Catégorie : Autres – Others

  • Rodriguez et Lauzon: un duo confiant

    Rodriguez et Lauzon: un duo confiant

    «Stéphane a le respect de tous les collègues de son caucus et je dois dire que le premier ministre l’aime beaucoup», de vanter Pablo Rodriguez, qui a, entre autres, souligné la ténacité de son collègue et sa voix forte au parlement.  

    Stéphane Lauzon était très fier des réalisations effectuées sous son gouvernement soit le dossier Internet haute vitesse avec la création de l’organisme Fibre Argenteuil en favorisant des ponts entre les deux gouvernements, la réfection du canal de Grenville ainsi que le projet d’hydrogène vert de Gazifère et Évolugen à Thurso. «On a eu 391 millions qui sont revenus dans notre circonscription depuis 6 ans, c’est un montant record!», a-t-il évoqué. 

    Il projette en faire tout autant pour un prochain mandat en s’assurant que le déploiement de ce qui a été livré avec Internet avec les nouvelles technologies se fasse par le gouvernement du Québec, qui a la responsabilité des organismes.  Ayant travaillé avec les deux députés provinciaux de sa circonscription, il soutient qu’il s’assurera du respect des délais, soit d’ici septembre 2022, dans sa circonscription de non moins de 41 municipalités, dont plusieurs en régions rurales. 

    Stéphane Lauzon appuie aussi la résolution de la MRC d’Argenteuil d’août dernier demandant aux gouvernements du Canada et du Québec de réaliser une étude coûts-bénéfice exhaustive en vue de relancer la liaison ferroviaire à des fins de transport de personnes, Lachute-Montréal. Le député sortant aurait voulu apporter ce point sur la table lors de l’élection de 2019, mais avec les projets en cours, on lui avait dit que «ça en faisait beaucoup de leur assiette.»   

    Cette initiative de la MRC d’Argenteuil découle d’une vaste réflexion basée sur des constats démographiques, environnementaux, sociaux et économiques observés au cours des dernières années. Parmi les préoccupations sur lesquelles la MRC appuie sa demande figure notamment la population sans cesse grandissante dans le corridor compris entre le Grand Montréal et Ottawa Gatineau, formé d’environ cinq millions d’habitants, et pour lequel l’offre de services en matière de réseaux de transport et de mobilité durable et intégrée est quasi inexistante par la Rive-Nord. L’étude permettra de dévoiler les possibilités de réalisation, les coûts, les études environnementales ainsi que le montage financier pour la réalisation. 

    Ayant mené plusieurs de ses projets presque à terme, il considère que le dernier budget du gouvernement libéral annonçant des investissements de 17,6 milliards de dollars pour une relance verte afin de créer des emplois, de bâtir une économie propre ainsi que de lutter et de protéger contre les changements climatiques ne doit pas être laissé sur la table. Ces montants s’ajoutent aussi aux 15 milliards annoncés pour le développement du transport en commun en février 2021. «J’ai eu de l’écoute à mon gouvernement comme jamais j’en ai eu.  Je ne me suis jamais sentie aussi utile, avance cet ancien enseignant en formation professionnelle. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que lorsqu’on a une ligne comme ça dans le budget, il faut en profiter et attirer ces lignes de budget là dans notre circonscription.»  

    Ce projet cadre dans la vision du gouvernement puisque le transport ferroviaire serait le mode de transport ayant le moins d’impact du côté de l’environnement et des émissions de GES.  Le train représenterait le moyen de transport de grande capacité affichant les plus faibles taux d’émissions de CO², de pollution d’air, d’exposition au bruit et d’accidents, en plus de permettre de décongestionner le trafic routier. «Pour le montage financier, je vous le dis, comme pour le canal, je vais aller déchirer ma chemise pour que ce projet-là voie le jour!», a assuré M. Lauzon, qui mentionne tout de même qu’il n’a aucun contrôle sur 3 des 4 éléments figurant dans l’étude et qui ne peut promettre de date précise pour sa réalisation. 

  • New mayor for Clarence-Rockland

    New mayor for Clarence-Rockland

    The Ward 2 councillor was acclaimed to the position during a special meeting of city council Friday, August 27.

