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  • Chasseur au harpon: texte fondateur de la littérature autochtone

    Chasseur au harpon: texte fondateur de la littérature autochtone

    La version que j’ai lue est la première traduction rigoureuse en français d’Uumajursiutik unaatuinnamut, établie par Valérie Henitiuk et Marc-Antoine Mahieu. Auparavant, les versions françaises étaient faites à partir de la traduction-adaptation anglaise.

    Chasseur au harpon est considéré comme le premier roman en inuktitut jamais publié.

    Grâce à ce livre qui a grandement contribué à l’essor de la littérature autochtone au Canada, Markoosie Patsauq plonge dans la réalité d’une communauté du Haut-Arctique encore préservée de l’intrusion de la modernité où la coopération et la vigilance sont les seuls gages de survie.

    Il faut savoir que, en 1953, le gouvernement fédéral était déterminé à renforcer sa souveraineté sur le Haut-Arctique. Outre une présence militaire et policière, le Canada avait besoin d’y installer des gens.

    La GRC a contraint des centaines de résidents d’Inukjuak, sur la côte est de la baie d’Hudson, dans le nord du Québec, à se relocaliser à Resolute, dans le Haut-Arctique, soit plus de 1500 kilomètres au Nord-Ouest.

    Dangereuse traque d’un ours blanc

    À travers la traque symbolique d’un ours blanc et le dur apprentissage d’un jeune garçon, le roman met en scène le combat immémorial que ces hommes et ces femmes doivent livrer pour survivre. «Je peux mourir aujourd’hui même. Je ne vivrai peut-être plus demain.»

    Markoosie Patsauq écrit que «la chasse à l’ours est la plus exigeante de toutes. Parfois, si un ours est arrêté par les chiens, il peut les tuer. Parfois aussi, il peut tuer un homme. Les ours blancs sont terribles. On les chasse malgré tout, car il n’y a pas le choix. Ils donnent de la nourriture et des vêtements».

    Publié aux Éditions du Boréal, l’ouvrage comprend 128 pages, mais le roman Chasseur au harpon proprement dit n’occupe que 74 pages.

    La postface de l’auteur et la note des deux traducteurs regorgent de renseignements fort intéressants. On y apprend que Marc-Antoine Mahieu a passé du temps avec l’auteur à Inukjuak en 2017, et qu’il a pu profiter des souvenirs de Patsauq, de même que de précisions sur de nombreux termes et expressions du manuscrit en inuktitut.

    Récit d’évènements réels

    Valérie Henitiuk et Marc-Antoine Mahieu notent que, dans le titre de leur traduction, ils ont décidé d’adapter de manière très littérale les deux syntagmes nominaux Uumajursiutik unaatuinnamut et Maakusiup unikkaatuangit qui signifient «Celui-qui-traque-les-animaux avec-son-seul-harpon, récits-de-belle-longueur-de Markoosie».

    Le choix du terme unikkaatuaq par l’auteur de Chasseur au harpon indique qu’il ne s’agit pas d’un mythe, d’une légende ou d’un récit totalement fictif. Le terme renvoie ici à un récit d’évènements qui ont eu lieu, semble-t-il, dans un passé non mythique.

    Auteur bilingue, Markoosie Patsauq a lui-même traduit ses Récits-de-belle-longueur en anglais. «Les deux textes n’en demeurent pas moins asymétriques, chacun possédant ses propres valences, tant les dynamiques d’usage diffèrent selon qu’il s’agit de la langue dominée ou de la langue dominante.»

    Chasseur au harpon: un style direct

    Chasseur au harpon est l’adaptation anglaise Harpoon of the Hunter qui a fait connaitre Markoosie Patsauq à l’extérieur de sa communauté.

    Or, «le langage employé dans l’adaptation est empli de fioritures, de qualifications enfantines et de dramatisations excessives totalement étrangères au texte original en inuktitut, son style direct se démarque radicalement et en fait une histoire sans doute bien meilleure que son adaptation.»

