Catégorie : Autres – Others

  • Le Watson Square: un projet de 50 millions de dollars

    Le Watson Square: un projet de 50 millions de dollars

    Le Maire de la Ville de Lachute, Carl Péloquin, convient qu’au départ, le projet ne faisait pas l’unanimité chez les résidents du secteur. Des réticences quant à la densité du projet, mais aussi, au nombre d’étages des bâtiments et à la proximité avec les résidences avoisinantes ont été manifestées. M. Péloquin précise toutefois que les étapes ont été franchies de la bonne façon, soulignant la qualité de la collaboration entre l’administration de la Ville et le Président de Gestion Immobilière Golden Ace, Marc-André LaGarde: «Monsieur LaGarde a fait ses devoirs, si on peut le dire ainsi. […] Quand on fait des changements de zonages, on interpelle les citoyens; ils se sont manifestés et ont posé des questions. Il y a eu une rencontre avec le directeur du service d’urbanisme de la Ville où j’étais présent avec le conseiller du secteur et les citoyens, pour décortiquer, expliquer [le projet]. Il y a eu plusieurs rencontres entre le promoteur, M. LaGarde, et le service d’urbanisme, et il y a même eu une rencontre entre M. LaGarde et les citoyens. C’est important pour nous, le conseil de Ville, d’avoir l’acceptabilité sociale dans l’ensemble des projets.» Pour en venir à une conclusion positive et favorable pour tous, plusieurs modifications ont été apportées au Watson Square. 

    Outre la hauteur des bâtiments qui est passée de six à quatre étages, d’autres exigences de la Ville ont dû être remplies par l’entrepreneur afin d’obtenir une approbation, tel que l’explique M. Péloquin: «Monsieur LaGarde a refait l’empreinte au sol en enlevant un bâtiment, on lui a imposé entre autres de garder une partie boisée et l’ajout d’une nouvelle haie de cèdres.» Des bandes tampons demeureront donc en végétation, et un aménagement paysager sera développé afin de limiter le visuel aux autres résidents.  

    Néanmoins, une inquiétude subsistait chez les habitants de la rue Watson quant à l’augmentation de l’achalandage de véhicules dans cette rue paisible. Ainsi, on utilisera un passage déjà existant, tel que le confirme Carl Péloquin: «C’est pour ça que l’entrée et la sortie se feront directement où il y a le feu de circulation, sur Béthany. C’est un projet intégré. Monsieur LaGarde a été chercher les autorisations avec le propriétaire de ce terrain-là.»  

    Un projet dédié aux gens de 55 ans et plus 

    Grandement influencé par les Habitations 55 CH de Grenville-sur-la-Rouge, un projet également mené à bien par M. LaGarde, le concept de la clientèle cible vient selon lui d’une demande de plus en plus forte des locataires: «Les gens sont attirés par ça en grande partie pour la quiétude. C’est un lieu de résidence plus tranquille et mieux adapté à leur rythme de vie. À 55 ans, on ne veut pas nécessairement avoir une grande maison à entretenir, on veut voyager, on veut bouger.»  

    De son côté, bien qu’il envisage la diversification de l’offre en matière de logements locatifs d’un bon œil, le Maire de Lachute rappelle que son administration n’est pas impliquée dans le processus décisionnel à ce niveau: «Effectivement, il y a un besoin dans la région pour [ce type de projet]. Toutefois, à la Ville, nous ne contrôlons rien de cet aspect-là. […] Nous on s’occupe de l’implantation des bâtiments, le nombre d’étages, le nombre de logements, l’accès, la circulation, et tout l’aspect environnemental. Mais après, ça concerne son plan d’affaires à lui».  

    Ce projet de 50 millions de dollars n’est pas le seul en cours de Gestion Immobilière Golden Ace. Toujours à Lachute, le Faubourg J-F LaGarde sera en chantier dès la fin du mois d’août 2021, sur l’avenue Argenteuil. Le projet de 22 millions de dollars sera quant à lui accessible à toutes les clientèles: «C’est un clin d’œil. J’ai un frère qui est décédé il y a plusieurs années. Il avait des valeurs familiales et communautaires très fortes. Avec ce projet-là, on ne veut pas juste créer des appartements, on veut créer une communauté. Souvent, les gens veulent seulement mettre le plus de portes possible parce qu’ils ne regardent que le signe de dollar au bout, au lieu de regarder la qualité du projet.»  