    The post of mayor for the city has been vacant since the death of Mayor Guy Desjardins on July 3. Michel Levert, Ward 7 councillor, has been serving as interim mayor while city administration researched the procedure to follow for appointing a new mayor to finish out Desjardin’s term.

    Zanth will be sworn in as the new mayor during the September 8 council session. His Ward 2 seat will then become vacant. Both council and administration will review and decide on the procedure for filling that vacancy for the remainder of the current council mandate.

  • Tour d’horizon des circonscriptions à surveiller pour les francophones

    Tour d’horizon des circonscriptions à surveiller pour les francophones

    La date limite pour déposer une candidature est le 30 aout. Jusqu’à présent, la majorité des candidats francophones connus hors Québec sont sous la bannière libérale, soit plus d’une quinzaine. Du côté néodémocrate, on en compte un peu moins d’une dizaine et chez les conservateurs, il y en a moins de cinq.

    Dans l’Ouest

    Depuis 2019, l’Ouest canadien ne compte qu’un seul député fédéral issu des communautés francophones: le libéral Dan Vandal.

    Cela pourrait toutefois changer avec le Franco-Albertain Randy Boissonnault, qui tente un retour aux Communes sous la bannière libérale dans Edmonton-Centre. Élu en 2015 et défait en 2019, son principal adversaire est le député conservateur sortant, James Cumming. Une course serrée est à prévoir.

    L’impopularité du gouvernement de Jason Kenney pourrait jouer en sa faveur, mais la montée des néodémocrates dans les sondages pourrait venir brouiller les cartes.

    Au Manitoba, le ministre sortant des Affaires du Nord, Dan Vandal, est en bonne position pour conserver la circonscription de Saint-Boniface–Saint-Vital, qui est celle qui compte le plus grand nombre de francophones dans les provinces de l’Ouest.

    En 2019, il avait devancé par 10 points de pourcentage sa plus proche adversaire.

    En Ontario

    Six sièges sont présentement détenus par des Franco-Ontariens aux Communes. Ce nombre pourrait augmenter après le prochain scrutin, alors que plusieurs nouveaux venus font leur entrée sur la scène politique.

    Deux courses serrées sont notamment à prévoir entre les libéraux et les néodémocrates dans le Nord de l’Ontario.

    Dans la circonscription de Nickel Belt, le député libéral sortant, Marc Serré, fait face à Andréane Chénier, représentante nationale en santé et sécurité au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). En 2019, M. Serré ne l’avait emporté que par 7 points de pourcentage face au candidat néodémocrate Stef Paquette.

    À Sudbury, les troupes de Justin Trudeau sont représentées par Viviane Lapointe. Le député sortant, Paul Lefebvre, ne s’est pas représenté. L’équipe de Jagmeet Singh compte sur une figure bien connue, la politologue Nadia Verrelli. Elle a perdu son poste de professeure lors de la récente vague de coupures à l’Université Laurentienne.

    L’élection de Mme Chénier ou de Mme Verrelli pourrait venir combler un vide en matière de langues officielles qui se fait sentir au sein du NPD depuis le départ à la retraite d’Yvon Godin en 2015 et la défaite de François Choquette en 2019.

    Dans la circonscription d’Algoma–Manitoulin–Kapuskasing, la néodémocrate Carol Hugues, vice-présidente adjointe sortante de la Chambre des communes, est en bonne position pour obtenir un 5e mandat.

    À moins de revirements majeurs, les libérales Marie-France Lalonde d’Orléans et Mona Fortier d’Ottawa–Vanier sont aussi en voie d’être reconduites dans leurs fonctions, de même que leur collègue Francis Drouin dans Glengarry–Prescott–Russell.

    Une candidature intéressante à surveiller est celle de la francophone Arielle Kayabaga dans London-Ouest, nouvelle venue dans l’équipe Trudeau. Elle est candidate dans une circonscription à tendance libérale où la députée sortante ne se représente pas.

    D’origine burundaise, Mme Kayabaga est arrivée comme réfugiée au Canada durant son enfance et est devenue en 2018 la première femme noire à être élue au conseil municipal de London.

