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  • Une Franco-ontarienne propulsée à l’international avec sa chanson pour les vaccins

    Une Franco-ontarienne propulsée à l’international avec sa chanson pour les vaccins

    Seulement 2% des vaccins ont été administrés dans les pays à faible revenu, selon les chiffres d’UNICEF Canada. Une inégalité d’accès criante contre laquelle Aime ton prochain — Love My Neighbour en anglais — entend bien lutter.

    Chanter pour la bonne cause

    En partenariat avec UNICEF Canada, l’organisation Enfants du millénaire et 34 autres groupes confessionnels et caritatifs ont lancé ce projet en novembre 2020. Anne Sophie Roy les a rejoints en avril dernier.

    L’objectif est de fournir 38 millions de doses de vaccins supplémentaires aux populations des pays pauvres. «Un pour chaque Canadien», précise Anne Sophie Roy.

    Aime ton prochain diffusera un vidéoclip de la chanson Nouveau jour, qui sera relayé par la campagne Aime ton prochain en partenariat avec UNICEF Canada, pour accompagner la collecte de fonds.

    Si la musique est la façon la plus naturelle de s’engager pour l’artiste, chacun peut s’impliquer à sa façon en se lançant des défis. Il suffit de créer une cagnotte en ligne sur le site internet d’Aime ton prochain, comme l’a fait Dara Lithwick. Cette rabbine d’Ottawa a récolté 3 200 $ en aout dernier en traversant les sept kilomètres du lac Saint-Pierre, au Québec.

    D’autre part, six municipalités de l’Ontario ont aussi apporté leur soutien à l’initiative d’Aime ton prochain, en appuyant le mouvement par le biais des médias sociaux et de dons. Des maires comme John Tory y ont laissé des messages vidéos à leurs citoyens.

    Compositrice et musicienne engagée

    «Quand j’étais à l’école primaire, à l’Halloween on nous donnait des boites pour recueillir des sous pour UNICEF. C’était ma première responsabilité. Ce souvenir m’est revenu en tête de façon magique lorsqu’on m’a proposé de participer à la campagne, au début de l’année», raconte Anne Sophie Roy à l-express.ca.

    Depuis lors, les collectes de dons ont migré sur internet, mais les préoccupations sociétales de l’artiste sont restées intactes.

    «Le vaccin, c’est le luxe. Pour nous il est gratuit, mais il y a des pays où les systèmes médicaux ce n’est pas ça… Alors, est-ce qu’on veut faire de la Terre une planète plus équitable, au moins au niveau de l’accès aux connaissances médicales?», s’interroge-t-elle.

    Plus qu’une simple collecte de fonds, la compositrice voit aussi l’initiative d’Aime ton prochain comme une façon concrète de connecter différentes personnes aux quatre coins du monde.

    Les paroles de la chanson, un regard vers l’après-pandémie

    Écrite en anglais puis traduite en français, Nouveau jour livre un message positif qui nous laisse imaginer un avenir meilleur, loin du marasme de la pandémie.

    «Les paroles sont un regard vers demain, après la pandémie. Elles parlent d’un mouvement vers l’unité et l’espoir pour tout le monde. Ce sont des paroles légères», explique la musicienne.

    Derrière la mélodie se cache pourtant une histoire insoupçonnée. Anne Sophie Roy l’a composée plusieurs années auparavant pour une audition au conseil scolaire de Toronto.

    «Elle célébrait la fin de l’école. C’était mon point d’entrée pour le plus grand projet de ma carrière en éducation, sur l’intimidation dans les écoles. Il me fallait faire mes preuves», retrace-t-elle.

    Ayant conservé les droits d’auteurs, Anne Sophie Roy s’est ressaisie de la chanson pour Nouveau jour. Elle a remanié les paroles et ajouté de nouvelles variations.

    «C’est une musique remplie de surprises. Lorsque j’ai retravaillé la mélodie au piano, avec cet esprit d’une fenêtre sur le monde, cela m’a beaucoup animé. Dans la chanson, il y a un mouvement ascendant qui me transporte. Il y a eu un peu de magie aussi. Comme lorsque je me suis réveillée un matin et que je suis allée directement au piano : j’avais la ligne d’introduction», souligne la chanteuse.

    Une nouvelle page de sa carrière

    Reconnaissante, l’artiste sent qu’elle se situe à un moment clé de sa carrière. Les projets fusent de toute part, tout comme ses idées pour développer la Fondation Anne Sophie Musique qu’elle a créée en avril dernier, autour des responsabilités sociales et éducatives.