    Ces deux chantiers à venir représentent donc des investissements totalisant 72 millions de dollars qui permettront à la Ville de maintenir les services à ces citoyens, tel que conclu M. Péloquin : «Si on veut permettre aux contribuables d’avoir un compte de taxes raisonnable et des services bonifiés, ça nous prend de nouveaux arrivants qui vont être des employés et qui vont contribuer à l’économie locale. Pour toutes ces raisons, on est contents d’être une ville qui est en évolution, en développement.» 

     La mise en chantier du Watson Square est prévue au printemps 2022.  

  • Une école demande de l’aide pour le déneigement

    Une école demande de l’aide pour le déneigement

    Le conseil a examiné une lettre de l’École élémentaire catholique Curé-Labrosse de Saint-Eugène lors de sa séance du 14 juin. La lettre demandait de l’aide pour déneiger les trottoirs devant l’école afin que les élèves qui se rendent à pied à l’école ou qui sont déposés par leurs parents puissent entrer en toute sécurité sur le terrain de l’école. 

    La lettre indiquait que le nombre d’élèves amenés à l’école en hiver par leurs parents avait triplé pendant la pandémie. Parfois, les élèves étaient obligés de marcher dans la rue sur une partie du chemin pour se rendre à l’entrée de l’école car les trottoirs étaient bloqués par la neige. 

    L’administration scolaire avait essayé, sans succès, de trouver un entrepreneur pour le déneigement des trottoirs. Maintenant, les responsables de l’école demandent au canton de les aider à déneiger le trottoir devant l’école ainsi que les trottoirs d’autres rues voisines du village qui servent d’itinéraires aux élèves pour se rendre à l’école. 

    Le conseil municipal a demandé au service des travaux publics d’étudier le coût d’un nouveau chasse-neige pour trottoirs ou d’un chasse-neige d’occasion en bon état. La demande de l’école est reportée à la session du conseil d’aout, afin de donner au personnel du service le temps de recueillir des informations et de préparer un rapport. 

  • Offre d’achat retenue pour le campus d’Alfred

    Offre d’achat retenue pour le campus d’Alfred

    En date de mardi après-midi, il n’était pas possible de connaître l’identité de l’acheteur potentiel de la partie supérieure du campus d’Alfred, le propriétaire ne pouvant la dévoiler. Le maire d’Alfred, Stéphane Sarrazin, indique n’avoir aucune information supplémentaire pour le moment.

    Après avoir pris connaissance de la nouvelle sur les réseaux sociaux, des internautes se sont demandé s’il y aurait possibilité de vérifier si des corps pouvaient être enterrés à cet endroit qui a abrité une école de réforme des années 1940 aux années 1970. Le maire rappelle que malheureusement, la municipalité n’a pas les pouvoirs de le faire. En effet, ceci relève d’autres instances. Il rappelle aussi que le PPO avait effectué une enquête, déjà, dans les années 1990, concernant une fosse commune, et qu’elle avait conclu qu’il n’y avait rien de particulier.

  • Mary Simon, gouverneure générale: «Une nomination presque parfaite»

    Mary Simon, gouverneure générale: «Une nomination presque parfaite»

    Benoit Pelletier, professeur à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, pense qu’il y a «un aspect symbolique important dans le fait de nommer une Autochtone […] [C’est] la première Autochtone, que ce soit une femme ou un homme, à occuper cette fonction».

    Une nomination qui s’inscrit dans le contexte de la réconciliation, une préoccupation qui revient souvent dans le discours de ce gouvernement, rappelle Benoit Pelletier.

    Celui qui a été ministre au gouvernement du Québec, entre autres aux Affaires autochtones et comme ministre responsable de la région du Nord-du-Québec, a déjà rencontré Mary Simon, qu’il estime une personne «agréable», «de leadeurship» et «déterminée».

    La professeure Stéphanie Chouinard, du Département de sciences politiques du Collège militaire Royal du Canada, croit qu’il n’est pas particulièrement surprenant qu’une candidate issue des communautés autochtones ait été nommée.

    Il y avait deux postes d’envergure à combler dans les derniers mois: un siège à la Cour suprême et le poste de gouverneur général, rappelle-t-elle.

    «Dès le moment où on a su que c’était Mahmud Jamal qui avait été qui avait été nommé à la Cour suprême, on se doutait fort bien que ça allait être une personne autochtone qui allait être choisie comme gouverneur général», conclut la politologue.

