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  • Le NPD: joueur politique depuis 60 ans

    Le NPD: joueur politique depuis 60 ans

    Le Nouveau Parti démocratique (NPD) peut-il survivre à Jack Layton? Depuis le décès de Jack Layton, le 22 aout 2011, la question a été posée mille fois.

    Dans la majorité des élections fédérales, le Nouveau Parti démocratique obtient un peu plus de 15% des suffrages depuis sa création «hormis la grande surprise qui était survenue avec Jack Layton», rappelle Frédéric Boily, professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta.

    Ces élections sont les seules où le NPD «perce le mur du Québec», pour reprendre l’expression du politologue. Après la disparition du souriant et optimiste chef, la députation néodémocrate connait d’importants reculs, passant de 103, à 44 et à 24 élus, recul fortement senti au Québec.

    Tout est dans le chef?

    La question se pose : est-ce Jack Layton qui a été une anomalie dans la ligne du temps néodémocrate?

    «Lorsque les néodémocrates ont connu leurs meilleurs résultats, le chef a une figure importante», plaide Frédéric Boily, en particulier de la droite et du populisme. Par exemple, David Lewis remporte 30 sièges en 1973. Sous Ed Broadbent, en 1988, 40 députés néodémocrates accèdent aux Communes. En 2011, la quatrième campagne du chef Jack Layton mène à la vague orange : 103 députés sont élus, dont 59 au Québec (qui compte 75 sièges fédéraux).

    La naissance du parti

    Le Nouveau Parti démocratique nait du parti socialiste fédéral, la Co-operative Commonwealth Federation (CCF). Son premier chef est le père du premier régime d’assurance-maladie provincial, Tommy Douglas, premier ministre de la Saskatchewan de 1944 à 196

    De la campagne à la ville

    L’avenir sourit toutefois au chef actuel, Jagmeet Singh, élu en 2017 au premier tour avec une écrasante majorité. Sa popularité dépasse celle de son parti, comme c’était le cas pour Jack Layton (sauf au Québec), rappelle Larry Savage, chef du Département des études du travail de l’Université Brock.

    «Singh pourrait bien faire dans les villes, avec un discours plus à gauche», renchérit le politologue Boily. Son affirmation évoque le déplacement des ancrages du NPD au cours de ses 60 années d’existence. Le parti s’est fait de plus en plus urbain, en particulier sous Jack Layton, et encore plus sous Jagmeet Singh. Le NPD est à l’origine rural, fort dans les campagnes saskatchewanaises et albertaines et associé au mouvement syndical [à tort, selon Larry Savage dans un article paru en juin dans The Conversation].

    Larry Savage note une autre transformation du parti: à sa fondation, le 3 aout 1961, le NPD aspirait à jouer un rôle de modérateur entre les deux principaux partis, libéral et conservateur, à l’instar du Parti travailliste de l’Angleterre.

    Aujourd’hui, il influence plus qu’il ne modère: «En politique canadienne, on a souvent dit que les néodémocrates proposaient des idées que le Parti libéral volait lors des élections», illustre Frédéric Boily.

    Bien ancré dans les provinces 

    C’est un peu là où le bât blesse : le programme du Parti libéral se faisant plus à gauche, le positionnement du NPD ne se distingue pas fortement.

    Ce problème ne semble pas se transposer aux provinces et au Yukon, où plus ou moins la moitié des partis néodémocrates provinciaux ont déjà formé le gouvernement. L’État-providence, c’est plus l’affaire des provinces, gestionnaires d’importants programmes de sécurité sociale, émet le professeur Savage.

    Le NPD dans les provinces

    • Au Yukon, le NPD a été au pouvoir de 1985 à 1992 et de 1996 à 2000.
    • En Colombie-Britannique, le gouvernement en place est néodémocrate et les néodémocrates ont formé le gouvernement de 1981 à 2001.
    • Rachel Notley, en Alberta, se retrouve dans l’opposition après avoir été première ministre de 2015 à 2019.
    • En Saskatchewan, le parti est bien établi, quoiqu’il a perdu des appuis avec la montée du Parti Saskatchewanais.
    • Au Manitoba, le gouvernement a été orange pendant plus de 30 ans.
    • L’Ontario compte 40 élus néodémocrates et sous Bob Rae, le NPD a été au pouvoir de 1990 à 1995.
    • L’Atlantique a assisté à la montée de ces partis dans les années 1990. En Nouvelle-Écosse, 30 élus sont présentement d’allégeance néodémocrate et le parti est présent à la législature de Terre-Neuve-et-Labrador depuis 1990. Le NPD présent au Nouveau-Brunswick, ne compte pas d’élus provinciaux.
    • Au Québec, le Parti de la démocratie socialiste, appelé NPD-Québec de 1963 à 1995, s’est joint à Québec solidaire en 2006. En 2014, un nouveau parti est fondé portant le nom de Nouveau Parti démocratique du Québec

    L’avenir

    N’empêche, le NPD joue un rôle important au fédéral, aux yeux de Larry Savage. Ce qui compte, c’est plus le statut du gouvernement que le nombre de votes ou de sièges remportés [malgré un pourcentage du vote relativement stable, le NPD obtient parfois 13 sièges, parfois 40, NDLR]. Le NPD a été influent dans les gouvernements minoritaires de Pierre Elliott Trudeau dans les années 1970, de Paul Martin en 2004 et de Justin Trudeau en 2015. «Ça leur permet de contrôler les Libéraux», dit Larry Savage.