    En Atlantique 

    Lors des dernières élections, cinq des dix circonscriptions au Nouveau-Brunswick ont été remportées par des francophones.

    Les Acadiens et députés libéraux sortants Serge Cormier dans Acadie–Bathurst, Dominic LeBlanc dans Beauséjour et René Arseneault dans Madawaska–Restigouche, de même que Ginette Petitpas Taylor dans Moncton–Riverview–Dieppe ont tous facilement été réélus en 2019 et sont encore une fois en bonne posture cette année.

    La circonscription à surveiller dans cette province est celle de Miramichi–Grand Lake, où l’ancien député libéral, Pat Finnigan, ne l’avait emporté que par 370 votes devant son adversaire conservatrice, Peggy McLean, il y a deux ans.

    Cette année, les deux principaux candidats sont d’anciens députés provinciaux qui viennent tout juste de remettre leur démission. La libérale Lisa Harris, une candidate bilingue, fait face au conservateur Jake Stewart, qui s’est fait remarquer dans les dernières années par sa proposition d’abolir le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick et par ses hyperboles sur les prétendus excès du bilinguisme.

    En Nouvelle-Écosse, l’ancien directeur du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), le libéral Darrell Samson, sollicite un 3e mandat dans la circonscription de Sackville–Preston–Chezzetcook. Il l’a facilement emporté en 2015 et en 2019.

    Enfin, une course serrée se dessine dans la circonscription de Nova-Ouest, actuellement représentée par le conservateur Chris d’Entremont, porte-parole de son parti en matière de langues officielles.

    Il est encore une fois la meilleure chance du Parti conservateur d’élire un francophone à l’extérieur du Québec cette année. Pour cela, il devra devancer la libérale Alxys Chamberlain, adjointe exécutive d’un ancien ministre provincial, dans cette circonscription qui a fréquemment changé d’allégeance depuis sa création.

    Au Québec

    Deux circonscriptions au Québec sont aussi particulièrement intéressantes pour les francophones de l’extérieur de cette province.

    La ministre sortante du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, est candidate à sa réélection dans la circonscription montréalaise d’Ahuntsic-Cartierville. Celle qui pilote le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles devrait être réélue sans difficulté.

    Dans la circonscription de Beauport–Limoilou, le conservateur Alupa Clarke, qui s’est fait remarquer par sa maitrise du dossier des langues officielles durant son unique mandat de député, tente un retour aux Communes après avoir été défait en 2019 par la candidate bloquiste Julie Vignola.

  • Des élections à date fixe, avait-on dit?

    Des élections à date fixe, avait-on dit?

    Sur la scène fédérale, c’est le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper qui a introduit le régime d’élection à date fixe au printemps 2007, via le projet de loi C-16.

    L’idée, d’abord instituée en Colombie-Britannique, était d’éliminer l’opportunisme politique en ayant des élections à date fixe tous les quatre ans, comme aux États-Unis. On pensait ainsi rendre les assemblées électives plus redevables et contrer le cynisme envers la politique.

    La Loi électorale du Canada a ainsi été modifiée, faisant en sorte que la prochaine élection devait avoir lieu en octobre 2009.

    Mais le 7 septembre 2008, un an avant la date prévue par la Loi, le premier ministre Stephen Harper a rendu visite à la gouverneure générale de l’époque, Michaëlle Jean, afin de lui demander de dissoudre le Parlement.

    Si Stephen Harper a pu si facilement contrevenir à la mesure législative qu’il avait lui-même fait adopter sur les élections à date fixe, c’est entre autres parce qu’une autre partie de celle-ci prévoyait que «le présent article n’a pas pour effet de porter atteinte aux pouvoirs du gouverneur général, notamment celui de dissoudre le Parlement lorsqu’il le juge opportun».

    Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021

    Est-ce légal?

    Le professeur retraité au Département de science politique de l’Université Laval Louis Massicotte s’intéresse grandement aux lois sur les élections à date fixe du Canada.

    Il se souvient très bien de l’épisode sous Stephen Harper: «Ma réflexion, ma réaction, ça a été de dire : “Oui, mais est-ce qu’il a le droit de le faire?” Puis là, j’ai vérifié la loi. Puis je me suis aperçu qu’il avait bel et bien le droit de passer à côté de la loi.»

