Catégorie : Autres – Others

  • Les partis politiques respectent-ils leurs promesses électorales?

    Les partis politiques respectent-ils leurs promesses électorales?

    Les politiciens ont tendance à tenir la plupart de leurs promesses selon le directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill (IÉCM), Daniel Béland.

    «Parfois, ils les tiennent seulement en partie. […] Les médias ou les partis d’opposition ont tendance à attirer l’attention sur les promesses qui ne sont pas réalisées ou entièrement réalisées», précise le chercheur.

    Certaines promesses destinées à des groupes particuliers ont moins d’écho dans la population en général si elles ne sont pas respectées, ajoute Daniel Béland.

    «Par exemple, la modernisation de la Loi sur les langues officielles. C’est sûr que pour les francophones, surtout ceux qui habitent à l’extérieur du Québec ou même au Québec, c’est beaucoup plus important que pour les anglophones, surtout ceux qui vivent à l’extérieur du Québec.»

    Plus de 80% des promesses réalisées partiellement ou en totalité

    L’initiative indépendante Le Polimètre, développée par des politologues canadiens, mesure le respect des promesses électorales. Depuis le lancement de l’initiative, les chercheurs se sont intéressés aux promesses des conservateurs fédéraux de Stephen Harper entre 2011 et 2015 ainsi qu’aux promesses des libéraux de Justin Trudeau depuis leur première élection en 2015.

    Le Polimètre suit aussi la réalisation des promesses des gouvernements provinciaux au Québec depuis 2014, en Ontario depuis 2018 ainsi qu’au Nouveau-Brunswick depuis 2018.

    Pendant la campagne électorale fédérale de 2011, les conservateurs de Stephen Harper, qui misaient sur la reprise économique après la récession de 2008, ont formulé 143 promesses. Après l’élection d’un gouvernement majoritaire, les conservateurs ont réalisé complètement 110 (77%) de ces promesses. Dix promesses ont été réalisées partiellement et 23 ont été rompues.

    Les conservateurs de Stephen Harper ont donc réalisé 84% de leurs promesses en totalité ou partiellement lors de leur dernier mandat qui s’est terminé en 2015.

    En octobre 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont pris le pouvoir avec un gouvernement majoritaire en faisant élire 184 députés.

    Pendant la campagne électorale, les libéraux ont formulé 353 promesses. De ce nombre, ils en ont réalisé 236 complètement, soit 67% de leurs promesses. Selon Le Polimètre, 92 promesses ont été partiellement réalisées pendant cette période et 25 ont été rompues au total.

    Les libéraux de Justin Trudeau ont donc réalisé 93% de leurs promesses en totalité ou partiellement lors de leur premier mandat.

    La pandémie a changé les choses

    La réalité est tout autre depuis les élections d’octobre 2019. Les libéraux ont obtenu un gouvernement minoritaire en faisant élire 157 députés et ont dû gérer la pandémie de COVID-19 trois mois après le début des travaux parlementaires. Une situation particulière qui a fait changer les priorités du gouvernement et du Parlement, selon le directeur de l’IÉCM.

    «La pandémie a vraiment transformé l’agenda en matière de politiques publiques. Par exemple, il y a des promesses sur la taille du déficit que les libéraux ont faites durant la campagne de 2019. Évidemment, ils ne peuvent pas tenir ces promesses-là à cause de la pandémie et d’autres promesses qu’ils ont faites», précise Daniel Béland.

    En tout, les libéraux ont formulé 343 promesses pendant la campagne électorale de 2019. De ce nombre, en date du 12 aout 2021, Le Polimètre calcule qu’ils en ont réalisé 43 en totalité ou partiellement et 143 autres étaient en voie de réalisation.

    La courte durée de la 43e législature, en cours depuis le 5 décembre 2019, explique aussi le faible nombre de promesses réalisées comparativement aux gouvernements majoritaires qui ont habituellement quatre ans pour réaliser leurs promesses explique Daniel Béland. 

