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  • L’amendement constitutionnel du Québec: nouveau débat linguistique?

    L’amendement constitutionnel du Québec: nouveau débat linguistique?

    Intitulé Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, le projet de loi 96 vise d’abord et avant tout à «moderniser» la loi 101 — appelée aussi Charte de la langue française — adoptée en 1977.

    Mais le projet de loi 96 prévoit aussi une modification de la Constitution canadienne ; l’amendement visé a comme titre «Caractéristiques fondamentales du Québec» et prévoit que deux articles seront ainsi ajoutés à ce qu’on décrit comme la «partie québécoise» de la Constitution:

    «90Q.1. Les Québécoises et les Québécois forment une nation.»

    «90Q.2. Le français est la seule langue officielle du Québec. Il est aussi la langue commune de la nation québécoise.»

    Pour ce faire, le Québec entend se prévaloir de l’article 45 de la Constitution, soit l’une des quelques procédures d’amendement prévues dans la loi fondamentale du pays.

    L’article 45 permet aux provinces d’ajouter, de modifier ou de retirer des éléments de «leur» partie de la Constitution — si le tout respecte certaines conditions — sans avoir à obtenir l’appui du Parlement fédéral ou de certaines autres provinces.

    Des critiques du Canada anglais

    Quelques jours après le dépôt du projet de loi 96, le premier ministre, Justin Trudeau, a fait savoir qu’il partageait l’affirmation du Québec quant à sa capacité d’effectuer cette modification unilatéralement. Les principaux partis d’opposition, soit le Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois, ont émis la même opinion.

    Depuis cette annonce — et la réaction du premier ministre Trudeau — les commentaires fusent de toutes parts. La plupart des points de vue critiques à la démarche québécoise viennent du Canada anglais.

    L’ancien chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Thomas Mulcair, a publié dans le magazine Maclean’s une chronique intitulée A sneak attack on language rights (Une attaque sournoise aux droits linguistiques).

    Il s’y dit surpris de la réaction de Justin Trudeau, ainsi que de celles des chefs Erin O’Toole et Jagmeet Singh.

    Selon Thomas Mulcair, il est faux de penser que la modification constitutionnelle proposée par le Québec n’affectera pas les droits linguistiques: «Le fait de ne pas défendre ces droits portera atteinte à notre force, notre unité et notre bienêtre en tant que pays», écrit-il (traduction libre).

    Un professeur en science politique à l’Université de Waterloo, Emmet Macfarlane, a fortement dénoncé les intentions du gouvernement Legault dans les médias et sur les réseaux sociaux. Sur son compte Twitter, il a déclaré qu’«il s’agit d’une abdication du devoir du premier ministre de défendre la Constitution. Il doit la défendre ou démissionner» (traduction libre).

    Comment amende-t-on une Constitution?

    L’article 45 de la Constitution, dont veut se prévaloir le Québec pour y insérer le principe de nation et du français langue officielle et commune, est très court: «Sous réserve de l’article 41, une législature a compétence exclusive pour modifier la constitution de sa province.»

    Selon plusieurs des opposants à l’amendement souhaité par le Québec, celui-ci devrait à tout le moins se faire de façon bilatérale, en utilisant un autre processus de modification de la Constitution : celui prévu à l’article 43, qui indique que «les dispositions de la Constitution du Canada applicables à certaines provinces seulement ne peuvent être modifiées que par proclamation du gouverneur général sous le grand sceau du Canada, autorisée par des résolutions du Sénat, de la Chambre des communes et de l’Assemblée législative de chaque province concernée».

    Cet article stipule que cette méthode doit notamment être retenue pour les «modifications des dispositions relatives à l’usage du français ou de l’anglais dans une province».

    Selon le juriste acadien et expert constitutionnel Michel Doucet, les craintes que les droits linguistiques des francophones en situation minoritaires soient affectés sont non fondées: «La modification qui est proposée par Québec est, à mon avis, beaucoup plus symbolique que juridiquement, constitutionnellement contraignante», avance-t-il.

