Catégorie : Autres – Others

  • 4 victoires consécutives pour les Hawks

    4 victoires consécutives pour les Hawks

    Les Hawks entamaient leur séquence en rendant visite aux Colts à Cornwall jeudi dernier, après leur avoir infligé une cuisante défaite de 7-0 une semaine auparavant. Ce sont toutefois les Colts qui se sont inscrit au pointage les premiers en début de première période quand Kobe Tallman a inscrit son 8e but de la saison, aidé par Alex Keskintepe et Nolan Gagnon. Mais les Hawks ont réussi à créer l’égalité avant la fin du premier engagement lorsque Thomas Cusson a fait vibrer les cordages sur des passes de Djibril Toure et de Rylee Hlusiak. 

    Les Hawks ont vraiment réussi à imposer leur rythme aux Colts en deuxième période. Aidé par l’indiscipline de l’équipe locale, ceux-ci ont dirigé 20 tirs contre Dax Easter, le gardien de Cornwall. Josh Spratt a marqué son 9e but de la saison pour donner une avance de un but aux Hawks dès de début du deuxième vingt sur des passes de Djibrill Toure et de Jakson Kirk. William Gendron a ensuite doublé l’avance des siens, aidé par Jérémy Quesnel et Kirk. 

    Aaron Shaw a réussi à réduire l’avance de Hawkesbury de moitié avant la fin de la deuxième période, mais la troisième période fut disputée à sens unique, et les Hawks ont enfilé trois autres buts sans riposte pour l’emporter 6-2. Thomas Cusson, Jérémy Tremblay et Tyler Samodral ont marqué un but chacun en troisième période, alors que Josh Spratt, Rylee Hlusiak, Djibril Toure, Tyler Samodral, Curtiss Sturgreon et Max Klanow ont ajouté des passes à leurs fiches respectives. 

    Raiders de Nepean

    Les hommes de Rick Dorval accueillaient les Raiders de Nepean au Complexe Sportif Robert Hartley le lendemain. Les Hawks ont encore une fois dominé leurs adversaires, dirigeant 42 tirs contre le gardien des Raiders, contre seulement 22 tirs pour les visiteurs. 

    L’équipe locale n’a jamais été en danger et a réussi à imposer son rythme aux visiteurs pour l’emporter par la marque de 5-2. Mark Cooper a récolté un but et une passe dans la victoire pour les Hawks, Thomas Cusson a obtenu un but et une passe et Rylee Hlusiak a obtenu 2 passes. Bradley Horner, Tyler Samodral, Kerfalla Toure ont inscrit un but chacun et Djibril Toure, Ryan Murphy, William Gendron et Jérémy Quesnel ont obtenu une passe chacun. 

    73’s de Kemptville

    Deux jours plus tard, les Hawks rendaient visite aux 73’s à Kemptville. L’équipe locale a inscrit le premier but du match, mais les Hawks ont inscrit quatre buts sans riposte pour finalement l’emporter par la marque de 4-1. Thomas Cusson a marqué un but et une passe pour les Hawks. Rylee Hlusiak et Félix Sauvé ont obtenu deux passes chacun. Kerfalla Toure, Mark Cooper et Ryan Murphy ont inscrit un but chacun et Djibril Toure a ajouté une passe à sa fiche. 

    Les Hawks de Hawkesbury occupent actuellement le deuxième rang de la division Yzerman dans la CCHL, neuf points derrière les Junior Senators d’Ottawa et six points devant les Grads de Navan. Ils feront face à leurs rivaux de division cette semaine, alors qu’ils accueilleront les Grads à Hawkesbury vendredi avant de rendre visite aux Junior Senators à Ottawa samedi.  

  • Future plans for old PR Residence

    Future plans for old PR Residence

    « Honestly, we’ve been thinking about this for quite a few years, » said Sylvie Millette, social services director for the United Counties of Prescott-Russell (UCPR), during a phone interview February 10. 

    Millette thinks the present Prescott-Russell Residence might have potential as an affordable housing project. She presented UCPR council during its February 9 committee of the whole session with a proposal for her department do a feasibility study on possible options for the building once its tenants have relocated to the new Residence. 

    « This study, » she told council, « would evaluate Option 1, if a revamp of the existing building would be feasible; Option 2, to demolish and rebuild; or Option 3, to sell it as is. » 

    Millette reminded council that past studies and surveys done for the UCPR on critical community issues listed affordable housing as « the number one concern » for many residents and agencies in Prescott-Russell. All she needed from council was its consent and support to begin the planning process for an evaluation study. 