    L’avenir du NPD pourrait être intéressant s’il faisait des gains dans les grandes villes, estime Frédéric Boily: «Les néodémocrates, sous Jagmeet Singh, font bien. Pas assez pour prendre le pouvoir, mais assez pour peut-être devenir un contrepoids dans un gouvernement minoritaire.»

    Le grand défi néodémocrate, pour le professeur Boily, c’est de dépasser le plafond des 20 % du suffrage. Pour le professeur Savage, c’est de créer des assises fortes au Québec. Mais «c’est un parti qui sert de point d’ancrage pour les autres partis fédéraux».

    Larry Savage tempère: «J’ai assez d’expérience qu’il est foufou de faire des prédictions. Mais tout est possible; Layton l’a démontré.»

  • Aléas climatiques dans l’Ouest: «C’est sans précédent»

    Aléas climatiques dans l’Ouest: «C’est sans précédent»

    Des fruits rabougris, des feuilles desséchées, les 6 000 arbres fruitiers de Dean et Sylvia Kreutzer souffrent de la sècheresse et de la chaleur extrême qui frappent l’Ouest canadien cet été.

    Le verger biologique du couple, situé dans une vallée de la Saskatchewan, au nord de Regina, manque cruellement d’eau. Les abricotiers, pommiers et cerisiers plantés il y a plus de vingt ans ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. «On ne va probablement ramasser que 10 % de notre récolte habituelle, on a dû abandonner certains de nos arbres, lâche Dean Kreutzer amer. La seule raison pour laquelle certains fruits ont poussé, c’est qu’on a eu deux orages, sans cela tout serait mort.»

    Entre le 18 juin et le 18 juillet, le centre de la Saskatchewan, tout comme le sud de la Colombie-Britannique, a connu 16 jours consécutifs sans précipitations. Selon David Sauchyn, directeur du Collectif des Prairies pour les recherches en adaptation (PARC), une large zone des Prairies touchée par la sècheresse a reçu moins de la moitié des précipitations normalement attendues. 

    «Cela provoque un manque d’humidité problématique dans le sol, explique le scientifique. Les orages estivaux sont si courts que la majorité l’eau s’écoule et s’évapore dans les jours suivants.»

    Pertes de rendements de 50%

    Dans le sud-ouest de la Saskatchewan, les 400 acres de légumes, céréales et pois cultivés de façon biologique par Solange Campagne sont également brulés par la chaleur. En date du 18 juillet, cette partie de la province a connu plus de deux semaines consécutives de températures supérieures à 25 degrés Celsius.

    La propriétaire d’une ferme à Willow Bunch, en Saskatchewan, s’attend à «beaucoup de pertes». Aux records de chaleur ne s’ajoutent, là aussi, que de faibles précipitations. D’après l’agricultrice, moins de 25 millimètres de pluie sont tombés depuis mai, un niveau largement insuffisant pour amener les plantes à maturation. «Nous n’avons pas de réserve pour faire face à cette sècheresse, car il n’a pas assez plu l’automne passé, on a besoin de pluie douce pour recharger les sols», témoigne-t-elle.

    Les producteurs de grandes cultures ne sont pas épargnés par la vague de chaleur sans précédent. À Delmas, dans le nord-ouest de la Saskatchewan, Martin Prince a déjà «fait le deuil de ses rendements». Le Fransaskois estime qu’ils vont probablement diminuer de 30 à 50 % selon le type de culture.

    «Le colza et le canola ont été affectés au moment de la floraison, leurs fleurs jaunes ont blanchi et les cosses ne se sont pas formées», raconte le propriétaire de plus de 3 200 acres. «De toute façon, un rendement de 100% n’existe pas dans nos régions, il faut toujours se préparer à des évènements extrêmes», relativise-t-il.

    De même, Gilles Sylvain, qui exploite 2 100 acres à Girouxville, au nord-ouest de l’Alberta, table sur une baisse d’un tiers de ses rendements. Malgré des débuts prometteurs au moment des semis, la chaleur et la pénurie d’eau ont eu raison de ses espoirs «d’une récolte normale».

    Selon le Franco-Albertain, il est tombé à peine 38 millimètres d’eau depuis la mi-juin, alors que ses plants en ont besoin de trois à quatre fois plus.

    Des troupeaux sont à risque

    Le temps sec et les températures anormalement élevées inquiètent tout autant les éleveurs du Manitoba. «C’est la pire année qu’on ait jamais vu, on n’a presque pas eu de neige l’hiver dernier, et moins de 50 millimètres de pluie sont tombés [entre le début juin et la mi-juillet]», partage Christel Lanthier, propriétaire avec son mari de la Ferme Fiola dans le Sud-est de la province, à Sainte-Geneviève. Malgré un puits dans la nappe aquifère, l’agricultrice s’inquiète pour la première fois de l’approvisionnement en eau.

    Ses 20 brebis, qui ont l’habitude de pâturer dans des zones marécageuses à l’herbe juteuse, doivent se contenter de pousses sèches et jaunies.