    «Il y avait plusieurs noms provenant des communautés autochtones qui circulaient, mais Mary Simon est quelqu’un qui a un bagage extraordinaire […] C’est quelqu’un qui connait déjà les rouages de l’État canadien. Donc à presque tous les égards, c’est une nomination presque parfaite», estime Stéphanie Chouinard.

    On peut constater une certaine formalisation du processus de nomination du gouverneur général dans le cas de Mary Simon, observe Benoit Pelletier: «Le premier ministre n’a pas pris la décision seul dans son bureau, sur la base de recommandations de son chef de cabinet ou d’autres membres de son cabinet, mais il a constitué, semble-t-il, un comité […] et je pense que cette formalisation-là est quelque chose de bien.»

    Si le processus de sélection demeure tout de même «opaque» pour Stéphanie Chouinard, «on se doute fort qu’il y a eu une vérification des antécédents probablement plus serrée que ce qui avait été le cas avec madame Payette».

    Une nomination qui arrive à point 

    «Ça nous prenait quelqu’un, constate Stéphanie Chouinard. C’était nécessaire, surtout dans la perspective où les rumeurs d’élections vont bon train depuis déjà un bon moment», d’autant plus que plusieurs observateurs trouvaient que cette nomination se faisait déjà attendre depuis longtemps.

    La politologue ajoute que ni le gouvernement ni l’opposition n’auraient voulu laisser la décision de dissoudre le Parlement entre les mains du juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner, qui assume présentement les fonctions du gouverneur général en tant qu’administrateur du gouvernement du Canada.

    Pour Benoit Pelletier, le problème n’aurait pas été vraiment par rapport au déclenchement des élections, mais plutôt quant à la nomination du prochain premier ministre.

    «Il peut se passer des cas où on est dans des gouvernements minoritaires, où il y a tentative de formation de coalitions ou tout simplement tentative de formation de complicités politiques ou d’alliance politique. Et là, ça rendrait la tâche du gouverneur général [par intérim] beaucoup plus délicate à jouer et ça risquerait d’aller à l’encontre du principe de l’indépendance judiciaire et de la séparation des pouvoirs», explique-t-il.

    Si les fonctions du gouverneur général s’avèrent essentiellement symboliques, elles prennent une autre valeur dans les cas de crises constitutionnelles ou lorsque la formation du gouvernement présente des ambigüités: «Dans ces contextes, le rôle du gouverneur général peut devenir très réel et très effectif», souligne Benoit Pelletier.

    Il rappelle qu’en 2008, alors que le Parti conservateur de Stephen Harper avait été réélu avec une minorité des sièges, celui-ci avait demandé la prorogation du Parlement à la gouverneure générale de l’époque, Michaëlle Jean, alors que l’opposition était en pleine négociation pour former une coalition.

    Une prorogation qui avait été accordée et qui a permis au gouvernement Harper de rester au pouvoir alors que les pourparlers entre les partis d’opposition s’effondraient.

    Et lors de la dernière élection fédérale, en 2019, Benoit Pelletier ajoute que «les journalistes se demandaient ce qui arriverait si les conservateurs avaient plus de sièges que les libéraux, mais tout en étant minoritaires? Encore là, dans un tel contexte, les fonctions du gouverneur général deviennent davantage réelles que symboliques».

    «Alors évidemment, la solution s’imposait d’elle-même : c’était de nommer un nouveau gouverneur général à ce moment-ci, avant même que l’élection n’ait lieu», conclut le juriste de l’Université d’Ottawa.

    Une gouverneure générale qui ne parle pas français

    Mary Simon parle inuktitut et anglais, mais ne parle présentement pas français – même si elle a indiqué, en conférence de presse, être déterminée à apprendre cette langue et à conduire les affaires du gouverneur général dans les deux langues officielles du Canada.

    Pour la politologue du Collège Militaire royal du Canada Stéphanie Chouinard, il s’agit d’«une question, d’un enjeu difficile».

    D’un côté, comme Mary Simon l’a rappelé en conférence de presse, «enfant, elle n’a pas eu la chance d’apprendre le français puisqu’à l’école, au pensionnat de jour à Kuujjuaq, c’était l’anglais qui était la langue d’apprentissage», rappelle Stéphanie Chouinard.

    Cela reflète une certaine responsabilité de l’État québécois dans l’absence d’opportunité pour Mary Simon d’apprendre le français dès l’enfance, estime la politologue.

