Catégorie : Autres – Others

  • Un triplex détruit dans un incendie mercredi

    Un triplex détruit dans un incendie mercredi

    ersections des rues Main et Regent. Le chef Daniel Gascon a indiqué lors d’une entrevue ultérieure que le service d’incendie de Hawkesbury a reçu l’aide de ses homologues de L’Orignal, dans le canton de Champlain, et de Grenville, au Québec. 

    Un des locataires de l’immeuble a remarqué de la fumée provenant d’un mur intérieur d’un appartement du rez-de-chaussée et a appelé le service d’incendie. La première équipe de pompiers sur les lieux est entrée dans l’immeuble par l’entrée arrière et a trouvé de la fumée et des flammes. 

    Au total, sept camions de pompiers et environ quatre douzaines de pompiers ont passé toute la matinée et le début de l’après-midi sur les lieux, pour tenter de contenir l’incendie. Un camion échelle était garé dans la cour à l’arrière du bâtiment et les pompiers, équipés d’appareils respiratoires autonomes, tentaient de percer le plafond du bâtiment pour accéder au feu et aider à ventiler la chaleur et la fumée à l’intérieur. 

    Les deux intersections de Main Street et de Regent Street ont été bloquées à la circulation par des équipes de travaux publics de la ville afin de permettre aux pompiers à l’avant du bâtiment de se concentrer sur leur travail. 

    D’autres barricades ont été installées dans plusieurs entrées également et une seule barricade a été installée sur le tuyau d’incendie relié à une bouche d’incendie sur la rue Main. La barricade de ce site était nécessaire car un automobiliste, qui essayait d’accéder au parking arrière d’un commerce de la rue Main, a roulé sur le tuyau juste après qu’il ait été rempli d’eau et prêt à être utilisé par les pompiers. 

    L’immeuble était un triplex qui abritait quatre personnes. Tous les résidents sont sains et saufs. Ils reçoivent présentement l’aide des Services aux victimes de Prescott-Russell et de la Société de la Croix-Rouge pour un logement temporaire et d’autres besoins. 

    Le chef Gascon a noté qu’un pompier a souffert d’un épuisement mineur dû à la chaleur alors qu’il était sur les lieux. Son malaise était dû à la combinaison de la chaleur de l’incendie lui-même et des conditions météorologiques humides à l’extérieur du bâtiment à ce moment-là. Pour le reste, aucun des autres pompiers en service n’a souffert d’un quelconque malaise. 

    La situation d’urgence en matière d’incendie a pris fin vers 13 h 30 ce jour-là. Des dommages importants à l’intérieur du bâtiment ont entraîné sa démolition. 

    Selon le chef Gascon, on soupçonne qu’un défaut électrique serait à l’origine de l’incendie, mais comme le bâtiment a dû être démoli, la cause réelle restera inconnue. 

  • La marina recevra une subvention pour ses infrastructures

    La marina recevra une subvention pour ses infrastructures

    «Pour moi, cette histoire a commencé en 2017», a déclaré le député Francis Drouin, lors d’une conférence de presse jeudi après-midi.

  • Les «citoyens souverains», la magie, le complotisme et la COVID-19

    Les «citoyens souverains», la magie, le complotisme et la COVID-19

    Outre les groupes associés aux «Moors» — qui ont une présence marginale au pays —, la mouvance des «citoyens souverains» au Canada inclurait ceux qu’on identifie comme «détaxeurs» et «Freeman-on-the-Land».

    Le sociologue Martin Geoffroy, qui enseigne au Cégep Édouard-Montpetit, rappelle que les adhérents à cette idéologie «[adoptent] plusieurs noms, puis de toute façon, si vous les appelez les “citoyens souverains”, les “Freeman”, la plupart vont dire qu’ils ne sont pas ça, qu’ils sont d’autre chose. Ils refusent l’étiquette, parce que ce n’est pas une étiquette qui est très prisée».

    Également fondateur du Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR), Martin Geoffroy avertit cependant que les «citoyens souverains» ne disposent pas d’un niveau d’organisation suffisant pour qu’on parle d’un «groupe» ou d’un «mouvement» ; on serait plutôt face à un réseau décentralisé qui comporte plusieurs centres de pouvoir.

    S’il y a une grande variété entre différents groupes, croit le professeur Stephen A. Kent, du Département de sociologie de l’Université de l’Alberta, ils partagent tous une idéologie antigouvernement qui rejette la légitimité de toute forme d’autorité gouvernementale, incluant celle des tribunaux.

    Les citoyens souverains, ajoute le professeur Edwin Hodge, du Département de sociologie de l’Université de Victoria, se distinguent d’autres groupes antiautorité, car ils «intègrent leur opposition au gouvernement avec d’autres croyances conspirationnelles à propos de l’économie et de la citoyenneté».

    Ces réseaux trouvent leurs origines aux États-Unis, puis se sont d’abord diffusés dans l’ouest du Canada, avant de se retrouver dans l’est du pays, rappelle Martin Geoffroy.

    La mouvance des «citoyens souverains» aux États-Unis est cependant beaucoup plus violente qu’au Canada – les morts se comptent par dizaine au sud de la frontière, alors qu’au Canada on ne répertorie que quelques incidents mortels, souligne le professeur du Cégep Édouard-Montpetit.