    «On va surement devoir leur donner du fourrage dès le mois d’aout, alors qu’on commence normalement en novembre», rapporte la Franco-Manitobaine. Pour nourrir ses bêtes, elle compte sur la maigre production de foin de la ferme, le tiers d’une récolte normale.

    «En principe on le vend, mais cette année ce n’est pas possible», regrette-t-elle. La situation est telle, que le couple envisage de vendre certains moutons, alors qu’ils espéraient agrandir leur exploitation l’an prochain.

    Plus à l’ouest du Manitoba, près de Pipestone, Melissa Atchison a déjà dû retirer ses 800 vaches laitières des pâturages. Elle doit utiliser les céréales destinées à la vente pour nourrir ses bêtes.

    L’agricultrice, dont 100 acres de seigle ont séché sur pied, estime ses baisses de rendement à 50 % cette année. «C’est certainement trop tard pour nos cultures, on va devoir acheter plus de fourrage qu’on en a jamais acheté, reconnait-elle. On espère juste qu’il pleuve pour que nos animaux puissent retourner dans les prés.» Également vice-présidente de l’Association des producteurs de bœufs du Manitoba (CCIA), elle s’inquiète pour l’ensemble de ses confrères : «C’est sans précédent, certains éleveurs n’ont pas assez d’eau et de nourriture pour le reste de l’été, leur stress est immense, ils vont devoir abattre leurs troupeaux».

    Des impacts de plus en plus graves

    Les agriculteurs interrogés l’assurent, le climat des Prairies a toujours été sec et imprévisible. Mais cette dernière décennie, ils observent une multiplication des évènements météorologiques extrêmes dont des étés très froids, avec du gel en plein mois de juillet, ou encore des pluies diluviennes à l’automne et au printemps. «L’hiver, les températures n’ont jamais été aussi fluctuantes, des arbres sauvages meurent parce qu’ils se réveillent à 7° Celsius avant d’être frappés par du moins 40 le lendemain», se désole Dean Kreutzer.

    David Sauchyn de PARC confirme les observations des fermiers. «Dans un climat globalement plus chaud, on s’attend à ce que les évènements extrêmes soient plus fréquents et sévères avec des impacts plus graves», expose le professeur qui enseigne à l’Université de Regina.

    Autrement dit, à l’avenir, les sècheresses seront plus intenses et les pluies plus abondantes. Aux yeux de l’expert, le dérèglement du climat pourrait toutefois représenter une chance. «Le montant annuel de précipitations augmentera et la période hors gel s’allongera, ce qui sera bénéfique pour la croissance des plantes, affirme-t-il. Si les fermiers sont capables de s’adapter à l’instabilité accrue du climat, ils pourront tirer avantage d’un climat plus chaud et plus humide.»

    Des aides pas forcément adaptées  

    Sécuriser l’accès à l’eau et économiser les ressources disponibles représente l’autre enjeu crucial. Aucun des exploitants contactés ne dispose d’un système d’irrigation, ceux-ci demeurant dépendants des pluies. «C’est très couteux et compliqué à mettre en place», nuance Martin Prince.

    Surtout, David Sauchyn prévient: «Si les conditions climatiques défavorables durent plusieurs années, il devra y avoir une adaptation de l’intégralité du secteur agricole et une intervention forte des gouvernements provinciaux et fédéraux.» Le chercheur plaide en faveur de plans de sauvetage et de relance agricole massifs.

    En attendant, les agriculteurs couverts par une assurance récolte provinciale pourront être indemnisés à la suite des dommages subis cet été. Au niveau fédéral, Financement agricole Canada (FAC) a annoncé un programme de soutien en vue de réduire la pression financière avec un accès accru au crédit à court terme, des reports de paiement de capital, ou encore une modification du calendrier de remboursement des prêts.

    «Ce n’est pas suffisant, il faut avoir des réserves financières pour faire face à une sècheresse comme celle-ci et si ça dure plus de deux ans, ce n’est pas viable», observe Solange Campagne en Saskatchewan. «Les prêts ne sont pas forcément adaptés, on n’est pas en mesure de les rembourser si les saisons difficiles s’enchainent, poursuit Dean Kreutzer. Quand on perd des arbres fruitiers, il faut attendre vingt ans avant d’avoir à nouveau une production.»

    Quelle que soit la taille de leur exploitation et leur vision de l’agriculture, les fermiers se disent confiants quant à leur avenir dans l’Ouest. «On est jeunes et un peu fous, on continuera», assure avec confiance Christel Lanthier. Un optimisme que partage Martin Prince: «Il y aura toujours des défis et jamais de rendements garantis, mais je serai toujours là pour ensemencer, c’est notre responsabilité de gérer les risques.»

  • Se faire une place au soleil grâce au Festival international de la chanson de Granby

    Se faire une place au soleil grâce au Festival international de la chanson de Granby

    C’est en 1971, donc à peine deux ans après la création du FICG, que son grand concours est devenu pancanadien.

    «La fonction première du Festival a toujours été de développer et de promouvoir la relève de la chanson francophone, et la chanson francophone elle-même. Donc la francophonie canadienne a toujours été présente, là pour en faire la promotion», souligne le directeur général de l’évènement, Jean François Lippé.