    Au moment de regarder en arrière le chemin parcouru depuis 1989, l’année où elle a commencé à composer, un souvenir reste profondément gravé dans son esprit : la 25e édition du festival international de la chanson de Granby, en 1993, au Québec.

    «J’étais en première page du journal La Voix de l’Est! Je me suis rendu assez loin dans la compétition. C’était une expérience extraordinaire», se rappelle-t-elle.

    Et si la chanson propulsait la native de Montréal sous les feux des projecteurs? Pourquoi pas à l’international?

    «Si ça se dessine comme cela, alors c’est un beau message de valeurs canadiennes et universelles qui sera diffusé. Si on fredonne tous la même mélodie, qu’elle soit écrite par moi ou par qui que ce soit, si c’est quelque chose qui nous unit et qui a un effet, nous aurons accompli quelque chose de grand», songe-t-elle.

    La collecte Aime ton prochain

    Pour plus d’informations sur la collecte de fonds : annesophiemusique@gmail.com

    25$ est le cout de deux doses de vaccin, incluant leur transport, la formation des agents de santé et l’élimination sécuritaire des aiguilles et des déchets.

    La collecte de dons se fait ici, par l’intermédiaire de l’UNICEF.

    Pour le moment, UNICEF Canada a accumulé 8M$, qui seront bientôt doublés par le gouvernement fédéral pour un total de 16 M$.

    De son côté, Aime ton prochain a récolté 536 000$ pour UNICEF Canada, permettant à 21 440 personnes d’être vaccinées dans les pays pauvres et en développement. Il s’agit de près de 5% du total des dons reçus par l’organisation non gouvernementale.

    Pour Aime ton prochain, il est urgent d’accélérer le rythme de la vaccination dans les pays pauvres, car ce retard pourrait exposer le monde entier à de nouveaux variants de la COVID-19 pour les années à venir.

  • Garderies à 10$: les ententes opaques sur d’éventuelles clauses linguistiques

    Garderies à 10$: les ententes opaques sur d’éventuelles clauses linguistiques

    Il y a d’abord les chiffres, qui ont de quoi réjouir les acteurs canadiens de la petite enfance: à ce jour, Ottawa a conclu huit ententes avec des provinces et territoires pour la mise sur pied d’un programme de garderies publiques à 10$ par jour d’ici à 2026.

    Les libéraux se sont engagés à investir 30 milliards$ sur cinq ans, qui permettront la création de 250 000 places en garderie partout au pays. 

    Après la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador, le Yukon, le Manitoba, la Saskatchewan et le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick se disent désormais prêts à embarquer dans le projet.

    Mais derrière ces chiffres bruts, combien de places sont réservées aux francophones en situation minoritaire? Leurs besoins spécifiques sont-ils pris en compte? Quelle part du budget leur est dédiée? Autant de questions qui restent encore sans réponse, suscitant l’inquiétude hors Québec.

    «En l’absence de garde-fous, nos garderies n’auront pas leur juste part, que ce soit en termes de financement ou de nombre de places», alerte Jean-Luc Racine, directeur général de la Commission nationale des parents francophones (CNPF).

    Des clauses linguistiques essentielles

    «Historiquement parlant, on a de nombreux exemples où les droits des francophones n’ont pas été respectés. Des fonds fédéraux qui leur étaient dédiés ne leur ont pas été transférés par les provinces», abonde François Larocque, professeur et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa.

    Par exemple, en 2021, la CNPF a calculé que le gouvernement albertain a seulement alloué 1,26% de son budget d’éducation aux établissements scolaires francophones, alors que les Franco-Albertains représentent plus de 2% de la population provinciale.

    «Ces établissements auraient dû recevoir un financement correspondant au poids démographique de la communauté, voire un montant supérieur, car les besoins de rattrapage au niveau de l’éducation et de la petite enfance en français sont importants en Alberta», réagit Jean-Luc Racine.

    François Larocque rappelle que le Yukon a quant à lui redirigé des fonds d’Ottawa prévus pour les écoles francophones vers des programmes d’immersion.

    Il souligne également que la Colombie-Britannique, elle, a comptabilisé dans le nombre de places en garderie francophone des places créées dans des centres qui offraient uniquement des services en anglais, au motif qu’ils étaient gérés par des francophones.

    Face à ces tendances inquiétantes, les minorités francophones revendiquent l’insertion de clauses linguistiques dans les huit accords signés jusqu’à présent afin de protéger leurs droits. «De telles clauses sont cruciales pour s’assurer que les gouvernements provinciaux utilisent les fonds de façon appropriée», souligne François Larocque.

