Catégorie : Autres – Others

  • Pourra-t-on voter en français aux élections fédérales?

    Pourra-t-on voter en français aux élections fédérales?

    Un service proactif en français sera offert dans les bureaux de vote à l’ensemble du pays, assure Marie-France Kenny, la conseillère régionale en relations médias d’Élection Canada.

    Dès votre arrivée des électeurs au bureau de scrutin, Élections Canada assure que l’offre active bilingue sera respectée. Autrement dit, vous allez être salué en anglais ainsi qu’en français. De plus, toutes les affiches que vous allez croiser sur votre passage seront écrites dans les deux langues officielles.

    Lorsque vous allez rencontrer le préposé au scrutin, vous devez lui spécifier que vous parlez en français et que vous voulez recevoir les instructions en français.

    Si aucun employé bilingue n’est présent, Marie-France Kenny explique qu’il y aura une solution: «On va appeler à un numéro pour vous. Un fonctionnaire fédéral va vous répondre en français.» Au téléphone, il va vous expliquer la même démarche à suivre que celle qu’il communiquerait en présentiel.

    Si le téléphone n’est pas disponible, Marie-France Kenny indique que le personnel va vous remettre un carton d’instruction. Celui-ci va vous permettre d’avoir «toute l’information dont vous avez besoin» pour bien comprendre la procédure de vote.

    Andréanne Laporte, gestionnaire et Affaires publiques du Commissariat aux langues officielles, souligne qu’il existe «le droit de recevoir des services dans la langue officielle de votre choix à chaque étape du processus de vote». Cela s’applique à tous les moyens de voter, c’est-à-dire par anticipation, par la poste ou en personne le jour du scrutin.

    Le défi du recrutement

    Chaque élection fédérale, Élections Canada est toujours confronté au même défi en Alberta. Celui de «recruter de la main-d’œuvre bilingue pour travailler pendant les élections».

    Marie-France Kenny explique que les personnes qui s’expriment dans les deux langues officielles du pays sont très prisées dans les provinces majoritairement anglophones et que, souvent, elles sont indisponibles lors de la période électorale.

    Elle précise néanmoins que Élections Canada fait son possible afin de recruter des francophones et francophiles. Par exemple, en Alberta, un agent de recrutement travaille en collaboration notamment avec Accès-emploi pour pourvoir ces postes temporaires. Des citoyens canadiens de 16 ans et plus sont engagés.

    Sensibilisé aux droits linguistiques

    Avant le début de l’emploi, tous les futurs préposés au scrutin reçoivent une formation de trois heures durant laquelle la question des droits linguistiques est abordée. «Ce volet explique le droit des citoyens de voter dans la langue officielle de leur choix et indique comment s’acquitter des obligations à cet égard», relate Marie-France Kenny.

    Elle affirme que les préposés au scrutin anglophone sont sensibilisés aux droits linguistiques des francophones habitant dans les provinces où le français est la langue minoritaire.

    «On s’assure ainsi qu’on offre une forme ou une autre de service en français aux électeurs, c’est-à-dire soit en personne ou par téléphone ou par écrit», déclare Marie-France Kenny.

    Les ratés de la dernière élection

    À la suite des élections fédérales de 2019, cinq plaintes provenant de l’Alberta ont été déposées au Commissariat aux langues officielles en raison de l’absence du service en français offert dans les bureaux de scrutin.

    Le Commissariat a traité rapidement trois d’entre elles et les deux autres font toujours l’objet d’une enquête formelle. «Le secret des enquêtes nous empêche de les commenter», justifie Andréanne Laporte.

    La rédaction du Franco a pu s’entretenir avec l’un de ces plaignants. Il se remémore notamment qu’aucun employé ne l’a salué dans les deux langues officielles et qu’aucune alternative en français ne lui a été proposée lorsqu’il a demandé à être servi dans sa langue maternelle.

  • Recruter, retenir, réinvestir : l’Ontario français attend beaucoup du prochain gouvernement

    Recruter, retenir, réinvestir : l’Ontario français attend beaucoup du prochain gouvernement

    L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) rapporte que la province compte 55 % des organismes communautaires francophones à l’extérieur du Québec, alors que seulement 23% de l’enveloppe fédérale leur est destinée.

    Le président de l’AFO, Carol Jolin, affirme que le fédéral doit augmenter les fonds fédéraux destinés à la francophonie ontarienne, et ce, sans pénaliser les autres provinces.