    «Hommes de paille» et autres tactiques «pseudolégales»

    Le juge en chef adjoint de la Cour du Banc de la Reine de l’Alberta, John D. Rooke, souligne qu’un trait commun des «citoyens souverains» est leur adhésion à l’idée d’une «double personnalité»: d’un côté, il y aurait l’être de «chair et de sang» – la personne naturelle; et de l’autre, une identité légale fictive, un «homme de paille» créé par l’État pour les asservir.

    Stephen A. Kent, de l’Université de l’Alberta, précise que les citoyens souverains croient que «le gouvernement contraint les gens, par des contrats auxquels ils n’ont pas adhéré, et que ces contrats créent des “hommes de paille” fictifs que le gouvernement peut contrôler. Ce que les [citoyens souverains] tentent de faire, c’est de se séparer de tous ces contrats et de refuser leur consentement d’être sous le contrôle de ces contrats gouvernementaux».

    «Avec le concept de l’homme de paille, on part du principe qu’on peut créer ses propres lois parce qu’on n’est pas soumis à la loi, parce qu’on n’a jamais adhéré au contrat social», ajoute Martin Geoffroy.

    En conséquence, écrit le juge Rooke dans le jugement Meads c. Meads, «les [“citoyens souverains”] ne vont honorer leurs obligations envers l’État, la règlementation, les contrats, le droit familial, fiduciaire, moral et criminel que s’ils en ont envie. Et, typiquement, ils n’en ont aucune envie» (traduction libre).

    Lorsqu’ils sont devant les tribunaux, explique le juge Rooke, les «citoyens souverains» déploient une pléthore de tactiques «pseudolégales» pour éviter de payer leurs dettes, de payer des impôts ou des poursuites criminelles.

    Par exemple, souligne Stephen A. Kent, ils vont «changer l’épellation et la ponctuation de leur nom pour indiquer que le nom que la cour emploie est celui de “l’homme de paille”, non celui de la personne “réelle”».

    Les «citoyens souverains», poursuit Martin Geoffroy, vont tenter d’embourber la cour avec de la documentation «pseudolégale», parce qu’ils revendiquent des connaissances juridiques «ésotériques» que la cour ignore et qui les rendraient compétents pour interpréter la loi et les chartes – une pratique considérée comme du «terrorisme de papier» par la jurisprudence canadienne et américaine.

    Pour le juge Rooke, certaines de ces tactiques relèvent du harcèlement et de l’intimidation : les citoyens souverains vont poursuivre les juges en Cour fédérale, menacer de les arrêter, tenter d’imposer des «amendes» aux officiers de la cour ou aux parties adverses, ou encore envoyer de fausses sommations à comparaitre.

    Naturellement, puisqu’ils refusent de reconnaitre la légitimité de la cour, ajoute Stephen A. Kent, les «citoyens souverains» n’ont jamais gain de cause.

    Des rituels «magiques»

    En cour, observe Stephen A. Kent, les interactions des «citoyens souverains» avec le juge et les avocats sont hautement théâtrales ; une mise en scène renforcée par la «présentation de documents colorés, avec des étampes et des empreintes digitales, que les membres considèrent imbus de pouvoirs magiques».

    Edwin Hodge, de l’Université de Victoria, considère que «[les “citoyens souverains”] se sont convaincus que les termes légaux et le langage légaliste opère comme des invocations quasi magiques : dites les bons mots, dans le bon ordre, dans le bon contexte, et les cours ou la police n’auront d’autre choix que de faire comme vous dites».

    «Je peux voir comment ça semble plausible pour certaines personnes : si vous avez déjà vu un procès, vous vous êtes sans doute demandé comment des phrases qui semblent dépourvues de sens à vos yeux entrainent des développements en cour – qu’avec une seule phrase, un avocat peut arrêter la cour ou contraindre un témoin à parler», observe Edwin Hodge.

    La magie, ajoute Stephen A. Kent, est omniprésente dans la culture populaire – on n’a qu’à penser à Harry Potter ou à l’univers cinématographique de Marvel.

    «Ce n’est donc pas surprenant que tellement de personnes […] se tournent vers des interprétations magiques, surnaturelles et quasi mystiques de la façon dont le monde fonctionne, et sur leurs propres capacités à contrôler ces forces mystiques pour qu’elles amènent des bénéfices dans leurs propres vies», observe Stephen A. Kent.

    À cet égard, la mouvance des «citoyens souverains» présente des affinités avec le mouvement Nouvel Âge, remarque le sociologue.

    Des «scripts» vendus par des «gourous»

    Les tactiques déployées par les «citoyens souverains» sont souvent l’invention de «gourous», qui ont développé un «script» qui s’appuie sur diverses interprétations ésotériques de documents historiques et de textes de loi, explique le juge Rooke.

    Le sociologue Martin Geoffroy opine: «Il y a beaucoup d’escroqueries là-dedans. Il y a beaucoup de ces individus qui vont vendre la recette aux gens, qui vont vous dire comment faire pour ne pas payer d’impôts sans que ça soit illégal. Alors là, ils vont s’inventer tout un charabia pseudojuridique, ils vont vendre ça à des gens qui vont être dupes, qui vont se faire avoir.»