    Besoin d’«engagements clairs et fermes» 

    Pour le moment, les libellés exacts des accords bilatéraux ne sont pas connus.

    Dans une réponse par courriel, le ministère Emploi et Développement social Canada assure tenir compte «des besoins uniques, en matière d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, des communautés de langue officielle en situation minoritaire», sans aucune autre précision.

    Le Réseau de développement économique et d’employabilité Canada (RDÉE Canada) confirme qu’Ottawa conditionne l’accès aux fonds fédéraux à la prise en compte par les provinces et territoires des enjeux linguistiques minoritaires. «Mais nous restons attentifs à la présence effective de clauses linguistiques», nuance Paul Muamba, gestionnaire en développement économique et des partenariats au RDÉE Canada.

    «Il faut avoir des engagements clairs et fermes, ne pas se contenter d’une petite phrase qui dit “on va s’occuper des francophones”, insiste Jean-Luc Racine. Autrement, on ne saura pas où va l’argent, et les clauses linguistiques resteront des vœux pieux.»

    Un avis partagé par Marie-Andrée Asselin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique (FPFCB) : «C’est essentiel d’avoir des mécanismes de suivi balisés, pour qu’on puisse mesurer les efforts effectivement réalisés par les autorités provinciales.»

    Manque de transparence  

    Les interlocuteurs interrogés insistent : les clauses linguistiques doivent clairement prévoir la création d’un nombre précis de places dans les garderies francophones ainsi que le recrutement de personnel. 

    Un montant exact du budget devra également être réservé à la petite enfance en français en fonction du pourcentage de la population et des besoins, défendent-ils. «Il doit aussi y avoir des dispositifs qui permettent de saisir l’administration en cas de doute sur l’efficacité des actions entreprises», ajoute François Larocque.

    L’universitaire dénonce le manque de transparence dès qu’il s’agit de clauses linguistiques. Il invite à l’adoption d’une loi fédérale qui les encadrerait, ce qui éviterait le flou et l’inquiétude actuels.

    À ce titre, il regrette que le projet de loi C-32 de modernisation de la Loi sur les langues officielles ne comporte aucune mention à ce sujet.

    Son espoir réside dans le document de réforme publié en février dernier par Ottawa, Français et anglais : Vers une égalité réelle des langues officielles au Canada.

    Le gouvernement y proposait que la nouvelle Loi sur les langues officielles reconnaisse explicitement la petite enfance comme faisant partie du parcours en éducation dans la langue minoritaire. En d’autres termes, les garderies seraient légalement intégrées au continuum éducatif en français et les autorités auraient l’obligation de contribuer à leur renforcement.

    Faibles chances de succès devant les tribunaux

    Avant le déclenchement des élections fédérales 2021, la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, avait promis que ce principe figurerait dans la prochaine mouture du projet de loi C-32, qui doit être déposé dans les 100 premiers jours du nouveau gouvernement.

    «Si c’est le cas, cela établira un lien direct entre les ententes et l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui protège le droit à l’instruction dans la langue de la minorité, explique François Larocque. Avec cette protection juridique supplémentaire, les provinces ne pourront pas couper dans les services de garde en français sans fournir des justifications très élevées.»

    En attendant, les organismes francophones auraient-ils des chances de succès s’ils décidaient d’intenter des actions en justice contre les ententes? Aux yeux de François Larocque, elles sont minces en l’état actuel de la Loi sur les langues officielles.

    Il s’appuie sur le jugement Gascon rendu en 2018 par la Cour fédérale. La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), qui contestait un accord passé entre la province et Ottawa, avait basé son argumentaire sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles, selon laquelle le gouvernement est obligé de prendre des mesures positives pour appuyer l’épanouissement des communautés minoritaires de langue officielle.

    Les juges ont débouté l’organisme au motif que cette partie VII était trop vague et n’engageait pas les autorités à mener des actions spécifiques et concrètes. Un rappel, selon François Larocque, que des réformes sont nécessaires pour donner au texte plus de clarté et de «mordant».

  • Faire plus de place aux nouveaux arrivants pour favoriser la cohésion sociale

    Faire plus de place aux nouveaux arrivants pour favoriser la cohésion sociale

    L’évènement avait lieu à l’occasion de la première de trois journées d’étude sur l’immigration et les communautés francophones minoritaires, orchestrées par le Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) et la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes.