    «On veut qu’il y ait définitivement une hausse pour permettre à nos organisations qui ne reçoivent pas de financement […] d’être capables d’aller chercher du financement pour pouvoir faire leur travail. Comme c’est là, ils fonctionnent à bout de bras [avec] du bénévolat et c’est très limité dans les actions qu’ils peuvent faire au sein de la communauté, faute de financement», précise le président de l’AFO.

    Selon les chiffres présentés sur le site Web de l’organisme, «dans l’entente Canada-Ontario pour les services en français, l’Ontario reçoit 2,78$ par francophone, comparativement à 7,31$ pour le Nouveau-Brunswick et 35,71$ pour le Manitoba.»

    «Ce qu’on demande comme engagement aux partis politiques et aux candidats, candidates, précise Carol Jolin, c’est de s’engager à travailler avec l’AFO à établir une plus grande équité en Ontario pour le financement en matière de langues officielles et ce, sans enlever de fonds aux autres provinces. Donc ce n’est pas de prendre à Pierre pour donner à Jean ; on veut qu’il y ait de l’argent qui soit réinvesti.»

    Le financement des organismes communautaires à but non lucratif affecte aussi les nouveaux arrivants francophones de la province: «Très souvent, ces gens-là vont mettre sur pied des organisations sans but lucratif, mais ne seront pas capables d’aller chercher du financement autre que par des projets – et encore là, l’enveloppe pour les projets est très limitée.»

    L’immigration, solution à la pénurie de main-d’œuvre

    En 2012, l’Ontario a établi sa cible d’immigrants francophones à 5 % par année. Un objectif qui n’a encore jamais été atteint, mais qui est crucial pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre selon le président de la Société économique de l’Ontario (SÉO), Denis Laframboise.

    «On ne fait pas assez d’efforts pour aller chercher et accueillir des immigrants francophones», déplore-t-il.

    La SÉO, dont les priorités sont l’employabilité et l’immigration économique, identifie des besoins criants dans l’industrie forestière, l’industrie minière et la restauration.

    Pour pourvoir les postes vacants, Denis Laframboise aspire à une meilleure collaboration du fédéral dans le recrutement de main-d’œuvre qualifiée à l’étranger.

    «Ce qu’on fait, nous, avec le gouvernement, c’est qu’on va en France, on va rencontrer des immigrants, mais il faudrait peut-être aller dans d’autres pays francophones, comme en Afrique. Il y a beaucoup de gens qui y travaillent dans les mines, dans la foresterie. Ce sont ces gens-là qu’on devrait aller rencontrer et inciter à venir s’établir au Canada», indique-t-il en exemple.

    Carol Jolin croit pour sa part que la cible fédérale en immigration francophone à l’extérieur du Québec, établie à 4,4%, pourrait dépasser celle de l’Ontario.

    «C’est important de viser plus haut pour qu’on puisse garder notre poids démographique et qu’on puisse maintenir les services en français qu’on a, et même les améliorer […] Il n’y a pas de pourcentage magique, mais je n’aurais pas de problème à dire qu’il faut viser 6%, 7% au moins dans les prochaines années pour qu’on puisse se rattraper.»

    À partir des données du recensement de 2016 et en appliquant la définition inclusive de francophone (DIF) adoptée en 2009, le nombre de francophones en Ontario s’établit à 622 000 personnes, dont 16,4% sont nées à l’extérieur du Canada.

    Éducation postsecondaire

    Au printemps dernier, l’Université Laurentienne de Sudbury, qui s’était placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), a annoncé l’abolition de 69 programmes, dont 24 en français.

    Dans la foulée, l’établissement a également annoncé le démantèlement de la Fédération Laurentienne, mettant en péril l’avenir de l’Université de Sudbury, qui avait annoncé son intention de devenir un établissement entièrement francophone quelques semaines plus tôt.

    La situation a amené l’AFO à demander aux divers partis fédéraux un appui public au «projet de transformation de l’Université de Sudbury en université de langue française» et de bonifier les transferts fédéraux pour le postsecondaire provenant du Programme des langues officielles dans l’enseignement (PLOE).

    «C’est une situation qui doit être adressée le plus rapidement possible parce que les universités un peu partout au pays en arrachent, encore plus du côté francophone hors Québec. Il faut adresser cette situation-là parce qu’on risque de voir d’autres Laurentian University arriver», insiste Carol Jolin.

    Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, faisait d’ailleurs remarquer dans son rapport annuel 2020-2021 que «Programme des langues officielles en enseignement n’a, pour sa part, pas augmenté depuis 2009».

    Les attentes de l’AFO envers le parti qui prendra le pouvoir le 20 septembre sont donc élevées en matière de financement de l’éducation postsecondaire en français.

    «Avant les élections, [la ministre] Joly a mis 5 millions$ de côté pour pouvoir travailler dans le dossier de l’Université de Sudbury. Et, quelques semaines avant les élections, il y a un 121 millions$ qui a été annoncé pour le postsecondaire et [le gouvernement] a précisé de quelle façon il devrait être utilisé. Le message était très clair: c’était pour des projets qui visaient de l’éducation postsecondaire par et pour les francophones», ajoute Carol Jolin.

    La modernisation de la Loi sur les langues officielles

    L’Ontario français ne fait pas exception ; tout comme au niveau national, l’adoption d’un projet de loi modernisant la Loi sur les langues officielles est des plus urgente.

    Le président de la SÉO, Denis Laframboise, considère que les francophones ont suffisamment attendu. «Ça fait longtemps qu’on nous promet que ça va être fait, mais on est rendus dans un cul-de-sac […] J’espère qu’après les élections, le parti qui prendra le pouvoir va pouvoir rapidement développer ce dossier-là.»

    L’Assemblée de la francophonie propose, quant à elle, un ajout au projet de loi qui a été déposé le 16 juin dernier. 

    «Une chose qu’on a ajoutée récemment, et c’est dans tout le respect des trois peuples qui ont bâti le Canada, et puis dans un esprit de réconciliation, on suggère que la Loi sur les langues officielles propose une alternance francophone, anglophone, Autochtone pour la nomination d’un gouverneur général, et que le gouverneur ou la gouverneure doive maitriser l’anglais et le français à l’instar de la proposition qu’on a pour les juges de la Cour suprême», précise le président de l’AFO.

  • Dans l’Est ontarien, une ferme cultive des fruits hors du commun

    Dans l’Est ontarien, une ferme cultive des fruits hors du commun

    À la ferme Les Fruits du Poirier achetée en 2008, il y a 24 acres en culture sur 58. On y cultive et récolte des camerises, desframboises (noires, pourpres, jaunes et rouges), des amélanchiers, des groseilles, des cassis, des gadelles, des casseilles (jostaberry), des aronias, des raisins, des mûres, des kiwis nordiques, des pommes, des poires, des prunes et des argousiers.

    Le seul intrus qui ne fait pas partie des fruits à la ferme, c’est l’asperge, qui est récoltée en début de saison. Pour Robert Poirier, il est important de se démarquer des autres et de ce qui se fait déjà sur le marché : «Nous autres, on produit des fruits que tu ne trouves pas en épicerie.»

    Oubliez les fraises et les bleuets, dira-t-il, trop de gens en offrent et le marché est saturé, selon lui.

    Le départ

    Robert explique avoir acheté cette ancienne ferme laitière et écurie après de nombreuses recherches, car la propriété correspondait à ses besoins.

    « Je voulais changer de carrière et faire quelque chose avec la terre. J’ai toujours été actif dans ma vie. Je me suis acheté une terre pour m’acheter un peu de travail. Il y a bien du monde qui m’a dit : “Robert, tu veux devenir fermier, assieds-toi et attends que ça se passe”. Quelquefois, j’aurais dû mieux écouter !» s’exclame l’homme, tout de même passionné.

    Robert Poirier est ingénieur à Vaudreuil, pour les grandes usines en efficacité énergétique et réduction des gaz à effet de serre, en plus de gérer sa ferme.

    «Je travaille encore, c’est pas fini, c’est ça qui paye la ferme. J’ai investi à peu près comme 400 000 dollars. J’ai acheté des arbres et des plants. Ça ne parait pas, mais quand tu plantes quelque chose, il faut préparer, donc il faut acheter du fumier, du plastique, des poteaux, des fils […] il y a beaucoup d’argent qui rentre avant de commencer à faire une piastre !»

    Permaculture

    Ici, le principe de permaculture prévaut et les techniques utilisées en production biologique sont toujours privilégiées afin de se diriger de nouveau vers une certification biologique officielle.

    «On n’utilise pas de pesticides ou insecticides. J’avais un champ de framboises rouges et à un moment donné, une maladie est arrivée. Je regardais ce qu’il fallait mettre là [le produit pour contrer la maladie] et j’ai dit “ah non, on scrappe le champ”», assure-t-il.