    Les gens peuvent avoir des expériences négatives avec le système de justice, éprouver un sentiment d’impuissance, ajoute Stephen A. Kent : «Conséquemment, ils vont se tourner vers des recherches en ligne pour essayer de s’en tirer. Dans le processus, ils vont souvent se faire attraper par les algorithmes, qui vont les envoyer vers des interprétations légales alternatives de plus en plus alambiquées», qui leur donnent la recette magique pour se sortir de leurs ennuis avec la justice.

    «Plusieurs personnes qui deviennent la proie de ce genre d’idéologie sont déjà vulnérables : elles ont perdu leur emploi, risquent de perdre leur maison ou encore d’aller en prison. Elles se sentent impuissantes et anxieuses, et lorsque quelqu’un vient leur dire qu’elles peuvent régler tous leurs problèmes si elles suivent quelques simples étapes», c’est un discours très séduisant, pense Edwin Hodge, de l’Université de Victoria.

    Les «citoyens souverains» resurgissent avec la COVID

    Selon le juge John D. Rooke, de la Cour du Banc de la Reine de l’Alberta, les tribunaux auraient vu une recrudescence des cas impliquant des «citoyens souverains» depuis le début de la pandémie.

    Pour plusieurs, la crise de la COVID a signifié des pertes d’emploi et d’autres impacts économiques négatifs, ce qui a pu servir de motivation pour certains d’avoir recours à ces tactiques juridiques pseudolégales, pense le juge Rooke.

    Selon lui, «il y a aussi les plaignants récréatifs. Ils n’ont rien d’autre à faire, alors ils décident de s’en prendre à une institution qu’ils n’aiment pas ; ils vont s’attaquer [par exemple] au Service de santé de l’Alberta, au gouvernement. Et ils vont jouer à l’avocat avec ces tactiques, ils vont aller en ligne et ils vont trouver la mauvaise information».

    Mais la COVID a aussi étendu l’attitude antiautoritaire des «citoyens souverains», croit Stephen A. Kent: «Parce que le système de santé est aligné avec le gouvernement sur des enjeux comme la vaccination et les mesures de santé publique, [ils] parlent d’une seule voix, et la méfiance envers le gouvernement et le système judiciaire se traduit facilement en méfiance envers le système de santé.»

    Pour en savoir plus:

    «Qui sont les “citoyens souverains”?», Radio-Canada, 18 janvier 2017

    «Contestataires de l’impôt à la barre», La Presse, 27 mars 2021

    «Un procès biscornu pour deux “citoyens souverains”», Le Droit, 29 décembre 2020

    «Un citoyen souverain refuse de s’identifier comme étant l’accusé», Le Journal de Québec, 17 juillet 2018

    «Lourde sanction imposée à un “Citoyen souverain”», La Presse, 30 octobre 2014

    «Les “citoyens souverains”, une menace à la sécurité publique, dit la police», La Presse canadienne, 25 octobre 2013

  • Le maire d’Alfred se lance en politique provinciale

    Le maire d’Alfred se lance en politique provinciale

    Maire depuis 2018 et, depuis décembre, président des Comtés unis de Prescott et Russell, Stéphane Sarrazin serait le seul dont la candidature a été approuvée par le comité provincial des candidatures. La nomination aura lieu jeudi le 15 juillet. Cela donnera au candidat nominé un an pour se préparer à l’élection provinciale.

  • Un Sénat à l’image de la population canadienne… sauf des francophones de l’Ouest et de l’Atlantique

    Un Sénat à l’image de la population canadienne… sauf des francophones de l’Ouest et de l’Atlantique

    Dès son entrée en fonction, en 2015, le gouvernement Trudeau a mis en place un nouveau processus pour les nominations sénatoriales: l’ensemble des candidatures pour obtenir un siège au Sénat sont désormais étudiées par un conseil consultatif indépendant afin de diminuer le caractère partisan du processus. Le choix final revient toutefois au premier ministre.

    Justin Trudeau a depuis procédé à 55 nominations qui ont permis de changer profondément le visage de l’institution, tant en ce qui a trait à l’équilibre entre les genres qu’à la représentation des peuples autochtones et des communautés culturelles et minoritaires.

    Les seuls qui semblent avoir été laissés pour compte jusqu’à présent, ce sont les francophones de l’Ouest et de l’Atlantique.

    D’importantes avancées à souligner

    Justin Trudeau a nommé neuf personnes d’origine autochtone au Sénat. L’ensemble de ses prédécesseurs n’en avait nommé que 15 depuis le début de la Confédération.

    Il est aussi le seul premier ministre du Canada à avoir nommé plus de femmes que d’hommes au Sénat durant son mandat. Ce faisant, on compte désormais 46 sénatrices et 47 sénateurs. Il ne manque qu’une nomination pour qu’il y ait autant de femmes que d’hommes au Sénat, une première dans l’histoire.

    Par les nominations qu’il a effectuées, M. Trudeau a aussi contribué à renforcer la représentation des personnes issues des minorités visibles. À titre d’exemple, il a nommé quatre des sept personnes noires qui ont siégé au Sénat dans l’histoire de l’institution.