    «Reconnaitre que la langue officielle du Québec est le français, reconnaitre que le Québec est une nation francophone, ça aura un impact peut-être sur le plan politique et symbolique, mais sur le plan juridique et constitutionnel, moi, j’ai de la difficulté à voir l’impact que ça va avoir. Mais on ne sait pas encore», nuance le juriste.

    Michel Doucet rejette aussi l’idée que l’amendement pourrait porter atteinte aux droits linguistiques de la minorité anglophone du Québec : «Le Québec ne pourrait pas abroger les droits constitutionnels linguistiques des Anglo-Québécois. Il ne pourrait pas réduire, par exemple, la portée de l’article 133 de la Constitution, qui reconnait le bilinguisme judiciaire et le bilinguisme à l’Assemblée nationale.»

    Peu d’amendements constitutionnels s’appliquant à une seule province ont été apportés à la Constitution depuis le rapatriement de 1982.

    En 1993, le Nouveau-Brunswick a utilisé la procédure bilatérale prévue par l’article 43 pour enchâsser dans la Constitution les principes d’égalité des communautés francophone et anglophone de la province, ainsi que leurs droits à des institutions homogènes dans le secteur de l’éducation et autres.

    Michel Doucet est le seul avocat à avoir défendu cet amendement — avec succès — devant les tribunaux, en l’occurrence à la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, afin de faire reconnaitre l’obligation de la ville de Moncton de se doter d’arrêtés municipaux bilingues.

    De son côté, le constitutionnaliste et professeur de droit à l’Université d’Ottawa Pierre Foucher n’est pas prêt à dire que le principe de «nation québécoise» ajouté à la Constitution n’aurait pas de portée juridique: «Ce que ça va faire, c’est qu’au moment de procéder à l’interprétation de la loi 101, on tiendra compte de ces mentions-là qui sont dans la Constitution. Donc ça rend la loi québécoise quasi constitutionnelle, un peu comme l’est la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et la Loi sur les langues officielles du Canada.»

    Répercussion sur les minorités francophones

    Les communautés francophones de l’extérieur du Québec doivent-elles redouter les contrecoups d’un tel changement constitutionnel? Pierre Foucher en doute.

    «J’ai de la difficulté à voir comment [un contrecoup pour la francophonie canadienne] pourrait se produire parce que la majorité des provinces sont clairement, officiellement anglophones, mais il y a des lois sur les services en français-là qui existent à plusieurs endroits. Je ne pense pas que cet élan-là, ce progrès-là va s’arrêter», indique-t-il.

    «Puis s’il y a des provinces qui voudraient mettre dans la Constitution qu’elles sont unilingues anglaises, je pense qu’il y aurait une réaction et des francophones hors Québec, et du gouvernement fédéral. Puis c’est clair qu’à part au Nouveau-Brunswick, la langue officielle de toutes les provinces, c’est l’anglais de facto. Donc c’est inutile d’essayer de le préciser dans une Constitution.»

    Michel Doucet partage cette opinion: «Malheureusement, dans le Canada anglais, aussitôt qu’on parle de la situation linguistique au Québec, ça soulève toutes sortes de passions. On va manger des coups, mais on est habitués à vivre ça.»

  • La pandémie a révélé les failles linguistiques de la fonction publique fédérale

    La pandémie a révélé les failles linguistiques de la fonction publique fédérale

    Francopresse: Votre rapport rappelle les manquements du gouvernement fédéral en matière de langues officielles. Que révèlent-ils sur la place des langues officielles dans le fonctionnement quotidien du gouvernement fédéral? 

    Raymond Théberge: La pandémie a révélé jusqu’à quel point il existe des failles et des lacunes au niveau de la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles dans l’appareil fédéral. Trop souvent, ce qu’on constate, c’est qu’en situation d’urgence, en situation de pandémie, les systèmes ne sont pas en place. La capacité n’est pas là pour répondre aux besoins.