    «Cela dit, Mme Simon a travaillé pour Affaires mondiales pendant de nombreuses années, elle a été notamment ambassadrice du Canada [aux Affaires] circumpolaires et ambassadrice du Canada au Danemark. Elle aurait donc eu la possibilité d’apprendre le français pendant de nombreuses années en sa capacité de fonctionnaire de haut grade», précise Stéphanie Chouinard.

    Pour Benoit Pelletier, la sensibilité de Mary Simon face au français reste à démontrer: «Je sais qu’elle a dit qu’elle voulait respecter les deux langues officielles du Canada dans l’exercice de ses fonctions. Je la crois, mais il n’en reste pas moins que la sensibilité à l’égard du français, elle aurait pu en faire preuve au cours de sa carrière, si elle l’avait voulu. Et à ce que je sache, ça n’a pas été le cas.»

    Stéphanie Chouinard ajoute cependant «qu’à la défense de Mme Simon, Affaires mondiales Canada et la diplomatie canadienne en règle générale est un mauvais élève en matière de langues officielles, ce n’est rien de nouveau. Elle ne serait certainement pas la seule parmi les diplomates canadiens à ne pas maitriser le français».

    Pour la politologue, si la gouverneure générale parvenait à apprendre le français pendant son mandat, il s’agirait d’un symbole fort: «Ce serait une belle démonstration que les deux langues officielles, c’est important, et que l’apprentissage de l’autre langue officielle peut se faire même à l’âge adulte.»

    Une situation qui n’est pas sans précédent dans la haute fonction publique canadienne, rappelle-t-elle, citant le cas de feu le vérificateur général du Canada Michael Ferguson, qui avait appris le français au cours de son mandat, au point de devenir parfaitement bilingue.

  • Mary Simon devient la première gouverneure générale autochtone de l’histoire du Canada

    Mary Simon devient la première gouverneure générale autochtone de l’histoire du Canada

    «Je suis très heureux d’annoncer que Sa Majesté la Reine a gracieusement approuvé la nomination de Mary Simon comme prochaine gouverneure générale du Canada», a annoncé le premier ministre en conférence de presse.

    «Mme Simon a consacré sa vie à l’avancement des droits sociaux, économiques et de la personne des Inuits et des peuples autochtones du Canada. Je suis convaincu qu’elle servira les Canadiens et promouvra nos valeurs communes avec dévouement et intégrité» a-t-il ajouté.

    Le comité de sélection a considéré plus de cent candidats avant de recommander la candidature de Mary Simon, a affirmé le premier ministre.

    Une carrière sous le signe de la nordicité

    Mary Simon est née en 1947 à Kangiqsualujjuaq, au Nunavik, dans le nord du Québec.

    Elle a commencé sa carrière comme animatrice de radio au Service du Nord de CBC/Radio-Canada dans les années 1970. Par la suite, elle a occupé plusieurs postes de direction au sein de l’Association des Inuits du Nouveau-Québec et de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), où elle a pris part aux négociations entourant les premiers accords sur les revendications territoriales au Canada.

    Elle a ensuite siégé au conseil de direction de la Conférence circumpolaire inuite — aujourd’hui le Conseil circumpolaire inuit (ICC) —, au sein de laquelle elle a exercé deux mandats à titre de présidente.

    Mary Simon a été ambassadrice aux Affaires circumpolaires de 1994 à 2003. Elle fut la première Inuite à occuper un poste d’ambassadeur. Pendant cette période, elle a négocié la création du Conseil de l’Arctique et a occupé les fonctions d’ambassadrice du Canada au Danemark de 1999 à 2001.

    Entre autres distinctions, Mary Simon est officière de l’Ordre du Canada et officière de l’Ordre national du Québec. Elle a également reçu la Médaille du Gouverneur général pour la nordicité.

    Prête à apprendre le français

    «Ma nomination vient à un moment réflectif et dynamique de notre histoire partagée», a affirmé Mary Simon en conférence de presse.

    Il faut «pleinement reconnaitre, commémorer et venir à terme avec les atrocités de notre passé collectif», a-t-elle ajouté.

    Mary Simon s’est dite consciente que le rôle de gouverneure générale est apolitique, mais permettrait de rassembler les Canadiens et les peuples autochtones vers la réconciliation. Il faut apprendre «le respect et la compréhension mutuelle», a-t-elle ajouté.