    Plusieurs premières sont aussi à noter, dont les nominations de la première femme afro-néoécossaise, Wanda Thomas Bernard, et de la première canadienne d’origine haïtienne, Marie-Françoise Mégie.

    Il s’agit d’importantes avancées à souligner et à maintenir. Le Sénat est désormais une chambre qui reflète davantage la population canadienne dans son ensemble.

    Des reculs pour plusieurs communautés francophones

    Depuis 2016, M. Trudeau a nommé au Sénat cinq personnes issues des communautés francophones en situation minoritaire, dont trois de l’Ontario. Toutefois, pour ce qui est du reste du pays, plusieurs reculs sont à noter.

    Du côté de la Nouvelle-Écosse, Justin Trudeau a mis fin à une tradition initiée par Wilfrid Laurier au début du 20e siècle, qui consistait à assurer aux Acadiens de cette province une représentation sénatoriale. Il ne peut pas clamer l’ignorance, puisque la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) a mené une campagne de sensibilisation à ce sujet.

    Après cinq nominations en Nouvelle-Écosse depuis 2016, les Acadiens attendent toujours de voir un membre de leur communauté remplir le vide laissé par le départ du sénateur Gérald Comeau en 2013.

    Au Nouveau-Brunswick, on note aussi un recul pour la représentation des francophones. En novembre 2019, au moment de la retraite du sénateur Paul McIntyre, un Acadien du nord de la province, le Sénat comptait cinq représentants francophones et cinq anglophones pour la province.

    En janvier 2020, Joseph Day, un anglophone de Saint-Jean, s’est aussi retiré. Ils ont été remplacés par Judith Keating de Fredericton et par James Quinn de Saint-Jean.

    Sans rien enlever aux compétences des personnes nommées, Mme Keating étant d’ailleurs parfaitement bilingue, il n’en reste pas moins que les francophones du nord du Nouveau-Brunswick ont perdu un représentant au Sénat avec ces deux récentes nominations.

    Dans l’Ouest, à l’arrivée des libéraux au pouvoir en 2015, on comptait deux sénatrices francophones. Après sa retraite en 2016, la Franco-Manitobaine Maria Chaput a été remplacée par Raymonde Gagné. Cette nomination a permis de respecter la tradition, qui remonte à 1871, d’assurer une représentation sénatoriale à la communauté franco-manitobaine.

    Toutefois, le départ à la retraite de la Franco-Albertaine Claudette Tardif n’a pas été suivi d’une nomination d’une personne issue des communautés francophones de l’Ouest, qui se sont ainsi vues amputées d’un représentant.

    Un manque de considération de la part du premier ministre

    Ces reculs constatés dans l’Ouest et en Atlantique sont d’autant plus problématiques qu’ils s’inscrivent dans une tendance où Justin Trudeau passe outre l’importance de la maitrise de la langue française lors de nominations d’envergure.

    Il a débuté son mandat en nommant à la présidence du Sénat George Furey, qui ne maitrisait pas le français alors qu’il est responsable de présider les débats à la Chambre haute du Parlement canadien.

    En 2019, il a nommé une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue au pays.

    Récemment, la nomination de Mary Simon au poste de gouverneure générale du Canada a suscité la controverse du fait qu’elle ne parle pas français.

    Ces diverses nominations de Justin Trudeau témoignent d’un manque de considération à l’égard des communautés francophones et font ombrage au travail de sa ministre Mélanie Joly dans le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

    Une occasion de rajuster le tir

    Le premier ministre a toutefois l’occasion de rajuster le tir avant les prochaines élections en ce qui concerne les nominations sénatoriales. En ce moment, douze sièges sont vacants au Sénat, dont plusieurs dans l’Ouest et un en Nouvelle-Écosse.

    Avec ces nominations à venir, Justin Trudeau pourrait démontrer qu’il est possible d’assurer une représentation effective à la fois aux peuples autochtones, aux communautés francophones et aux minorités visibles, tout en veillant à une parité des genres.

  • L’Orchestre de la francophonie ouvre ses portes virtuelles au grand public

    L’Orchestre de la francophonie ouvre ses portes virtuelles au grand public

    L’Orchestre de la francophonie (OF) a dû se réinventer en raison de la pandémie. Pour une deuxième année consécutive, il accueille virtuellement 37 jeunes musiciens francophones et francophiles d’un peu partout dans le monde.

    «On porte le nom d’Orchestre, mais on est beaucoup plus une école de formation. “Académie orchestrale” se colle bien; c’est un postuniversitaire pour se perfectionner», explique Jean-Philippe Tremblay, directeur artistique et chef principal de l’OF.

    Le programme d’été accueille en temps normal environ 60 jeunes âgés de 18 à 30 ans, qui se retrouvent au Conservatoire de musique de Montréal pendant près d’un mois pour faire l’expérience «professionnelle» de la vie d’orchestre: «Ces jeunes-là sont en train de finir ou ont fini leur baccalauréat ou leur maitrise, donc c’est vraiment un entredeux avant le monde professionnel. Durant leurs études, ils vont passer plusieurs semaines, voire un mois sur un programme pour le préparer; dans le monde professionnel, ça se passe en quatre ou cinq jours. La marche est haute», constate Jean-Philippe Tremblay.