    Vous soulevez aussi dans le rapport qu’il y a un problème avec la façon dont les exigences linguistiques de certains postes sont définies. Pouvez-vous nous donner plus de détails?

    Tout à fait! Si on veut s’assurer d’avoir une capacité bilingue au sein de l’appareil fédéral, on doit s’assurer que ceux qui occupent des postes ont les compétences linguistiques pour le faire, mais aussi que lorsqu’on évalue les exigences linguistiques d’un poste, on le fait de façon objective ; qu’on identifie clairement quelles sont les exigences pour être en mesure de faire le travail.

    Trop souvent, on néglige de faire l’évaluation objective, ce qui fait en sorte qu’on dote des postes d’individus qui n’ont pas les compétences linguistiques pour faire le travail. En situation d’urgence, il est trop tard pour s’inscrire à un programme de formation.

    La question de la langue de travail dans la fonction publique fédérale a été soulevée dans de nombreux rapports du Commissariat aux langues officielles et, en 2017, le Conseil du Trésor déposait le rapport Le prochain niveau: Enraciner une culture de dualité linguistique inclusive en milieu de travail au sein de la fonction publique fédérale. Qu’est-ce qui explique que si peu de progrès ont été effectués sur cette question?

    Selon moi, c’est vraiment une question de leadeurship. Si on veut apporter des changements au niveau de la culture d’une organisation, il faut absolument que le message vienne des plus hauts échelons de la fonction publique, et très souvent on ne reçoit pas ce genre de leadeurship nécessaire pour faire avancer les langues officielles au sein de l’organisation.

    Il faut être un exemple, il faut vivre, démontrer concrètement qu’est-ce que ça veut dire utiliser les deux langues officielles en milieu de travail!

    Dans la fonction publique fédérale, c’est le français qu’on doit favoriser, ce n’est pas la langue dominante. Plusieurs [fonctionnaires] nous ont indiqué qu’ils veulent utiliser beaucoup plus le français langue maternelle et le français langue seconde dans leur travail quotidien, mais sans le leadeurship, sans la mise en place de conditions favorables pour l’utilisation des deux langues officielles, on va continuer à soulever les mêmes problématiques, les mêmes situations année après année.

    Est-ce que la généralisation du télétravail dans la fonction publique fédérale avec la pandémie a aussi soulevé des enjeux de langues officielles?

    J’ai certaines préoccupations par rapport à la langue de travail dans le monde virtuel. Je vais donner un exemple très clair : si quelqu’un travaille dans la région de la capitale nationale — une région désignée bilingue —, mais que son superviseur est à Vancouver — qui n’est pas une région désignée bilingue —, on peut voir tout de suite qu’il va y avoir un défi au niveau de la langue de supervision.

    Je pense aussi qu’il faut se pencher sur les outils. Est-ce que tous les outils qu’on utilise sont effectivement bilingues?

    À l’avenir, j’ai l’impression qu’on va utiliser le modèle de travail hybride [qui combine le télétravail et la présence au bureau, NDLR]. On devrait s’assurer qu’on ne crée pas de nouvelles situations où utiliser ou être supervisé dans la langue officielle de son choix est encore plus difficile.

    Votre rapport soulève la précarité de l’éducation postsecondaire en français au Canada, que vous identifiez comme une part intégrale du «continuum de l’éducation». L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés ne garantit cependant que l’accès à l’éducation primaire et secondaire dans la langue de la minorité. Est-ce que l’article 23 devrait être interprété comme s’étendant à l’éducation postsecondaire?

    Ce qui est intéressant, c’est que présentement le Campus Saint-Jean a déposé un recours judiciaire qui veut justement avoir une clarification là-dessus. Pour l’instant, on n’a pas de jurisprudence qui nous dit que le postsecondaire [est couvert] sous l’article 23 de la Charte.