    Désormais, il plante ses arbustes et arbres fruitiers en alternance afin de défaire les concentrations d’une seule variété et espèce dans les champs. Il y a même quelques ruches qui ont été installées sur la ferme et que Robert Poirier entretient lui-même, avec le souci d’un environnement sain.

    Certains champs offrent déjà un beau spectacle et permettent de voir un pommier, un prunier, un aronia, un poirier, tous dans la même rangée en alternance. Toutefois, organiser ses cultures ainsi amène des inconvénients.

    Par exemple, l’espace à couvrir par ses employés et cueilleurs est plus grand pour la récolte d’un seul et même fruit lorsqu’il vient à maturité. Qu’à cela ne tienne, l’agriculteur préfère miser sur le principe de permaculture et la santé de ses plants plutôt que la rentabilité à tout prix.

    Il a d’ailleurs une équipe de dix employés de la région, embauchés de mai à septembre, en plus d’avoir son cuisinier.

    «Pour écouler nos fruits, on a ici une cuisine commerciale qui est approuvée par le Bureau de santé de l’est de l’Ontario. On fait des tartes, du jus, du cuir de camerises, des confitures, de la tartinade, du chutney, et de la gelée de camerises épicée», observe Robert Poirier.

    Ce sont tous des produits que les clients peuvent se procurer sur place ou dans les marchés que le fermier visite.

    La saison 2021

    Cette année, la sécheresse de l’été aura forcé l’équipe à irriguer presque tous les jours les arbustes fruitiers et les plants. Le producteur n’a pas manqué d’eau, mais ses trois lacs ont été grandement mis à contribution.

    Par ailleurs, c’est davantage le printemps qui a fait des dommages à la ferme Les Fruits du Poirier. «Les gels du mois de mai ont été désastreux. On a perdu 93% de nos raisins», précise celui qui confie qu’en temps normal «les raisins je ne saurais pas où les mettre !»

    Malgré tout, le reste de la saison s’annonce bon et les framboises jaunes arrivent justes à point en ce moment. Une bonne occasion de découvrir de nouveaux fruits.

  • Bilan de la campagne et des débats pour la francophonie canadienne

    Bilan de la campagne et des débats pour la francophonie canadienne

    Les grands perdants du débat en français du 8 septembre sont les francophones hors Québec, qui s’attendaient à juste titre à des précisions sur des questions d’importance pour eux.

    Le libellé des questions appelait dans bien des cas à des réponses axées sur une seule province, le Québec, alors que la portée du débat est censée être nationale.

    Les chefs sont aussi à pointer du doigt, ayant abordé les enjeux nationaux dans une perspective québécocentrée. Ce faisant, ils ont manqué occasion après occasion de rejoindre les francophones d’un bout à l’autre du pays.

    La lentille franco-canadienne laissée pour compte

    Un thème largement couvert lors de cette soirée a été celui des garderies, alors qu’il y a actuellement une pénurie de places en français dans les services de garde à travers le Canada.

    Le Québec n’est pas la seule province à avoir signé un accord avec Ottawa pour la création de places en garderie à 10$ par jour d’ici 2024. Il aurait été pertinent d’entendre les chefs sur les façons d’assurer que les francophones ne soient pas laissés pour compte dans la mise en œuvre de ces ententes, ou encore à savoir comment un crédit d’impôt permettrait de répondre à cette problématique.

    Les défis concernant le manque de main-d’œuvre ont aussi fait l’objet de discussion. Aucune piste de solution pour les francophones n’a toutefois été soulevée, même si plusieurs secteurs-clés pour la vitalité des communautés francophones ont d’importants besoins, notamment en éducation.

    L’immigration a été mentionnée par plusieurs chefs comme une solution possible au manque de main-d’œuvre, mais pas un mot sur son importance pour les communautés francophones, alors que la cible de 4,4% d’immigration francophone hors Québec arrive à échéance en 2023 et est loin d’être atteinte.

    Les chefs ont même répondu à la première question, concernant les résidences pour ainés, en centrant leur attention sur les CHSLD au Québec, alors que celle-ci avait été posée par une Acadienne de Dieppe au Nouveau-Brunswick.

    20 secondes pour les francophones hors Québec: trop peu, trop tard

    À la toute fin du débat, une question a finalement été posée au sujet des universités francophones en situation minoritaire, mais il ne restait que 20 secondes de parole à chacun des chefs.

