Catégorie : Autres – Others
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LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE JUSTIN TRUDEAU
Monsieur le Premier Ministre,
Allons droit au but. Nous, les signataires de cette lettre, sommes des concurrents. Nous publions des nouvelles dans toutes les régions du Canada, dans les deux langues. Nous ne voyons pas souvent les choses du même œil.
Cette lettre ouverte qui vous est adressée ̶ et la place que nous lui accordons dans nos publications ̶ est donc sans précédent, tout comme la menace qui pèse sur les médias d’information au Canada. Et, franchement, l’inaction de votre gouvernement est si choquante qu’elle exige des mesures exceptionnelles.
Pendant des mois, vous et le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, avez promis d’agir pour mettre un frein aux pratiques monopolistiques et prédatrices de Google et de Facebook qui nuisent aux médias d’information canadiens. Malheureusement, tout ce que nous avons jusqu’à présent, ce sont des paroles. Des paroles qui, chaque semaine, deviennent de plus en plus creuses.
Utiliser sans payer
Google et Facebook utilisent leur contrôle d’Internet et leurs algorithmes très sophistiqués pour détourner 80 % de tous les revenus publicitaires en ligne au Canada. Ils partagent le travail des journalistes professionnels à travers le pays, sans compensation.
Les deux géants du web utilisent leur pouvoir monopolistique de la même façon dans le monde entier, en privant le journalisme des ressources financières dont il a besoin pour survivre. Ce n’est pas seulement un problème canadien. La différence, c’est que d’autres pays s’y opposent.
En Australie, le Parlement, avec le soutien de tous les partis, a adopté une nouvelle législation exigeant que Google et Facebook négocient collectivement avec les médias australiens. Ces nouvelles règles sont également accompagnées d’un dispositif d’application rigoureux.
À maintes reprises, vous, votre ministre du Patrimoine canadien et d’autres représentants élus, vous vous êtes engagés à prendre des mesures similaires. Après des mois de promesses, il n’y a toujours pas de législation.
Diviser pour mieux régner
À l’approche des vacances parlementaires d’été et de la forte possibilité d’une élection générale à l’automne, les mots seuls ne suffiront pas à soutenir les journalistes canadiens pendant les longs mois d’inaction législative et face aux jeux de pouvoir incessants de Google et Facebook.
En effet, Facebook a récemment annoncé des accords commerciaux à court terme avec quelques médias canadiens. Tant que les médias d’information ne pourront pas négocier collectivement avec Google et Facebook, les deux multinationales continueront à diviser pour mieux régner, en utilisant leur position dominante sur le marché pour imposer des conditions qui leur sont favorables, au détriment des médias d’information plus petits et plus vulnérables financièrement.
Soyons clairs : les médias d’information canadiens ne cherchent pas à obtenir de nouveaux fonds, de nouvelles taxes ou des frais d’utilisation. Nous ne demandons pas ̶ et ne voulons certainement pas ̶ de restrictions ou de règlements affectant la liberté d’expression.
En fait, la santé de notre démocratie dépend d’un environnement médiatique dynamique et sain. Pour dire les choses crûment, cela signifie que vous, Monsieur le Premier Ministre, devez tenir parole en introduisant une législation pour briser la mainmise de Google et Facebook sur les informations avant les vacances parlementaires d’été. C’est une question de volonté politique. C’est une promesse de votre gouvernement.
Le sort des médias d’information au Canada en dépend. Il en va de même pour notre démocratie.
Les éditeurs membres de Médias d’info Canada
Nivelerlesreglesdujeu.ca
Jamie Irving, président
Médias d’Info Canada
Bertrand Castonguay, président
La compagnie d’édition André Paquette inc.
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La recherche en français au Canada: «Publier en anglais ou périr»
Le rapport Portraits et défis de la recherche en français en contexte minoritaire au Canada a été introduit lors du panel d’ouverture de l’évènement «Vitrine des savoirs» de l’Acfas, qui se déroule jusqu’au 11 juin.
Il a été rédigé par des chercheurs de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) de l’Université de Moncton et de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante de l’Université de Montréal.
Ces derniers y constatent qu’au Canada, en 2019, «100% des articles en sciences de la santé et naturelles, 97% en sciences sociales, et 90% en arts et humanités» ont été publiés en anglais.
Alors que 40% des articles publiés par des chercheurs de l’Université de Moncton étaient publiés en français dans les années 1980, ce n’était plus que 25% dans la décennie 2010; même tendance à l’Université de Montréal, où on est passé de près de 50% à moins de 20% d’articles publiés en français.
Dans les universités bilingues, où le français est la langue minoritaire, le taux de publication en français se compare à celui des universités anglophones : moins de 10 % à l’Université d’Ottawa et 5 % à l’Université Laurentienne, contre 2 % à l’Université McGill et 1 % à l’Université de Toronto.