    «C’est une situation qui est à l’avantage du gouvernement, parce qu’ils peuvent affirmer qu’ils n’ont pas eu le choix d’abandonner certaines priorités temporairement en raison du gouvernement minoritaire et en raison de la pandémie et de la situation économique et le fait qu’ils ont eu relativement peu de temps pour agir.»

    En date du 12 aout, 12% des promesses des libéraux ont été réalisées en totalité ou partiellement alors que 3% ont été rompues.

    Les prochaines élections sous le signe de la pandémie

    Pendant la prochaine campagne électorale, les partis d’opposition risquent d’attaquer davantage les libéraux sur la gestion de la pandémie que sur l’échec de leurs promesses électorales, selon Daniel Béland.

    «Le NPD va dire “Les bonnes choses que les libéraux ont faites, c’est à cause de nous, on les a influencés, ils ont dépensé plus qu’ils voulaient, ils ont étendu la durée de certains programmes d’urgence pour les chômeurs, les familles et c’est à cause de nous.” Les conservateurs vont dire que les libéraux ont trop dépensé et qu’ils n’ont pas les bonnes priorités», prévoit Daniel Béland.

    Tout indique que le premier ministre demandera à la gouverneure générale de dissoudre le Parlement le dimanche 15 aout. Les Canadiens devraient se rendre aux urnes le lundi 20 septembre.

  • Criminal charges for million-dollar fraud scheme

    Criminal charges for million-dollar fraud scheme

    Eric Danis, 51, and Anya Watson, 50, residents of Gatineau, have already gone through a civil court review and judgment on their actions that resulted in the loss of more than $1 million to Noreast Electronics in Hawkesbury. The company took action against the couple after its own forensic audit revealed that Danis, during his time as sales manager for the firm, had managed a false-invoicing scheme over an eight-year period.

  • Plus de 100 millions $ pour les établissements postsecondaires francophones

    Plus de 100 millions $ pour les établissements postsecondaires francophones

    «L’argent est sur la table pour avoir un projet par et pour les francophones en matière de postsecondaire dans le Nord de l’Ontario», affirme Mélanie Joly en entrevue avec Le Voyageur.

    Selon la ministre, grâce à ce financement, «il n’y a vraiment plus d’excuses pour l’Ontario de ne pas offrir un projet qui va sauver l’Université Laurentienne ou qui va créer une nouvelle université par et pour les francophones dans le Nord de l’Ontario».

    «Il faut un projet par et pour les francophones du Nord de l’Ontario, poursuit-elle. Est-ce que ce sera via l’Université de Sudbury, une collaboration entre l’Université de l’Ontario français et l’Université de Sudbury, est-ce que ce sera via une nouvelle approche de l’Université Laurentienne… ce sera aux francophones dans le Nord de l’Ontario de prendre leur décision et de s’organiser.»

    Même si le financement est pour toutes les universités et les collèges francophones en milieu minoritaire, le programme a été conçu principalement pour venir en aide aux établissements en difficulté financière — comme l’Université Laurentienne, l’Université de Sudbury, le Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta, l’Université de Moncton… «C’est vraiment une réponse aux demandes du milieu.»

    Elle est consciente que le temps presse pour plusieurs d’entre-elles.

    Il y a quelques semaines, Radio-Canada dévoilait que le fédéral offrait 5 millions $ pour venir en aide à l’éducation universitaire en français dans la région de Sudbury. Avec ce nouveau programme, le montant pourrait facilement être plus important, précise la ministre.

    «Une très bonne nouvelle»

    L’une des principales intéressées, l’Université de Sudbury, accueille d’un bon œil les nouveaux fonds du fédéral.