    L’important, c’est peut-être le rôle du gouvernement fédéral pour assurer [le financement du postsecondaire] tout comme il contribue pour l’enseignement primaire et secondaire dans la langue de la minorité.

    Par contre, le danger c’est toujours de déresponsabiliser les provinces et de faire en sorte qu’ils vont se tourner automatiquement vers le gouvernement fédéral au lieu de bien financer leurs institutions postsecondaires.

    Est-ce que le document de réforme des langues officielles présenté par la ministre Joly contient suffisamment de mesures pour appuyer l’éducation postsecondaire dans la langue de la minorité?

    Je crois que dans [les propositions pour renforcer] la partie VII [de la Loi] on parle beaucoup des institutions. Et si on traduit le document de réforme en un projet de loi solide, il va certainement y avoir des outils pour appuyer le développement des institutions et assurer la vitalité de nos institutions postsecondaires.

    Déjà, dans le budget du gouvernement fédéral, on a identifié des sommes pour appuyer ce secteur de façon ponctuelle. Mais je souhaiterais que le projet traduise bien ce qu’on retrouve dans le document de réforme.

    À lire aussi: Retour sur le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles

    Comment est-ce que la modernisation de la Loi sur les langues officielles pourrait prévenir certains des problèmes que vous soulevez dans votre rapport?

    Premièrement, dans une Loi modernisée, on aurait une meilleure gouvernance des langues officielles au sein de la fonction publique. Ce serait centralisé au secrétariat du Conseil du Trésor, et on parle même d’inclure dans certaines propositions administratives un volet «sécurité» pour s’assurer qu’on réponde dans les deux langues officielles lors des situations d’urgence.

    Ensuite, il y a tous les éléments qui touchent la partie VII, qui définissent mieux les mesures positives et les directives pour [identifier] quel type de programmes et de politiques on devrait élaborer pour appuyer les communautés de langues officielles en situation minoritaires.

    On pourrait inclure dans la partie VII des institutions qui ont un mandat particulier auprès de ces communautés, comme Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Statistique Canada, Patrimoine canadien, etc. Donc il y a plusieurs leviers qu’on pourra retrouver dans la Loi pour appuyer le développement des communautés et, du fait même, régler plusieurs des problèmes et enjeux qui sont qui ont été identifiés [dans le rapport].

    Votre rapport démontre qu’il y a une augmentation des plaintes au Commissariat depuis plusieurs années. Est-ce que ça vous inquiète?

    Je pense que l’augmentation des plaintes est un reflet d’une plus grande sensibilisation de la part des Canadiens et Canadiennes à leurs droits linguistiques et aussi qu’ils sont plus aptes maintenant à les affirmer.

    Ça démontre aussi que certaines institutions ont des défis par rapport à la conformité ; année après année, elles sont [souvent] dans le palmarès des institutions fédérales pour le nombre de plaintes. Ce sont donc des problèmes institutionnels et des problèmes culturels au niveau de ces organisations.

    Par exemple, cette année, on n’a presque pas eu de plaintes concernant Air Canada parce que personne [ne prenait l’avion]. Par contre, on a reçu plusieurs plaintes à l’encontre de Santé Canada, parce qu’elle était [au cœur] de la pandémie.

    Donc je pense que les Canadiens sont de plus en plus sensibles à leurs droits et que lorsqu’une institution en particulier ne respecte pas leurs droits, ils déposent une plainte.

    Dans votre déclaration du 10 mai dernier en rapport au document de réforme de la ministre Joly, vous avez mentionné craindre «que l’ajout de composantes asymétriques dans la Loi ne mine le statut égal de l’anglais et du français», soulignant plutôt le besoin d’une égalité réelle entre les deux langues officielles. Or, dans la réalité, le français est la langue minoritaire. Est-ce que cela ne justifie pas une approche asymétrique des deux langues officielles?