    Ces nouvelles mesures n’ont pas abrogé la Constitution canadienne. Celle-ci prévoit, à l’article 50, que «la durée de la Chambre des Communes ne sera que de cinq ans, à compter du jour du rapport des brefs d’élection, à moins qu’elle ne soit plus tôt dissoute par le gouverneur général».

    Le fait que le gouvernement Harper était minoritaire à l’époque justifie selon certains experts qu’il ait pu contourner sa propre loi.

    Le déclenchement anticipé d’une élection peut aussi bien servir aux partis d’opposition, dans le cas d’un gouvernement minoritaire, qu’au parti au pouvoir.

    Dans un article paru dans la revue Les Cahiers de droit en juin 2010, les juristes Guy Tremblay et Hubert Cauchon expliquent qu’en contexte minoritaire, «il est difficile d’accepter que l’opposition ait seule le pouvoir de décider ou non d’une élection anticipée».

    L’opposition se trouve ainsi dans la même position — profiter du meilleur moment de déclencher une élection pour ses propres intérêts — que celle des gouvernements que la loi en question était censée éviter.

    Selon les deux juristes, «l’idée qu’un gouvernement minoritaire dispose d’une marge de manœuvre comparable à celle des partis d’opposition est certes défendable».

    Par contre, ce ne sont pas que des gouvernements minoritaires qui ont fait fi des obligations d’élections à date fixe à l’échelle du pays. Louis Massicotte a identifié quatre gouvernements majoritaires qui ont fait de même.

    «Ils ne pouvaient même pas invoquer cette circonstance atténuante, souligne-t-il. Ces lois sont donc trompeuses, puisqu’on peut les ignorer et que l’opinion publique, jusqu’ici en tout cas, ne s’en émeut guère.»

    Les quatre cas où des gouvernements majoritaires ont déclenché des élections avant la date fixée par leur propre loi :

    • Alberta, 2015 – Le conservateur Jim Prentice – Perdu face aux néodémocrates de Rachel Notley
    • Manitoba, 2019 – Le conservateur Brian Pallister – Réélu
    • IPÉ, 2015 – Cinq mois avant la date en raison de la tenue des élections fédérales prévues – Le libéral Wade MacLauchlan a été réélu
    • IPÉ, 2019 – Les élections ont été tenues quatre ans après la précédente (ci-haut), mais la date fixée par la loi était octobre 2019, donc cinq mois plus tard. Les libéraux de Wade MacLauchlan ont été battus par les conservateurs, minoritaires.

    Et le gouvernement Trudeau?

    Depuis le printemps dernier, Justin Trudeau laissait entendre régulièrement que le Parlement était dysfonctionnel. Un prétexte pour le premier ministre de déclencher des élections anticipées.

    L’affaire n’a pas fait grand vague, à part quelques voix isolées, dont l’éditorialiste de l’Acadie Nouvelle, François Gravel, qui a dénoncé le geste : «Il n’y a aucune bonne raison de déclencher des élections précipitées, alors que profile à l’horizon le spectre d’une quatrième vague de COVID-19.»

    Louis Massicotte pressent cependant une possibilité, cette fois-ci, d’un ressac de l’électorat : «J’ai rarement vu […] la réticence des électeurs à aller en élections être étalée de façon aussi claire. J’ai regardé plusieurs sondages là-dessus et je n’en ai pas trouvé un seul où la plupart des gens disent que c’est une bonne idée d’aller en élections.»

    Après toutes ces transgressions, le seul avantage que le politologue reconnait aux lois sur les élections à date fixe est qu’elles semblent avoir éliminé les mandats de cinq ans pour les gouvernements.

    Ailleurs au pays

    Le déclenchement d’une élection anticipée n’est pas une nouveauté au Canada. Une dizaine d’autres gouvernements provinciaux ont posé ce geste par le passé.

    La Colombie-Britannique a été la première au pays à adopter une loi stipulant que les élections provinciales auraient désormais lieu à date fixe, en 2001. Au fil des ans, la mesure s’est répandue presque partout au Canada.