Des pressions pour publier en anglais
Il peut être tentant pour les chercheurs francophones de publier en anglais, car «les revues internationales de langue anglaise offrent une plus grande visibilité, atteignent un réseau de chercheur-se-s plus vaste, et constituent des lieux de publication prestigieux ayant un impact scientifique et médiatique plus intéressant», soulignent les auteurs du rapport.
Ces facteurs ont été identifiés dans un sondage effectué auprès de 515 chercheuses et chercheurs francophones, pour lesquels l’anglais comporte de nombreux avantages : rejoindre un plus grand auditoire dans leur domaine, être davantage cités, gagner en crédibilité à l’international et faire avancer leur carrière.
Dans certaines universités, publier en anglais est même indispensable pour obtenir de l’avancement puisque les comités d’évaluation accordent plus de poids aux articles publiés dans les revues ayant un meilleur «facteur d’impact» – presque exclusivement des revues anglophones.
Enfin, la structure du marché de la communication scientifique, qui est dominé par cinq grands joueurs (Reed Elsevier, Wiley-Blackwell, Springer et Taylor & Francis ; en plus de l’American Chemical Society en sciences pures et Sage Publications en sciences humaines) joue aussi un rôle dans la domination de l’anglais.
Vincent Larivière, l’un des cinq principaux auteurs du rapport, souligne qu’«évidemment, ces acteurs-là visent à vendre leurs articles à la plus grande communauté internationale possible et donc vont créer des revues qui sont principalement en anglais. Donc c’est clair que le contrôle corporatif de la diffusion et le passage vers l’anglais marchent main dans la main».
Pour les chercheurs en sciences de la santé particulièrement, publier en anglais peut substantiellement augmenter leurs chances d’obtenir des subventions: les demandes soumises aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont 38,5% de chances d’être acceptées, alors que celles soumises en français n’ont un taux de succès que de 29,2%.
La recherche francophone en milieu minoritaire face à des embuches
Le tournant vers l’anglais affecte aussi quels enjeux sont étudiés: «Les chercheur-se-s seraient tentés de mener des travaux pouvant intéresser un auditoire international plutôt que de se pencher sur des problématiques à pertinence locale», peut-on encore lire dans le rapport – ce qui inclut les communautés linguistiques en situation minoritaire.
Cette tendance peut s’avérer particulièrement problématique pour «les études qui s’intéressent aux enjeux locaux et dont le lectorat comprend des professionnel-le-s et des praticien-ne-s», soulignent les auteurs en citant notamment le domaine de la santé, qui s’appuie sur de vastes réseaux d’intervenants qui ne sont pas nécessairement familiers avec la langue dominante du milieu académique.
Les chercheurs francophones en situation minoritaire font aussi face à des difficultés supplémentaires pour mener des recherches en français: ils peuvent par exemple faire face à un manque d’assistants de recherches francophones ou de chercheurs francophones dans leur discipline avec lesquels collaborer.
Les chercheurs francophones peuvent aussi avoir moins de temps à consacrer à la recherche, car ils travaillent souvent dans de plus petites universités, où ils doivent consacrer plus de temps à l’enseignement et aux tâches administratives.
Enfin, «en raison de leur situation minoritaire à l’extérieur du Québec, les chercheur-se-s francophones sont beaucoup plus sollicités par les médias, et consacrent plus de temps à la communication scientifique que la majorité de leurs collègues anglophones», une contribution qui n’est pas toujours valorisée par leurs universités d’attachement.
Plus de soutien à la recherche en français
Le rapport de l’Acfas émet neuf recommandations, à commencer par la création d’un Service d’aide à la recherche en français au Canada (SARF) qui serait financé par les différents paliers gouvernementaux, les universités et les organismes subventionnaires.
Le SARF, qui opèrerait au sein de l’Acfas, «offrirait notamment un service d’appui-conseil interuniversitaire à la recherche pour aider les chercheurs-se-s dans la préparation de leurs demandes de financement en français».
Le SARF permettrait la création d’un espace de recherche en français et la mise en commun de ressources, ce qui pourrait bénéficier aux chercheurs de petites universités qui éprouvent des difficultés à maintenir des services d’appui à la recherche en français.
Sophie Montreuil, présidente de l’Acfas, a expliqué en conférence que le SARF serait constitué d’une petite équipe œuvrant au sein de l’Acfas – donc qu’il ne serait pas question de «centaines de milliers de dollars».
«Je crois qu’il faut installer quelque chose avec une structure souple, et l’essentiel du SARF, ça va être de faire des liens et de mettre les gens en lien ensemble», a-t-elle ajouté.
De son côté, Stéphanie Chouinard, professeure au Département de sciences politiques du Collège militaire royal du Canada, dit craindre «que la création du SARF ne soit une excuse pour que certaines de nos institutions désinvestissent dans les services existants, voyant dans le SARF un service à rabais de leurs chercheurs. Il faudra que ce soit clair [que le SARF] est un supplément pour combler certaines lacunes et non pas un remplacement pour l’appui à la recherche en français».