    Chasseur au harpon est considéré comme le premier roman écrit en inuktitut et comme l’un des textes fondateurs de la littérature autochtone au Canada.

  • Fin d’un Sommet «historique» sur le rapprochement des francophonies canadiennes

    Fin d’un Sommet «historique» sur le rapprochement des francophonies canadiennes

    La FCFA et le gouvernement du Québec ont fait en sorte que ce Sommet prenne un tournant historique alors que le premier ministre du Québec, François Legault, et le président de la FCFA, Jean Johnson, ont signé par écrans interposés la toute nouvelle Charte d’engagement pour le rapprochement des francophonies canadiennes.

    Cette Charte est composée de divers engagements pour concrétiser le rapprochement entre le Québec et les autres francophonies du pays.

    Chaque francophone du pays a été invité à signer le document, qui a été lu avec émotion par le porte-parole du Sommet, Jean-François Breau, compositeur-interprète et membre du groupe Salebarbes. Il est toujours possible de la signer en ligne.

    Des idées en attente d’être concrétisées

    Les deux facilitateurs des ateliers qui ont eu lieu tout au long du Sommet, Jean-Sébastien Bouchard et Marie-Jules Bergeron, ont rappelé que les 146 fiches d’idées soumises par les participants ne seront pas colligées avant quelques semaines. Ils ont néanmoins donné quelques résultats globaux qui sont ressortis ces trois derniers jours.

    Les autres idées générales soulevées plusieurs fois étaient les suivantes: apprendre au Québec et aux autres francophonies du pays à mieux se connaitre à tous les niveaux, rester unis au lieu d’insister sur les différences entre les francophonies canadiennes et instaurer des structures durables d’échanges de contenus médiatiques, culturels et de services en français (immigration, santé, justice, etc.).

    Au niveau de l’éducation, deux besoins sont ressortis: faire circuler les outils pédagogiques pour les enseignants au primaire et au secondaire, et des échanges étudiants et de recherches universitaires au postsecondaire.

    Ayant coanimé et participé à tous les ateliers, Renée Madore, secrétaire adjointe à la francophonie, à la stratégie et à la diplomatie publique au Secrétariat du Québec aux relations canadiennes (SQRC), et Alain Dupuis, directeur général de la FCFA, ont également livré leurs premiers constats.

    Selon la première, «on avait un peu peur du désengagement des gens, mais ce n’est pas du tout ce qu’on a constaté. On a eu près de 1000 inscriptions pour l’ensemble de nos activités. Ça dépasse nos attentes! Et puis pour les ateliers, on aurait pu penser que ça s’essoufflerait, mais les gens étaient motivés jusqu’à la fin».

    Elle a souligné une volonté «tant pour les Québécois que pour les francophones de travailler ensemble et de mieux se connaitre».

    Alain Dupuis a par ailleurs retenu la «réciprocité» du travail entre le Québec et les autres francophonies, ainsi que la volonté des participants de donner des suites concrètes à ce Sommet.

    Une volonté de marquer l’Histoire canadienne

    Une réciprocité que le premier ministre du Québec, François Legault, a voulu reconnaitre à son niveau: «Je suis très conscient du rôle que le gouvernement du Québec a à jouer pour protéger et promouvoir le français au Québec, mais aussi au Canada.»

    Rappelant que le gouvernement du Québec est le seul gouvernement en Amérique du Nord qui représente une majorité de francophones, il a endossé la responsabilité d’un «devoir encore plus grand que n’importe quel gouvernement de protéger et promouvoir le français […] Même si on est passés de “Canadiens-Français” à “Québécois” à “nation québécoise”, on n’oublie pas les francophones du reste du Canada».

    Selon le premier ministre Legault, cette responsabilité du Québec se retrouve également à l’international: «Les Américains veulent ce qu’ils appellent une “French touch”. Ils en ont une au Québec et dans certaines communautés au Canada. Ils ne sont pas obligés d’aller en France.»