    Seule la Nouvelle-Écosse n’a pas embarqué dans le train, le Yukon l’ayant fait en 2020.

    Mais dès le départ, on donnait le ton quant aux limites de la restriction électorale. Le bureau des élections de Colombie-Britannique explique ainsi la portée de la loi sur son site Web: «Quoique les élections sont fixées aux quatre ans, elles peuvent avoir lieu avant la date prévue si le gouvernement déclenche une élection ou perd la confiance de l’Assemblée législative.» [traduction libre].

    Bref, les élections sont à date fixe, sauf si le gouvernement en décide autrement.

  • «Adopter» une ainée, nouvelle forme de cohabitation multigénérationnelle

    «Adopter» une ainée, nouvelle forme de cohabitation multigénérationnelle

    Lorsqu’elles ont décidé de quitter le Québec pour s’installer en Nouvelle-Écosse, autour de l’an 2000, Marike et Karin ont quitté leur amie plus âgée avec regrets. À l’époque, Elisabeth Bigras pratiquait encore en tant que psychanalyste, profession qu’exerçait également Marike Finlay.

    «Elisabeth venait déjà passer de longues vacances avec nous: l’été, à l’Action de grâces, à Pâques et à Noël… Elle avait déjà sa chambre ici et aimait beaucoup vivre au bord de la mer», relate Marike, aujourd’hui dans la soixantaine.

    Se basant sur cette expérience de cohabitation positive et sur le plaisir que prenaient les trois femmes à être ensemble, le couple établi en Nouvelle-Écosse a décidé d’inviter Elisabeth à déménager avec elles lorsqu’elle a pris sa retraite: «Je savais que ce serait très difficile pour elle de rester seule, en plus qu’elle avait un problème de surdité qui allait en s’aggravant […] Nous y avons beaucoup réfléchi Karin et moi, on savait que si on lui proposait cette opportunité, on s’engageait à rester avec elle pendant sa vieillesse», se souvient encore Marike.

    L’ainée, aujourd’hui âgée de 86 ans, a pris le temps d’y réfléchir. Elle a finalement décidé vers 2005 de quitter le Québec, où résident toujours les deux fils de son deuxième mari, décédé en 1989, pour aller vivre sa retraite en Nouvelle-Écosse. 

    Des maisons d’ainés «à taille humaine»

    Le directeur de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC), Jean-Luc Racine, affirme être «très interpelé» par ce type d’histoire.

    «La pandémie, dans les résidences pour ainés, a été catastrophique. On ne pensait pas qu’on pouvait vivre un tel cauchemar au Canada […] Ça amène les ainés à réfléchir à leurs options au niveau des soins, du logement. On se doit d’être plus créatifs et innovateurs dans nos approches», défend-il.

    C’est pour cette raison que l’organisme travaille depuis quelques années à développer un nouveau modèle de logement pour les ainés franco-canadiens. En collaboration avec Abbeyfield Canada, qui gère déjà plus de 20 maisons d’ainés abordables à travers le pays, la FAAFC tente de mettre sur pied trois projets-pilotes de résidences pour ainés francophones «à taille humaine».

    «On veut amener un maximum de 15 personnes à rester dans une même résidence et à partager des services qui proviennent de la communauté. Pour les francophones, le modèle est vraiment idéal parce qu’il leur permet de s’impliquer et de s’engager dans la communauté de ces maisons partagées», illustre Jean-Luc Racine.

    À l’heure actuelle, toutes les maisons d’Abbeyfield accueillent principalement des résidents anglophones. Le directeur de la FAAFC souhaiterait voir des établissements francophones d’abord dans trois régions ciblées : Edmonton en Alberta, le Nord de l’Ontario et les Maritimes, possiblement au Nouveau-Brunswick.

    «On est encore loin de la coupe aux lèvres», précise toutefois M. Racine.

    «Notre membre ontarien [la Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), NDLR] a déjà fait une demande de subvention, mais il n’a pas obtenu les fonds. On s’est dit que c’était tellement un beau projet qu’on allait l’essayer au niveau pancanadien […] On présente actuellement le projet à des bailleurs de fonds», annonce le directeur avec enthousiasme.