La professeure Chouinard souligne aussi la nécessité d’assurer l’implication financière des deux paliers gouvernementaux et des organismes subventionnaires, observant toutefois que «dans un contexte d’austérité budgétaire dans plusieurs provinces canadiennes, la présence des provinces à la table risque d’être plus difficile à assurer».
Parmi les autres recommandations du rapport figurent notamment une série de mesures visant à assurer un meilleur financement de la recherche dans les petites universités, des services en français dans les universités bilingues et anglophones hors Québec, ainsi que des projets de recherche sur les communautés francophones en milieu minoritaire.
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Optimisme prudent dans l’industrie musicale franco-canadienne
Le directeur général de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), Thomas Kriner, avoue ne pas connaitre beaucoup d’artistes ayant pris plaisir à enregistrer des capsules vidéos et à les diffuser sur les médias sociaux, comme plusieurs l’ont fait depuis mars 2020, lorsque la COVID-19 a freiné le pays et la planète.
«On fait des choses, on essaie de garder un momentum, mais j’ai l’impression que nulle part, il n’y a de satisfaction», observe Thomas Kriner, tant chez les artistes que chez les diffuseurs. Pour lui comme pour eux, il n’y a rien de tangible dans les likes sur Facebook.
Après 16 mois de chamboulements, le directeur de l’APCM s’avoue peu optimiste pour la scène ontarienne. Cependant, lors d’une semaine de rencontres virtuelles du secteur qui a également été l’occasion pour l’organisme de remettre ses «prix de l’industrie», fin mai, le bon moral des artistes l’a agréablement surpris: «Je m’attendais à plus d’abattement, mais [les artistes] restent motivés, ont plein d’énergie et se projettent vers l’avenir», souligne Thomas Kriner.
Son homologue Sébastien Michaud, responsable du volet musique à l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB), entrevoit aussi des perspectives encourageantes en Acadie : «On commence à voir de la reprise et des spectacles extérieurs. Ça va nous aider», espère le multiinstrumentiste néobrunswickois.
La pandémie n’a d’ailleurs pas sonné le glas des galas et remises de prix : le Gala Trille Or de l’APCM, animé par le comédien Vincent Poirier, sera diffusé le 19 juin à 20 h sur Unis TV, avec la remise de 10 prix. Un premier gala réservé à l’industrie a eu lieu le 28 mai.
En Acadie, les prix Éloizes ont été décernés le 5 juin. Le gala est offert en rattrapage sur Tou.tv.
Des collaborations et des compétences nouvelles
La pandémie n’a pas eu que des impacts négatifs pour les artistes dans la dernière année ; elle a aussi été l’occasion de collaborations, tant en Acadie qu’en Ontario et dans l’Ouest.
Thomas Kriner et Sébastien Michaud multiplient les exemples: éemi et Marie-Clo, respectivement de la Saskatchewan et de l’Ontario, ont lancé un projet commun. Shawn Jobin, aussi de la Saskatchewan, a travaillé à distance avec plusieurs autres musiciens. Joey Robin Haché, du Nouveau-Brunswick, a lancé Liste Noire, un «microlabel de musique extrême».
«Il a utilisé la pandémie pour faire quelque chose d’autre, et de ça sont sorties beaucoup, beaucoup de collaborations», observe Sébastien Michaud.
Il semble bien que malgré la pandémie, la production a suivi son cours : les enregistrements et les sorties de disque ont même augmenté, rapporte Thomas Kriner.
Avec le changement forcé dans les méthodes de production, Sébastien Michaud a été témoin d’un développement des compétences nouvelles chez les artistes. Pendant la pandémie, nombre de musiciens ont appris à manipuler micros et cartes de son, à s’enregistrer et à devenir des producteurs et des réalisateurs.
«Beaucoup d’artistes qui n’avaient pas la patte là-dedans du tout sont maintenant capables de produire eux-mêmes un live stream plein orchestre», illustre le responsable du volet musique de l’AAAPNB.
La situation est particulièrement avantageuse pour les musiciens qui n’ont pas les moyens d’embaucher une équipe pour produire un clip : «On est rendus dans une ère où si tu ne vends pas ton disque, il faut que tu vendes des singles. Pour vendre des singles, il faut que tu fasses une vidéo», résume Sébastien Michaud.
La relève en a profité
Thomas Kriner abonde dans le même sens : ces nouvelles compétences seront utiles. Il souligne toutefois que la présence sur les réseaux sociaux, notamment sur la chaine de diffusion en temps réel Twitch, demeure liée à un public très volatil.