    «Puis les Européens, c’est certains qu’ils se sentent un peu plus chez eux au Québec qu’aux États-Unis puisqu’on parle la même langue! [Nous sommes] ce pont-là […] Il faut que le Québec et les francophones du Canada soient un peu le port d’entrée des Français en Amérique du Nord, mais on va demander la même chose aux Français de l’autre côté; qu’ils nous aident à mieux transiger avec les différents pays européens», a ajouté François Legault.

    Sur la tournure que devrait prendre le rapprochement entre le Québec et les francophonies du pays, Alain Dupuis a rappelé le désir de la FCFA de «faire l’Histoire» et qu’il y ait un «avant» et un «après» Sommet.

    Il a aussi parlé d’un «destin commun», appuyant à plusieurs reprises sur le côté historique de l’évènement : «[Le Sommet] va changer la façon de planifier notre travail. La FCFA s’engage à créer de nouveaux espaces de dialogue pour la société civile […] On veut être une courroie de partenariat entre les groupes», a-t-il assuré.

    Renée Madore a souhaité de son côté «que ça se maintienne. Par le passé, on a fait des sommets, des colloques… Souvent, ça s’essouffle un peu avec le temps. Mon plus grand souhait soit que ce sommet-ci soit le début d’une longue conversation avec les francophonies canadiennes».

  • Ruth Bongba, de Montréal à Labrador City

    Ruth Bongba, de Montréal à Labrador City

    Arrivée à 19 ans avec un permis d’études, Ruth s’apprête à avoir la résidence permanente, normalement ce mois de juin 2021. «J’aurais pu le faire avant, mais j’ai trop trainé», lance-t-elle en souriant.

    La première partie de son séjour au pays a surtout été centrée autour de ses études. Arrivée à Québec pour étudier l’anglais, elle repart quelques mois plus tard à Montréal, en 2012, pour intégrer un baccalauréat en administration à l’École de gestion John Molson, qui fait partie de l’Université Concordia.

    Un choix que la jeune femme de 28 ans justifie en partie par une mauvaise adhésion à la ville de Québec: «Pourtant, mes parents ont vécu là un temps et ma sœur y a étudié! Mais je ne sais pas comment l’expliquer, ça n’a pas fitté.»

    Rejoindre l’amour à Terre-Neuve-et-Labrador

    La jeune femme originaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, explique que si elle a décidé d’immigrer au Canada, c’est en grande partie en raison des possibilités d’avenir et d’emplois plus sures. Selon elle, il y a plus de place accordée aux personnes issues de la diversité dans le marché de l’emploi au Canada.

    Des éléments positifs qu’elle ne voyait pas forcément dans son pays natal ou au Ghana, où elle a habité pendant deux ans avant de venir au Canada.

    Ruth a enchainé deux emplois après ses études : un an et demi en assistance technique à Apple Montréal et deux ans au sein d’un poste administratif à Macopharma.

    Elle s’est aussi mariée l’an dernier à Arnold, un Canadien d’origine camerounaise rencontré à Montréal plusieurs années auparavant, lorsqu’elle était encore à l’université.

    «Nous nous sommes mis ensemble bien après notre rencontre, en 2018. Je l’ai rejoint à Terre-Neuve-et-Labrador, car ça faisait de nombreux mois qu’on ne vivait pas dans la même ville. Il est ingénieur minier ici, au Labrador», explique-t-elle.

    «À Montréal, il y a trop de monde, contrairement à ici. Je ne me serais jamais imaginée vivre dans un tel endroit, aussi paisible et loin de tout!» ajoute Ruth Bongba, qui aujourd’hui ne regrette aucunement son choix.

    Le «côté protecteur» d’une petite communauté

    Quitter Montréal pour Labrador City, une ville avec une très petite communauté francophone, ne l’a pas effrayée malgré une acclimatation un peu difficile.

    «Pour habiter ici, tu dois aimer soit les sports d’hiver, soit la pêche!» lance Ruth en plaisantant à moitié.