    Elle a affirmé ne pas voir de conflit entre son identité autochtone et sa fonction de chef d’État et de représentante de la Reine au Canada.

    La nouvelle gouverneure générale a aussi observé que son bilinguisme est en Inuktitut et en anglais.

    En tant que pupille d’un externat autochtone, elle a indiqué qu’on ne lui avait pas donné l’opportunité d’apprendre le français, mais elle s’est dite prête à poursuivre son étude de la langue française et à mener les affaires de la gouverneure générale dans toutes les langues officielles du Canada.

    Le premier ministre Trudeau a affirmé ne pas avoir discuté de la possibilité de déclencher des élections avec la gouverneure générale Simon.

  • Il y a 100 ans, le français subissait l’omerta en Louisiane

    Il y a 100 ans, le français subissait l’omerta en Louisiane

    La section 12 de l’article XII de la Constitution stipulait que: «The general exercise in the public school shall be conducted in the English language.» Autrement dit: dorénavant, la langue d’usage à l’école publique sera l’anglais.

    On excluait ainsi le français, mais aussi les autres langues alors répandues en Louisiane comme l’espagnol, l’allemand et les langues autochtones. Cette «section 12» n’était toutefois que le dernier chapitre d’une longue démarche visant à faire de la Louisiane un État unilingue anglophone.

    La guerre de Sécession, moment décisif

    Au 19e siècle, la langue française est encore très présente en Louisiane. Acquis de la France de Napoléon par les États-Unis en 1803, l’État compte de nombreux descendants de réfugiés acadiens et de l’ancienne classe dirigeante, incluant les propriétaires de plantations de l’époque française.

    Il faut ajouter à ce groupe des esclaves noirs et des «gens de couleur» libres, dont plusieurs Autochtones, notamment les Houmas, francisés au XIXe siècle.

    La Constitution de l’État en 1845 prévoit que le secrétaire du Sénat et le greffier de la Chambre des représentants doivent parler l’anglais et le français. Les sénateurs et les représentants ont également le droit constitutionnel de s’exprimer en français au sein de ces deux chambres.

    Cette disposition est maintenue dans la Constitution de 1852, mais douze ans plus tard, en 1864, une nouvelle constitution élimine cet article et décrète du même coup que seul l’usage de l’anglais sera permis dans les «écoles communes».

    La Constitution de 1864 est adoptée en pleine guerre de Sécession alors que la Louisiane, qui avait joint le camp sudiste et a été vaincue, est désormais occupée et dirigée par le gouvernement de Washington en tant qu’État membre de l’Union.

    Selon l’historien cadien Carl A. Brasseaux, ce changement est intervenu parce que «les francophones — essentiellement ceux qui possédaient des plantations et des esclaves — appuyaient la Confédération (états sécessionnistes)».

    Après la guerre, lorsque les ex-confédérés reviennent au pouvoir en Louisiane, une autre constitution est adoptée en 1879. Celle-ci redonne une certaine place au français, dont la publication de lois dans cette langue. Mais surtout, on permet l’enseignement du français dans les écoles dans les régions où cette langue prédomine, «à condition que cela n’occasionne aucune dépense supplémentaire». Autrement dit, l’État ne financera pas ces écoles.

    L’école obligatoire… en anglais seulement

    C’est véritablement l’instauration de l’école obligatoire, en 1916, qui va tout venir chambouler. Le français y sera interdit dès 1921 par la section 12 de la nouvelle constitution, et ce sera le début d’un long processus d’assimilation pour les Cadiens et autres francophones.

    Carl A. Brasseaux explique qu’à cette époque, un mouvement «progressiste» visait à se débarrasser de tout ce qui n’était pas anglais : «Cela avait commencé durant la Première Guerre mondiale. Il y avait une volonté de faire disparaitre l’usage des langues associées aux empires centraux d’Europe, spécialement l’allemand. Puis, on a agi systématiquement pour effacer la présence de tout ce qui ne correspondait pas aux éléments dominants de la classe moyenne américaine, que ce soit la langue, le style de vie ou les aspirations.»

    Autre facteur d’assimilation: la division raciale, souligne Joseph Dunn, consultant et entrepreneur issu d’une famille arrivée en Louisiane au XVIIIe siècle. «Ce qui se perd un peu dans cette histoire, c’est le rôle de la ségrégation raciale dans la perte du français et la perte du créole en Louisiane. Parce que, on parle beaucoup des Acadiens, mais à la fin du XVIIIe siècle, les descendants d’Africains en Louisiane qui s’exprimaient en français et qui parlaient créole étaient bien plus nombreux que le nombre total d’Acadiens», souligne-t-il.