    La meilleure façon d’expliquer ça, c’est que c’est important d’avoir une Loi qui assure que le statut des deux langues officielles est égal, parce que dans la Charte canadienne des droits et libertés, on dit clairement que le français et l’anglais ont le même statut.

    Par contre, au niveau de l’application de la Loi – et c’est là que le concept d’égalité réelle entre en jeu – on doit tenir compte des différences sur le terrain, communauté par communauté, pour s’assurer qu’effectivement on n’a pas nécessairement les mêmes programmes, les mêmes types d’ententes avec toutes les communautés.

    Sur le terrain, c’est important de reconnaitre la particularité des différentes communautés. Donc, on part d’un principe d’égalité, mais au niveau de l’application, on doit reconnaitre les différences si on veut atteindre l’égalité réelle.

  • Résidence permanente: rebattre les cartes de l’immigration francophone

    Résidence permanente: rebattre les cartes de l’immigration francophone

    En ouvrant cette nouvelle voie d’accès de la résidence temporaire à la résidence permanente, le fédéral tente de se donner les moyens d’atteindre la cible de 4,4% d’immigrants francophones d’ici à 2023. Objectif que s’étaient donné le gouvernement et les communautés en 2006.

    Cette initiative comprend six volets, dont trois spécifiques aux francophones.

    Trois volets concernent les étrangers autres que francophones qui travaillent dans le secteur de la santé, dans d’autres professions essentielles ainsi que les étudiants étrangers diplômés. Pour eux, les quotas respectifs sont de 20 000, 30 000 et 40 000 demandeurs. Ce sont donc 90 000 personnes au total qui peuvent présenter leur demande.

    Les trois autres volets, qui ne concernent que les personnes d’expression française, sont exactement les mêmes et ne sont pas restreints par une limite de candidatures.

    Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), cette «nouvelle voie» offre une occasion de plus au gouvernement d’atteindre sa cible finale de 4,4% d’immigrants francophones d’ici deux ans. Cible qu’il a réaffirmée début mai: «Le Canada a besoin des 401 000 nouvelles admissions annoncées pour 2021 dans le Plan des niveaux d’immigration 2021-2023 pour s’assurer d’avoir les effectifs, y compris les travailleurs d’expression française, qui lui permettront de pourvoir aux postes essentiels et de demeurer une destination de choix sur la scène internationale.»

    En date du 27 mai 2021, seulement 606 francophones avaient déposé une demande de résidence permanente dans l’une des trois catégories alors que près de 52 000 personnes avaient déposé une demande dans les catégories réservées aux non-francophones.

    La date limite pour présenter une candidature est le 5 novembre 2021.

    En moins de trois semaines, le volet anglophone «Étrangers ayant récemment obtenu un diplôme d’un établissement d’enseignement canadien» avait atteint son nombre maximal de demandes, soit 40 000.

    À lire également: Être bilingue, un avantage pour immigrer au Canada

    Une «bouffée d’oxygène»

    Alain Dobi, directeur du Réseau en immigration francophone (RIF) du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario, observe que «cette initiative exceptionnelle du gouvernement va certainement lui permettre d’atteindre sa cible [de 4,4% d’immigrants francophones]».

    Pour les personnes qui répondent aux critères, «évidemment, c’est comme une espèce de bouffée d’oxygène», affirme-t-il.

    D’après le directeur, c’est d’autant plus une bonne nouvelle puisque les personnes d’expression française qui passent du statut temporaire au statut permanent jouissent d’une ribambelle de services d’établissements auxquels n’ont pas droit les résidents temporaires, comme les centres de santé communautaires, les centres d’accueil, etc.

    «Les fournisseurs de services vont s’adapter à ce flot — si flot il y a bien — de nouveaux candidats qui bénéficieront des services, prédit Alain Dobi. Nous, intervenants dans le dossier de l’immigration francophone, on ose espérer qu’il y a des candidats qui vont en profiter […] qu’ils vont tirer profit de ces mesures.»