    «Je me suis beaucoup ennuyée au départ. Nous étions en pleine pandémie et je n’avais pas encore de travail, je ne connaissais personne à part mon mari… Là ça va mieux, j’ai mon poste, j’ai rencontré des gens avec qui je m’entends bien. Ça ira encore mieux après la pandémie!» assure-t-elle.

    En arrivant dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, Ruth a apprécié la petite communauté dont elle fait de plus en plus partie : «Il y a un côté protecteur au sein de cette communauté, qui est très ouverte. Encore faut-il être de nature à aller vers les gens, sinon tu es vite isolée.»

    Ce n’est pas le cas de la jeune femme qui peut compter depuis son arrivée sur la fréquentation et l’aide de la communauté camerounaise locale, avec qui elle et son mari ont tissé des liens. Elle décrit une «chaleur» et une «diversité culturelle» appréciables au Labrador.

    Ruth décrit également le relationnel comme étant au cœur de nombreux éléments du quotidien. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle a trouvé son travail : le bouche-à-oreille grâce à un collègue de son mari!

    Tenter d’attirer à Terre-Neuve-et-Labrador

    Devenue agente de liaison économique au Réseau de développement économique et d’employabilité de Terre-Neuve-et-Labrador (RDÉE TNL), Ruth Bongba explique «en être encore au stade où je dois me faire connaitre des clients».

    «Pendant la pandémie, j’étais limitée dans les activités que pouvais préparer. Il a fallu s’adapter comme tout le monde, en adoptant Zoom et en participant à des forums d’emploi en ligne pour mettre en lien employeurs et employés!» raconte-t-elle.

    L’une de ses missions est d’attirer du monde à Terre-Neuve, du Canada et de l’étranger. Selon Ruth, trouver des gens qualifiés et bilingues complique la tâche, d’autant plus que le défi est, selon elle, très différent selon qu’elle tente de recruter pour Labrador City ou pour la capitale terre-neuvienne, Saint-Jean de Terre-Neuve (St. John’s).

    «Au Labrador, c’est plus petit et plus spécifique, avec de nombreux jobs dans le secteur minier. Quand tu vas chercher les gens, il faut que tu partes en te disant que le salaire et l’environnement sont essentiels dans leur décision. Tu formules tes arguments en fonction», expose l’agente de liaison économique.

    «Avec la pandémie, de nombreuses personnes sont prêtes à sortir de leur province, mais pas de leur zone de confort», fait-elle valoir.

    Il faut donc arriver à détourner les questions du climat froid de Terre-Neuve-et-Labrador et du peu de monde et d’activités comme étant des avantages; un processus par lequel Ruth est elle-même passée en arrivant.

    Explorer dès que possible

    Bien qu’elle aime son travail et qu’elle commence tout juste à s’acclimater à sa nouvelle vie, la jeune femme ne se ferme aucune porte pour l’avenir.

    Si elle retourne à Montréal tous les trois mois pour visiter sa sœur et des amis qui y sont toujours, elle ne pense pas un jour y vivre à nouveau: «Je crois que j’étais arrivée à expiration. Je suis un peu aventurière, j’aime bouger. On se dit qu’à moyen terme, on reste encore quelques années ici, mais j’aimerais explorer le Canada… ou d’autres pays!»

    Car la pandémie a remis les choses en perspective pour Ruth, qui est «devenue impatiente» que soient levées les mesures liées à la pandémie. Elle souhaite multiplier ses voyages à l’international le plus tôt possible.

    La première chose qu’elle fera lorsque la pandémie permettra de voyager sera de retourner à Abidjan pour revoir ses parents. Elle précise toutefois qu’elle n’y retournera jamais définitivement : «Je n’aime pas être dans des endroits que je connais. Je préfèrerai toujours explorer les villes et les pays où je n’ai jamais mis les pieds. Sinon, ça enlève tout l’intérêt, n’est-ce pas?»