    «Personne ne veut aller dans ces hospices»

    D’un point de vue plus personnel, Jean-Luc Racine habite lui-même avec sa conjointe et ses beaux-parents dans une maison multigénérationnelle, qu’il partageait aussi jusqu’à récemment avec son fils et la copine de celui-ci .

    «J’ai vu, avec mes beaux-parents, que si on n’avait pas été là, ça aurait été beaucoup plus difficile ; l’anxiété, le fait de ne plus pouvoir conduire, ça aurait précipité l’institutionnalisation, affirme-t-il. Mais on est déterminés à les garder le plus longtemps possible, à les aider. Il faut aussi encourager les initiatives [comme celle de Marike Finlay et Karin Cope] qui permettent beaucoup plus de flexibilité.»

    C’est également le point de vue de Marike Finlay: «Parfois, je me fâche quand on pense que toute solution à tout problème doit provenir de l’État. Tout le monde parle des résidences d’ainés, des soins à long terme organisés par l’État, du désastre durant la COVID […] On devrait quand même, à la radio et à la télé, présenter des alternatives! Personne ne veut aller dans ces hospices. On devrait, comme société, penser à des alternatives pour prendre soin des personnes âgées.»

    Elle estime tout de même que le gouvernement aurait un rôle à jouer pour faciliter ce type de modèles qui sortent des sentiers battus, car en ce moment, «le gouvernement — et le ministère du Revenu — ne comprennent pas très bien».

    «Il n’y a aucun incitatif financier, on ne peut pas être considérées comme une famille par le gouvernement pour les impôts ou les héritages. On a dû faire des testaments qui nous donnent aux trois le droit de parole sur les décisions médicales, ce n’est pas automatique», déplore Marike.

    Surmonter la solitude et l’isolement

    Elle-même ne se serait toutefois pas vue vivre avec ses propres parents ni avec ceux de sa partenaire: «Je fais la blague que parfois, c’est peut-être plus facile d’adopter quelqu’un d’autre que vos parents, et vous pouvez espérer que quelqu’un adoptera aussi vos parents!» lance-t-elle en riant. 

    «Ce n’est certainement pas une relation enfants-parent que nous avons avec Elisabeth, c’est beaucoup plus une relation d’égales. Elle est notre amie, mais aussi notre “ancienne”, notre elder […] Elle contribue beaucoup à notre vie de famille, mais elle ne pourrait pas vivre seule», précise Marike.

    Celle qui voit dans la solitude et l’isolement «la plus grande maladie de notre société» encourage tout un chacun à «laisser de côté le narcissisme qui nous isole et imaginer d’autres compromis, d’autres manières de vivre».

    «Il faut l’essayer, et il faut mettre des limites. Ce n’est pas possible d’être tout le temps tout le monde ensemble, souligne Marike […] Nous avons organisé la maison pour que Karin et moi ayons un espace pour nous deux, et Elisabeth a son studio et sa chambre de l’autre côté de la maison.»

    Au fil des 16 dernières années, il aura fallu aux trois femmes beaucoup de communication et d’adaptation pour en arriver à cet équilibre qui leur convient aujourd’hui. Aux dires de Marike, aucune d’entre elles n’a toutefois regretté la décision d’aménager ensemble, car les bénéfices se sont avérés largement supérieurs aux contraintes.

  • L’anglais et les garderies, des obstacles qui perdurent pour les immigrantes francophones racisées

    L’anglais et les garderies, des obstacles qui perdurent pour les immigrantes francophones racisées

    Le gouvernement a récemment annoncé un soutien de 2,1M$ envers 11 projets dans le cadre de l’Initiative pilote pour les nouvelles arrivantes racisées, lancée en décembre 2018.

    À l’époque, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) avait déjà appuyé 21 projets visant à aider les nouvelles arrivantes racisées à trouver un emploi et à se perfectionner dans les domaines des études et du travail.

    Cet été, l’appui gouvernemental intervient dans un contexte où trouver un emploi correctement rémunéré est particulièrement difficile pour les immigrantes racisées francophones en raison de la pandémie.