    Au fil des ans, le FICG a développé des partenariats avec divers organismes franco-canadiens à travers le pays afin de recruter des artistes prometteurs, comme le Gala de la chanson de Caraquet. À minima, six des 23 demi-finalistes du Grand Concours Hydro-Québec et 13 des 24 interprètes du projet Jamais Trop Tôt (JTT) proviennent de la francophonie canadienne.

    «On a eu la chance de voir des jeunes continuer d’évoluer dans la musique francophone. Certains ont participé au Grand Concours Hydro-Québec et ont une carrière qui commence à fleurir, comme Chloé Breault (NB), Matt Boudreau (NB), Céleste Lévis (ON) et Sympa César (AB)», énumère Jean François Lippé.

    Ces trois derniers, qui sont d’anciens interprètes du programme JTT, seront d’ailleurs sur scène ensemble le 25 aout — lors de la finale du Grand Concours — pour présenter une chanson et parler de leur expérience. L’Albertain Sympa César sera de la demi-finale du 19 aout.

    Des carrières très prometteuses

    L’artiste acadienne Caroline Savoie, originaire de Moncton au Nouveau-Brunswick, affirme sans hésiter que le FICG a été l’un des tremplins lui ayant permis de lancer sa carrière.

    Lauréate de la 47e édition, en 2015, elle souligne qu’il s’agissait de son premier concours au Québec: «J’avais fait l’École nationale de la chanson de Granby, donc j’avais suivi l’année d’avant les participants au FICG… Quand j’ai eu l’opportunité d’y participer, j’étais contente! C’est clair que je ne m’attendais pas à gagner, donc de gagner en plus ça a été un super bel honneur!» relate Caroline Savoie.

    «Ça m’a surtout donné une sorte de confiance que je n’avais pas avant; là, j’ai vu que j’étais capable de faire ça comme métier, que ça se faisait! C’était le boost dont j’avais besoin pour continuer ma carrière», ajoute l’artiste de 26 ans.

    Cette victoire lui a également valu le prix Lynda Lemay, ou prix de la Tournée Granby-Europe, également remporté cette année-là par l’artiste québécois Émile Bilodeau: «On est partis en tournée un mois et demi ensemble [en Europe] et ça a été une de mes plus belles tournées!» se rappelle l’artiste acadienne.

    Depuis, Caroline Savoie contribue chaque année au FICG dans le cadre du projet JTT, où elle met en musique l’un des 24 textes écrits par des jeunes de 14 à 17 ans de partout au pays. Les chansons seront ensuite interprétées par de jeunes artistes du même âge, provenant de 10 provinces et un territoire, lors du spectacle JTT, qui aura lieu cette année le 23 aout à 19 h 30.

    Héritage de la pandémie — l’édition 2020 du FICG a eu lieu entièrement en ligne —, le spectacle sera diffusé gratuitement sur les plateformes numériques du Festival.

    De ce projet, Caroline Savoie apprécie que «c’est l’fun, c’est un vrai travail collectif parce que ce sont des textes de jeunes francophones de partout au Canada, puis ce sont des jeunes interprètes qui vont les chanter… Donc c’est une huge collaboration, je trouve que c’est créatif comme idée de spectacle!»

    Le directeur général du Festival, Jean François Lippé, souligne pour sa part que «ce sont des jeunes en début de carrière, mais dont les carrières sont très prometteuses».

    Des contacts «qui restent pour toujours»

    Outre le fait de gagner ou même d’obtenir de la visibilité pour sa carrière, Caroline Savoie et Jean François Lippé s’entendent pour dire que l’aspect le plus crucial de participer au FICG, c’est d’y faire des rencontres qui peuvent ensuite suivre les artistes toute leur vie.

    «On veut créer des ponts entre les communautés francophones du Canada, les impliquer dans des activités pour faire naitre des échanges […] Il y a de belles rencontres qui se font dans le cadre du Festival, des rencontres agréables et professionnelles», souligne le directeur du FICG.

    «[L’auteur-compositeur-interprète acadien] Jean François Breau a fait la rencontre de Louise Forestier parce qu’elle était juge l’année de sa participation [en 1998, NDLR]. C’est probablement ce qui lui a permis de décrocher le rôle de Gringoire dans Notre-Dame-de-Paris», ajoute Jean François Lippé.

    Caroline Savoie a quant à elle travaillé sur son premier album avec le directeur musical du Grand Concours de la 47e édition, Charles-Antoine Gosselin: «Pour moi, ce qui est ressorti le plus, c’est de rencontrer des musiciens et de forger de nouvelles amitiés […] Ce sont des contacts qui restent pour toujours!»

    Celle qui avait affronté en finale l’artiste Les Louanges souligne également le «privilège de voir tous ces artistes émergents en début de carrière, du monde qui rafle plein de prix après et qui fait plein de spectacles! On sent qu’on voit une nouvelle génération de musique qui s’en vient». 

    «Dans les dernières années, je pense qu’il y a une effervescence […] On sent un engouement de vouloir faire survivre sa culture. Beaucoup plus de créateurs sortent [de la musique] en français», observe avec enthousiasme Caroline Savoie.