    Au travers des incertitudes liées à la pandémie, certaines histoires ressortent comme autant de bouffées d’air et d’espoir. C’est notamment le cas de nombreux francophones qui ont choisi le Canada comme terre d’accueil, il y a de cela quelques mois ou des années. Chaque samedi, Francopresse vous présente quelques-unes de leurs histoires d’immigration, un clin d’œil à la vie qui continue même quand tout le reste s’arrête.  

  • La Saint-Jean-Baptiste célébrée en musique: rencontre avec Jean-François Breau

    La Saint-Jean-Baptiste célébrée en musique: rencontre avec Jean-François Breau

    Francopresse: Jean-François Breau, vous animerez le 24 juin prochain le spectacle en direct «Tout pour la musique» sur Unis TV. Qu’est-ce que cela représente pour vous?

    Jean-François Breau: C’est une belle opportunité! Moi je suis Acadien, et j’ai appris il n’y a pas longtemps que la Saint-Jean est autant fêtée au Québec qu’au Canada et un peu partout dans le monde. Je trouve que c’est une belle façon de mettre en lumière le fait que la Saint-Jean-Baptiste, c’est la fête de la Francophonie.

    Sur ce spectacle-là, il y aura plein d’artistes de partout au Canada, de provinces différentes, donc je suis content de représenter cette belle gang d’artistes là!

    Plusieurs de ces artistes ne sont pas forcément connus du grand public. Savez-vous comment s’est faite la sélection, s’il y avait une volonté de laisser de la place à la relève?

    Je n’ai pas fait partie de la sélection, mais je vais moi-même en découvrir quelques-uns, comme Willows au Manitoba! Il y aura plein d’artistes d’un peu partout au Canada; je connais évidemment ceux qui sont plus proches de moi comme Vincent Vallières (QC), Joseph Edgar qui représentera le Nouveau-Brunswick avec moi, Luce Dufault (QC) évidemment et Antoine Gratton (QC), qui agira comme directeur musical ; mais il y aura plein de nouvelles découvertes à faire pour moi, et je vais autant être dans l’appréciation de la découverte que tout le monde qui regardera le spectacle sur Unis TV!

    Ce sera la deuxième édition de «Tout pour la musique» qui aura lieu en virtuel, après celle de 2020. Avez-vous hâte de pouvoir recommencer à jouer en public?

    [Rires] Oui évidemment! En tant qu’artistes de scène, c’est ce qui nous a fait le plus souffrir au cours de l’année. Dans mon groupe, Salebarbes, on est trois qui vivent au Québec et deux au Nouveau-Brunswick. On vient d’apprendre que la province réouvrait ses frontières, plus besoin de quarantaine de deux semaines si on voyage!

    Il y a aussi le contact avec le public, c’est la première chose qui nous manque quand on fait un spectacle [virtuel] parce que c’est un échange, c’est ce qui nous nourrit le plus quand on est sur scène. Cette fois-ci, on sera à 2 mètres de distance sur scène à Montréal, mais aussi à 6000 km de distance avec d’autres artistes comme Lorène Charmetant au Yukon et Sympa César en Alberta.

    En même temps, je trouve que ce qu’il y a de beau – et je l’ai aussi vécu dans des émissions de télé comme le spécial francophonie d’En direct de l’univers – la technologie nous permet de rassembler plus facilement des artistes de partout. Ça démontre qu’au-delà des défis qui nous sont lancés, on est capables de rester branchés et de s’unir.

    C’est sûr que ça n’équivaut pas à être devant un public, mais quand on sait que le spectacle est télédiffusé partout, c’est parfait pour voir des artistes de partout au Canada!

    Vous étiez tout récemment porte-parole du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes. Êtes-vous en train de devenir l’un des «visages phares» de la francophonie?

    [Rires] C’est un adonc! C’est le fun qu’on pense à moi pour ça.