    Bien entendu, c’était trop peu de temps pour formuler une réponse complète dépassant le stade des généralités. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada parle à juste titre de «tokénisme» de la part des organisateurs du débat.

    Le peu de temps alloué n’a pas permis, par exemple, de discuter des façons de veiller à ce que l’argent promis se rende réellement aux institutions lorsque des provinces réfractaires refusent de participer aux programmes de financement.

    Pourquoi ne pas avoir prévu une série de questions en rafale concernant la francophonie hors Québec? Des face-à-face? Un débat entre l’ensemble des chefs? Le manque de considération et la déconnexion du diffuseur public, Radio-Canada, envers les communautés francophones ont transparu encore une fois.

    En fin de compte, le débat officiel en français était davantage québécocentré que le face-à-face organisé par TVA le 2 septembre!

    Une autre occasion ratée au débat en anglais

    La Loi sur les langues officielles concerne l’ensemble de la population canadienne et une question sur le sujet aurait été bienvenue durant le débat en anglais du 9 septembre.

    L’enjeu a toutefois été ignoré par les organiseurs du débat.

    Yves-François Blanchet du Bloc Québécois a mentionné les communautés francophones et acadiennes, mais a immédiatement été ramené à l’ordre puisque le sujet n’était pas à l’agenda.

    Remplissez notre sondage: Si vous étiez élu premier ministre, quelle serait votre priorité et pourquoi?

    Un débat plus instructif à TVA

    Même si TVA n’a pas un mandat national, leur débat a permis d’en apprendre davantage sur les positions des partis concernant la francophonie canadienne. L’animateur Pierre Bruneau a notamment questionné les chefs à savoir s’ils étaient prêts à défendre les francophones, partout et en tout temps.

    Justin Trudeau et Erin O’Toole se sont tous deux engagés à déposer une mesure législative pour moderniser la Loi sur les langues officielles dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat. Le NPD et le Bloc ont aussi reconnu l’importance de l’enjeu.

    De bons coups… et de moins bons!

    Malgré ces ratés lors des débats, les enjeux francophones ont tout de même été abordés durant la campagne.

    Les libéraux ont un programme étoffé en la matière. Leur plateforme prévoit notamment d’appliquer en totalité les mesures législatives et administratives décrites dans le document de réforme déposé en février dernier par la ministre Joly.

    Celui-ci ouvre la voie à de multiples investissements dans le prochain Plan d’action pour les langues officielles.

    De plus, les libéraux promettent un financement annuel de base de 80 millions$ pour les institutions postsecondaires francophones, soit 50 millions de plus que la somme promise par les conservateurs.

    Le fait d’avoir aussi tardé dans ce dossier durant leurs six ans au pouvoir entache toutefois la crédibilité du parti.

    La plateforme conservatrice comprend également plusieurs engagements intéressants dans le dossier des langues officielles, notamment la création d’un tribunal administratif pour les manquements à la Loi. Il s’agit d’une mesure demandée par la FCFA et mise de côté par les libéraux.

    Un bémol important est que lors du débat de TVA, Erin O’Toole a précisé qu’il ne nommerait pas nécessairement que des juges bilingues à la Cour suprême, mais qu’il se contenterait d’un engagement à apprendre le français. On sait très bien que ceux qui respectent réellement un tel engagement après une nomination sont davantage l’exception que la norme.

    Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, semble être moins bien conseillé en matière de francophonie. Un moment embarrassant de la campagne a été son passage à l’Université de Sudbury, lorsqu’il a affiché une réticence au transfert des programmes de langue française de l’Université Laurentienne vers cette institution, allant ainsi à l’encontre de la volonté d’une gestion par et pour les francophones.

    La section sur les langues officielles de la plateforme néodémocrate est presque un copier-coller de celle de 2019. On a même oublié de mettre à jour le passage critiquant le bilan libéral après «quatre ans» de mandat, plutôt que six.

    M. Singh n’est pas le seul à avoir illustré un manque de compréhension des enjeux francophones. La cheffe verte, Annamie Paul, a parlé à deux reprises de l’importance d’une éducation bilingue hors Québec lors du débat du 8 septembre, alors que les communautés aspirent plutôt à un continuum en éducation complet en français.

    La plateforme du parti manque de détails pour se faire une idée d’en quoi consisterait une Loi sur les langues officielles modernisée sous leur leadeurship.