    «Quand l’éducation devient obligatoire, les écoles sont ségréguées. Il y a des écoles pour les Blancs, des écoles pour les Noirs, et ce n’est que beaucoup plus tard qu’il y a des écoles pour les Amérindiens», rappelle encore Joseph Dunn.

    En plus de l’enseignement uniquement en l’anglais, on interdisait de surcroit aux élèves de parler français entre eux. La plupart de ceux qui ne respectaient pas la règle subissaient des châtiments corporels.

    Il n’aura donc fallu que très peu de temps avant que les petits Cadiens et autres francophones apprennent la leçon… Résultat: la génération de langue maternelle française qui a fréquenté l’école à compter de 1921 a été suivie par une génération qui, pour sa part, ne la parlera plus du tout.

    Selon Joseph Dunn, cela a entrainé une «déconstruction identitaire». L’école assimilatrice inculquait une identité nationale, commune. Une identité américaine. «C’est une question de pouvoir politique et économique», relève le consultant.

    Les punitions envers les élèves louisianais ont pris fin au début des années 1960, «essentiellement parce qu’il n’y avait plus d’enfants qui parlaient français dans les cours d’école, précise Carl A. Brasseaux. Leurs parents avaient subi ce genre de traitements et ceux-ci ont refusé que leurs enfants puissent vivre la même chose».

    L’historien parle en connaissance de cause. Ses parents ont tous deux le français comme langue maternelle, mais ils ne le lui ont pas transmis. «La génération de mes parents a commencé à intérioriser toutes ces attitudes et a progressivement développé une très, très mauvaise perception d’eux-mêmes, un genre d’automépris.»

    Mais au cours des années 60, les enfants et petits-enfants de cette génération de Cadiens opprimés ont adopté une attitude de résistance. «Et ce sont eux, essentiellement, qui vont militer pour la création du CODOFIL», ajoute Carl A. Brasseaux.

    Le CODOFIL — Conseil pour le développement du français en Louisiane — est une agence gouvernementale créée en 1968 par l’Assemblée législative de l’État dans le but de favoriser et promouvoir l’usage de cette langue.

    Le tristement célèbre article XII a finalement été mis de côté à la fin des années 1960, pour ensuite être officialisé dans la Constitution de 1974 qui reconnait aux Louisianais le «droit de préserver, d’encourager et de promouvoir leurs origines linguistiques et culturelles». Mais après 50 ans d’unilinguisme anglais, le mal était fait.

    Regain chez les moins de 30 ans

    L’une des démarches à laquelle contribue le CODOFIL pour tenter de sauvegarder la langue est l’immersion française. La première classe ouverte à Bâton-Rouge en 1981 n’a cependant pas donné les résultats escomptés, mais plusieurs autres ont malgré tout suivi. Il y a maintenant environ 5 500 élèves en immersion française répartis dans 36 écoles, de la maternelle à la huitième année.

    Avec près de 15 000 jeunes ayant participé à l’immersion, les effets se font de plus en plus sentir. «On bénéficie d’un nombre assez important de jeunes dans la trentaine qui sont bilingues», indique la directrice générale du CODOFIL, Peggy Freehan.

    «En fait, les gens qui parlent davantage le français en Louisiane sont ceux de plus de 60 ans et les moins de 30 ans. Les réseaux sociaux, les nouvelles plateformes qui n’étaient pas disponibles il y a dix ans contribuent à montrer ce qui se fait en français», note-t-elle.

    Curieusement, le centenaire de l’article XII n’a pas été souligné. Peggy Feehan explique que l’idée a été discutée, mais qu’au final, rien de pertinent n’en était ressorti.

    Joseph Dunn croit pour sa part que la volonté populaire n’y est pas : «Personne ne semble pouvoir reconnaitre l’injustice. Il faudrait essayer d’avoir une conversation autour de ce sujet ou à tout le moins essayer d’inciter peut-être un sentiment de revendication, un sentiment de maltraitance chez les gens. Mais ils ne veulent pas en parler. C’est vraiment le dernier clou dans le cercueil.»