    Mon père vient de la péninsule acadienne, ma mère vient de la Gaspésie, ils sont allés me faire en Ontario ; je suis né à Hamilton et je suis revenu pour une grande partie de ma vie dans la péninsule acadienne, où j’ai été élevé. Donc je porte en moi l’identité des trois provinces, ça fait de moi quelqu’un qui a un peu de tout ça dans mon ADN.

    J’ai aussi été élevé dans un contexte au Nouveau-Brunswick — en Ontario c’est un peu le même souci en ce moment avec l’Université [Laurentienne] qui a subi des coupes dans ses programmes en français — où, dans la péninsule acadienne, je nous considère un peu comme les Gaulois de la province. On a ce souci-là de garder vivantes et vibrantes notre langue, mais aussi notre identité culturelle. Ça fait partie de nous.

    Quand j’ai commencé à chanter, spontanément, sans même le penser ou le calculer, j’ai décidé de chanter en français. Aujourd’hui, avec Salebarbes, on est allés fouiller dans du répertoire traditionnel louisianais et cajun, des chansons du vieux, vieux répertoire en français qui ont été mâchées et remâchées par plusieurs générations! Ce sont des chansons qui ont gardé cette culture-là vivante.

    Je pense que c’est d’incarner ce discours-là d’urgence de garder la langue et la culture vivante, ça fait de moi quelqu’un qui est à la bonne place pour en parler. Il y a une fierté mélangée à tout ça ; je suis papa pour une deuxième fois, et je comprends de plus en plus que ça fait partie de ce que je veux transmettre à mes filles. Je souhaite qu’elles apprennent le plus de langues possible, mais en sachant très bien d’où elles viennent et qui elles sont.

    Donc oui, je suis content qu’on voie ça en me proposant d’être porte-parole!

    Quel regard portez-vous aujourd’hui sur les relations entre les francophonies canadiennes?

    J’ai eu la chance de faire l’émission Prise de son [en 2017, NDLR] avec l’équipe de Radio-Canada à Moncton, dans laquelle on allait rencontrer plein d’artistes de partout au Canada issus de communautés francophones ; des gars comme Paul Cournoyer d’Edmonton, qui était fier de dire que sa communauté est celle qui a le plus d’essor.

    Il y a aussi Ten Strings and a Goat Skin, qui sont des jeunes francophones de l’Île-du-Prince-Édouard qui ont été à l’école francophone parce que des parents se sont battus pour faire apparaitre des écoles francophones.

    Pour moi, ces communautés francophones un peu partout au pays font partie des étoiles qui tissent le ciel de cette grande communauté franco-canadienne. Je salue la volonté de la ministre [québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne], Sonia LeBel, de rapprocher le Québec avec les autres communautés, parce que je trouve qu’on a souvent pensé que le Québec était la forteresse du français au pays, mais aujourd’hui ça s’effrite au Québec comme ailleurs.

    En ayant l’initiative de rebrancher toutes nos communautés, ça va renforcer la culture, la langue et le sentiment d’appartenance. Et au Québec comme ailleurs, on va faire des découvertes! La musique est un véhicule extraordinaire pour la langue et la culture, on sera capables de découvrir plein d’artistes et ça mènera à des spectacles comme «Tout pour la musique».

    Qu’espérez-vous pour l’avenir?

    L’unité! On l’a vu dans la dernière année, avec la pandémie qui nous est rentrée dedans : aucun défi ne peut nous résister si on l’affronte ensemble. Le sentiment de s’unir pour une seule cause, c’est ce qui fait que rien n’est inatteignable. On le pratique beaucoup ces temps-ci parce qu’on n’a pas le choix, mais il faut s’écouter et s’unir ; et si on a davantage ce réflexe aujourd’hui, c’est tant mieux!

    Étienne Fletcher, un artiste de la Saskatchewan, me disait que là-bas il y a eu une volonté au début, quand on a colonisé la Saskatchewan, d’isoler par petites poches les communautés francophones aux quatre coins de la province. Il me disait qu’aujourd’hui elles étaient en train de se rebrancher, et pour lui c’était le plus bel exemple de résilience.