    «L’annonce du nouveau programme fédéral visant à assurer un meilleur accès à l’éducation postsecondaire par et pour nos communautés est une très bonne nouvelle pour l’Université de Sudbury et pour l’avenir de nos communautés», indique le recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury, Serge Miville. «C’est un investissement qui a un potentiel de transformer l’expérience étudiante en français dans le Nord de l’Ontario. Le message est clair : la communauté francophone du nord pourra prendre en main son destin et le réaliser grâce à des investissements ciblés et prévisibles. Nous remercions la ministre Joly et le gouvernement du Canada d’être à l’écoute et de prendre action.»

    Serge Miville donne également le crédit à la communauté francophone pour le travail qu’elle a fait et l’appui qu’elle démontre à l’Université de Sudbury.

    «Nous avons très hâte de travailler en étroite collaboration avec la province, notamment avec la ministre [Jill] Dunlop, afin de déposer un projet d’avenir qui répond directement aux aspirations de nos étudiantes et de nos étudiants, à la hauteur de nos ambitions collectives et la mesure du potentiel du développement du Nord de l’Ontario et l’ensemble de la francophonie», ajoute le recteur.

    Dix ans de noirceur à l’Université de Moncton

    En juin, devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, le recteur de l’Université de Moncton, Denis Prud’homme, a fait part des difficultés que connait l’institution acadienne. Depuis une décennie, l’Université a dû procéder à des coupes budgétaires annuelles de l’ordre de 2 à 3%, une situation qui «commence à avoir des impacts significatifs sur notre capacité à livrer des programmes de qualité», a-t-il expliqué aux parlementaires du comité.

    Ne pas s’ingérer

    Des demandes peuvent être présentées pour trois types de projets: des initiatives stratégiques nationales, des projets récurrents nouveaux ou qui existent déjà, mais qui ont besoin de plus d’argent et des nouveaux projets pour des initiatives «par et pour» les francophones.

    C’est ce dernier type de projets sur lequel la ministre insiste le plus, signalant au passage que l’aspect «par et pour» est une condition à l’approbation des projets financés sous ce volet.

    Les établissements qui feront des demandes devront s’assurer d’avoir la participation de leur province. Ainsi, le fédéral fournira 95% du financement du projet pendant la première année, 75% lors de la deuxième année et 50% pour la troisième année. La balance devra être fournie par le gouvernement provincial.

    «On comprend que les provinces ont fait face à des défis pendant la pandémie, qu’elles ont besoin d’un peu de temps pour s’adapter», dit Mélanie Joly.

    Elle considère l’approche prudente, car l’investissement régressif exige que les provinces s’engagent aussi à long terme et prennent leur responsabilité. Elle respecte aussi les champs de compétences fédéraux et provinciaux. Lors du colloque Franco-Parole III en juin, la professeure agrégée au Département de science politique du Collège militaire royal du Canada, Stéphanie Chouinard, rappelait que si le gouvernement fédéral investissait trop massivement dans ce secteur, les provinces pourraient avoir envie de diminuer leur propre contribution.

    Le plan de financement ressemble aussi beaucoup à ce qui a été conclu entre le Canada et l’Ontario pour le financement de l’Université de l’Ontario français à Toronto.

    Pour Mélanie Joly, ce nouveau financement est une affirmation des intentions exprimées dans le projet de la nouvelle Loi sur les langues officielles — qui n’a pas encore été adoptée — de renforcer les droits linguistiques au pays. «Pour se faire, il faut renforcer leurs institutions. Il n’y a rien de plus important pour les communautés francophones que les institutions postsecondaires.»

    Mme Joly promet communiquer avec la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, au cours des prochains jours pour l’informer du financement. «Ça va me faire plaisir de travailler avec elle pour trouver une solution.»

  • Les interprètes parlementaires: dans l’ombre des élus

    Les interprètes parlementaires: dans l’ombre des élus

    L’équipe du service d’interprétation du Bureau de la traduction compte environ 130 interprètes dont une soixantaine de permanents. Ils sont appelés, entre autres, à travailler en comité parlementaire, au Sénat, à la Chambre des Communes.