    C’est exactement ce qu’a fait Jean-Paul Kalwahali, gérant du Centre de Bienvenue Rendez-vous de la Baie en Nouvelle-Écosse. Venu étudier au Canada en 2016, il n’a pas attendu pour s’engager dans le processus sous le volet des étudiants internationaux francophones. Il est sûr d’obtenir la résidence permanente: «Pour moi, c’est déjà acquis», affirme-t-il avec le sourire.

    L’une des exigences de ce volet est de joindre à la demande les résultats d’une évaluation des compétences linguistiques approuvée datant de moins de deux ans. Il faut également avoir obtenu un diplôme en janvier 2017 ou après, issu d’un programme d’études en français dans un établissement postsecondaire au Canada, et occuper un emploi au moment de la demande.

    «Ce n’est pas si exigeant pour les personnes d’expression française», estime Jean-Paul Kalwahali.

    À lire aussi: Redonner à sa communauté d’accueil : l’histoire de Jean-Paul Kalwahali

    Les effets de la pandémie

    La pandémie a largement fait chuter le nombre d’immigrants au Canada. C’est ce que soulignait déjà Statistique Canada en octobre 2020 : «Seulement 34 260 immigrants sont entrés au Canada au deuxième trimestre de 2020 (comparativement à 94 280 au deuxième trimestre de 2019).»

    Pour pallier cette chute du nombre de résidents permanents, notamment francophones, le ministre d’IRCC, Marco Mendicino, a rehaussé à la fin octobre 2020 les points attribués aux francophones dans le processus d’immigration — sauf au Québec, qui a son propre système d’immigration.

    Faire confiance aux communautés sur le terrain

    Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, salue cette nouvelle voie ouverte par le gouvernement. Il ramène toutefois la discussion à un point un peu négligé selon lui : l’approche «par et pour» les communautés immigrantes francophones.

    «Comment faire place à cette approche?» interroge-t-il, tout en reconnaissant que le ministre Mendicino a ajusté les points en faveur des bilingues et des francophones et s’est investi en enlevant les quotas pour les parlants francophones. «Essentiellement, ce serait de bien outiller les équipes internes qui travaillent au sein de l’immigration francophone», observe Jean Johnson.

    Aussi, le président de la FCFA souligne qu’il faudrait «faire [davantage] confiance» aux professionnels sur le terrain, au sein des communautés: «Dans notre réseau d’immigration francophone pancanadien, on a des experts dans chacune des provinces qui travaillent dans le domaine. Il faut commencer à consulter ces gens-là et leur faire confiance, construire davantage les capacités», croit Jean Johnson.

    Selon le président de la FCFA, il faut une «action proactive du gouvernement. [Faire] du recrutement, [offrir des opportunités] de travail à l’étranger, un accompagnement et faire de l’immigration sérieuse, parce que l’immigration en anglais va se faire automatiquement, dans la société en anglais dominante. De notre côté, dans nos communautés, il faut maintenir le poids démographique et donc avoir une approche complètement différente».

    L’approche «proactive» pour laquelle plaide la FCFA passerait aussi par la redevabilité du gouvernement par rapport aux 40M$ investis dans l’immigration francophone dans le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023: Investir dans notre avenir.

    «On a investi 40 millions$, mais je n’ai aucune idée dans quoi [ce montant] est investi. Il me semble que c’est pour ouvrir des bureaux pour faciliter les migrations de différents pays, notamment de différents pays francophones de l’Afrique.»

    À la question de la cible de 4,4% d’immigrants francophones d’ici à 2023, le président de la FCFA identifie un autre défi: «Ça fait 18 ans que l’on parle de cette cible de 4,4% d’immigrants francophones. Est-ce toujours la cible? […] Aucune idée, mais on doit faire cette analyse-là et développer des stratégies réparatrices», note Jean Johnson, qui reconnait au passage «un retard à rattraper dans les chiffres».