Le choc du retour à la normale pourrait être particulièrement rude pour la relève, qui depuis un an s’est lancée tête première via les réseaux sociaux. «Ils écrivent une chanson, ils la lancent le lendemain et ils vont chercher des likes», observe Thomas Kriner.
Cette notion d’instantanéité pourrait leur être bénéfique, mais rares sont les artistes qui percent ainsi d’après le directeur de l’APCM. L’organisme, tout comme l’AAAPNB, souhaiterait encadrer ces artistes de la relève et leur offrir la force d’un réseau, leur faire connaitre l’envers du décor.
Sébastien Michaud avertit également que les plateformes virtuelles mettent généralement de l’avant la musique populaire : «Les artistes qui veulent rester authentiques et faire ce qui leur plait vraiment, il faut qu’ils aillent cogner à d’autres portes», croit-il.
De plus, en situation minoritaire, les personnes qui percent sont souvent celles qui sortent du moule, constate Thomas Kriner en citant par exemple Medhi Cayenne et Rayannah: «Le non conventionnel, ça marche, quoi!»
Des impacts importants en arrière-scène
La pandémie a mis de l’avant la fragilité du milieu, estime Thomas Kriner : «Au bout d’une semaine de pandémie, on s’est retrouvés tout le monde sur la PCU [la Prestation canadienne d’urgence]. Ça prouve bien qu’il y a une problématique.»
Il offre un court retour dans le temps: «Il y a cinq, dix ans, quand la vente des disques s’est écroulée, on a dit: “C’est le spectacle qui va vous payer”.»
Mais voilà que depuis 16 mois, les spectacles en salle ont été annulés ou reportés, insiste le directeur général.
Selon l’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA), le PIB du secteur des arts, des spectacles et des loisirs a diminué de 50,7 % entre février et décembre 2020.
«Ce sont des tonnes d’emplois», se désole Sébastien Michaud, évoquant les agences, les diffuseurs et les professionnels de l’industrie. Beaucoup de techniciens de scène et de professionnels ont dû se recycler.
En musique comme au théâtre, «c’est pas mal le même son de cloche partout […] Il y a des gens qui ont réussi à se trouver des places temporaires en faisant le switch entre arts de la scène et arts médiatiques», ajoute-t-il.
La demande en vidéo a explosé et les maisons de production ont embauché beaucoup de personnel. Reste à voir si ces déplacements seront temporaires ou à long terme.
À lire aussi: Les artisans des théâtres francophones en pleine transition
En attente de l’après
Chez les diffuseurs, certains se sont tournés vers des salles réduites lorsqu’ils le pouvaient. Plusieurs ont proposé des spectacles virtuels.
Dans les deux cas, la solution est peu viable. Les diffusions, les mesures sanitaires, ça fait beaucoup: «C’est beaucoup de charges pour des gens qui sont généralement mal rémunérés ou bénévoles», plaide Thomas Kriner.
Une autre question fait surface : comment attirera-t-on le public lorsque le temps sera venu?
Pour l’APCM, le directeur général a lu des études qui estiment que de 25 à 30 % du public ne remettra pas les pieds en salle de sitôt. «Il faudra restaurer énormément de confiance entre le diffuseur et son public», prévoit Thomas Kriner.
En Acadie, Sébastien Michaud se permet un optimisme prudent puisqu’une reprise se profile pour l’été, du moins en extérieur. Thomas Kriner est plus pessimiste: «On est encore vraiment dedans [la pandémie]. Il y a des choses qui vont changer.»
Il estime que l’utilisation croissante des plateformes virtuelles pour les rencontres de l’industrie pourrait perdurer.
Le virtuel aura peut-être créé des frustrations, mais l’industrie en tirera tout de même du positif, tant pour le développement des compétences que les possibilités d’échange. «D’autant plus qu’avec l’empreinte carbone que laisse l’industrie de la musique, on a peut-être une clé», conclut Thomas Kriner. Mais voilà un tout autre débat, qui devra attendre qu’un semblant de normalité reprenne son cours.
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Trouver le filon pour rapprocher les francophonies canadiennes
Francopresse: Est-ce qu’il faut remonter à la fin des années 1960 et la tenue des États généraux du Canada français pour trouver un évènement de l’ampleur du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes?
Sonia LeBel: Absolument, on peut dire qu’un évènement de cette ampleur-là n’a pas eu lieu à nouveau!
Quoique c’est aussi très différent maintenant parce que ça émane vraiment du gouvernement du Québec. L’objectif est vraiment de revoir notre politique en matière d’investissement, et quand je parle d’investissement, c’est vraiment l’investissement au sens large ; que ce soit financier ou d’autres façons de s’investir dans la francophonie canadienne. C’est vraiment pour créer un rapprochement des francophonies.