    Le FICG, dont la programmation complète est disponible en ligne, compte bien «faire rayonner la langue française à travers la chanson» pendant encore de nombreuses années. «Garder la flamme de créer en français, c’est super important pour la culture», conclut Jean François Lippé.

  • School asks township for snow removal help

    School asks township for snow removal help

    Council reviewed a letter from École élémentaire catholique Curé-Labrosse in Saint-Eugène during its June 14 session. The letter was a request for help clearing snow from the sidewalks in front of the school to ensure students either walking to school or who are dropped off by their parents have a safe entry route onto the school grounds. 

    The letter stated that the number of students brought to the school during winter by their parents had tripled during the pandemic. Sometimes students were forced to walk on the street part of the way to get to the school driveway entrance because the sidewalk were blocked with snow. 

    School administration had tried, without success, to find a contractor for sidewalk snow removal. Now school officials are asking the township to help with snow removal for the sidewalk in front of the school and also for the sidewalks of other nearby streets in the village that serve as student walking routes to school. 

    Council asked the public works department to research the cost of getting either a new sidewalk plow or a used one in good condition. The request from the school is tabled until the August council session to give department staff time to collect information and prepare a report. 

  • Trop de symbolisme, c’est comme pas assez

    Trop de symbolisme, c’est comme pas assez

    Dans son cas, en raison de la mosaïque de cultures qu’est le Canada, les symboles sont souvent à doubles tranchants. Très peu d’annonces le démontrent aussi bien que la nomination de Mary Simon comme première gouverneure générale autochtone du Canada.

    Alors que la population canadienne est bouleversée par les découvertes à répétition de corps d’enfants décédés dans les pensionnats d’assimilation autochtones, le moment était venu de nommer une Autochtone au poste quasiment honorifique.

    En fait, s’il ne l’avait pas fait, il aurait très probablement été critiqué. Peu importe ce que nous tentons de démontrer dans les paragraphes ci-dessous, un choix important et judicieux a été fait au bon moment.

    Une situation inconfortable pour les francophones

    Lors de l’annonce, le premier ministre est allé au-devant des critiques, soulignant immédiatement qu’il était conscient que Mary Simon ne parlait pas français. En tendant une branche d’olivier à une communauté minoritaire et marginalisée, il en a offensé une autre. Les candidats.es qui pourraient plaire aux deux existent probablement, mais ils sont surement rares.

    Mary Simon a promis qu’elle apprendrait le français – ce qu’on ne lui a pas permis de faire dans sa jeunesse dans un pensionnat québécois à Kuujjuaq. Il faut toujours rester ouverts, mais aussi sceptiques, face à cette promesse.

    Certains progressent un peu et stagnent, d’autres continuent leur formation et s’améliorent constamment. Il faudra donc attendre pour évaluer sa progression. Si elle y parvient, ce sera un autre symbole important et elle mettra un peu de pression sur ses successeurs.

    N’empêche, le premier ministre Trudeau a mis la population francophone dans une situation inconfortable. Il a nommé une personne qui ne parle pas une des langues officielles au poste de gouverneure générale, mais en trouvant une candidate presque impossible à critiquer en raison du symbole qu’elle représente pour un autre peuple minoritaire que mérite tout autant de respect.

    Le français est une langue officielle du pays, mais c’est aussi une langue coloniale. Comment réconcilier les besoins et les droits de tous les peuples minoritaires à la fois? Une personne trilingue? Certes. Mais ce seront en grande majorité les Autochtones qui seront trilingues, comme ce sont principalement les francophones qui sont bilingues.

    Un rôle symbolique

    Petite lueur dans la brume: même si elle ne parle pas français, Mary Simon a un meilleur bagage pour comprendre les difficultés que vivent les francophones en milieu minoritaire qu’un blanc bilingue qui a grandi dans un milieu où sa langue était majoritaire. Elle peut devenir une alliée des communautés francophones comme des communautés autochtones.

    Au-delà de tous ces symboles, il y a néanmoins trop peu d’actions concrètes. Rien pour faire une vraie différence dans nos vies. Et là est le vrai problème. La nouvelle Loi sur les langues officielles promise lors des dernières élections a peu de chance d’être adoptée avant de nouvelles élections. Les communautés autochtones sans eau potable sont encore trop nombreuses…

    Est-ce que la nomination d’une gouverneure générale d’origine autochtone peut aider ce dernier point? Non. Comme une gouverneure générale qui parle français n’aurait pas pu accélérer l’adoption de la LLO.

    Son rôle est symbolique. Elle peut rappeler à Justin Trudeau qu’il n’a pas tenu ses promesses, mais elle ne peut pas le forcer à faire quoi que ce soit. C’est au gouvernement de mettre en place des mesures qui sont plus que des symboles.

    La gouverneure générale joue un rôle dans la politique canadienne, mais elle prend très peu de décisions qui ont un impact sur nos vies. Elle a une chance d’intervenir lorsqu’un gouvernement minoritaire perd la confiance de la Chambre, mais c’est presque tout.

    Du côté des francophones, la seule chose vraiment importante qui a été perdue, c’est un discours du trône lu dans les deux langues officielles. Encore un texte qui contient plus de bonnes intentions que d’actions concrètes.