    Francopresse: À quoi ressemble une journée type pour les interprètes?

    Quand on est interprète pour les parlementaires, on reçoit notre horaire la veille, vers 18 heures. Parce que les choses peuvent changer jusqu’à la dernière minute. Mon horaire va détailler si je vais interpréter un comité, le Sénat, un caucus ou une rencontre.

    Le gros de notre travail, ce sont les comités de la Chambre de Communes et du Sénat parce qu’il y en a beaucoup et il y a des journées où ces comités siègent abondamment.

    Parmi les 60 permanents, il y a une équipe dédiée à la Chambre des Communes et une équipe dédiée au Sénat, question d’habitude et de préparation. Je fais partie de l’équipe de la Cour suprême, quand la Cour siège, j’y suis davantage affecté.

    Dans une semaine typique, si la Cour siège, ça peut être : le lundi en documentation (parce qu’on a droit à des journées pour se préparer à une affectation, surtout pour la Cour suprême qui peut devenir complexe); le mardi je vais travailler en comité; le mercredi je peux faire mon affectation à la Cour suprême; le jeudi, si je suis affecté à l’équipe Sénat, j’irai au Sénat; le vendredi, je peux faire une conférence de presse des responsables de la Santé et de la ministre de la Santé, par exemple.

    Vous tenez à bien distinguer le travail d’interprétation du travail de traduction simultanée.

    C’est mon cheval de bataille à moi. L’interprétation, ce n’est pas de la traduction simultanée. La différence étant que ce que l’on fait, ce n’est pas destiné à être écrit plus tard, ou à devenir un texte qui fait foi. Ce que l’on fait, c’est de permettre à deux personnes ou plus de se comprendre mutuellement même si elles ne parlent pas la même langue. C’est vraiment autant un job de communication qu’un job de traduction. Il y a beaucoup de techniques qu’on utilise en interprétation qui sont utilisées en traduction, et il y a beaucoup d’interprètes qui sont traducteurs de métier. D’autres ne le sont pas, comme moi.

    C’est un travail qui semble mentalement exigeant.

    Stimulant! Et ce qui est le fun, c’est même des fois si on se dit «Ha! J’aurais dû dire telle chose de telle façon», quand on arrive à la maison, c’est fini. Ce n’est pas comme un traducteur qui se dit: «Voyons, tel mot, telle tournure, je n’arrive pas à trouver.» Pour moi, une fois que c’est fait, je ne peux plus le reprendre. Le soir, on se concentre sur le travail de préparation pour le lendemain, on ne revient pas sur la journée.

    Avec l’expérience, est-ce que le temps consacré à la préparation change?

    Il y a des choses qui reviennent et des automatismes qu’on développe. Une fois certains automatismes acquis, comme les acronymes ou les programmes gouvernementaux, ça libère ton cerveau pour autre chose.

    Je suis à la Cour suprême depuis 5 ans, mais je ne suis pas un avocat de formation. Mais il y a des termes de droit qui reviennent. En anglais, il y a quelque chose qui revient tout le temps: «palpable and overriding error». Quand tu sais que c’est «l’erreur manifeste et dominante», tu n’as plus à regarder dans le glossaire à chaque fois que tu l’entends. En agriculture, il y a le programme Growing Forward, Cultivons l’avenir. Les premiers mois, il fallait que je regarde dans le glossaire chaque fois.

    [Pour parler de mon travail], j’utilise toujours l’image de la mémoire vive d’un ordinateur. Lorsque ta mémoire vive n’est plus prise par ton glossaire, ça libère de la place pour écouter, pour interpréter, pour s’écouter soi-même.

    La mise en place de l’interprétation parlementaire au Canada

    1936    La Belgique devient le premier pays à se doter d’un service d’interprétation parlementaire.

    1952    Le député de Laurier, J.-Eugène Lefrançois, souhaite devant la Chambre que le Gouvernement favorise la traduction simultanée, «ce qui permettrait à chacun d’écouter tous les discours dans sa propre langue quelle que soit celle de l’orateur».