D’ailleurs, ma présence au Congrès mondial acadien (CMA) 2019 […] j’y étais allée pour d’autres raisons, entre autres pour les liens économiques avec la francophonie, mais je commençais déjà à rencontrer des organismes pour commencer à poser les premiers jalons du Sommet qui aurait dû avoir lieu en juin l’an dernier, n’eût été la pandémie. Mais effectivement, l’idée c’est vraiment de revoir et d’amener un peu plus loin la politique et l’investissement du Québec en matière de francophonie canadienne.
Sentez-vous que les liens se tissent davantage depuis quelques années entre la francophonie canadienne et le Québec?
Peut-être que c’est une opinion très personnelle, parce que j’ai des liens très forts avec le Nouveau-Brunswick — toute ma famille maternelle, ce sont des Arsenault du coin de Tracadie et des Kenny de Sainte-Rose — mais c’est sûr que les liens entre le Québec et l’Acadie sont déjà très forts. Beaucoup de Québécois ont des liens ou sont de descendance acadienne.
Mais si on regarde de l’autre côté, nos voisins de l’Ouest, à partir de l’Ontario, c’est comme si cette connaissance-là, à part des connaissances personnelles, c’était plus brumeux pour nous, pour la société québécoise. Ce n’est pas une analyse sociodémographique extrêmement poussée, c’est un peu mon feeling personnel, puis je pense que c’est bien aussi ce rapprochement-là.
Seriez-vous prête à dire que le moment de tenir un sommet est opportun?
Les premiers jalons posés, selon moi, le premier évènement qui a un peu réveillé les consciences, c’est ce qui s’est passé pour l’Université de l’Ontario français en 2019. Il y a eu une espèce de soulèvement qui était très justifié. À ce moment-là, je venais d’être nommée ministre de la Francophonie canadienne.
Puis à part mes liens personnels avec cette francophonie-là, savoir comment orienter puis comment faire une différence, des fois, ce n’est pas toujours évident de trouver le filon. Cette mobilisation-là et cette solidarité-là qui a été démontrée m’ont fait penser que c’était peut-être une belle façon de construire sur ça et de continuer pour aller vers un rapprochement.
De quelle façon, selon vous, les relations ont évolué au cours des dernières années entre les francophonies canadiennes et le Québec?
Il ne faut pas oublier, dans les 50 dernières années, tout le phénomène de la loi 101 au Québec et le mouvement extrêmement nationaliste du Québec, des Québécois. Je pense que c’était une question de survie nécessaire, mais là, à un moment donné, on a tous grandi et on peut aller vers autre chose.
C’est ça l’évolution ; on s’est un peu concentrés sur notre francophonie et sur comment sauvegarder notre francophonie et notre français au Québec, et là, on veut aller plus loin. Pour moi, c’est une rue à deux sens : le Québec a un rôle de leadeurship à jouer dans la francophonie canadienne de par sa position privilégiée, comme province francophone, et le fait qu’on est capable, nous, de vivre de A à Z en français.
Il y a des gens au Québec qui peuvent ne jamais parler un mot d’anglais de leur vie et tout va bien, et c’est parfait comme ça! Mais à l’inverse, le Québec aussi a besoin de du reste de la francophonie parce que plus la francophonie va être solide à l’extérieur du Québec, plus notre francophonie au Québec va l’être aussi.
Les deux peuvent donc s’entraider, bénéficier de l’autre?
Oui! Ce n’est pas complètement désintéressé, dans le sens où je considère qu’on a une responsabilité morale et sociale de jouer un rôle de leadeurship et d’être présent pour nos confrères des autres provinces, mais ce que je trouve extraordinaire dans la francophonie canadienne présentement — et on le voit beaucoup aussi à travers l’Acadie — c’est cette unité-là, au-delà des frontières territoriales. Et je veux que le Québec fasse partie aussi de cette grande famille, où on va comprendre que le français ce n’est pas juste au Québec. Il y en a partout et on veut faire partie de cette grande unité francophone.
C’est peut-être un peu ésotérique ce que je dis, mais il faut avoir un but pour que les actions qu’on pose nous amènent quelque part, même si peut-être que dans mon mandat je vais juste poser les premiers jalons. Poser les premières pierres d’une route qui, je l’espère, va nous mener à une plus grande mobilité.
Justement, en parlant de mobilité, ça m’amène à vous parler de la partie du projet de loi 96 qui accorderait aux étudiants franco-canadiens la possibilité de payer les mêmes frais de scolarité peu élevés que les Québécois dans certains cas. Certains ont accueilli ça comme un risque de perdre des jeunes, qu’en dites-vous?
Ça va faire partie des discussions du Sommet. C’est un peu paradoxal parce que dans certaines communautés francophones où les systèmes d’éducation sont peut-être moins développés — parce que c’est à géométrie variable partout dans le Canada, on s’entend — on en est conscients et c’est pour ça qu’il va falloir être très prudent dans l’application. Mais dans ma tournée, j’ai entendu aussi la demande qu’on ouvre nos portes pour accueillir des gens pour leur permettre d’avoir une éducation supérieure en français. Donc c’est partagé.