    En plus du rythme de travail soutenu, l’OF offre aux participants des cours musicaux, mais également des conseils sur la santé physique et mentale des musiciens ou encore la préparation aux auditions. «On essaye de faire un beau tout d’horizon», résume le chef d’orchestre.

    Il souligne d’ailleurs qu’entre 75 et 80% des participants de l’OF parviennent à se trouver un emploi dont ils sont capables de vivre, une réussite dans «ce monde hyper compétitif».

    «Un niveau technique extraordinaire»

    Luca Ortolani en est cette année à sa troisième participation au programme : une première fois en personne en 2019, une seconde fois en mode virtuel en 2020 et il répète l’expérience en ligne cette année. Pour ce hautboïste natif d’Ottawa, qui poursuit actuellement des études en performance musicale, spécialisation hautbois, à l’Université de Toronto, chaque formule a ses avantages.

    «L’an dernier, j’ai vraiment aimé que ce soit plus axé sur la performance individuelle, comparativement à l’orchestre en personne où on a un concert chaque semaine… J’ai vraiment été capable de travailler sur ma musique personnelle, mes défis, ma technique, ma musicalité. En 2019, c’était plus de travailler à être un bon coéquipier, un bon musicien au bénéfice du groupe», illustre le jeune homme de 21 ans.

    Il s’estime «vraiment chanceux» d’avoir eu l’opportunité de vivre les deux expériences — en présentiel et en virtuel —, d’autant plus qu’à sa première participation il était parmi les plus jeunes, sinon le plus jeune de l’Orchestre de la francophonie.

    «C’est un des orchestres de plus haut calibre au Canada, le talent qu’il y a à l’OF est incroyable […] J’ai appris tellement à savoir comment me conduire durant une répétition, comment interpréter certains compositeurs versus d’autres», s’enthousiasme encore Luca Ortolani.

    «Le niveau augmente d’année en année, confirme Jean-Philippe Tremblay. Ces jeunes ont un niveau technique extraordinaire, époustouflant, il faut les guider et leur donner les bons outils, parfois les repositionner avec certains styles… C’est un bel âge pour travailler avec eux, une belle période de leur vie.»

    Le français «dans l’ADN» de l’OF

    Pendant environ les dix premières années de son existence, l’Orchestre portait en fait le nom complet d’Orchestre de la francophonie canadienne.

    Le changement s’est fait il y a environ une décennie, lorsque l’OF a décidé d’ouvrir ses portes aux musiciens francophones et francophiles du monde entier. Depuis, des participants de France, Belgique, Suisse, Luxembourg, Congo, Haïti, Allemagne, États-Unis et même Iran cette année sont venus compléter les rangs du programme.

    Luca Ortolani se souvient d’ailleurs avoir vu des participants anglophones qui avaient des fiches de traductions à côté de leurs partitions pour pouvoir suivre. «Et il y a toujours un leadeur bilingue qui peut partager les notes du chef d’orchestre», observe-t-il.

    Avec la pandémie, Jean-Philippe Tremblay note qu’il est «plus difficile» de privilégier le français, car «il y a beaucoup plus de classes théoriques et de conférences, dont il faut faire presque 50/50. Mais la proportion va se rebalancer quand on reviendra en présentiel».

    Le chef d’orchestre souligne que le français est «inscrit dans l’ADN de l’Orchestre depuis le début», tout en expliquant que le programme a eu envie de s’ouvrir à l’international après avoir reçu plusieurs demandes en ce sens.

    «Le français est la langue qui nous rassemble dans la vie de tous les jours. La musique a cette qualité-là qu’on n’a pas besoin de trop de parler non plus, tout se fait avec des gestes, avec les instruments. Mais les Américains qui viennent jouer savent que les répétitions avec moi vont être à presque 90 % en français», souligne Jean-Philippe Tremblay.

    «On a de belles histoires: des gens qui ont décidé de vivre à Montréal après, qui ont décidé d’apprendre le français grâce à l’orchestre», ajoute Jean-Philippe Tremblay.

    Pour Luca Ortolani, l’aspect francophone «rassemble» les musiciens: «Des musiciens du monde qui parlent français, qui arrivent à Montréal pour partager leur musique, c’est incroyable! Chacun joue son style, mais ensemble», souligne-t-il.

    Car pour un musicien averti, un son nord-américain est facilement distinguable d’un son européen ou encore sud-américain. «[Cette différence] se perd malheureusement, car les musiciens voyagent de plus en plus. […] Les vraies écoles nationales de sonorités ne sont plus aussi fortes qu’il y a un siècle – il y a encore des traditions, mais c’était beaucoup plus fort avant», observe toutefois Jean-Philippe Tremblay.

    Les activités disponibles pour le public

    Si le chef d’orchestre et le participant affirment tous deux avoir grandement hâte de recommencer à jouer ensemble, en personne, ils se réjouissent tout de même d’avoir l’opportunité de continuer l’OF en version virtuelle.

    «On a pris tout ce qu’on avait dans le programme qui s’offrait en version numérique, et on l’a repackagé pour monter un programme spécial. Certaines choses vont rester d’ailleurs! L’an prochain, on risque de commencer en virtuel pendant dix jours avant que les jeunes arrivent à Montréal. Ça permet d’avoir des profs de partout, par exemple», illustre Jean-Philippe Tremblay.