    « I think this is an excellent idea, » said Mayor Mario Zanth of Clarence-Rockland. « We have over 1000 people on  the (affordable housing) waiting list. We have to find a solution. » 

    Council gave unanimous support to Millette to begin preparations work for the study. There was discussion about whether to limit the study’s focus to affordable housing. 

    Mayor Pierre Leroux suggested a fourth option for the study to determine if the building could serve as a type of dormitory housing for medical students if Hawkesbury and District General Hospital (HGH) became a regional teaching hospital. 

    « That way we could create a revenue stream for having students living there, » he said, « and we could use that revenue to help increase affordable housing in Prescott-Russell. We know we have a shortage of a lot of medical positions in Prescott-Russell. If we can get HGH to become a partner, there could be a lot of benefits. » 

    Hawkesbury Mayor Paula Assaly suggested that co-op housing might be a form of affordable housing that the study could explore. 

    Planning for the study will include determining how much it might cost, how to pay for it, and the process for hiring a consultant to do it. Millette noted that federal seed funding may be available from the Canada Mortgage and Housing Corporation (CMHC) but that one of the conditions might be that the study focus on affordable housing and not any form of social housing. 

    « We are confident that we would qualify for the seed funding, » she told the Tribune Express. 

    Millette’s department will begin the tender referral process for getting consultant bid proposals for the study. She expects to have a report ready for council by April or May, with a list of consultant candidates, their cost estimates, and funding options for the study. 

  • Fatal collision in Hawkesbury

    Fatal collision in Hawkesbury

    On February 12 around 09:15 a.m., the Hawkesbury Ontario Provincial Police (OPP) was called to a vehicle collision on Tupper Street in Hawkesbury. Officers found that a backhoe struck a 51-year-old male pedestrian who was pronounced dead at the scene. The collision is under investigation.

    Police have identified Denis Gourgon of Hawkesbury as the deceased.

    Anyone with information is asked to contact the Hawkesbury OPP at 1-888-310-1122. Should you wish to remain anonymous, you may call Crime Stoppers at 1-800-222- 8477 (TIPS), where you may be eligible to receive a cash reward of up to $2,000.

  • Prescott-Russell population highs and lows

    Prescott-Russell population highs and lows

    The Société de développement communautaire Prescott-Russell Community Development Corporation (SDCPRCD) sent out a one-page summary to the mayors and councils of Prescott-Russell of the most recent comparison of population changes for the region based on national census data.

  • Martin St. Louis : des Hawks aux Habs

    Martin St. Louis : des Hawks aux Habs

    Martin St. Louis est devenu l’entraîneur-chef de l’équipe à titre intérimaire après que la direction de l’équipe ait congédié Dominque Ducharme comme entraîneur-chef. Louis, membre au Temple de la renommée du hockey avec 16 saisons dans la LNH, prend en charge la responsabilité d’entraîneur des Canadiens à compter du mercredi 9 février, dans ce qui pourrait être le plus grand changement de sa longue carrière dans le hockey depuis qu’il a joué pour les Hawks de Hawkesbury en 1992.

  • Martin St.Louis : from the Hawks to the Habs

    Martin St.Louis : from the Hawks to the Habs

    Martin St. Louis takes over as the team’s head coach on an interim basis after the team management dismissed Dominque Ducharme as head coach. St. Louis, a Hockey Hall of Fame member with 16 seasons in the NHL, takes charge of coaching responsibility for the Habs effective Wednesday, February 9, in what may be the biggest change in his long career in hockey since he played for the Hawkesbury Hawks in 1992.

  • Plans d’avenir suggérés pour l’ancienne résidence PR

    Plans d’avenir suggérés pour l’ancienne résidence PR

    Sylvie Millette, directrice des services sociaux des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), pense que l’actuelle résidence Prescott-Russell pourrait avoir un potentiel en tant que projet de logements abordables. Elle a proposé au conseil des CUPR, lors de la séance du comité plénier du 9 février, que son service réalise une étude sur les options possibles pour le bâtiment une fois que ses locataires auront déménagé dans la nouvelle résidence.

    «Cette étude évaluerait l’option 1, à savoir si un réaménagement de l’immeuble existant serait faisable, l’option 2, démolir et reconstruire ou l’option 3, vendre l’immeuble tel quel», a déclaré Mme Millette.