    «Le bilinguisme, c’est comme une fleur rose»

    C’est le cas d’Angèle Menga, une Congolaise arrivée en février 2020. Elle explique que trouver un travail alors qu’elle ne parle pas anglais est un véritable parcours du combattant.

    «Ça fait une grande différence de pouvoir parler anglais, affirme-t-elle. Je suis née et j’ai grandi en République démocratique du Congo, où j’ai toujours étudié et vécu en français. Maintenant, avec mes efforts pour apprendre la langue anglaise, je comprends un peu, mais je ne peux pas travailler uniquement en anglais. Je continue de suivre des cours actuellement.»

    Elle préfère plaisanter de ce défi: «Le bilinguisme, c’est comme une fleur rose; tu la vois de loin! Et pour les employeurs, être bilingue, c’est être une fleur rose. Ça frappe et ça attire plus!»

    Saint-Phard Désir, directeur général du Conseil économique et social d’Ottawa-Carleton (CÉSOC), observe que le fait de ne pas parler anglais pose un défi lors de l’embauche des femmes immigrantes, mais uniquement pour «une catégorie particulière de femmes. Généralement, les plus formées parleront davantage anglais. Elles pourront davantage avoir un emploi, souvent mieux rémunéré».

    Déjà en 2005, Statistique Canada avait déterminé dans une étude que la langue était considérée comme le second frein pour les immigrants à leur arrivée au Canada, après le fait de trouver un travail adéquat. Aujourd’hui, ce frein demeure.

    Un fait que Youyou Nsembe Nsombe, agente d’employabilité au CÉSOC, observe dans les chiffres de sa base de données au CÉSOC : «De manière générale, la clientèle immigrante du CÉSOC est à 99% racisée […] Dans la catégorie des immigrants qui arrivent via le système Entrée express, 95 % des femmes parlent uniquement le français. Seulement 5 % d’entre elles parlent un anglais fonctionnel, mais qui ne leur permettrait tout de même pas de trouver un emploi bien rémunéré.»

    En comparaison, Youyou Nsembe précise que «pour les hommes immigrants racisés, c’est différent: 15% parlent un anglais fonctionnel. Les chiffres sont plus hauts pour eux, car en grande majorité, le demandeur principal des dossiers d’immigration est un homme. Ils se préparent davantage à parler anglais. C’est l’une des hypothèses, avec le fait qu’ils ont plus accès à l’éducation, selon leur pays d’origine».

    Trouver des garderies, une autre charge qui freine le travail 

    En attendant, Angèle Menga remue ciel et terre pour trouver du travail en français à Toronto. Elle qui était médecin en République démocratique du Congo devrait suivre «environ trois ans de cours» pour faire valoir son diplôme, si elle veut un jour exercer la médecine au Canada. 

    «Je le ferai dans les années à venir. Mais pour l’instant, n’importe quel travail que je peux exercer de préférence de chez moi me conviendrait, parce que j’ai une fille de quatre ans que je ne peux pas laisser seule», glisse-t-elle.

    C’est l’autre difficulté majeure qui s’ajoute à la barrière de la langue: faire garder les enfants pour se libérer du temps et avoir un travail à temps plein. Une préoccupation qui se retrouve chez les femmes acadiennes et francophones en milieu minoritaire, immigrantes ou non.

    En septembre 2020, l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) a publié le rapport de son Enquête pancanadienne sur les priorités des femmes francophones et acadiennes du Canada.

    Selon les résultats, 13,7% des répondantes considèrent comme prioritaire l’enjeu d’un système de garderies universel pour les francophones, derrière l’accès aux services de santé en français (27,4%) et l’équité salariale dans les secteurs privé et public (26,4%).

    «Les femmes francophones viennent en majorité de pays où ce sont elles qui ont la responsabilité des enfants, confirme le directeur du CÉSOC, Saint-Phard Désir. En cela, les immigrantes ont un autre défi en plus par rapport aux immigrants masculins.»