    Pour sa part, Luca Ortolani s’enthousiasme à l’idée de créer cette année un projet de «collage musical»: «Plusieurs musiciens de l’OF vont m’envoyer des vidéos d’une pièce qu’on a choisie et je vais essayer de mettre tout ça ensemble! J’espère faire quelque chose de qualité, le plus proche possible d’une performance en personne.»

    L’ensemble des classes de maitre, des conversations entre Jean-Philippe Tremblay et des acteurs importants de la scène musicale, des projets numériques et des récitals des musiciens de l’OF seront disponibles sur la chaine YouTube et la page Facebook de l’Orchestre de la francophonie.

  • Pénurie d’enseignants en français langue seconde: comment y répondre?

    Pénurie d’enseignants en français langue seconde: comment y répondre?

    Francopresse: Pouvez-vous expliquer quel est le projet et en quoi il consiste?

    Stephanie Arnott: Le projet est intitulé Détermination des exigences et des lacunes dans la formation des enseignants de français langue seconde (FLS) : recommandations et lignes directrices. Le Consortium de formation des enseignants en FLS, qui mène ce projet, est composé de l’ACPLS et d’experts des universités d’Ottawa, de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick.

    L’objectif final est de faire des recommandations à la suite du sondage pour identifier les lacunes dans la formation et le développement des enseignants de FLS. Ces recommandations pourraient s’appliquer à un niveau national, mais aussi à un niveau «contextualisé» ; c’est la raison pour laquelle il y aura un aperçu par provinces et territoires.

    Le sondage cible trois groupes à travers le pays : les représentants des facultés d’éducation, ceux des conseils scolaires et les enseignants de FLS, mais uniquement ceux qui sont dans leurs cinq premières années d’exercice.

    À court terme, on effectue la recherche que [Patrimoine canadien] nous a demandé de réaliser, dans le cadre de sa Stratégie de recrutement et de rétention d’enseignants dans les programmes d’immersion et de français langue seconde.

    À long terme, on essaie de créer une communauté pour résoudre le défi de la pénurie au niveau national. On veut donner un point de départ avec des données récentes et avec les voix des enseignants et des représentants des conseils scolaires anglophones.

    Comment se coordonne le travail entre les trois universités? 

    Nous souhaitons créer une collaboration nationale. Nous avons divisé le travail entre ces trois universités, car chacune s’occupe de sa région du pays. L’Université de la Colombie-Britannique s’occupe de l’Ouest ; celle d’Ottawa du centre et celle du Nouveau-Brunswick de l’Est.

    Nous nous rencontrons deux fois par mois et travaillons dans nos propres régions, où nous créons des groupes de discussion avec les représentants des conseils scolaires, ceux des facultés d’éducation et les enseignants de FLS.

    On essaie de le faire aussi par province et territoire, vu que l’éducation est organisée selon ce découpage.

    Nous avons rencontré certaines difficultés pour trouver des gens qui aient le soutien de leur conseil scolaire pour participer au sondage, car ce n’est pas vu comme une tâche [essentielle] de leur poste, alors c’est à nous d’essayer de travailler avec leurs horaires.

    Où en est le projet actuellement?

    On en est à la collecte de données. Nous cherchons à atteindre le plus de nouveaux professeurs de FLS possible à travers le sondage, ainsi que des représentants de conseils scolaires.

    En parallèle au sondage, nous avons mis en place des groupes de discussion de nouveaux enseignants en FLS, d’anciens qui partagent leurs expériences et de représentants de conseils scolaires et des facultés d’éducation.

    Une discussion a retenu notre attention récemment. Elle portait sur la rétention et le recrutement. Nous discutions des données préliminaires à travers le pays et nous avons noté que les participants à notre étude parlaient davantage de la rétention en tant que mécanisme de recrutement.

    Alors que les politiques officielles parlent beaucoup de recrutement — des chiffres d’enseignants, combien en a-t-on besoin —, dans notre cas […] les participants des groupes de discussion sont tombés d’accord sur le fait que si on travaille uniquement le recrutement, ça ne garantit pas qu’on va travailler la rétention.

    [Alors que] si on travaille la rétention, ça va aider avec le recrutement, puisque ça améliorera les conditions de travail des enseignants, ce qui va peut-être motiver les élèves à apprendre le français.

    Le rôle des groupes de discussion

    Les questions posées lors des groupes de discussion sont les résultats d’une analyse préliminaire des données du sondage. Stephanie Arnott précise que pour les chercheurs, les groupes de discussion fonctionnent comme un complément du sondage.

    Ils se concentrent sur les compétences langagières, les connaissances pédagogiques et le mentorat, des thèmes qui sont ressortis d’une analyse préliminaire du sondage.

    Quels autres retours avez-vous eus de la part des nouveaux enseignants en FLS jusqu’à présent?

    Lors des groupes de discussion, nos participants racontaient qu’ils créaient leurs propres mécanismes de survie en s’appuyant sur leurs conditions de travail, en rappelant qu’ils sont marginalisés et que c’est très difficile de maintenir une carrière en FLS plus de cinq ans.