    1956    Un comité évalue les couts associés à l’interprétation simultanée : quatre interprètes, au salaire annuel de 6000 $ à 7000 $, et 6500 $ d’équipement (ce qui représenterait 64 000 $ en 2021). Pour certains, la dépense est prohibitive.

    1958    En campagne électorale, John Diefenbaker promet l’instauration d’un service d’interprétation.

    1959    La première interprétation simultanée a lieu à la Chambre des communes.

    1961    L’interprétation est offerte au Sénat.

    Selon L’Actualité langagière du Bureau de la Traduction

    Êtes-vous affectés à certains comités de manière permanente? 

    Il y a un interprète ressource pour chaque comité, généralement. Il s’occupe de colliger la documentation. Cet interprète-là communique avec le greffier, connait bien les membres du comité. C’est toujours intéressant et utile d’avoir quelqu’un qui suit les travaux d’un comité — le domaine et l’étendue des travaux.

    Il y a une équipe dédiée à la Cour suprême. Même si chaque cause est vraiment différente l’une de l’autre, on acquiert une certaine connaissance du droit et du fonctionnement de la Cour suprême.

    En comité, combien d’interprètes êtes-vous? Est-ce une personne pour le français et une personne pour l’anglais?

    Généralement, on est trois pour un comité, mais il arrive qu’on est juste deux. Il y a ce qu’on appelle dans le jargon des cabines françaises et des cabines anglaises.

    Il y a quelques rares interprètes qui sont extraordinaires, qui ont deux langues dominantes, qui ont réussi l’examen d’accréditation dans les deux sens, comme on dit. C’est assez impressionnant merci.

    Dans la plupart des comités, on affecte généralement deux cabines françaises et une cabine anglaise. Selon le comité, le degré de complexité, selon toutes sortes de facteurs, on va tourner à trois, c’est-à-dire qu’on va faire 20 ou 30 minutes chacun. Souvent, l’interprète ressource va assurer le premier tour d’un comité, soit les mémoires de témoins, c’est assez technique et assez rapide.

    Vous parliez de journées de documentation, de temps de préparation. En général, quelle importance occupe l’interprétation en direct dans une journée de travail? 

    Je n’interprète pas 7 heures et demie par jour parce que c’est trop exigeant. On ne peut pas faire ça.

    Les normes du Bureau de la Traduction et les normes internationales veulent qu’après 6 heures d’interprétation à trois, ou 4 heures d’interprétation à deux, tu as fait ta journée.

    Dans les circonstances présentes [du télétravail], étant donné que la qualité sonore est très difficile en raison de Zoom, l’employeur a accepté de réduire la durée de notre journée. Le facteur d’équivalence a été revu pour tenir compte de la difficulté inhérente à l’interprétation. C’est aussi en lien à ce qui se fait à l’international.

    En mai, un rapport a révélé les difficultés que les interprètes rencontrent en temps de pandémie. Comment se vit cette réalité? 

    Comme pour n’importe qui en pandémie, nos conditions de travail ont changé. Avant, on était deux ou trois dans la même cabine. C’est génial, on peut s’entraider. Par exemple, les chiffres sont la bête noire pour la plupart d’entre nous. Quand il y a quelqu’un à côté de toi qui peut écrire les chiffres, c’est bienvenu. Mais avec la pandémie (et on en fait, de la gouttelette, quand on travaille), on travaille seuls dans nos cabines.

    Ce qui est difficile, c’est d’arrêter l’interprétation en cours de travail. Des fois, le son n’est pas bon. On ne peut pas interpréter. Notre employeur nous encourage à arrêter quand on n’est pas capable d’entendre, mais c’est très difficile pour l’interprète d’arrêter de travailler parce qu’on veut servir nos clients.