  • Émilie Perron tentera de prendre les airs

    Émilie Perron tentera de prendre les airs

    «Toute ma vie, je me suis intéressée aux sciences et j’ai été passionnée par les avions, mais je n’avais jamais imaginé que c’était quelque chose que je pouvais vraiment faire. Maintenant, je vois que c’est quelque chose que je peux faire. Je suis en train de repenser un peu mon futur. Peut-être que j’irai dans une école pour devenir pilote, mais je considère aussi aller en génie aérospatial», explique Émilie Perron.

    Elle a eu la chance de voler avec deux pilotes en septembre. Lorsqu’ils lui ont permis de contrôler l’avion pendant quelques instants, ils ont vu un grand potentiel en elle. Les deux membres de la Canadian Owners and Pilots Association (COPA), qui remet la bourse, l’ont donc encouragée à soumettre sa candidature.

    La bourse est remise à un Canadien ou une Canadienne par année : celui ou celle qui arrive à démontrer de la passion pour l’aviation, de l’initiative, de la détermination, de bons résultats scolaires et une conscience sociale la remporte.

    Émilie a déjà commencé le cours théorique, un cours d’au moins 50 heures. Ensuite, elle devra faire au moins 50 heures de vol avant d’obtenir son permis – et c’est ici que les choses se compliquent.

    L’école de pilotage qui était située à Sudbury a fermé ses portes pendant la pandémie. Cette école avait aussi un avion et un instructeur à North Bay. Maintenant, l’instructeur est toujours là, mais il n’y a plus d’avion. Émilie Perron n’a donc pas accès à un appareil pour compléter sa formation et les conditions de la bourse spécifient qu’elle doit l’avoir terminée d’ici un an.

    L’apprentie pilote réfléchit aux possibilités. La meilleure option serait d’aller vivre chez des cousines à Barrie, mais elle hésite à quitter son école et sa ville alors qu’elle entame sa dernière année du secondaire.

    «Lorsque je me donne un but, je vais tout faire pour que ça arrive. J’ai toujours aimé les défis et je ne crois pas que mon âge ou mon genre devraient limiter ce que je peux accomplir», a-t-elle écrit dans sa soumission.

    Relever les défis

    Émilie Perron n’en est pas à ses premières épreuves. Grande sportive, elle a essayé plusieurs sports: «Nomme-m’en un et je l’ai essayé!». Elle en a quand même deux préférés: le hockey, qu’elle pratique depuis l’âge de trois ans, et le football, auquel elle joue depuis la 7e année.

    À 10 ans, elle est passée d’une ligue de hockey féminin à une ligue pour garçons. Elle est souvent la seule fille dans ses équipes de hockey et de football. «C’est certainement intimidant, mais je ne regrette pas ce que j’ai fait parce que ça m’a aidé à devenir la personne que je suis aujourd’hui.»

    Elle a dû faire sa place au hockey, mais encore plus au football, où les joueuses sont plus rares. «C’est un défi non seulement physiquement, mais il y a des coaches d’autres équipes ou des parents qui ne veulent pas respecter qu’une fille puisse jouer au football. J’ai surement dû travailler deux ou trois fois plus fort juste pour prouver que j’étais assez bonne et que je méritais d’être sur le terrain. J’ai gagné le respect de la plupart des équipes maintenant», raconte-t-elle.

    À sa première année de football, Émilie Perron a remporté le Prix Demi défensif de l’année. 

    À travers toutes ces activités, Émilie Perron a trouvé le temps de faire 480 heures de bénévolat pour différents organismes: une boutique de curling, des camps de danse, aider à entrainer des équipes de football et faire du kayak pour le programme Tutor Trout, entre autres. Elle est aussi arbitre pour des matchs de hockey mineur et de hockey sur luge.

  • Mary Simon entre en poste et s’engage à apprendre le français

    Mary Simon entre en poste et s’engage à apprendre le français

    «Ma langue maternelle, l’inuktitut, est la langue qui définit les Inuits comme peuple et c’est le fondement même de notre survie. Ma langue seconde, l’anglais, m’a ouvert les portes du reste du monde. Je m’engage à apprendre l’autre langue officielle du Canada, le français», a déclaré la nouvelle gouverneure lors de sa cérémonie d’installation à Ottawa, le lundi 26 juillet.

    Mary Simon a confirmé dans son discours inaugural avoir reçu l’appui de plusieurs personnes qui lui ont offert de l’accompagner dans sa formation.

    L’enjeu du français dans le choix de la successeure à Julie Payette aurait fait l’objet de plus de 600 plaintes au Commissariat aux langues officielles (CLO) depuis l’annonce de la nomination de Mary Simon, le 6 juillet.

    Le commissaire Raymond Théberge a confirmé la semaine dernière que les plaintes étaient recevables et qu’il mènera une enquête qui visera le Bureau du conseil privé «dans sa capacité de conseil dans le cadre de cette nomination».

    La cérémonie d’installation de la gouverneure générale a été marquée par des prestations d’artistes autochtones, dont la Franco-Manitobaine Adrina Turenne, originaire de Winnipeg. Elle a interprété sa chanson En plein cœur de mai qui raconte la lutte des Métis et des francophones de l’Ouest du pays.

    La première Autochtone gouverneure générale

    Mary Simon est cinquième femme de l’histoire du Canada et la première Autochtone à occuper le poste de gouverneure générale.