    Pour lui, le gouvernement ne réalise pas qu’il a accès à «une ressource riche, compétente, forte, engagée et motivée dans les communautés francophones impliquées dans l’immigration francophone sur le terrain».

  • Un espoir d’aide financière pour le projet CARS

    Un espoir d’aide financière pour le projet CARS

    Plusieurs maires siégeant au conseil des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) se sont unis pour appuyer une demande d’aide financière de l’organisme sans but lucratif qui possède et exploite le Centre d’accueil Roger Séguin (CARS), un établissement de soins de longue durée situé à Clarence Creek. 

    Le groupe CARS veut que les CUPR garantissent une subvention annuelle pour aider à financer le coût de 49 millions de dollars d’un nouveau centre plus grand qui répond aux normes actuelles du code du bâtiment provincial pour les établissements de soins de longue durée. L’organisme organise sa propre collecte de fonds et étudie également les sources possibles d’aide financière des gouvernements provincial et fédéral. L’organisme à but non lucratif prévoit également de demander un prêt à Infrastructure Ontario pour le projet. 

    Lors de la séance du 26 mai du conseil des CUPR, le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, a de nouveau fait pression pour que le conseil approuve la demande d’aide financière de CARS. Il a reçu des déclarations d’appui à ses efforts de la part des maires Daniel Lafleur de Casselman, Robert Kirby du canton de Hawkesbury Est et François St-Amour de la municipalité de La Nation. 

    «Pour nous, dans l’ouest (des CUPR), Roger Séguin est très important», a déclaré le maire Lafleur. 

    Après une longue discussion, le reste du conseil des CUPR a accepté d’autoriser une subvention à long terme pour le projet CARS. Le personnel des CUPR élaborera tous les détails de la proposition d’aide financière, y compris le montant final et les garanties de responsabilité juridique pour les CUPR, afin de la présenter au conseil pour approbation lors d’une de ses réunions de juin. 

    «Je suis heureux, a déclaré le maire Desjardins lors d’une interview téléphonique ultérieure. Je pense que nous pouvons conclure un accord ici. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre (le centre d’accueil) Roger Séguin.» 

  • Martial Levac se voit récompensé

    Martial Levac se voit récompensé

    Chaque année, l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), porte-parole des conseils scolaires catholiques de langue française en Ontario, remet un prix d’excellence en éducation catholique à une personne pour souligner sa grande contribution dans le domaine de l’éducation catholique de langue française. 

    M. Levac, directeur de l’École secondaire catholique de Casselman, agent d’éducation au bureau régional du ministère de l’Éducation et président des Comtés unis de Prescott et Russell est bien connu dans le CSDCEO. En effet, il siège depuis plus de vingt ans à la table politique du conseil, a participé à de nombreuses prises de décisions et a consacré une bonne partie de son temps à d’importants projets.  Il a d’ailleurs aussi été maire de Casselman, 

    «Je tiens à féliciter M. Levac pour cette reconnaissance bien méritée. M. Levac est un modèle de construction identitaire francophone et catholique, et un leadeur hors pair. Nous sommes choyés d’avoir des conseillères et conseillers scolaires à la table du Conseil qui sont passionnés et qui ont à cœur la réussite des élèves qui nous sont confiés dans nos écoles catholiques de langue française», de dire François Bazinet, président du CSDCEO.  

  • Les canas sauvés par le groupe des sept!

    Les canas sauvés par le groupe des sept!