    Les aléas de la pandémie pour les interprètes

     En mai 2020, l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) signalait les difficultés inhérentes aux réunions parlementaires virtuelles au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes.

    Le syndicat rapportait que les problèmes techniques ou la piètre qualité sonore provoquaient chez les interprètes fédéraux des chocs acoustiques, des maux de tête et des bourdonnements, des troubles qui nuisent à l’audition et à la concentration nécessaires pour assurer une interprétation de qualité. Depuis, l’utilisation d’un casque avec micro à perche est devenue obligatoire pour tous les parlementaires et témoins aux rencontres virtuelles. 

    Selon un article du Devoir paru le 26 mai, 82 % des interprètes fédéraux rapportent des blessures auditives en raison du travail en ligne et 92 % d’entre eux craignent l’épuisement professionnel.

    COVID-19 oblige, les gens interprétés sont à distance alors que vous êtes au Parlement?

    Le nombre de parlementaires en télétravail en raison de la pandémie est considérablement élevé. Quels sont les défis que vous avez dû affronter dans l’interprétation à distance?

    Ce n’est pas tout le monde qui a une bonne connexion internet et ce n’est pas partout au Canada où il y a une large bande passante. Et si pour pouvoir travailler, tu décides de mettre tes enfants sur Netflix, ça mange de la bande passante. C’est la réalité de tout le monde en temps de pandémie, et ce n’est pas différent pour nous.

    Sur une note plus légère, après presque 10 ans à titre d’interprète, quel est le moment fort de votre carrière? 

    Le highlight, c’est le débat des chefs il y a deux ans. Contrairement aux réunions où l’on interprète tout le monde, au débat des chefs, un chef nous est attitré. Comme ça, les gens qui nous écoutent savent qui est qui. J’ai eu la chance d’interpréter Justin Trudeau. Ça a bien été, c’était vraiment agréable. Et fait intéressant, c’était à distance, mais la qualité sonore était parfaite.

  • Travaux à Wentworth-Nord: armez-vous de patience

    Travaux à Wentworth-Nord: armez-vous de patience

    Durant les travaux, la circulation s’effectuera par alternance, sur une seule voie. Une restriction de largeur de 2,8 mètres sera en vigueur pour toute la durée des travaux et l’on prévoit une gestion de la circulation à cet effet. Un chemin de détour pour les services d’urgences et le camionnage seulement sera mis en place pour accéder de part et d’autre du pont situé sur le chemin du Lac-Louisa.  

    Le détour s’effectuera par le réseau municipal via la route Principale ainsi que par le chemin Lanthier et la rue des Pivoines qui sont reliés par un chemin privé accessible spécialement pour la période des travaux. Durant la première phase des travaux, soit les quatre premières semaines, la limite de charge du pont sera modifiée à 5 tonnes pour tout type de camions. Rappelons que ce pont est normalement limité à 20 tonnes pour un camion d’une seule unité (camion porteur), à 30 tonnes pour un camion semi-remorque et à 40 tonnes pour un train routier.  

    Le Ministère informe que la durée des travaux et les entraves peuvent être modifiées en raison de contraintes opérationnelles ou des conditions météorologiques. Afin de connaître les entraves en cours et à venir, consultez Québec 511, un outil pratique pour planifier adéquatement vos déplacements.  

  • Vision éclairée pour les parcs municipaux

    Vision éclairée pour les parcs municipaux

    «Nous voulions repenser, redynamiser, protéger et mettre en valeur nos parcs.  C’est un plan évolutif présentant notre 1er jet. Nous pouvons encore le bonifier», d’avertir Benoit Gravel, directeur général, qui demande à la population de s’impliquer pour améliorer les idées du groupe de travail pour les 12 espaces actuels.  D’ailleurs, des pancartes ont été installées dans chacun des parcs de la région, qui précise la teneur des améliorations possibles pour chacun d’eux.  En scannant le code QR sur les affiches, la population est dirigée vers le site qui présente les changements qui seraient en cours. 