  • Ontario: de l’agrotourisme à la ferme dans des yourtes

    Ontario: de l’agrotourisme à la ferme dans des yourtes

    La yourte est une tente traditionnelle utilisée par les peuples nomades qui vivent dans les steppes de l’Asie centrale, notamment en Mongolie. Celles-ci sont de plus en plus populaires au Canada.

    Il y en a dans différents parcs nationaux un peu partout au pays: Mont-Riding au Manitoba, la Péninsule-Bruce en Ontario, Fundy au Nouveau-Brunswick, au parc national et lieu historique national Kejimkujik en Nouvelle-Écosse ou encore dans certains parcs de la Sépaq au Québec.

    Une yourte à Apple Hill

    Dans le coin d’Apple Hill, près d’Alexandria, dans l’Est ontarien, Eleanor McGrath et Finbarr McCarthy sont propriétaires de la Springfield Farm. Chez eux, on croit beaucoup aux impacts positifs de l’agrotourisme.

    Eleanor McGrath et sa famille ont eu une idée il y a quelques années: «En 2017, ma fille et son copain — qui est maintenant son fiancé — ont voyagé en Hollande et ont dormi sur une ferme dans une tente militaire. Je me souviens m’être dit: “Wow! Comme c’est cool! Nous pourrions faire ça!”»

    L’idée a fait son chemin et Eleanor McGrath a amorcé ses recherches. C’est un peu par hasard qu’elle a découvert une compagnie qui lui a permis de développer son projet et sa vision: «Je suis tombée sur une compagnie canadienne qui s’appelle Yurta. […] Notre yourte a été faite sur mesure en fonction de ce que nous voulions. La porte fait sept pieds de hauteur. Il y a un petit puits de lumière […]. La yourte est isolée avec du feutre qui est fait au Canada et qui garde la chaleur. Donc, durant l’hiver, si vous êtes assez brave, il y a un petit poêle à bois et vous pouvez y rester!»

    «La yourte nous a vraiment permis de penser plus gros pour inviter les gens sur notre ferme et notre propriété. […] Que ce soit pour le tourisme en Ontario, ou au Québec, partout au pays [les gens] doivent commencer à encourager et entretenir ces relations avec les petites. Si vous voulez promouvoir l’agrotourisme, vous devez faire en sorte que les gens soient capables de vous rendre visite.»

    Cette yourte n’est pas qu’une tente. Sa propriétaire la décrit comme une véritable «oasis agricole environnementale. […] Une ferme, ça peut être beaucoup de choses. Nous faisons pousser des légumes, certes. Mais vous pouvez aussi venir et marcher le long de la rivière, vous pouvez voir des oiseaux en migration, écouter leurs chants.» Elle ajoute que «les animaux savent que c’est autant leur sanctuaire que le nôtre».

    Forest Atkinson est une habituée de la yourte à la Springfield Farm. Chaque année, depuis maintenant trois ans, elle y séjourne quelques jours. Avec le temps, des liens d’amitié se sont tissés entre elle et Eleanor McGrath.

    «C’est un petit endroit très pittoresque! Dès que vous ouvrez la porte, vous vous dites: “Wow! C’est ici que je passe la nuit!” La première fois, j’y étais seule [et] je me souviens m’être dit : “Tout ça est pour moi!” J’ai l’impression qu’Eleanor et son mari ont pensé à tout!»

    Des yourtes à Powassan

    Dans le Nord ontarien, à Powassan, Matthew Larivée et sa famille ont construit deux yourtes pour accueillir des visiteurs. «J’ai découvert les yourtes il y a environ 15 ans, avant d’avoir une ferme. C’est devenu sorte une passion pour moi!»

    M. Larivée construit lui-même ses yourtes et donne des ateliers pour enseigner la fabrication aux gens intéressés. «Vous pouvez les construire de toutes les tailles. Nous avons une yourte double dont les diamètres sont de 18 pieds et 14 pieds; ce sont des cercles. J’en ai une de 20 pieds de diamètre que nous sommes sur le point d’installer.»

    Tous les matériaux qui servent à ériger ces yourtes proviennent de l’Ontario. «Le feutre et la toile qui servent à couvrir la yourte proviennent de deux compagnies qui sont basées dans le sud de l’Ontario. Pour les murs, j’utilise du bois d’œuvre moderne […] et pour les poteaux du toit je récolte du bois ici à la ferme.»

    Récemment, les Larivee ont remporté le prix Northern Spark Tourism Award remis en partenariat par Destination Northern Ontario, Excellence North et Ontario Tourism Innovation Lab. Ceci leur permettra d’ériger et d’installer leur deuxième campement de yourte.