    Du côté du Bloc Québécois, on note une sensibilité à l’égard des communautés francophones et acadiennes depuis l’arrivée de M. Blanchet à la tête du parti.

    Lors du débat du 8 septembre, M. Blanchet s’est même dit être bien souvent «la seule voix pour les francophones hors Québec».

    Il ne faisait certainement pas allusion à ses multiples commentaires cherchant à discréditer le Programme de contestation judiciaire, qui a permis d’importantes avancées pour les droits des minorités francophones.

    Ce n’est pas au politique ni à l’institution qui gère ce programme de décider des causes à financer en matière de droits linguistiques ou de droits de la personne. Cela relève de deux comités d’experts indépendants.

    Prétendre le contraire consiste à induire en erreur le public et à politiser inutilement un programme d’une grande importance, qui a notamment permis de financer le recours qui a mené au maintien de l’hôpital Monfort et à faire avancer l’éducation en français à travers le pays.

    En définitive, les deux principaux partis ayant une chance réelle de l’emporter le 20 septembre prochain ont bien tenu compte des enjeux francophones dans l’élaboration de leur plateforme et ont quelque chose de pertinent à offrir, même si plusieurs précisions restent à apporter. Reste à voir s’ils livreront la marchandise une fois au pouvoir.

  • Jérémie vous dit 52 793 fois merci

    Jérémie vous dit 52 793 fois merci

    La pandémie et les mesures sanitaires auront forcé Mélanie Ladouceur et Sylvain Paradis, les parents de Jérémie et Gabrielle, a redoublé d’efforts pour poursuivre la mission de la fondation en créant un événement important tout en rassemblant moins les gens.  C’est 236 golfeurs qui ont participé à la journée sportive, sans formule shot gun et sans souper, en groupe de quatre.  Ils auraient pu croire que cette formule moins festive en aurait éloigné plusieurs, mais au contraire, ils ont fracassé des records en recueillant 17 000 dollars supplémentaires pour les jeunes de la région avec le support d’une trentaine de commanditaires. C’est exactement 52 793,88 dollars au cours de l’année 2020-2021 qui a été amassée, incluant le fameux don anonyme d’un chèque certifié de 7799$ reçu par la poste en décembre dernier. 

    «Je pense que nous sommes hyper transparents et que les gens le voient, tente d’expliquer Mélanie Ladouceur, qui travaille aussi à temps plein pour la Ville de Brownsburg-Chatham. L’histoire de Jérémie a touché beaucoup de monde à plusieurs degrés et les gens sont sensibles à notre cause.  Ça nous touche tellement de voir que tout le monde est encore en arrière de nous.»  

    Voilà déjà sept années que le couple à traverser la pire épreuve alors que leur fils a perdu la vie dans un tragique accident de côte à côte en 2014. «Cette fondation m’a sauvé, ajoute-t-elle. C’est un moyen pour nous de parler de Jérémie sans créer de malaise. Nous, on ne veut pas que les gens l’oublient.»  Mme Ladouceur était d’ailleurs touchée de voir que ses copains viennent toujours donner un coup de main bénévole lors de cette journée. 

    Créée voilà 4 ans, cette fondation vient en aide aux jeunes d’Argenteuil dans leur défi sportif. Le couple s’occupe personnellement de tous les achats, des inscriptions des enfants dans le besoin, de la comptabilité et des procès-verbaux de la Fondation.  Ils comptent toutefois sur la collaboration du Centre de pédiatrie sociale d’Argenteuil, des associations sportives, des intervenants d’organismes de la région et des enseignants du milieu pour choisir les jeunes qui ont besoin de leur soutien, qui peuvent autant être pour des enfants dans le besoin que pour des jeunes qui tentent de se tailler une place dans l’élite sportive.  Il est impératif pour Mélanie et Sylvain qu’une aide soit complète afin que les jeunes se sentent comme les autres enfants.  En effet, en plus de l’inscription dans un sport, le couple veille aussi à l’achat de l’équipement, du maillot de gymnastique aux équipements de hockey, des souliers à crampons jusqu’à la bouteille d’eau… «On veut que les jeunes se sentent comme les autres!», indique-t-elle. 

    Pour cette journée sportive du 11 septembre, en plus du golf, Stéphane Servant et Martin Tessier, deux cyclistes de Lachute, ont organisé une randonnée de 54 kilomètres entre Lachute et Saint-Placide avec 19 adeptes.  Environ 900$ ont été ajoutés à la cagnotte.  De son côté, Myriam Landry-Ladouceur, en collaboration avec le gym Crossfit de Lachute, a élaboré un parcours en lien avec le #99, relié au sportif Jérémie. C’est 23 personnes qui ont multiplié les squats et les chin-up au nombre du maillot mythique du jeune lachutois qui flotte toujours à l’aréna Kevin-Lowe-Pierre Pagé. 