    Mme Millette a fait remarquer que les études et les sondages effectués par le passé pour le compte des CUPR sur les enjeux ont indiqué que le manque de logements abordables était «la préoccupation numéro un» de nombreux résidents et organismes de Prescott-Russell. Pour l’instant, tout ce dont elle a besoin de la part du conseil des CUPR est son consentement et son soutien pour commencer le processus de planification d’une telle étude d’évaluation. Il s’agirait notamment de déterminer le coût de l’étude, la façon de la financer et le processus d’embauche d’un consultant pour la réaliser.

    Le conseil a donné son soutien unanime à Mme Millette pour commencer le travail de préparation de l’étude et faire un rapport lors d’une prochaine session.

  • Future plans suggested for old PR Residence

    Future plans suggested for old PR Residence

    Sylvie Millette, social services director for the United Counties of Prescott-Russell (UCPR) thinks the present Prescott-Russell Residence might have potential as an affordable housing project. She proposed UCPR council during its February 9 committee of the whole session that her department do a study on possible options for the building once its tenants have relocated to the new Residence.

    « This study would evaluate Option 1, if a revamp of the existing building would be feasible, » Millette said, « Option 2, to demolish and rebuild, or Option 3, to sell it as is. »

    Millette noted that past studies and surveys done for the UCPR on issues listed the lack of affordable housing as « the number one concern » for many residents and agencies in Prescott-Russell. For now, all she needs from UCPR council is its consent and support to begin the planning process for doing such an evaluation study. That would include determining much the study might cost, how to pay for it, and the process for hiring a consultant to do it.

    Council gave its unanimous support to Millette to begin the preparation work for doing the study and report back at a future session.

  • La demande dépasse l’offre dans les établissements postsecondaires francophones de l’Ouest

    La demande dépasse l’offre dans les établissements postsecondaires francophones de l’Ouest

    Le forum, animé par le vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’Université de Saint-Boniface à Winnipeg, Peter Dorrington, a accueilli cinq panélistes. Elles se sont prononcées sur ce qu’elles observent actuellement dans les établissements postsecondaires de l’Ouest et sur les solutions à envisager.  

    «Notre pilier, celui du droit d’apprendre, est instable et précaire», s’inquiète Caroline Magnan, professeure en common law en français dans plusieurs facultés de droit dans l’Ouest canadien. 

    Elle est d’avis qu’en raison de la croissance démographique du français dans l’Ouest, «à plusieurs égards, nos institutions sont victimes de leur propre excellence. C’est-à-dire que la demande est là, mais nous n’avons pas la capacité, en raison d’un manque de ressources, d’y répondre adéquatement».

    «Au Campus Saint-Jean, les inscriptions et la demande dépassent largement le quota accordé. Notamment, il existe 24 places dans le programme de sciences infirmières bilingue, mais le campus a reçu 172 demandes pour ce programme en 2019-2020. […] Imaginez la transformation sociale qui pourrait se produire si on arrivait à former le double, même le triple des étudiants!» s’enthousiasme Caroline Magnan.

    Suzana Straus, membre du conseil d’administration de la Commission nationale des parents francophones (CNPF) et présidente de la Fédération des parents de Colombie-Britannique (FPFCB), soutient également que l’offre est très limitée : «Dans la région du Grand Vancouver, si on veut continuer au postsecondaire en français, il y a [le Collège] Éducacentre et certains programmes à SFU [l’Université Simon Fraser]. […] C’est clair que si on veut rester localement, on perd nos élèves. La grande majorité vont aux universités anglophones.»

    Elle-même mère de deux enfants, Suzana Straus constate que l’identité francophone passe parfois après certains facteurs comme l’offre au sein de la province. Les familles doivent alors faire des sacrifices, selon elle, pour assurer la meilleure éducation possible aux enfants : «C’est très difficile de voir, en tant que parent qui veut transmettre sa culture et son identité à ses enfants, qu’à chaque fois il faut se reposer ces questions et faire des choix très difficiles.»

    Des enjeux de financement et de rétention

    Andréa Perrault, coordonnatrice de projet à l’Association jeunesse fransaskoise (AJF), estime qu’il est «vraiment important d’offrir des occasions aux jeunes de pouvoir participer et poursuivre leurs études postsecondaires en français, parce que c’est un moment décisionnel dans leur identité».

    «C’est un défi qu’on voit beaucoup en Saskatchewan : les jeunes poursuivent leur postsecondaire en anglais et par la suite, dû à un manque de pouvoir communiquer en français et à un manque de pratique, il y a une insécurité linguistique qui se développe chez les jeunes, qui est un grand enjeu dans la rétention», ajoute la coordonnatrice.