Je pense que le principe est accepté et accueilli. Il faut le voir comme un geste de bonne volonté et non pas un geste de sabotage de notre part, au contraire! Mais moi, je suis très consciente et c’est compris par tout le monde qu’il faut faire très attention pour que ça n’équivaille pas à un désengagement des gouvernements dans les autres provinces.
La communauté francophone de l’Alberta, par exemple, dit craindre un exode de cerveaux.
Il faut comprendre que ce n’est pas la volonté [du gouvernement du Québec], mais on est tous conscients de cet effet potentiel. Donc, il va falloir le faire avec beaucoup de délicatesse.
Mais je pense qu’il ne faut pas être dupe : il y a déjà des étudiants du reste de la francophonie canadienne qui viennent au Québec. L’idée présentement, c’est qu’on leur donne le même tarif qu’un Québécois. Pour nous, c’est un geste d’accueil et d’ouverture.
Maintenant, il va falloir travailler correctement pour être certains que ça n’ait pas un effet pervers, et on en est conscients. Mais j’ai entendu, dans mes tournées, une telle demande. Donc ce n’est pas vu de la même façon partout.
Pour revenir aux États généraux de la fin des années 1960, on parlait à l’époque d’une certaine rupture entre le Québec et le reste de la francophonie canadienne. On en parle encore ; il y a encore des gens qui font référence à cet évènement. Ça a marqué cette génération-là. Peut-on voir dans ce Sommet une certaine volonté de réconciliation?
J’aime mieux le mot «rapprochement». Peut-être que pour certains il y a eu une impression de rupture, mais j’aime mieux «rapprochement» parce que je ne pense pas qu’il y ait eu une décision délibérée de faire une coupure.
Dans une rupture, il y a quelque chose de très conscient, de très délibéré ; alors que là, il y a eu un éloignement et je pense que cet effort de rapprochement est nécessaire. L’idée, la volonté, c’est d’écrire un nouveau chapitre sur de nouvelles bases. Il y a une prise de conscience, on construit quelque chose qui est déjà en train de s’amorcer.
Pour moi, le meilleur exemple de ça, c’est la levée de boucliers et la montée de solidarité survenue lors de la dernière décision sur l’Université de l’Ontario français, et encore plus récemment avec l’Université Laurentienne! Je pense que ce sont des signes extrêmement prometteurs et encourageants qui font voir à quel point on est prêts, ici au Québec, à s’unir et à se rapprocher de nos compatriotes francophones.
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Pensionnats autochtones: comment s’éduquer davantage?
Lors d’un débat exploratoire aux Communes le 1er juin, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré l’importance de devoir passer à l’action. «Présenter des excuses pour les tragédies du passé ne suffit pas. Cela ne suffit pas pour les enfants qui sont morts, ni pour leur famille, ni pour les survivants et les communautés. Ce n’est qu’avec nos actions que nous pouvons choisir une voie meilleure pour l’avenir et ce sera toujours l’objectif du gouvernement.»
Depuis une semaine, hommages, danses, chants et appels à l’action immédiate sont parvenus de tous les coins du pays envers les premiers concernés par l’histoire des pensionnats : les membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits, notamment de la communauté Tk’emlúps te Secwépemc.
Cette dernière est la communauté d’origine du pensionnat indien de Kamloops, qui a été la plus grande école du système des pensionnats du ministère des Affaires indiennes. Les pensionnats autochtones ont existé pendant 165 ans, le premier ayant ouvert en 1831, en Ontario, et le dernier ayant fermé ses portes en 1996, en Saskatchewan.
Pour en savoir plus sur l’histoire des pensionnats autochtones :
- Article sur les pensionnats indiens de l’Encyclopédie canadienne
- Guide terminologique des peuples autochtones
Ressources par des chercheurs autochtones :
Livres:
- Marie Battiste, Decolonizing Education ; nourishing the learning spirit (en anglais)
- James Daschuk, La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone. (Traduit de l’anglais)
Articles universitaires
- Six universitaires autochtones partagent leurs réflexions entourant le 150e, article publié dans Affaires universitaires
Livres jeunesse
- Je ne suis pas un numéro, de Jenny Kay Dupuis et Kathy Kacer (Éditions Scholastic).
- Quand on était seuls, de David Alexander Robertson (Éditions des Plaines).
- Quand j’avais huit ans, de Christy Jordan-Fenton et Margaret Pokiak-Fenton (Éditions Scholastic).
Films
Wapikoni mobile, un projet qui donne la possibilité aux jeunes Autochtones de créer des films documentaires. Ce sont, entre autres, des studios ambulants dotés d’équipements qui «roulent vers» des communautés autochtones.