    Elle a admis, pendant son discours, avoir été «horrifiée» par la découverte de tombes non identifiées sur les terrains d’anciens pensionnats autochtones.

    «Depuis la parution, il y a six ans, du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, nous avons su en tant que pays que nous devons apprendre la véritable histoire du Canada. L’acceptation de cette vérité nous rend plus forts en tant que pays, unit la société canadienne et enseigne à nos enfants que nous devons toujours faire de notre mieux, surtout dans les situations difficiles.»

    La gouverneure générale a aussi insisté sur les principes de justice et d’équité, entre autres en soulignant le travail qu’il reste à faire en matière de respect des cultures, des langues, des ethnies et des religions, mais aussi en matière de santé mentale.

    «En tant que gouverneure générale, je m’engage à profiter de ce moment de l’histoire de notre pays [la pandémie] pour poursuivre le travail de déstigmatisation de la santé mentale afin qu’elle soit considérée de la même façon que les maladies physiques et qu’on y consacre la même attention, la même compassion et la même compréhension.»

    Mary Simon a aussi salué le dévouement des travailleurs essentiels pendant la pandémie ainsi que ceux qui ont sacrifié leur sécurité pendant cette période.

    Au quotidien, la gouverneure générale est la représentante de la Reine au Canada. La gouverneure générale a de nombreuses responsabilités, dont les suivantes:

    S’acquitter de ses obligations constitutionnelles

    Occuper la fonction de commandant en chef du Canada

    Représenter le Canada au pays et à l’étranger

    Encourager l’excellence

    Travailler à rapprocher les Canadiens

  • «Il faut toujours se rappeler d’où vient l’UOF»

    «Il faut toujours se rappeler d’où vient l’UOF»

    Entré en fonction le 7 juillet dernier, Pierre Ouellette s’enthousiasme que l’Université de l’Ontario français (UOF) ait reçu à la mi-juillet près de 450 demandes d’admission, dont 327 ont été retenues.

    Quelque 150 de ces candidats ont accepté l’offre de l’établissement, mais le recteur demeure pragmatique: «On pense, si la tendance se maintient, que d’ici la rentrée on devrait avoir approximativement une centaine d’étudiants inscrits dans nos quatre programmes de quatre ans.»

    Quant aux 17 microprogrammes offerts par l’UOF, ils ont été l’objet de plus de 200 demandes d’après le recteur. Le nouveau recteur pense y accueillir une trentaine d’étudiants en septembre.

    Ces programmes sont réservés aux ressortissantes et ressortissants canadiens en vertu des règles d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC): «Pour obtenir un permis d’études, une étudiante ou un étudiant étranger doit être inscrit à temps plein. Hors, tous les microprogrammes de l’UOF sont offerts à temps partiel», précise-t-on aux communications de l’UOF.

    «La situation peut changer très rapidement, notamment avec la COVID, nuance toutefois Pierre Ouellette. Une grande partie des personnes inscrites sont des étudiants internationaux», qui pourraient changer d’avis en fonction de la situation sanitaire.

    Regagner le «momentum»

    En tout et pour tout, l’UOF estime que la proportion d’étudiants canadiens inscrits à l’UOF est d’environ 30%, la balance étant constituée d’étudiants étrangers.

    S’il considère que ce ratio «est déséquilibré pour l’instant», Pierre Ouellette explique que c’est en grande partie en raison de l’approbation des programmes de l’UOF, qui s’est faite plus tard que souhaité l’an dernier : «On n’a pas pu partir en tournée de recrutement, même pas en virtuel, avant très tard à l’automne […] On va souhaiter rééquilibrer la proportion dans les prochaines années.»

    Ces chiffres, bien qu’approximatifs, réjouissent tout de même celui qui reprend la barre de l’UOF après que le tout premier recteur de l’établissement, André Roy, ait quitté son poste à peine six mois après son arrivée.

    Un mois plus tôt, en janvier 2021, le peu d’inscriptions à l’UOF avait fait parler dans les médias.

    S’il n’en sait pas plus sur les raisons qui ont provoqué le départ du précédent recteur, Pierre Ouellette souligne qu’il «arrive avec la volonté de travailler avec les équipes et d’essayer de redonner au projet un momentum que, j’ai senti comme observateur à partir du mois de janvier, qu’on avait un peu perdu […] Généralement, je pense qu’on a vraiment le vent dans les voiles et le momentum de notre côté».

    L’innovation, une force… et un défi

    Avant de passer cinq ans au poste de direction de Radio-Canada Ontario, Pierre Ouellette a notamment occupé, de 2011 à 2016, le poste de recteur à l’Université de Hearst (UdeH).

    «Il y a assurément des points en commun [entre le rectorat à l’UOF et à l’UdeH] […] Résoudre des défis à Hearst ou à l’UOF à Toronto, qui travaille pour le Centre-Sud-Ouest, ce n’est pas exactement la même chose, mais l’enjeu important, c’est celui du recrutement. C’est ma priorité numéro un à l’UOF et ce l’était à Hearst», souligne le recteur.