    Habituellement, ce sont les élèves des cours réguliers en agriculture de l’Académie de la Seigneurie, l’école publique française de Casselman qui s’occupent de la plantation de canas dans le village. Mais pas cette année à cause des restrictions obligées par la Covid. L’apprentissage en mode virtuel depuis le début d’avril n’aurait pas permis les suivis nécessaires auprès des plantes dans la serre de l’école. Sauf que les élèves, certains atteints de trouble du spectre autistique et d’autres en déficience intellectuelle légère, sont les seuls de l’école à poursuivre leur apprentissage en mode présentiel, explique Julie LeBlanc, l’enseignante de la seule et nouvelle classe dite systémique du CEPEO, du conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario. 

    «Mes élèves sont toujours présents à l’école parce que leurs besoins ne pourraient pas être comblés en mode virtuel. Ce qui fait que ma classe de 7 élèves, 6 garçons et une fille, devenait le groupe idéal pour assurer la plantation de canas cette année», soutient l’enseignante, fière que ce beau projet communautaire ne soit pas tombé à l’eau. Il s’agit d’adolescents âgés de 13 à 17 ans dont le niveau académique va de la maternelle à la 4e année. Certains d’entre eux visent éventuellement un certificat d’études secondaires. Julie LeBlanc est assistée de trois techniciennes en éducation spécialisée. 

    Cette expérience de la plantation de canas est d’une valeur non-négligeable pour les élèves affirme Julie Leblanc. «Nos élèves ne connaissent pas vraiment Casselman puisqu’ils viennent d’ailleurs sur le territoire desservi par le CEPEO. En plantant les canas ici et là, ça aide à développer un sentiment d’appartenance et de fierté à la communauté de Casselman. Et puis, ajoute-t-elle, c’est important pour moi comme pédagogue de développer chez mes élèves les habiletés nécessaires pour devenir des citoyens responsables.» 

    C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’une représentante de la municipalité a participé au projet avec les élèves. La conseillère Francine Leblanc (aucun lien de parenté), est présidente du sous-comité de l’environnement de Casselman. «Je suis très fière de ces élèves-là. Ils peuvent voir le produit qu’ils ont accompli, dit-elle. D’autant plus que ça embellit notre municipalité.» 

    Si c’est jeudi dernier que les élèves ont planté les 64 canas au Monument de la Francophonie, dans les parcs, devant l’église et ailleurs dans le village, ce n’est pas la fin du projet, loin de là, insiste l’enseignante Julie LeBlanc. «À l’automne, on reprend les bulbes pour les entreposer dans la serre de l’école et pour recommencer le printemps prochain. C’est ainsi que l’on boucle la boucle! Peut-être que l’an prochain, qui sait, nous pourrions aussi planter des fleurs.»   

    Voilà une initiative qui fait germer de nouvelles idées dans les établissements scolaires et qui permet de cultiver un sens de l’appartenance à ces jeunes qui étudieront jusqu’à l’âge de 21 ans dans cette communauté.  Il n’y a pas que des contrecoups qui découlent de la Covid-19! 

  • In memory of the children

    In memory of the children

    The Town of Hawkesbury will fly the flags at all its municipal buildings at half-mast for 215 hours to honour the lives and memories of 215 First Nations children, whose bodies were discovered in a mass grave at the site of a former residential school in Kamloops, B.C.

    Hawkesbury and many other communities within the Eastern Ontario region are located within the traditional lands of the Algonquin First Nations. The Town of Hawkesbury extends “its sincere condolences” to all First Nations people whose hearts and spirits are touched by this tragedy, and “to all residential school survivors, their families, and their communities.”

  • New public meeting date on PPG land project

    New public meeting date on PPG land project

    The United Counties of Prescott-Russell (UCPR) and the Town of Hawkesbury had planned to host a joint virtual public hearing Thursday, May 27, on a proposal by a numbered company, 8362505 Canada Inc, for a huge residential and commercial development project on the former PPG industrial site at 545 Industriel Boulevard.

  • What happens after I get the COVID-19 vaccine?

    What happens after I get the COVID-19 vaccine?

    If you’re able to get the vaccine or are about to, you likely have questions. Knowing how to properly prepare for your appointment can help put you at ease.