    Les experts ont entre autres souligné l’importance de créer des espaces physiques ou virtuels pour la francophonie et de s’assurer que les immigrants y aient une place.

    «Ces espaces agissent un peu comme des phares dans un océan anglophone, pour que les francophones puissent se retrouver. Les lieux de travail francophones, les écoles primaires, secondaires et les établissements postsecondaires, les espaces communautaires ainsi que les lieux de culte permettent aux gens de partager non seulement une langue, mais aussi certaines valeurs communes», a indiqué Suzanne Huot, professeure au Département de science de l’activité humaine et ergothérapie de l’Université de la Colombie-Britannique.

    Celle qui a coréalisé l’étude ayant mené au rapport Favoriser la cohésion communautaire dans un contexte de diversité (2020) note toutefois que ces espaces se retrouvent souvent dans les centres-villes, ce qui complique l’accès pour certaines personnes – notamment les personnes immigrantes qui n’ont pas forcément de voiture. «Ces défis peuvent vraiment entraver le développement d’un sentiment d’appartenance», observe-t-elle.

    Des définitions identitaires «inclusives»

    Kimberly Jean Pharuns, nouvelle directrice de l’immigration francophone à la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, a pour sa part souligné que «le principe de par et pour est très important pour les communautés francophones […] La question qu’il faut se poser c’est : est-ce que ce principe de par et pour comprend les personnes issues de l’immigration et de la diversité?»

    «La définition identitaire des communautés francophones n’est pas toujours inclusive, ce qui contribue à ce que les personnes issues de l’immigration n’aient pas nécessairement un sentiment d’appartenance à leur communauté», a enchainé Mme Jean Pharuns. Elle-même immigrante, elle s’identifie comme «fière Franco-Ontarienne justement parce que je me sens incluse dans la définition de Franco-Ontarienne, avec les spécificités de ma personne et de mon bagage».

    «La cohésion communautaire doit être l’affaire de tous et le fruit d’un travail collaboratif. Ça nécessite un engagement individuel, personnel : ce projet de société requiert de chacun de l’empathie et une certaine tolérance à la vulnérabilité», a ajouté par la suite la panéliste.

    «Par exemple, l’ouverture à la diversité est un facteur important de cohésion communautaire, car elle facilite la participation sociale. Mais cette ouverture peut causer un sentiment de vulnérabilité et, à mon avis, les communautés francophones ont besoin d’un modèle social qui reconnait et aborde cette vulnérabilité. Un modèle basé à la fois sur l’acquisition de compétences interculturelles, mais également sur des principes d’humilité culturelle», a-t-elle conclu en mentionnant comme exemple à suivre l’Initiative des communautés francophones accueillantes.

    Le panéliste Ibrahima Diallo, professeur titulaire à l’Université de Saint-Boniface, a été l’un des premiers immigrants francophones de l’Afrique subsaharienne à s’installer à Winnipeg, au Manitoba, en 1984. Il a donc été témoin de près de 30 ans d’évolution au sein de la francophonie canadienne.

    «Les communautés d’accueil ont été, à un certain moment, contraintes de s’ouvrir […] Aujourd’hui, il y a des ingrédients qui sont là qui nous permettent de construire notre avenir en commun, lié par la langue et dans la diversité. Ce n’est pas incompatible», a-t-il assuré.

    Il a enchainé en identifiant qu’«attirer et retenir, c’est un élément fondamental; il ne faut pas amener des gens ici, qui ont des tas de qualifications, et les jeter à la merci des organismes professionnels et leur dire “épanouissez-vous”. Il faut qu’on leur laisse de la place pour comprendre la communauté d’accueil et contribuer».

    Pour y arriver, la chercheuse Suzanne Huot invite à «éviter la dynamique TLM: toujours les mêmes. On doit vraiment agrandir les voix qui sont incluses aux tables décisionnelles».

    Aller vers l’autre

    Les communautés francophones étant aussi uniques et diverses que ceux qui les composent, les experts avertissent qu’il sera impossible de développer une «recette unique», mais que favoriser la cohésion sociale dans un contexte de diversité passera plutôt par des modèles flexibles et adaptables.

    «Comment est-ce qu’on peut délibérément participer à ce projet de communauté qu’est la communauté francophone? […] Il faut que la communauté comme telle soit au centre de l’action, c’est-à-dire que ses membres doivent coapprendre pour cocréer cette cohésion communautaire», suggère Kimberly Jean Pharuns.