    «Nous désirions préparer les investissements et définir ce que nous priorisons.  Ce plan directeur, c’est une route qu’on s’est donné pour une marche à suivre», ajoute André Primeau, directeur des loisirs en soulignant que la ville ne partait pas de rien.  En effet, les nombreux parcs existants, les terrains de soccer, les terrains de baseball ainsi que la patinoire couverte sont déjà convoités par les municipalités environnantes.  

    «Nous souhaitons que la population puisse avoir accès à un parc à moins de 15 minutes de marche», avance le directeur des loisirs, qui souligne aussi l’importance de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.  La desserte actuelle ne rencontre pas encore cet ambitieux objectif, mais prévoit l’intégration des parcs-écoles par le biais de protocoles d’entente avec la commission scolaire et la conversion de deux espaces en parc de proximité, soit les parcs Mady et Mont-Joie.   

    Assurément, le maintien en bon état des équipements existants y fait figure, mais notons entre autres l’ajout de tables de pique-nique, de support à vélos, de fontaines à boire, de balançoires, de barbecue public, de tables de ping-pong, de ruches, d’art urbain, de bancs berçants et même d’un observatoire qui sont parmi les améliorations prévues. 

    Notons aussi la venue d’u 13e parc projeté, soit le parc de Lorraine, qui serait située près de la rue Jérémie, là où un développpement résidentiel a été annoncé.  On y installerait des modules pour les 18 mois à 5 ans, des modules 6 à 12 ans et on projette l’implantation potentielle de jeux d’eau, d’un terrain de tennis et de pickleball, d’un terrain de baskett-ball, d’un parc de planche à roulettes et l’implantation d’un sentier d’interprétation. 

    En plus des parcs municipaux, de proximité et des espaces verts, la Ville a ajouté à son plan directeur des espaces bleus, mettant en valeur les cours d’eau de notre région en élaborant des projets aux abords de la rivière du Nord, de l’Ouest, du lac Beattie et Émilie.  Plus de détails sont à venir pour ces espaces bleus. 

  • Police arrest two men during drug seizure

    Police arrest two men during drug seizure

    Ryan Parsons, 38, and Eric Dubord, 32, both of Hawkesbury face several charges under the Criminal Code and under the Controlled Drugs and Substances Act.

  • L’Orignal Cement Plant Finds Opposition from Federal NDP Candidate

    L’Orignal Cement Plant Finds Opposition from Federal NDP Candidate

    Opposition against Colacem’s proposed cement plant has caught the attention of federal NDP candidate Konstantine Malakos. He’s put the issue on his campaign platform and embedded a petition from  Action Champlain into his website. Action Champlain is the L’Orignal-based community group that opposes the project and tried to stop it through an appeal to the Local Planning Appeal Tribunal.

  • Des bourses pour les universitaires de la francophonie canadienne

    Des bourses pour les universitaires de la francophonie canadienne

    Elie Ndala, de Shippagan, au Nouveau-Brunswick, entreprendra ses études doctorales en éducation à l’Université d’Ottawa en septembre. Après un baccalauréat en éducation de l’Université de Moncton et une maitrise à l’Université d’Ottawa, le boursier de la Fondation Ricard poursuivra ses recherches sur l’insertion socioprofessionnelle des immigrants canadiens dans le milieu de l’éducation.

    «J’étudie la question de qui s’adapte à qui quand on parle de formation des enseignants d’origine étrangère. Est-ce qu’ils ont à changer leurs acquis pour s’adapter et entrer dans le moule éducatif? Comment est-ce qu’ils négocient leur place?», précise Elie Ndala.

    «L’évènement de George Floyd et l’engouement qu’il y a eu pour tout ce qui est le militantisme antiraciste, je pense que ma recherche tombe à point», ajoute le lauréat.

    Arrivé du Congo à l’âge de 6 ans, Elie Ndala a vécu aux quatre coins de la francophonie canadienne. C’est finalement dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, que sa famille a déposé ses valises.