    Le décès de ce dernier un 30 août et son anniversaire de naissance le 15 septembre vient s’inscrire dans les montagnes russes d’émotions du couple Paradis-Ladouceur.  «Samedi dernier a été merveilleux pour nous!  Ça fait 7 ans que Jérémie est parti et c’est toujours autant d’émotions : de la peine, de la joie et de la peine! Quand on voit ce support, on se dit que ça vaut la peine de continuer!» Jérémie fêterait son 20e anniversaire aujourd’hui (mercredi) et demeure à jamais dans le cœur de plusieurs petits sportifs d’ici, qui profiteront de votre générosité. 

  • Marc Bisaillon fait campagne pour le Parti libre Canada

    Marc Bisaillon fait campagne pour le Parti libre Canada

    «C’est un nouveau parti politique, a déclaré M. Bissaillon, lors d’une entrevue téléphonique. Un souffle d’air frais.» 

    M. Bissaillon, 49 ans, a passé sa jeunesse à Embrun, dans la municipalité de Russell. Il vit maintenant dans le canton de Hawkesbury Est, où il possède et exploite sa propre entreprise de conciergerie et d’entretien ménager, tout en travaillant à Hawkesbury comme responsable de l’entretien au Quality Inn. 

    «Nous avons traversé beaucoup de choses, a-t-il commenté. Je voulais donner à la population le droit de s’exprimer.» 

    Il a décidé de s’impliquer davantage dans la politique fédérale le mois dernier, après avoir passé la dernière année à décider quel parti il voulait représenter. Il a choisi de devenir un candidat du Parti libre Canada car «ils ont de grandes valeurs». 

    Le Parti libre Canada énumère quatre thèmes principaux de campagne sur son site Web, à l’adresse www.partilivrecanada.org, afin de créer «un mouvement canadien/mondial d’humains unis et bienveillants». 

    Ces thèmes sont : un climat social équilibré dans le respect de toute vie, la suspension immédiate de l’injection expérimentale de COVID-19 pour l’ensemble de la population, exiger d’urgence une enquête nationale indépendante et publique sur la gestion de la pandémie et la mise en place d’un processus pour une démocratie directe. 

    M. Bisaillon a énuméré plusieurs enjeux locaux clés pour les électeurs de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell. Il s’agit notamment de l’augmentation du nombre de logements à loyer modéré disponibles, des droits des femmes, du soutien au secteur agricole et de la protection de la faune. Il a également fait remarquer que le Parti libre Canada souhaite une augmentation de la pension de vieillesse par rapport au taux moyen actuel de 500 $ par mois. 

  • Le rapport d’intégrité met l’accent sur le conseiller Mario Laplante

    Le rapport d’intégrité met l’accent sur le conseiller Mario Laplante

    M. Lacombe a présenté son rapport au conseil à la fin du mois d’août. Le rapport portait sur des plaintes selon lesquelles le conseiller Laplante aurait fait preuve d’un manque de respect à l’égard de certains employés municipaux, aurait interféré avec les responsabilités normales de travail du personnel municipal, aurait abusé de son influence en tant que membre du conseil dans plusieurs dossiers municipaux, et aurait également omis de déclarer d’éventuels intérêts personnels ou pécuniaires qui le placeraient dans une situation de conflit d’intérêts potentiel sur certains dossiers du conseil.

  • Élections fédérales 2021: Quels sont les plans des parties en matière de logement?

    Élections fédérales 2021: Quels sont les plans des parties en matière de logement?

    Le prix moyen d’une maison au Canada est maintenant de 736 000$, contre 490 000$ l’an dernier. Sudbury a connu une hausse des prix d’environ 40%. Selon un sondage réalisé par la Banque Royale du Canada le 12 avril, 36% des Canadiens ont perdu espoir que leur rêve d’être propriétaire devienne un jour réalité.

    Le manque d’offres a créé un marché à l’avantage des vendeurs et a fait grimper les prix plus rapidement que les comptes d’épargne des jeunes adultes.

