programmation des chansons que de ses deux filles, Kimberley et Koraly «Ça prend bien de la patience et de la passion parce que c’est beaucoup de temps!», indique-t-il. D’ailleurs, sa plus vieille, Kimberley, étudiante au Séminaire du Sacré-Cœur, a réalisé la programmation à 100% de plus de trois chansons, ce qui demande environ 4 heures de programmation. La plus jeune quant à elle se spécialise dans les nouvelles trouvailles et a ajouté la belle licorne. 

    Ils sont plus d’une famille au Québec à se passionner pour ce type de projets, une quinzaine environ dans leur regroupement. «Nous faisons une tournée des maisons illuminées. On s’aide et on se donne des conseils», ajoute M. Lalande, qui a aussi un contact direct avec un entrepreneur du Québec qui crée ce type de coroplaste dans lequel il crée des formes et des trous nécessaire à l’installation des lumières.  

    Tel que dans Le sapin a des boules, le voisinage réuni en grand nombre pour assister à la première samedi dernier ont profité d’un spectacle pyrotechnique! Dès 17 h et en boucle de 1h30, les curieux peuvent assister de leur voiture à ce spectacle ingénieux!  M. Lalande informe que les prestations se terminent à 21 h sur semaine et 21h30 les samedis et dimanches. Il demande aussi de respecter les entrées de ses voisins pour un bon voisinage. 

     

  • Plus de 80 spectacles au Théâtre Gilles Vigneault

    Plus de 80 spectacles au Théâtre Gilles Vigneault

    C’est le dernier droit de cette saison 2021-2022 pas comme les autres! Plus de 80 spectacles sont proposés en musique, chanson, théâtre, humour, variétés, danse et famille. «On ose rêver que le pire de la pandémie est derrière nous et que les artistes et leurs spectacles redeviennent la principale nouvelle de nos annonces! Nous espérons aussi que notre clientèle revienne profiter de l’immense bien-être et la grande joie que procure la fréquentation des arts de la scène», mentionne David Laferrière, directeur général et artistique du Théâtre Gilles-Vigneault.  

    Quatre-vingts spectacles, dans un heureux mélange de nouveautés et de classiques, sont offerts pour les prochains mois au Théâtre Gilles-Vigneault. Parmi les nouvelles propositions, André-Philippe Gagnon, Fred Pellerin, Jean-Michel Blais, Loud, Emmanuel Bilodeau, Sylvain Cossette et de nombreux autres. Au chapitre des spectacles qui ont été reportés, on retrouve Simon Gouache, Dominic Paquet, Alain Choquette, J’aime Hydro, pour ne nommer que ceux-là.  

    Le Théâtre Gilles-Vigneault invite également la clientèle à découvrir trois spectacles signatures soit la pièce Aalaapi sur la vie de femmes qui partagent leur vie entre le Sud et le Nord, le spectacle multimédia de la mezzo-soprano Stéphanie Pothier et du Quatuor Molinari, qui allie musique et scénographie immersive et le délicieux C’est si bon…  

    Pleine capacité d’accueil

    Le Théâtre Gilles-Vigneault peut maintenant opérer à capacité maximale, sans distanciation. Le port du masque est toujours obligatoire ainsi que la présentation du passeport vaccinal et d’une preuve d’identité.  

    Achevé en novembre 2017 et situé au cœur du centre-ville de Saint-Jérôme dans les Laurentides, le Théâtre Gilles-Vigneault propose annuellement une programmation de plus de 200 spectacles touchant l’ensemble des disciplines des arts de la scène. Avec la tenue de spectacles à l’année, le Théâtre Gilles-Vigneault est un catalyseur économique d’importance, en plus d’être un attrait touristique incontournable de la région. Joyau architectural à la fine pointe de la technologie, le Théâtre Gilles- Vigneault est doté de 860 sièges répartis sur trois niveaux. Le Théâtre Gilles-Vigneault a reçu plusieurs prix qui soulignent le caractère novateur de ses actions écoénergétiques ainsi que la modernité et l’influence du bâtiment. 

  • Russell Township celebrates the Christmas season

    Russell Township celebrates the Christmas season

    A large crowd gathered November 28, lining both sides of the street along South Russell Road and Concession Street in Russell Village, to watch the Christmas Parade that made its way from St. Thomas Aquinas Catholic High School to Russell High School. Over 30 floats glided past onlookers, antique firetrucks and a platoon of people on horseback just a few of the many setups, all culminating in an appearance by Saint Nick and Mrs. Claus themselves. 

    Mayor Pierre Leroux walked in the parade, decked out in a Christmas-themed sovesized gloves as he waved to citizens and wished them a Joyeux Noel. 

    The night before families lined up along rue Notre-Dame and other adjacent streets in the Village of Embrun watch the brilliantly-lighted floats drive past, courtesy of participating businesses, clubs, and community groups. 

  • Un monument en hommage à la Francophonie

    Un monument en hommage à la Francophonie

    Le conseil municipal d’Alfred-Plantagenet a appuyé à l’unanimité la demande de France Lamarche d’approuver l’utilisation du terrain de stationnement du parc Larocque à Alfred pour l’érection d’un futur monument rendant hommage à l’histoire et au patrimoine francophones du village d’Alfred lui-même et d’autres communautés du canton. 

    Au cours de la séance du 2 novembre, les membres du conseil n’ont pu s’entendre sur l’emplacement précis du monument dans l’aire de stationnement. L’une des préoccupations était que le monument ne soit pas situé trop près du trottoir adjacent, ce qui créerait un danger pour les travaux de déneigement en hiver. 