    «C’est en me questionnant sur ma place dans la francophonie que je me suis dit que je voulais aller étudier en éducation. C’est là où j’ai vraiment trouvé mes ailes.»

    Le directeur général de la Fondation, Alain Landry, précise que la fondatrice du programme de bourses, Alma Ricard, avait à coeur l’appui de la francophonie canadienne.

    «Elle disait: « Les Québécois ne veulent plus s’appeler Canadiens, ils veulent s’appeler Québécois. Moi, je donne mes bourses à des Canadiens. » Autrement dit, des Canadiens francophones en situation minoritaire. Elle avait une petite pointe d’humour!», s’amuse à souligner Alain Landry.

    Inquiétudes pour le postsecondaire en français

    Alain Landry ne se le cache pas, les compressions majeures à l’Université Laurentienne, en avril dernier, et les difficultés d’autres établissements universitaires francophones au pays le préoccupe.

    «Ça devient une situation inquiétante pour la francophonie canadienne, mais surtout pour la francophonie nord-ontarienne. Il y a la nouvelle université francophone de l’Ontario qui va ouvrir ses portes, mais elle est toute nouvelle et le contexte n’est pas le même que l’Université Laurentienne [qui existe depuis plus de 60 ans, NDLR] et c’est inquiétant», précise le directeur général.

    Malgré tout, Alain Landry note une constance dans le nombre de demandes de bourse au cours des dernières années. La Fondation a reçu 86 nouvelles demandes cette année, desquelles elle a sélectionné les douze nouveaux lauréats.

    Pour Elie Ndala, «le fait de recevoir une bourse comme ça, non seulement ça me confirme que je suis dans la bonne voie, qu’il y a une écoute» au sein de la francophonie canadienne pour poursuivre des études.

    «Lorsque j’ai reçu la bourse, précise-t-il, ça m’a confirmé qu’il y avait une possibilité de s’épanouir dans la francophonie.»

    Un tremplin pour les lauréats

    La Fondation Baxter et Alma Ricard accorde des bourses exclusivement aux étudiants issus de communautés francophones en situation minoritaire au Canada qui sont titulaires d’un premier diplôme universitaire. Ceux-ci peuvent poursuivre leurs études dans n’importe quel établissement universitaire dans le monde.

    Depuis 1998, la Fondation Baxter et Alma Ricard a remis des bourses à plus de 360 étudiants.

    Alain Landry est fier de présenter les succès des anciens lauréats.

    «On en a une [boursière] d’origine acadienne qui est très hautement placée dans un laboratoire à Amsterdam sur les changements climatiques. On en a un qui est devenu avocat après des études à Harvard et qui est professeur de droit dans une grande université américaine. On en a une qui est doyenne de la Faculté d’éducation à l’Université de Moncton. On en a plusieurs qui sont en droit ou en éducation à l’Université d’Ottawa», énumère Alain Landry.

    Couple marquant pour les communications

    En 1947, Baxter Ricard, originaire de Verner, dans le Nord de l’Ontario, obtient une licence pour créer CHNO, la première station de radio bilingue à l’extérieur du Québec. Dix ans plus tard, il fonde CFBR, une station francophone et la chaine CHNO diffusera dorénavant uniquement en anglais. Les Ricard deviennent alors les premiers diffuseurs commerciaux au pays à posséder deux antennes sur la fréquence AM dans la même ville, soit Sudbury.

    Dans les années 1970, le couple se lance dans le secteur de la télévision par câble pour le Nord de l’Ontario.

    À la fin des années 1980 et au début des années 1990, Baxter Ricard a vendu ses actifs en télécommunication. Le couple a, par la suite créé la Fondation Baxter et Alma Ricard.

    Depuis la création du programme, en 1998, la Fondation a remis plus de 24 millions$ en bourses d’études à des étudiants universitaires de la francophonie canadienne.