    Aussi, oui on recense les francophones, mais des anglophones qui parlent le français ou qui sont francophiles, il y en a! Il faut les recenser aussi. On met sur pied plein de systèmes pour comprendre comment le français vit dans tout le pays.

    Le mot du jour, c’est «communauté», parce qu’au-delà de toutes les petites communautés francophones c’est aussi une grande communauté francophone. Les efforts qu’on met pour la rebrancher, avec toutes ses couleurs et tous ses accents, de la Beauce à l’Acadie en passant par Edmonton et l’Ontario, c’est ça qui est beau!

    Le spectacle «Tout pour la musique» sera présenté le 24 juin à 21 h (HAE) sur Unis TV.

  • Grand prix du public pour la brasserie lachutoise

    Grand prix du public pour la brasserie lachutoise

    La Brasserie Sir John Inc. a reçu les grands honneurs en remportant le Prix du public Polycor propulsé par Vidéotron Affaires, lors de la 23e édition du Gala national du Défi OSEntreprendre, tenu en mode virtuel le 9 juin dernier. Ce grand accomplissement témoigne de l’appréciation et de l’engouement de la population pour cette jeune entreprise de renom, tout en démontrant l’importance accordée par la communauté à l’innovation locale.  Le public était invité à voter quotidiennement, de façon électronique, afin d’encourager leur projet favori parmi les sept finalistes en lice pour ce prix. Plus de 6 000 votes ont été enregistrés et c’est la Brasserie Sir John Inc. qui a remporté la palme. Les propriétaires de cette entreprise en plein essor n’ont pas manqué de souligner l’implication et la détermination de tous les membres de leur équipe, qui contribuent en grande partie au succès du projet. La MRC d’Argenteuil comptait deux finalistes à l’échelon national du Défi OSEntreprendre, soit la Brasserie Sir John Inc. à Lachute, nominée dans les catégories Bioalimentaire et prix du public Polycor, ainsi que la Coopérative Ferme La Roquette de Brownsburg-Chatham, nominée dans la catégorie Économie sociale. Le conseil de la MRC est fier des accomplissements et du succès de ces entrepreneurs et souhaite la meilleure des chances aux entreprises argenteuilloises dans la poursuite de leurs activités.

  • Summer treat begins with a Broue & Chew tour

    Summer treat begins with a Broue & Chew tour

    The United Counties of Prescott-Russell (UCPR) unveiled details of its latest project to help strengthen the region’s economy and promote greater interest and appreciation of local tourism activities. The Broue & Chew Road Trip program highlights the region’s food tourism attractions and local food and beverage industry.

  • Loan renewal for Rockland Arena

    Loan renewal for Rockland Arena

    The City of Clarence-Rockland has a debt of about $4.3 million remaining on a bank loan for construction of the Clarence-Rockland Arena. The term of the loan is up for renewal this year and the city’s finance department proposed a method for reducing the amount of money owed to the bank for quicker repayment of the loan. 

    The department recommended the city “borrow” about $2.5 million from itself and apply that to the outstanding loan balance. That would leave about $1.9 million left to pay off over a shorter period to the bank than originally planned. 

    The city would repay its own internal loan at the same interest rate as the bank loan. The repayments for the internal loan would be done through annual municipal allocations for debt payments. The plan would also improve the city’s municipal debt capacity. 

    Council approved the proposal. 

  • Les avocats argumentent sur la demande d’appel de l’affaire de la cimenterie

    Les avocats argumentent sur la demande d’appel de l’affaire de la cimenterie

    «Je dois considérer (toutes) les informations, a déclaré le juge P. Boucher. Je rendrai ma décision le plus rapidement possible.»

  • Smaller council proposed for Alfred-Plantagenet

    Smaller council proposed for Alfred-Plantagenet

    “It seems like a good idea,” said Mayor Stéphane Sarrazin.