    Les membres du conseil voulaient également s’assurer que l’emplacement donnerait une grande visibilité au monument, mais ne créerait pas de problèmes pour le stationnement des véhicules. 

    Le monument proposé comprendrait l’érection d’une plate-forme en béton de 30 pieds carrés sur 30 pieds carrés pour un mât de drapeau et d’autres structures. M. Lamarche et les autres membres du groupe du Monument de la Francophonie d’Alfred et des environs travailleraient avec le personnel du génie municipal sur le plan du site et la conception de l’aménagement paysager. Le groupe s’occupera également de la collecte de fonds pour le projet. 

    Le conseil a voté en faveur de l’approbation du parc Larocque comme emplacement du monument et a demandé au personnel municipal de travailler sur la logistique du site spécifique avec le groupe du Monument de la Francophonie d’Alfred et des environs. 

  • Le conseil de Grenville ne voit rien de mal à sa politique d’agenda public

    Le conseil de Grenville ne voit rien de mal à sa politique d’agenda public

    Le directeur général de la municipalité, Alain Léveillé, a répondu, «Les ordres du jour ne sont pas disponibles à l’avance, car ils doivent être adoptés le jour de la séance du conseil.» Mais le conseil n’a pas eu de réponse lorsqu’on leur a fait remarquer que les autres municipalités de la région ont l’habitude de publier l’ordre du jour au moins 24 heures à l’avance, quitte à approuver des modifications de dernière minute à l’ordre du jour en début de séance. 

    Le conseil ne semblait pas voir l’intérêt de publier l’ordre du jour à l’avance, affirmant que les personnes intéressées pouvaient toujours entrer en contact avec la municipalité afin d’obtenir une copie des documents pertinents. Les citoyens du village de Grenville qui veulent se tenir au courant des affaires municipales devront donc se présenter aux séances du conseil jusqu’à ce que celui-ci décide de rendre l’ordre du jour public à l’avance. Les séances ordinaires du conseil ont lieu le premier lundi du mois, à 20h, à l’hôtel de ville.  

  • La Culture, de l’Ile du Chenail à la Place des Pionniers

    La Culture, de l’Ile du Chenail à la Place des Pionniers

    L’été dernier, l’expérience de l’espace éphémère Green Beaver, un peu plus loin à l’ouest de la rue Main, s’est avéré un succès que les gens ont bien apprécié, selon l’agent de projet Jean Sirois. «Nous avons pu rassembler plus de 500 personnes qui ont participé à une soixantaine d’activités pendant sept semaines de programmation, en plein durant la pandémie de la COVID-19.» Il a ajouté que grâce à une présence sur Facebook, on aura rejoint 15 000 personnes de la région qui ont pris connaissance de ce qui s’est passé au centre-ville. «Ne serait-ce que ça, a dit Jean Sirois, il y a une valeur indéniable à ce projet.»   

    Le comité, qui aimerait bien poursuivre l’expérience de cet espace éphémère, envisage d’aller encore plus loin en 2022 en aménageant un autre lieu de rassemblement, cette fois à la Place des Pionniers. Le défi qu’on doit relever, selon Jean Sirois serait de la rendre plus visible et plus accessible. «Cet espace-là se trouve enclavé par son aménagement actuel, qui fait en sorte qu’on ne peut pas voir ce qui s’y passe, ni de la rue Main, ni du boulevard du Chenail, tant à l’intérieur de ce parc, que sur la scène qui s’y trouve.» On veut donc ouvrir l’espace, l’aménager dans le concept d’un théâtre, avec des chaises et des tables en bordure de la scène. «Les gens pourraient se rassembler, voire se rencontrer pendant et après des représentations, prendre un lunch ou un café. L’idée, a affirmé l’agent de projet, serait de retenir les gens sur place et les inciter à avoir davantage d’activités.»   

    Mais ce n’est pas tout, puisqu’on veut créer un corridor pédestre entre la Place des Pionniers et le Centre culturel du Chenail. Entre autres choses, il s’agirait de créer des symboles représentant le théâtre, la danse et la musique sur la clôture qui ferme la Place des Pionniers, le long du boulevard du Chenail. Ainsi les gens qui passent devant l’espace pourraient reconnaitre qu’il s’agit d’un lieu voué à la culture. Pour ce qui est du corridor reliant l’ile au centre-ville, il serait tracé à l’aide de symboles de pas sur le trottoir du boulevard, avec une traverse de la chaussée vers la rue Race.   

    Une question s’impose. Combien cela va-t-il coûter et mieux encore, on prend l’argent où? La réponse de l’agent de projet Jean Sirois: «Pas de coûts majeurs. Le secret du développement économique réside dans les partenariats publics- privés. Il va de soi, a-t-il conclu, que lors de la prochaine rencontre du comité de citoyens, on va identifier, mettre sur papier l’aménagement qu’on aura imaginé et que c’est comme ça qu’on pourra identifier les coûts reliés au projet que l’on va proposer.»   

    Partenariat public-privé? C’est ici qu’entre en scène la mairesse de Hawkesbury. Paula Assaly était parmi les participants, le 15 novembre, à la dernière réunion (en personne) du comité de citoyens. «La Ville a le rôle d’appuyer et d’apporter de l’expertise au comité de citoyens, qui cherche à relier l’Ile du Chenail en passant par le boulevard du Chenail, traversant la place des Pionniers pour atteindre la rue Main, a-t-elle expliqué. Il y aurait collaboration avec la Ville à savoir quelle serait la meilleure façon de s’y prendre pour utiliser un gabarit, quelle serait la meilleure qualité de peinture pour faire ce travail.»