    En créant ces mécanismes, cela leur permet de s’épanouir. Par exemple, ils cherchent leurs propres mentors, ils forment des communautés d’apprentissage professionnel eux-mêmes en réaction au manque de soutien.

    Ils ont précisé que le mentor de FLS ne doit pas se contenter de survivre, mais essayer de changer le système. Avec notre recherche, on veut porter la voix des participants qui vivent cela et mettre l’accent sur la rétention.

    Selon vos observations, la pénurie d’enseignants de FLS en 2021 est-elle due au manque de moyens financiers ou d’outils?

    Par rapport au manque de moyens, c’est évident qu’il n’y a pas assez d’enseignants. Il y a un défi de formation, de développement professionnel, de rétention. Il y a des professeurs qualifiés pour enseigner en français, mais ils ne le font pas, car il y a eu une occasion d’enseigner un autre sujet, dans une autre école, ou bien il y a des défis systématiques lors de l’embauche.

    Et je ne crois pas que ce soit un manque d’outils. Ce qui ressort des recherches depuis des années, c’est que les enseignants de FLS ont des ressources en français, mais qu’elles ne sont pas adaptées aux élèves qui apprennent la langue.

    Par exemple, pour une enseignante en immersion française qui enseigne la géographie, y a-t-il une ressource qu’elle n’a pas besoin de traduire en français ou d’adapter pour les apprenants de la langue?

    Certains pensent qu’il faut trouver une ressource en français produite au Québec ou en France, mais ce n’est pas vraiment ciblé pour les apprenants de la langue. L’outil est là, mais il faut qu’on le cible pour qu’il réponde à la réalité des apprenants. C’est l’une des préoccupations auxquelles on veut répondre à travers cette recherche.

  • Mes étés dans Ayersville  

    Mes étés dans Ayersville  

    Oui j’habitais dans le p’tit Canada, mais nous étions souvent en visite chez la sœur de ma mère, la belle Denise qui habitait dans terrasse Saindon, au cœur du Bronx comme on l’appelait! Été comme hiver, ma mère, mon frère et moi allions souvent rendre visite à Denise, mon cousin Stéphane et sa sœur Brigitte. Une bonne marche pour se rendre chez ma tante Denise.  

    Je garde de beaux souvenirs de ces années. La nostalgie fait en sorte que chaque rue de Ayersville me rappelle un souvenir.  

    Laisse-moi te porter au cœur de mes souvenirs, au cœur des Pilon, Champlain, Durocher, Lalonde, Laporte et combien d’autres…  

    Un, mon cousin n’était pas là. Il était parti à Vendée, petit village natal de son père Marcel. Et quand mon cousin n’était pas là, je m’ennuyais. C’est là que je faisais mes niaiseries. Stéphane était l’intelligent de nous deux, le plus raisonnable. Moi j’étais la tête folle qui avait toujours des plans de «N», mot qu’on ne doit plus utiliser aujourd’hui, mais qui était commun à l’époque. Donc, nous étions samedi soir et le gros Bimbo tournait en rond et surtout autour de lui-même, ce soir-là. Il s’était déjà battu avec mon grand cousin Serge et je l’avais encore en mémoire. La rancune était un prérequis, si on voulait entrer dans Ayersville. On avait juste ça à faire se casser du sucre sur le dos, entre nous autres. Ce soir-là, je voulais déterrer la hache de guerre dans la nuit du pardon comme a dit ce grand poète du Centre-Sud de Montréal, Denis Vanier. Mon idée de génie: crever les pneus de son bicycle, siège banane, poignés mustang, tire balloune. Oui, votre humble serviteur n’avait pas toujours des idées de génie.  

    Il était dans le parc à côté de la piscine Ayers, il fumait chez pas trop quoi, il était seul au monde, c’était parfait pour mon plan ni vu ni connu. J’ai chaud, je transpire, je dégoûte, je tremble, je ne suis pas bon pour faire de mauvais coups, mais ça j’ai mis beaucoup de temps à le comprendre. Si le gros Bimbo me poignait, j’étais faite, il était gros, rapide et dangereux. Je n’avais pas beaucoup de temps pour exécuter mon plan de «N» pour niaiseux. J’avais en ma possession un couteau suisse de qualité acheté au Rossy deux étages, rien de trop beau pour le petit fils de pauvre que j’étais. Je m’approche de son bicycle comme un ninja. Le ninja en moi a pilé sur une canette vide et Bimbo, comme dans un cauchemar, s’est reviré de bord à la vitesse du son. J’étais pris sur le fait. Rien à dire pour ma défense, monsieur le juge.  

    -Bimbo; quossé tu fais là Beauséjour?  

    -Moi; Eeeeehhhh…rien.  

    -Bimbo; décalisse!  

    Il n’a pas eu besoin de me le répéter deux fois. J’ai eu tellement peur que je n’ai jamais exécuté de plan de «N». J’avais tellement eu peur que j’avais même, comble de manque d’orgueil, pissé dans mes culottes.  

    Les deux pieds dans la nostalgie. 