    «Nous avons participé au programme Spark Tourism Award. C’était un peu comme à l’émission Dragons’ Den: nous étions six finalistes et chacun de nous a fait son argumentaire de vente devant un groupe de juges. […] Nous allons recevoir une bourse de 3000 $ qui nous aidera à payer pour la deuxième yourte que nous allons ériger, de la signalisation et du matériel éducatif que nous allons installer un peu partout sur la ferme, de sorte que quand des invités viendront, ces derniers pourront en apprendre davantage sur nos opérations, à propos des races traditionnelles que nous élevons, ainsi que sur les différentes choses qui se passent à la ferme.»

    «L’expérience est différente pour tout le monde. Ce qui me passionne, c’est d’éduquer les gens à propos des races traditionnelles que nous tentons de préserver sur notre ferme, à propos de l’agriculture de petite échelle, l’agriculture régénératrice, donner une idée aux gens de ce à quoi ça ressemble sur une petite ferme durable dans le nord de l’Ontario. Nous avons 70 acres de boisés, une érablière [et] des sentiers qui traversent le tout. Certains visiteurs sont vraiment intéressés.»

    Le partage

    L’expérience de yourtes à la ferme apporte de nombreux avantages autant du côté des visiteurs que des hôtes. C’est une expérience agrotouristique hors du commun, qui se développe de plus en plus sur le marché. Pour Matthew Larivée, c’est une chance de partager sa passion pour l’agriculture.

    «Le meilleur de l’agrotourisme, c’est d’exposer des gens qui n’ont pas accès directement au monde agricole à ce que ça implique d’amener quelque chose de sa naissance à sa finition, leur montrer à quoi ressemble ce processus. C’est aussi inspirer ceux qui sont eux-mêmes intéressés à se lancer en agriculture», conclut-il.

  • Progress update on Nation sports complex

    Progress update on Nation sports complex

    “I am very happy with the progress that has been made,” stated Mayor François St-Amour. “The contruction of The Nation Sports Complex in Limoges was approved unanimously by the members of council because it will be an important site for the health and well-being of citizens of all ages” 

    The municipality and le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO) have a lease agreement for a parcel of land adjacent to École élémentaire catholique St-Viateur in Limoges for the project site. 

    In July the municipality will issue a tender call for contractors to bid on constructing the facility. The proposed budget for the project is $13.7 million. 

    The facility, when finished, will include two soccer fields, each about two-thirds regulation FIFA in size, along with a walking track, and a community centre annex that will be able to accommodate up to 150 people for various indoor gatherings such as wedding receptions, town hall meetings, fundraiser dances, and special event parties. 

    The sports and recreation centre will be a multi-generational complex, designed to meet the needs of residents of all ages. The sports area itself will be able to accommodate team sports like soccer, football, softball, and Ultimate Frisbee, along with other activities. 

    “I would like to thank the members of council and the many employees who worked so hard on this great project,” stated Councillor Francis Brière of Ward 4. “Their commitment and hard work will benefit the families of our beautiful community for generations to come. The sports complex will become the heart of our community.” 

    Plans for the sports complex are available for view on The Nation website on the Recreation page. 

  • Le sentier PR reste ouvert tout l’été

    Le sentier PR reste ouvert tout l’été

    Les Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) et VIA Rail ont conclu une entente provisoire afin de prolonger de deux mois le bail actuel du sentier récréatif de Prescott-Russell. La prolongation se termine le 31 août et les deux parties poursuivent les pourparlers en vue du renouvellement du bail d’utilisation actuel du sentier. 

    «Il est important pour nous de prendre le temps nécessaire pour assurer le meilleur résultat possible pour toutes les parties dans cette affaire , a déclaré Stéphane P. Parisien, director général du CUPR. Les négociations sont en cours, et nous sommes convaincus que nous parviendrons à un accord dans les semaines à venir.» 

    Le sentier PR suit un ancien tracé de voie ferrée qui appartient à VIA Rail. La société ferroviaire et les CUPR ont conclu un bail de plusieurs années qui permet d’utiliser l’ancienne plateforme ferroviaire comme sentier récréatif. Les CUPR sont responsables de l’entretien du sentier tandis que VIA Rail conserve également le contrôle de ses droits de passage concernant les propriétés privées qui sont adjacentes au tracé du sentier.