À lire aussi : Les francophones ont aussi joué un rôle dans les pensionnats
Les partis d’opposition exhortent le gouvernement d’appliquer les appels à l’action 71 à 76, relatifs aux enfants disparus et à l’inhumation, de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada (CVR) depuis la découverte des dépouilles. Des appels à multiplier les fouilles comme celles de Kamloops dans les anciens pensionnats du pays ont été lancés.
En Ontario, un projet de loi est en cours de développement pour examiner les sites d’anciens pensionnats autochtones en Ontario à la recherche de sépultures d’enfants autochtones.
Selon Catherine Duquette, professeure en didactique de l’histoire au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), la recherche de sépultures est l’un des moyens de passer à l’action vers la réconciliation. Elle convient que les discours «sont un premier pas, mais il faut se rappeler que les pensionnats autochtones ont été mis sur pied par les politiciens canadiens. Les actions doivent donc prendre le pas maintenant».
Appels à l’action 71 à 76 : Enfants disparus et renseignements sur l’inhumation
Les appels à l’action 71 à 76 de la Commission de vérité et de réconciliation demandent entre autres de rendre publics les documents concernant les corps des enfants décédés lorsqu’ils étaient dans les pensionnats, de tenir un registre en ligne des cimetières de ces pensionnats, informer les familles des lieux de sépultures, protéger les cimetières ou lieux où les enfants ont été inhumés et procéder à la réinhumation sur demande des familles dans leur communauté d’origine.
«Pour mes collègues innus, avoir retrouvé les corps est essentiel pour conscientiser», illustre Catherine Duquette.
Un travail de documentation à rattraper
L’une des actions de réconciliation serait de combler un vide béant : rassembler les informations sur les enfants qui étaient dans les pensionnats.
Au site de Kamloops, aucune documentation n’a été retrouvée pour connaitre l’identité de ces 215 enfants, leur lieu d’origine, qui étaient les membres de leurs familles, la cause de leur décès, etc. Il s’agit d’ailleurs de l’une des ressources clés manquantes, selon l’historien Maurice Guibord, en entrevue à l’émission «Boulevard du pacifique» de Radio-Canada, en Colombie-Britannique.
«On signale que les dossiers du pensionnat ne mentionnaient souvent qu’un nom pour un enfant ou parfois aucun et encore moins le sexe de l’enfant. Plusieurs d’entre eux n’avaient qu’un seul nom que les religieux reconnaissaient, soit le nom imposé au moment du baptême précipité», explique-t-il.
Les projets locaux éducatifs au cœur des solutions?
Des exemples de projets en milieu scolaire:
- Le Projet du cœur, fondé en 2007 par Sylvia Smith, permet d’aborder l’histoire des pensionnats en classe, avec notamment un dialogue avec des Ainés de communautés autochtones.
- À l’Université de Colombie-Britannique (UBC), un centre d’histoire et de dialogue sur les pensionnats autochtones est né il y a quelques années.
- Le projet Petapan, à l’école des Quatre Vents de Chicoutimi-Nord. Un projet sur deux ans mis sur pied dès 2017 pour travailler sur la «sécurisation culturelle» des enfants autochtones.
Pour Catherine Duquette, des projets éducatifs de ce type existent au primaire et au secondaire et se déclinent au niveau local. La professeure affirme qu’ils sont «relativement peu connus, mais ils ne sont pas uniques. Il y a de ces projets locaux dans toutes les provinces».
Un partage de culture serait donc une piste de plus pour faire comprendre aux allochtones cette partie majeure de l’histoire du Canada, dès le plus jeune âge, selon Catherine Duquette.
«On oublie aussi beaucoup les publications de chercheurs autochtones, déplore Catherine Duquette. Et les universités donnent de plus en plus de cours sur le concept de sécurisation culturelle ou sur l’histoire autochtone. Ce qui est sûr, c’est que la documentation et l’éducation historique sont des passages obligés.»
Deux éléments qui pourraient participer au processus de décolonisation.
«Si ce processus n’est pas mené, on considèrerait comme réel un passé que les Premières Nations réfutent. Eux attendent que l’on rappelle une autre histoire, la leur, et les personnages importants qui la constituent et qui ne sont pas les mêmes. Il faut toujours remettre en question et déterminer dans quelles mesures les auteurs ont écrit les faits, quels intérêts ils avaient.»
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Natural gas project for East Hawkesbury
“I’ve been working on this for quite some time,” said Kirby during a phone interview Thursday. “It’s very satisfying. I’d like to thank the provincial government for recognizing our need.”
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Des Platebandes comestibles à partager dans les rues de Brownsburg-Chatham
L’objectif vise à créer une abondance gratuite de nourriture à partager pour tous, dans une démarche d’autonomie alimentaire locale, saine, durable, engagée et inclusive.