    Pierre Ouellette compte toutefois adapter les tactiques à l’aspect «innovant, original» de l’UOF: «Ce qui m’a vraiment impressionné et franchement charmé du projet, c’est son caractère innovant […] Dans sa signature pédagogique, dans l’idée de vouloir faire beaucoup d’apprentissages par l’expérience, de vouloir travailler en partenariat avec la communauté […] Il faut aussi être innovants dans nos approches de recrutement pour que les gens vivent cette innovation-là en amont.»

    Ce qui fait la force de l’Université, d’après le recteur, est toutefois également ce qui constitue ses plus grands défis. Convaincre les étudiants — et parfois même leurs parents — d’adhérer aux propositions «innovantes» de l’UOF n’est pas gagné d’avance.

    «Si les parents ont étudié dans une université plus traditionnelle, ils pourraient ne pas comprendre ce qu’on est en train de faire à l’UOF. Nos programmes sont axés sur les grands défis de la société d’aujourd’hui… Ils ont été critiqués par certaines personnes, souvent des profs d’université qui défendent leur propre façon de faire, mais nos programmes sont axés sur les besoins de diplômés qui vont ensuite aller dans le monde et avoir un impact sur la société, dans les domaines qu’on a ciblés», explique Pierre Ouellette.

    L’établissement espère d’ailleurs offrir un cinquième baccalauréat, en éducation, à la rentrée 2022 – le programme est en attente d’approbation de la province. «Ça répond à un besoin criant de la société franco-ontarienne, qui est la disponibilité de personnel enseignant qualifié en français […] On veut toujours être aux aguets, à essayer de voir quels sont les besoins de la communauté en matière de formation et de programmes, mais aussi comment les offrir», indique le recteur. 

    Avec une offre de cours en comodalité — avec l’option d’être en classe ou à distance —, «beaucoup de ce qu’on a fait a été réfléchi en fonction de l’expérience étudiante».

    Plus de partenariats envisagés

    L’UOF ouvrira ses portes dans un contexte mouvementé pour l’éducation francophone postsecondaire en Ontario. Pierre Ouellette indique toutefois que l’établissement est très ouvert aux possibilités de partenariat avec ses homologues.

    «Il y a déjà des collaborations qui ont été établies avant même que j’arrive; avec l’Université de Hearst par exemple, l’autre université de langue française en Ontario, un partenariat existe et va continuer de se développer. On travaille aussi à des initiatives avec le Collège La Cité, à Ottawa.»

    Quant au Moyen-Nord, le recteur indique regarder «de très, très près ce qui se passe à Sudbury. Ce qui s’est passé à l’Université Laurentienne m’a touché de très près, j’ai moi-même étudié dans un département qui n’existe plus aujourd’hui», précise Pierre Ouellette.

    «On sait qu’il y a du potentiel pour collaborer, beaucoup de personnes ont parlé d’un réseau d’universités de langue française en Ontario ; c’est une belle possibilité! Mais on va attendre de voir, laisser les gens du Moyen-Nord essayer de faire un tri dans ce qui se passe, se concerter, travailler ensemble», enchaine-t-il.

    Le recteur estime que «ce n’est pas à nous, comme Université de l’Ontario français qui n’avons même pas encore offert notre premier cours, d’arriver à la Laurentienne et de dire: “C’est comme ça que ça devrait se faire.” Ça ne sera pas ça notre approche, notre attitude. Mais on est très ouverts à parler avec tout le monde et à travailler de façon collaborative».

    Pour celui qui a participé en 2012 aux États généraux sur le postsecondaire en Ontario français, orchestrés par le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), «il faut toujours se rappeler d’où vient l’UOF, c’est quoi la volonté de la communauté, des gouvernements; c’est pour remplir un besoin au niveau de l’accès aux études en français au niveau universitaire dans le Centre et le Sud-Ouest. Notre recrutement doit prioriser d’abord ces populations-là».

    Enfin, Pierre Ouellette ajoute qu’il se sent «incroyablement choyé d’assister au lancement d’une nouvelle université – ça n’arrive vraiment pas souvent, surtout au Canada français à l’extérieur du Québec! On a de nouvelles installations, un campus archimoderne à cinq minutes du lac Ontario, de nouveaux programmes, du nouveau personnel… Je me trouve vraiment très chanceux de pouvoir vivre ça, ça m’enthousiasme énormément».

  • Farm fairs are back

    Farm fairs are back

    For more than 145 years, Riceville has organized the Agricultural Fair, which shines the light on agriculture of the past, present and future. After a limited edition due to health measures because of Covid, the Fair will look a little more normal. Obviously, it will be impossible, unless there are changes in the steps and measures issued by the Ford government, that all the usual activities take place. To know the program, you must visit the facebook page of the event. This will be unveiled around July 23. The holding of fireworks, around 10 pm, however, seems already scheduled. 

    The president of this year’s edition, Mr Tobias Hovey, is delighted with the resumption of activities and is satisfied with the collaboration of the public health office which answers all its questions when necessary. He’s not sure exactly how the Fair will go this year, that it’s a bit difficult to make big last-minute changes because it takes a lot of organization. For example, participants have to keep their horses and cows ready. He says he is following closely the government’s directives. 

    He also adds that despite the difficulties that the Covid caused to the Fair, it allowed the creation of a new event which was successful and which will be back on August 29, the Backyard BBQ. For more information, the President invites people to visit the Fair’s website and facebook page.