    Et pour y arriver, la professeure de l’Université Sainte-Anne, Judith Patouma, suggère de mettre en place des structures pérennes, comme des centres de rencontre qui pourront accueillir des activités diverses. «Par exemple, il y a différentes communautés dans la région de Clare, mais je ne les vois pas souvent parce qu’il n’y a pas ces activités de rencontre de manière régulière», souligne-t-elle.

    «Je préconiserais aussi cette volonté d’intégrer les immigrants, mais aussi d’aller vers les immigrants, ne pas juste attendre qu’ils viennent parce qu’ils sont déjà en terrain inconnu. Ces structures d’accueil permettant d’aller vers l’autre seraient vraiment bénéfiques en milieu minoritaire et surtout au niveau rural», ajoute la professeure agrégée au Département des sciences de l’éducation, elle-même immigrante.

    Enfin, les panélistes n’ont pu passer sous silence l’aspect économique.

    «Le système canadien est très compliqué : nous avons un gouvernement fédéral qui donne de l’argent à des provinces, et ces provinces font ce qu’elles veulent. Pour développer des institutions, projets et autres, ce qui se passe c’est qu’il n’y a pas de clauses linguistiques associées au financement, ce qui fait que des institutions sont en train de péricliter. On ne peut pas avoir des communautés immigrantes qui s’épanouissent si la communauté d’accueil périclite», a martelé Ibrahima Diallo.

    Le professeur dit espérer que la modernisation de la Loi sur les langues officielles clarifiera les niveaux de gouvernance, car «les communautés francophones sont extrêmement fragiles […] Avec un changement de gouvernement, le sort des communautés francophones peut basculer dans un abime. On ne pèse pas lourd sur l’échiquier national».

  • En matière de défense, l’avenir est morose pour le Canada

    En matière de défense, l’avenir est morose pour le Canada

    Commençons par réaffirmer l’évidence: le Canada est une puissance militaire faible et la défense de son territoire repose entièrement sur un système d’alliances en trois axes, soit une alliance avec notre voisin du Sud, une entente avec l’OTAN et une coopération, principalement en matière de renseignements, avec l’Alliance des Cinq yeux (Five Eyes), qui rassemble l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis.

    Dans tous les cas de figure, le Canada se trouve dans une relation de dépendance asymétrique en raison, d’une part, de la présence de grandes puissances dans nos alliances, et d’autres part, du faible investissement en matière de défense et politique étrangère au Canada.

    Et le nouvel accord de sécurité dans la zone indopacifique (AUKUS), récemment signé entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, n’est certainement pas une bonne nouvelle.

    Qu’est-ce que l’AUKUS?

    Il s’agit d’un partenariat de sécurité signé entre les trois États précités qui vise à renforcer la coopération dans les domaines militaire, industriel et technologique afin de faire contrepoids à la Chine dans la région indopacifique. Les négociations — secrètes — ont été finalisées en marge du sommet du G7 en Cornouailles en juin 2021.

    La première victime collatérale de cet accord est la France. Après une promesse faite par Joe Biden au premier ministre australien de livrer des sous-marins nucléaires, la France a vu son contrat de construction et de livraison de sous-marins à l’Australie tout bonnement annulé, après cinq années de travail commun.

    Cet affront diplomatique a provoqué le rappel des ambassadeurs français de Canberra et de Washington pendant quelques jours. Du jamais vu dans le monde occidental!

    La deuxième victime collatérale est l’Union européenne (UE), qui a rendu publique sa Stratégie de coopération dans la région indopacifique le lendemain de l’annonce de l’AUKUS.

    Peine perdue, la stratégie devra être revue de fond en comble étant donné la mise à l’écart de la France, seule puissance nucléaire de l’UE et seule puissance européenne du Pacifique. Rappelons que la France y dispose de territoires, de quelque 1,6 million de citoyens et d’une présence militaire non négligeable (8 300 militaires).

    Conclusion, la France se retrouve particulièrement dépendante des partenariats stratégiques avec l’Inde, l’autre poids lourd de la région.

    Le problème est que l’Inde, si elle est prête à renforcer ses liens avec la France, ne souhaite pas mettre en péril ses relations avec les autres membres du «Quad» (États-Unis, Australie et Japon).

    En d’autres termes, on assiste à une multiplication des alliances et partenariats dans la région qui ressemble fortement à un sauve-qui-peut. Tout cela s’expliquant par le fait que les Américains se sont empêtrés et embourbés en Afghanistan et en Irak pendant vingt ans, laissant ainsi à la Chine tout le loisir de développer ses capacités militaires.