    Les Canadiens doivent payer beaucoup plus que ce qu’ils avaient budgété pour le même produit ou doivent maintenant se contenter de moins. S’ils ont la chance de trouver une résidence intéressante, ils feront probablement face à une enchère qui fera augmenter davantage le prix.

    Le logement en politique

    Tous les grands partis ont proposé leur solution pour faire face à la crise des prix et de l’offre s’ils sont élus. Comment départager les bonnes des mauvaises idées et qui a le meilleur plan?

    «La réponse à ces questions n’est pas aussi simple que les gens pourraient le penser. La vraie réponse est qu’il n’y a pas de gagnant clair», souligne le président de l’Ontario Real Estate Association, David Oikle.

    Bien qu’il comprenne la situation à laquelle font face plusieurs Canadiens, il reste optimiste. «C’est une très bonne chose que tous les partis en parlent. Comme agent immobilier et comme Canadien, c’est ce que je veux voir», explique-t-il.

    Les quatre partis proposent différentes choses, de l’amende contre les personnes qui achètent et revendent des maisons pour faire un profit à l’aide aux Canadiens pour économiser pour un premier versement.

    «Le plus important pour le Canada est de faire tout son possible pour augmenter l’offre», indique David Oikle.

    Ce dernier ajoute que si l’électeur est sérieux à propos de cette question, «il faut regarder quels partis offrent le plus d’avantages pour eux en particulier.»

    Les programmes par parti

    Si nous parlons simplement d’augmenter l’offre, les néodémocrates ont les chiffres les plus élevés. Le NPD veut préserver 1,7 million de foyers au cours des quatre prochaines années et créer 500 000 logements abordables au cours des dix prochaines années, dont la moitié seront en place au cours des cinq premières années.

    Les libéraux suivent de près avec la proposition de construire, préserver ou réparer 1,4 million de nouveaux logements au cours des quatre prochaines années.

    Les conservateurs veulent construire 1 million de logements au cours des trois prochaines années et libérer 15 % des biens immobiliers appartenant au gouvernement pour de nouvelles constructions ou pour les convertir en propriétés locatives.

    Le Parti vert se concentrerait sur le logement abordable en créant au moins 300 000 unités au cours des dix prochaines années. Dans l’ensemble, la plateforme de logements des verts est moins généreuse.

    Sur les plateformes sur le logement, on peut observer un point commun entre libéraux et conservateurs : les deux partis interdiraient l’achat de propriétés par des étrangers pour les deux prochaines années. Les néodémocrates imposeraient une taxe de 20 % aux acheteurs étrangers plutôt que d’interdire l’achat.

    Et du côté des acheteurs?

    Du côté des outils pour les acheteurs, il semble que les libéraux soient en meilleure position. Ils proposent de doubler le crédit d’impôt pour l’achat d’une première maison de 5000$ à 10 000$ et d’affecter 1 milliard$ à des prêts et subventions pour des projets de location avec option d’achat.

    Ce qui peut sembler être l’outil le plus attrayant pour quelqu’un qui épargne pour une première propriété est la proposition d’un «compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première habitation» par les libéraux.

    Le compte combinera les avantages d’un Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et d’un Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et permettra aux Canadiens de moins de 40 ans d’épargner jusqu’à 40 000$ sans devoir payer d’impôt.

    Bref, le particulier bénéficiera des avantages fiscaux d’un REER en cotisant au compte à titre de déduction fiscale et des avantages d’un CELI lors d’un retrait en franchise d’impôt sans avoir à le rembourser.

    Les conservateurs proposent une nouvelle politique qui obligerait les municipalités recevant un financement fédéral pour le transport en commun d’augmenter la densité des habitations près des arrêts.

    Ils encourageraient un nouveau marché des prêts hypothécaires de sept à dix ans et réduiraient le besoin de tests de résistance hypothécaires. Ils inciteraient les développeurs à étendre la possibilité de reporter l’impôt sur les plus-values lors de la vente d’un bien locatif et de réinvestir dans un logement locatif.

    Les néodémocrates, de leur côté, proposent de réintroduire l’hypothèque de 30 ans sur les logements d’entrée de gamme pour les acheteurs d’une première maison et, comme les libéraux, de doubler le crédit d’impôt à l’achat d’une maison à 1500$ et d’offrir 5000$ par an en subventions au loyer.

    David Oikle a des conseils à revendre aux Canadiens déçus par les évènements de l’année dernière sur le marché du logement, dont celui-ci: «N’abandonnez pas et continuez à économiser. Votre opportunité viendra, soyez patient.»