    La professeure Caroline Magnan observe que «le principal défi est celui du sous-financement des institutions. Cela peut se manifester différemment d’une province à l’autre, mais généralement [cela crée] une panoplie de problèmes tant au niveau de l’étendue et de la stabilité de la programmation qu’au niveau des déficits inadéquats. Il ne faut pas oublier le licenciement de professeurs, de chargés de cours et de personnel de soutien.»

    Chloé Freynet-Gagné a obtenu son diplôme de premier cycle à l’Université de Saint-Boniface avant de poursuivre ses études de droit à Moncton et Montréal. La Franco-Manitobaine croit que les établissements devraient mettre l’accent sur la diversité des programmes et des politiques de portes ouvertes afin de garder les étudiants dans les institutions francophones de l’Ouest.

    «C’est de s’assurer que les universités ont une politique de portes ouvertes. […] On peut voir, par exemple dans le domaine de l’éducation, que les écoles vont chercher leurs enseignants qui graduent des programmes d’éducation, mais ça devrait être dans toutes les sphères de l’éducation. […] Les organismes et les institutions devraient aller dans les universités, parler aux gens qui sont là et créer ce lien», dit-elle.

    Redonner à la communauté francophone

    Pour Sithara Naidoo, finissante en immersion au Campus Saint-Jean en Alberta, l’éducation en français a une grande valeur dans l’Ouest : «Pour moi, c’est aussi une occasion de redonner à la communauté francophone, ça fait une grande partie de mon identité vu que je suis issue de l’immersion. […] Ça ne serait pas vraiment gentil d’utiliser ces ressources et faire partie de cette communauté sans donner ce que je peux donner pour l’améliorer!»

    L’étudiante explique qu’elle ne vient pas d’une famille francophone, mais que ça ne l’empêche pas de travailler fort pour son éducation en français.

    «Je pense que c’est toujours important de s’impliquer dans sa communauté. […] Pour nous, c’est vraiment quelque chose qui nous passionne, car on a fait le choix de s’éduquer dans cette institution, donc on veut assurer qu’on peut avoir toutes les ressources possibles», explique-t-elle.

    «Il y a tellement de jeunes [francophones] dans l’Ouest et si on les perd aux autres institutions francophones dans le pays, on perd tellement de connaissances et de potentiel qu’on pourrait garder ici pour développer nos communautés», ajoute Sithara Naidoo.

    Caroline Magnan met elle aussi l’accent sur l’importance de la communauté. Elle exprime que «la force est dans nos communautés, tout simplement. Je pense que c’est ce qui distingue nos institutions postsecondaires».

    Elle donne l’exemple des campus satellites mis en place par le Campus Saint-Jean pour le baccalauréat en éducation et de ses partenariats avec des établissements anglophones comme Red Deer College et Grand Prairie Regional College. «La beauté de la collaboration est qu’elle permet de bâtir sur les acquis. Lorsqu’on comprend qu’il ne faut pas toujours réinventer la roue dans nos petites régions, ça peut avoir un impact très positif sur l’étendue des programmations et un accès accru à la formation en français», conclut Caroline Magnan.

    Les deux prochains forums citoyens auront lieu le 15 février pour l’Ontario et le 23 février pour le Nord.

  • 70 ans de règne: quand le temps mène le changement

    70 ans de règne: quand le temps mène le changement

    «Elizabeth Deux, […] Reine du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth, Défenseur de la Foi», de son titre officiel, «ferait l’histoire simplement par l’écoulement du temps», concède pour sa part l’ex-sénateur et constitutionnaliste Serge Joyal.

    Ce dernier rappelle cependant que la reine Elizabeth n’est pas la seule monarque britannique au long règne. Il y a eu Victoria, qui a occupé le trône pendant 63 ans, de 1837 à 1901, et George III pendant 59 ans, de 1760 à 1820. «[Elizabeth II] marquerait une étape sans aucun précédent dans la monarchie britannique», ajoute-t-il.

    Selon Wikipédia, Elizabeth II passera sous peu au 11e rang du classement des règnes européens les plus longs. Louis XIV [1643-1715] arrive au huitième rang. Sept souverains en Asie et trois en Afrique ont régné plus longtemps qu’Elizabeth II. Le record de longévité de règne appartiendrait à Mohammed-Ainla-Lamuye au Nigéria qui a été souverain pendant plus de 89 ans.

    Quand la durée fait embrasser le changement  

    «Ce qui est remarquable, aussi, c’est que la Reine n’a jamais perdu intérêt pendant les 70 années de son règne», note Serge Joyal. À ses yeux, celle qu’il appelle Sa Majesté est d’un dévouement exemplaire. «On pourrait penser que quelqu’un qui occupe la même responsabilité professionnelle pendant 70 ans finit par se lasser», observe-t-il.