    Au réveil brutal succèdent la stupeur et des actions tous azimuts contreproductives, alors qu’il faudrait de la coordination.

    Et le Canada dans tout cela? 

    Notre pays apparait aux abonnés absents. Interrogé sur le nouvel accord AUKUS lors des derniers jours de la campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau a minimisé l’affaire. Selon lui, c’est une affaire de sous-marins, rien de plus, et cela ne nous concerne pas.

    Nuançons l’optimisme ou la naïveté de Justin Trudeau et permettons-nous de faire une lecture tout à fait différente de la situation.

    Tout d’abord, le Canada est un pays pacifique qui ne peut se désintéresser de ce qui se passe dans cette région. Ensuite, les dernières années ont montré que le Canada était extrêmement vulnérable face à la Chine et que l’allié américain s’avérait bien incertain quand il s’agit de nous épauler.

    Nous l’avons vu avec la crise des deux Michael, qui ont croupi dans les geôles chinoises pendant près de trois ans avant que Washington ne se décide à agir. Il faut dire que le Canada n’est pas non plus un allié très fiable quand il s’agit de contrecarrer les volontés dominatrices de Pékin.

    Le Canada, par exemple, n’a toujours pas interdit à la compagnie chinoise Huawei de participer à la construction du réseau 5G, malgré les avis unanimes des experts sur le danger que cela représente pour notre sécurité nationale. Dans ces conditions, on peut se demander si le Canada ne va pas se faire sortir du Groupe des Cinq yeux.

    Par ailleurs, il est quand même plus que surprenant que le gouvernement canadien, qui n’a pas été mis au courant de l’AUKUS, ne se soit pas offusqué de cette entente conclue derrière son dos.

    Revoir notre politique de défense

    Même si Ottawa n’a pas l’intention d’acquérir des sous-marins nucléaires, le Canada aurait pu être consulté. Surtout dans un contexte où l’acquisition de sous-marins conventionnels demeure un sujet qui traine, mais urgent afin d’assoir notre souveraineté, dans la région arctique notamment.

    Selon le gouvernement, les «sous-marins canadiens [au nombre de 4] constituent un volet important de la relation stratégique avec les États-Unis et l’OTAN». On voit là encore une erreur d’appréciation des enjeux géostratégiques actuels et futurs. Le Canada mise beaucoup trop sur l’OTAN, à qui l’AUKUS vient de donner le dernier coup de grâce.

    Si le président Macron avait déjà raison en 2019 de déclarer l’OTAN en état de «mort cérébrale», les États européens viennent de le réaliser et savent désormais qu’il faudra bien s’attacher à construire une défense européenne indépendante. Ils rechignent à le faire depuis 60 ans, mais les faits sont têtus et ils viennent d’être mis au pied du mur.

    À moyen terme, le Canada ne pourra donc compter que sur les États-Unis qui, comme nous l’avons vu, font bien peu de cas de leur voisin du Nord. On ne peut qu’espérer maintenant que le futur ministre de la Défense du Canada s’attèle sérieusement à revoir la politique de défense de notre pays.

    Aurélie Lacassagne est politologue de formation et professeure invitée à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales (ÉSAPI) de l’Université d’Ottawa.

  • SNC promotes safe hunting practices

    SNC promotes safe hunting practices

    The South Nation Conservation Authority (SNC) allows limited hunting on the lands that it manages for wildlife and waterfowl conservation and also for recreation use and flood control monitoring of the South Nation River watershed. 

    More than 13,000 acres of community forest and wetlands are under SNC management and about 8500 acress of that territory is open for limited hunting at certain times of the year provided hunters have a valid permit to be there from the SNC. The $100 permit is available to resident hunters only. First Nations residents are not required to apply for the SNC permit if they are hunting for food, social, or ceremonial reasons.. 

    Anyone hunting on SNC properties must follow all hunting safety procedures to avoid accidental injury to themselves or to others. Anyone using a dog for hunting should make sure the dog wears a brightly-coloured blanket or T-shirt to make sure other hunters do not mistake the dog for a game animal. 

    To apply for the SNC permit phone toll-free to 1-877-984-2947 or go to www.nation.on.ca/recreation/hunting-and-trapping. Anyone who sees a suspected poaching incident or other violation on SNC property should call toll-free to the provincial tip line at 1-877-847-7667. 

  • Prescott-Russell community futures awards gala returns

    Prescott-Russell community futures awards gala returns

    The fifteenth edition of the Gala of Excellence will take place October 15 2022 at the Caledonia Community Hall in St-Bernardin in The Nation Municipality. The organizing committee is taking nominations now for the several categories of awards. 