    Les parties de balle qu’on jouait à l’ancien terrain adjacent à l’usine Ayers, même terrain qui a accueilli Maurice Richard, un été au début des années 50, me ramènent les 2 pieds dans la nostalgie. Le terrain était abonné depuis plusieurs années, mais il y avait encore le backstop. Tous les jeunes de 10 et plus de Ayersville y jouaient, c’était vraiment un beau moment. Il se rajoutait aussi Fano, E.T et d’autres dont j’oublie les surnoms. Le plaisir de jouer dans les après-midis ensoleillés reste ancré dans ma mémoire. Les chicanes, les rires sincères, la camaraderie, le beau temps, l’été à l’infini, Jean-Paul Durocher nu pied au champ centre (Shoeless), les adultes qui s’ajoute aux deux équipes, l’essence même du baseball était présente. Même que le fantôme de Doubleday, l’inventeur de ce magnifique jeu, y planait comme un drone au-dessus de nos têtes. Le gazon trop long, le sable mélangé à la garnotte, des spectateurs pour nous applaudir, nous autres, les pauvres.  Des coups sûrs qui roulent encore sur la ligne du premier but, des sourires, les plus petits qui jouaient au bat boy ou bat girl, des après-midis de tombola ou presque, des après-midis qui nous faisaient oublier la misère à coup de buts sur balle. Le soleil qui nous chauffait la couenne pas de crème, la peau qui se transformait en cuir comme nos gants. Nous avions un bâton pour tout le monde, c’était correct. Nous en avions besoin que d’un pour frapper la balle… C’est comme ça que cet été là, nous nous sommes réunis presque tous les jours pour jouer à la balle. Nous sommes devenus le baseball, sans nous en apercevoir. 

    Nous étions ce que Doubleday espérait pour son sport. 

  • Le «Vegas des dame »: à vous de jouer!

    Le «Vegas des dame »: à vous de jouer!

    «Les femmes me disaient qu’elles étaient toujours prises pour jouer avec leur mari!, lance Diane Bertrand l’une des deux capitaines qui organisent l’activité depuis 2020.  Elles me disent qu’elles ont moins de commentaires négatifs, que c’est plus agréable!» 

    Diane Bertrand, qui a appris le sport par son père, est une mordue. Elle en connaît et elle n’est pas avare de transmettre son savoir à qui le veut bien. «C’est simple, j’aime jouer!», ricane celle qui travaille chez Orica, dont sur des équipes de nuit, ce qui explique l’organisation bimensuelle de l’activité, qui se poursuit jusqu’à la fin août. 

    Après le départ des hommes à 9 h, les femmes se lancent dans l’aventure dès 11h pour un 18 trous joués de façon Vegas : c’est la meilleure balle du groupe de 4 qui l’emporte. Cette formule permet à tout le monde de contribuer au succès de l’équipe tout en accélérant la cadence. Malgré tout, il faut compter un bon 4h30 de jeu, de l’eau et quelques collations. 

    C’est Diane et Lucie Lapointe, qui organisent les groupes selon les inscriptions à chaque semaine. «On essaie de mixer les niveaux de jeu, explique Mme Bertrand. Quand on a une nouvelle qui joint une amie, on accepte de les mettre ensemble, mais on veut aussi que l’activité soit propice aux rencontres.» 

    Plus d’une trentaine de femmes participent : des jeunes, des retraités, des célibataires, des femmes d’affaires, des femmes mariés. Elles n’ont qu’un seul désir: s’amuser. Les organisatrices cherchent à attirer de nouveaux visages dans la beauté de ce sport, qui peut sembler parfois inaccessible. Votre humble serviteur s’est prêté au jeu et avoue que le plaisir était au rendez-vous, malgré son inexpérience et les 40 degrés sous le soleil. Prévoyez un sac de balles quand vous débutez! 

    «Quand on aime un sport, on veut toujours s’améliorer!», d’avancer Gertrude Rainville, l’une des participantes qui ne fait pas ses 72 ans. Cette infirmière retraitée de Gore, qui a terminé sa carrière au bloc opératoire de l’hôpital d’Argenteuil, après plusieurs années de loyaux services à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal, s’en donne à cœur joie. D’ailleurs, c’est elle qui a remporté deux des jeux organisés par les capitaines, soit la balle le plus près du trou et le jeu ludique d’avant partie, des activités qui mettent un peu de piquant dans la journée. 

    Pour se joindre au groupe, vous devez vous inscrire au pro shop en composant le 450 562-1094 avant 9h30 les mardis matin. Un montant de 30$ est demandé pour la journée, incluant la voiturette. Un 5$ est ajouté pour participer aux jeux organisés, la cagnotte fait figure de prix à la fin de la journée. Mais attention, bien que l’on puisse gagner deux jeux comme Gertrude Rainville, on ne peut remporter qu’un seul prix! 

    Le Club de golf L’Oasis est un terrain de golf de niveau intermédiaire, créé par Hilaire Binette dans les années 1980, un entrepreneur de Brownsburg-Chatham, qui rêvait d’un terrain, même s’il n’était pas golfeur. Les allées sont étroites, impressionnent par ses dénivelés et offrent de très beaux paysages.  Il a été acquis par Stéphane Montreuil, un ingénieur, propriétaire de Brownsburg Électronik l’année dernière. Une vingtaine d’employés entretiennent les espaces.