Rappelons que le projet a vu le jour en 2019, suite à l’obtention d’une aide financière accordée par 100 degrés, un organisme qui soutient certains projets destinés à rendre les environnements plus favorables aux saines habitudes de vie, et tout particulièrement les projets qui vont se distinguer par leur caractère novateur.
C’est donc au parc Roland-Cadieux que les six premiers bacs de jardins pédagogiques ont été installés afin que les jeunes fréquentant le camp de jour puissent en apprendre davantage sur l’agriculture et avoir accès facilement à des aliments sains.
Depuis, le projet évolue grâce notamment au financement du programme Ma santé en valeur et offrira cette année, à différents endroits de la ville, des platebandes comestibles pour mieux répondre aux besoins sur la rue Principale (parc des Vétérans);, rue MacVicar (bibliothèque), rue de l’Hôtel-de-Ville (hôtel de ville), rue Aubin (parc Roland-Cadieux) et route Verte (camping et marina).
Soulignons aussi que ces initiatives ne sont qu’un début ! En effet, six bacs identiques à ceux que l’on retrouve au parc Roland-Cadieux seront installés à travers la ville l’été prochain.
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PR Transpo gets back on the road
“The new on-demand service transit service offers an excellent solution for our rural region that will better meet the needs of the Prescott and Russell population,” stated Warden Stéphane Sarrazin, following the June 9 session of the United Counties of Prescott-Russell council (UCPR).
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Des vélos accessibles au coeur de la forêt Larose
Plus qu’un projet de simple magasin de vélo, c’est dans une approche globale de bienêtre en lien avec les bienfaits de l’exercice physique, l’environnement et la formation qui est préconisé par ces passionnés de vélo de montagne. Après avoir vécu en Nouvelle-Zélande et être revenus au Canada en 2012, Emmanuelle et Jean-Sébastien Larocque, travailleurs sociaux, opèrent le centre MANA, leur propre entreprise de pratique privée. C’est ainsi que le couple s’intéresse particulièrement à une approche qui permet de connecter les gens à la nature et prôner les interventions thérapeutiques par le sport et le plein air.
D’ailleurs les Larocque travaillent de concert avec les écoles et organisent des groupes d’intervention pour faire sortir les jeunes à l’extérieur, les débrancher, les faire décrocher, bouger et se connecter avec la nature. Mais en raison de la pandémie, les contrats avec les écoles ont été annulés cette année.
Malgré tout, la mission du couple prend encore plus de sens. Dans les derniers mois, les gens ont passé beaucoup de temps devant leurs écrans, notamment à cause du télétravail et des cours en ligne. De plus, les mesures sanitaires n’ayant pas permis les rencontres intérieures et la fermeture des commerces ont fait naitre un engouement pour les activités extérieures. Selon l’OMS, prendre régulièrement des pauses pour se reposer des activités passées devant les écrans est essentiel et faire de l’exercice permet aussi une meilleure hygiène de vie.
L’hiver dernier, le couple Lemosin louait des vélos aux utilisateurs des sentiers de la Forêt Larose, située à Limoges. Puis, l’idée de poursuivre la location et d’ouvrir un bikeshop est venue. Il était naturel pour Emmanuelle et Jean-Sébastien de s’y installer, puisque ce dernier connait très bien l’endroit. En effet, depuis les débuts, il fait l’entretien des sentiers avec l’Ottawa Mountain Bike Association.
«On a une vision, vraiment, de développer des programmes écosociaux dans la forêt, de retourner aux groupes d’intervention qu’on faisait avec les jeunes, d’avoir des projets plus collaboratifs avec la communauté pour contribuer à développer des programmes pour faire sortir les gens, s’activer dans la nature», exprime ??? L’entraide et le la formation sont au coeur des valeurs des propriétaires. Un service de co-entretien de vélos sera aussi offert pour rendre les cyclistes autonomes et qu’ils soient en mesure d’effectuer eux-mêmes leurs réparations. De plus, le volet écologique n’est pas oublié. Par exemple, plutôt que de vendre plusieurs petites bouteilles de plastique de produits, une machine de remplissage a été achetée. Et le produit utilisé est biodégradable.
Des vélos à suspension simple, double, des vélos pour enfants et des fatbikes seront disponibles à la location. «On mise sur la qualité pour que les gens aient une belle expérience», explique Emmanuelle. Toutes les clientèles ont accès aux équipements, autant les enfants que les adultes. Pour Mme Larocque, qui fait du vélo avec son conjoint et leurs deux enfants, c’est une activité familiale à privilégier et il est important qu’elle soit accessible à tous.
L’ouverture du Bikeshop est prévue le 4 juin, dans le stationnement P1 de la Forêt Larose, de façon graduelle, dû aux restrictions sanitaires et à la pénurie de pièces de vélo en raison de la grande popularité soudaine du sport.
Les gens peuvent déjà réserver leurs vélos sur le site du centre www.themanacentre.com