    “The Gala of Excellence is an unmissable event that encourages and highlights businesses and entrepreneurs who contribute to the economic growth and prosperity of Prescott-Russell,” stated Luc Filion, committee chair. “It is a unique opportunity to introduce our local businesses and entrepreneurs to the region.” 

    Registration forms for nominations and for attending the event will be available January 2022 on the gala website. The Prescott-Russell Community Futures Corporation (PRCDC) launched the gala as a means of showcasing regional businesses and highlighting local economic initiatives. 

    The gala will feature 17 categories of awards, including young entrepreneur, new business, woman entrepreneur, and Entrepreneur of the Year. The awards list also includes five special categories: the Jury Award, the Inclusive Enterprise Award, the Emeritus Award, the Daniel Gigault Memorial Award, and the Excellence Award. 

    The list of finalists in all categories will be announced in June 2022 and the winners presented during the gala October 15 2022. 

  • Chef de file d’une agriculture de proximité

    Chef de file d’une agriculture de proximité

    «Notre but est de créer un écosystème sur plusieurs années et qui se construit au fil du temps.  On a choisi des plantes de façon judicieuses», explique Wen Rolland, concepteur des plans et associé à l’organisme Patience et fruits qui a contribué à hauteur de 6 500$.  

    Lors de l’inauguration du 1er octobre dernier, réalisée en présence du maire Tom Arnold, de partenaires financiers tels Mikael Rosen de Arbres Canada et Joël Myre de Pétrole Campbell de Hawkesbury, une cérémonie a été célébrée par Gabriel Garcia, un artiste d’origine mexicaine. Il a remercié avec musique et danse les gardiens des 4 points cardinaux pour cette abondance. D’ailleurs, les terres près de la rivière Rouge sont les vestiges de lieux de rassemblements fréquentés par les peuples autochtones. 

    Favorisant les liens sociaux, cette pratique, de plus en plus en vogue, est l’idée de la jeune Miriam Richer, inspectrice en environnement, qui a su y mettre tout son cœur et rassembler les sommes nécessaires afin que le projet de forêt nourricière puisse voir le jour. «C’est important de montrer aux prochaines générations les rudiments.  C’est un échange de connaissances entre les plus vieux et les plus jeunes» d’avancer Mme Richer, qui pour l’occasion s’était entouré de bénévoles ainsi que d’enseignants et d’élèves provenant du Séminaire du Sacré-Cœur. Tout en étant une source d’aide précieuse, ces personnes apprennent les rudiments du jardinage et les bienfaits de l’entraide à la collectivité. D’ailleurs, l’enseignant en science, Philippe Bélair, citoyen de Grenville-sur-la-Rouge, voit le concept d’un bon œil pour la ville et ses élèves. Il fait lui-même un projet d’hydroponie, un circuit de culture sans terre, écologique dans le cadre d’un de ses cours de science. «Dans les deux cas, l’idée c’est de fournir de la nourriture!», évoque-t-il. 

    Depuis la première phase au printemps dernier, les organisateurs ainsi que les bénévoles identifient les plantes qui sont comestibles et les moments de récolte pour chacun d’entre eux.  Lors de la récolte, on préconise aussi de faire de la cuisine communautaire aidant ainsi à rassembler les citoyens, dont les nouveaux arrivants, et développer un sentiment fort d’appartenance.   

    En plus de l’organisme Patience et fruits, ce projet a été financé par la députée provinciale Agnès Grondin (3000$), Arbres Canada (3500$) et la Ville de Grenville-sur-la-Rouge (3000$). 

  • Service gratuit pour ménage à revenu modeste

    Service gratuit pour ménage à revenu modeste

    Éconologis comporte deux volets. Ce sont d’abord des conseils pratiques pour économiser en matière de chauffage et d’électricité en réalisant des travaux légers pour faire face à l’hiver, comme le calfeutrage de fenêtre, l’installation de coupe-froid, l’isolation de prise électrique.  Le deuxième volet est des services en efficacité énergétique en prévoyant le remplacement de thermostats mécaniques pour des électroniques, programmables ou non, sous certaines conditions.  

    Pour bénéficier du programme Éconologis, le participant doit respecter les seuils de revenus avant impôt. Pour le volet 2, il doit également recevoir une facture d’énergie pour le chauffage de son domicile. Aucun occupant du logement ne doit avoir reçu la visite d’un conseiller dans le cadre du programme Éconologis ou d’un programme de même nature géré par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, et ce, au cours des cinq dernières années ou des trois dernières années s’il a déménagé. 