    La vague montante de la langue française grâce à l’immigration

    Statistique Canada rapportait en 2017 qu’«en 2016, les immigrants représentaient une plus grande part de la population de langue française au Canada hors Québec que dans les recensements précédents. Cette part est ainsi passée de 9,9% en 2006 à 12,8% en 2016, une augmentation de 2,9 points de pourcentage.

    En revanche, les immigrants constituaient un plus grand pourcentage de la population de langue anglaise […] [Hors Québec], les immigrants constituaient 23,5% de la population de PLOP [première langue officielle parlée, NDLR] anglaise en 2016, en hausse de presque 2 points de pourcentage depuis 2006».

  • Le site de vaccination transféré au Carrefour d’Argenteuil

    Le site de vaccination transféré au Carrefour d’Argenteuil

    «Ces changements sont nécessaires puisque certains de nos partenaires, notamment les arénas et salles de loisirs, doivent désormais reprendre leurs activités», a expliqué Rosemonde Landry, présidente-directrice générale du CISSS des Laurentides, en remerciant chaleureusement tous les collaborateurs qui ont contribué à mettre en place des sites de vaccination qui soient facilement accessibles pour la population.  

    Par ailleurs, nous profitons de l’occasion pour rappeler qu’un service de navettage et d’accompagnement est disponible, il suffit d’en faire la demande en téléphonant à la centrale de rendez-vous au 1-877-644-4545. De plus, des équipes mobiles de vaccination seront mises en place sur tout le territoire afin de poursuivre la vaccination de proximité. À ce jour, 85,5% des personnes ont reçu une première dose et 75 % des personnes sont pleinement vaccinées dans la région. Ceux et celles qui n’ont pas reçu les deux doses du vaccin sont invités à aller visiter l’un des sites. 

  • Joey Desjardins aux jeux paralympiques de Tokyo

    Joey Desjardins aux jeux paralympiques de Tokyo

    Les athlètes paracyclistes de plusieurs pays se disputeront les deux épreuves sur des parcours très accidentés, dans les environs du Mont Fuji, à plus d’une centaine de kilomètres de Tokyo. 

    Comment se sentait-il le weekend dernier à la conclusion d’un entrainement très rigoureux au Centre national de cyclisme de Bromont en Estrie, quelques jours avant de prendre l’avion pour la capitale japonaise? «Je prépare mes bagages et toutes les pièces d’équipement dont j’ai besoin pour les deux courses. J’ai des papillons, je me sens excité, nerveux, mais quand même confiant avant de prendre l’avion. Et j’ai surtout hâte d’arriver là-bas.» 

    Joey Desjardins fait partie d’une équipe canadienne de paracyclistes de neuf athlètes, soit quatre femmes et cinq hommes, provenant de diverses régions de l’Ouest canadien, de l’Ontario et du Québec. Première épreuve, une course de 24 kilomètres, et la deuxième, une course de 80 kilomètres avec une succession de montées et descentes, dont une longue pente de trois kilomètres. «Cet obstacle sera tout un défi, a expliqué Joey Desjardins. Un effort de huit minutes car c’est dans cette côte que la compétition va se jouer. Nous avons tenu compte de tout ça durant les dernières semaines d’intense entrainement à Bromont.» 

    Paraplégique depuis son accident de moto-cross en 2009, Joey Desjardins, qui vient d’avoir 35 ans, a vécu souvent et avec un certain succès des compétitions nationales et internationales. Il a entre autre couru en vélo à mains en Afrique du sud en 2017, puis en Italie en 2018 et en 2019 aux Pays-Bas. 

    Connait-il ses adversaires internationaux aux Jeux paralympiques de Tokyo? «La plupart oui. Je commence à connaitre leurs capacités et je pense que je suis à la hauteur de cette compétition.» 

    Espère-t-il un podium? «Bien sûr que oui, si tout va bien. Mais on verra bien. Il faut d’abord et avant tout que je me concentre sur les deux épreuves pour envisager la meilleure performance possible. Je suis prêt mentalement et physiquement.» 

    «Je sens que ma communauté de Hawkesbury m’appuie, que mon monde est derrière moi. J’espère que je saurai leur faire honneur!» 

    L’équipe de paracyclistes qui représente le Canada aux Jeux paralympiques de Tokyo reviendra au pays le 3 septembre.