    Pour obtenir plus d’information sur les critères d’admissibilité et prendre rendez-vous avec un conseiller, communiquez avec Expertbâtiment au 1-844-303-7333 ou appelez le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles au 1 866 266-0008. Tous les détails du programme sont accessibles sur Québec.ca/econologis.  

    Éconologis est un programme saisonnier offert d’octobre à mars qui permet d’obtenir des conseils personnalisés et des produits liés à l’efficacité énergétique à la maison, peu importe la forme d’énergie utilisée. Expertbâtiment est une entreprise familiale qui a pour mission d’offrir tous les services spécialisés pour garantir des bâtiments sains et sécuritaires. 

  • De surprenants mannequins intelligents

    De surprenants mannequins intelligents

    La covid-19 qui a rendu inaccessible plusieurs milieux de stage frappés par de multiples éclosions a eu des incidences sur la formation offerte par le centre lachutois explique le directeur Stéphane Laurence lors d’une présentation officielle de Mme Côté et M. Tremblay, amicalement prénommés, jeudi dernier. L’acquisition de ces deux mannequins au coût de 100 000 dollars permettra de pallier à ces manquements et aussi, espère-t-il, attirer davantage de clientèle à Lachute et Saint-Janvier, leurs deux points de service.   

      De concert avec la nouvelle agente de développement (ancienne élève et enseignante en Santé, assistance et soins infirmiers du centre), Carole Diotte, l’équipe du CFP Performance Plus espère améliorer leur offre de formation avec ces mannequins surprenants.  Bien que ce ne soit pas les plus optimisés, ils répondent à toutes les demandes reliées aux programmes professionnels, assure-t-on.  Parmi la multitude de fonctionnalités, il est possible de prendre des signes vitaux, dont le pouls, donner de l’oxygène, effectuer des tests de glycémie, installer des sondes, effectuer des prises de sang, pratiquer des gavages, effectuer des électrocardiogrammes et procéder aux mesures d’urgence en cas d’arrêt cardiaque.  «C’est à s’y méprendre avec un humain!», lance le directeur visiblement fier de son acquisition auprès de l’entreprise GAMMAR, qui assurera aussi l’entretien.  On dit même que les pupilles sont rétractables, selon le type de pathologie et que la langue gonfle lors de symptômes d’allergie.  

    «C’est la première fois que j’interagis avec eux.  C’est vraiment génial d’avoir accès à une technologie comme celle-là», soutient Maude Provencher, une élève en Santé et soins infirmiers, de retour sur les bancs d’écoles après 7 ans comme préposées.  Cette dernière a procédé à une démonstration avec les mannequins parlants. 

     Le centre, qui en est à ses balbutiements avec les nouveaux arrivants, aspire à créer une vraie chambre d’hôpital avec ses charriots de médicaments ainsi qu’avec une salle de régie, style District 31, pour les enseignants.  D’ici là, l’équipe pourra créer divers scénarios à mettre en scène avec les élèves afin qu’ils soient directement en interaction avec eux à partir de micro-casque. Tout comme en stage où les élèves doivent s’occuper de deux patients à la fois, les mannequins permettront les jeux de rôles et définir les soins qui sont à prioriser en créant un contexte réel de travail. 

    Bien que des noms aient été donnés, les deux mannequins possèdent les deux sexes. Des changements au niveau des bruits de respiration et la possibilité de détecter des masses cancérogènes sont d’autres possibilités avec ces nouveaux résidents, bien particulier.  

  • Stationnement hivernal pour la pêche sur glace

    Stationnement hivernal pour la pêche sur glace

    La municipalité de la Nation confirmera une entente avec le propriétaire d’une propriété privée située au 983, route 650, près de Casselman, afin de fournir un espace de stationnement temporaire pendant la saison de pêche sur glace de cette année, pour quiconque veut aller pêcher sur la rivière Nation Sud adjacente. Le coût de l’entente de location pour la municipalité sera de 150$ par mois, pour une période de trois mois. 

    Le site de stationnement temporaire sera réservé aux véhicules et non aux cabanes de pêche sur glace. Le personnel municipal installera un panneau bilingue indiquant que tous les pêcheurs à la ligne qui utilisent l’aire de stationnement pour leurs véhicules le font à leurs propres risques, car aucune sécurité ne sera assurée sur le site contre le vandalisme ou le vol potentiel des véhicules.