    D. Michael Jackson a croisé la reine Elizabeth II à trois reprises, alors qu’il était chef du protocole en Saskatchewan, de 1980 à 2005. Il a rencontré une personne gentille, drôle, professionnelle. «Elle est bien renseignée sur ce qu’elle fait, elle porte beaucoup d’intérêt au contexte», se rappelle-t-il.

    Serge Joyal renchérit. Il l’a rencontrée deux fois, et après 25 ans, elle se souvenait de lui. «Ce n’est pas juste des poignées de main anonymes, elle qui voit des centaines et des centaines de chefs d’État, de ministres, d’ambassadeurs. Ce que je tire comme conclusion, c’est qu’elle prend un intérêt réel à sa fonction.»

    Les 22 visites de la reine au Canada de 1957 à 2010 ont d’ailleurs été des moments marquants pour bien des personnes, et non seulement pour les dignitaires. Le professeur de droit à l’Université d’Ottawa François Larocque se souvient que sa grand-mère parlait souvent avec émotion du passage de la reine dans le Nord ontarien en 1951. «C’était vraiment un grand moment de fierté pour tout le monde, anglophone et francophone. Il y a un attachement symbolique. Le fait qu’elle est notre chef d’État, ce n’est pas vide de sens», souligne-t-il se remémorant l’effet de cette visite qui a perduré.

    Elizabeth II et les identités nationales 

    L’attachement envers la reine varie selon l’époque et la région. Une dizaine d’années après la tournée évoquée par François Larocque, le couple royal était à Québec pour souligner les 100 ans des conférences de Charlottetown et de Québec. En pleine Révolution tranquille, la présence de quelques centaines de manifestants a entrainé le déploiement de 4 000 soldats et policiers à Québec. Ce jour d’octobre 1964 a été surnommé le samedi de la matraque.

    «Au Québec, c’est délicat, parce qu’on peut envisager le monarque britannique comme un symbole de colonialisme, mais de l’autre côté, la Couronne a été un des instruments pour protéger et sauvegarder l’identité et les droits des francophones au Canada», rappelle D. Michael Jackson. Il ajoute que «la Couronne est instrument de l’autonomie des provinces, qui a contré la vision centralisatrice du gouvernement fédéral.»

    Dans un éditorial, en 1967, le quotidien The Globe and Mail qualifie Elizabeth II de «living symbol of our heritage, both English and French».

    C’est Elizabeth II qui aura officialisé l’adoption du drapeau canadien, en 1964, et de l’hymne national, en 1980, mais aussi qui aura reconnu les torts causés par l’administration britannique avec la déportation des Acadiens, de 1755 à 1763.

    En 1990, l’avocat louisianais Warren Perrin avait repris des revendications formulées par des Acadiens en exil en 1760. Ceux-ci avaient notamment demandé «une reconnaissance qu’une tragédie était arrivée et que les actions [de déportation] étaient contraires aux lois britanniques et anglaises», explique l’homme d’origine acadienne, auteur et président du Musée acadien de la Louisiane. Il aura fallu attendre 13 ans pour voir la signature de la proclamation royale reconnaissant les torts, en décembre 2003.

    Cependant, Warren Perrin estime que la souveraine aurait pu simplement faire fi de la demande. «Quand j’ai commencé ça, personne ne pensait qu’on y arriverait ; tout le monde pensait qu’on nous ignorerait.» Or, la reine est allée encore plus loin : «elle a désigné le 28 juillet comme Journée annuelle de commémoration du Grand Dérangement», ce qui est aussi inattendu que phénoménal, se félicite Warren Perrin.

    Elizabeth II en quatre dates

    • Naissance le 21 avril 1926
    • Élévation au rang de princesse héritière le 11 décembre 1936, à l’abdication d’Edward VIII
    • Accession au trône le 6 février 1952
    • Couronnement le 2 juin 1953

    La Constitution

    Serge Joyal tient aussi à signaler la souplesse dont fait preuve la monarque. À titre de souveraine de plusieurs nations, même si l’ascendance de la Couronne s’est amenuisée au cours des sept dernières décennies, elle a su respecter les réalités nationales. «Elle a toujours présidé à une évolution en douceur et non pas en confrontation. […] Elle s’est ajustée aux différentes époques et aux différents changements, aux modifications fondamentales qui sont arrivées dans plusieurs pays dont elle est la souveraine.»

    Lors d’une visite au Québec en 1990, Elizabeth II déclare : «Je ne suis pas seulement une amie des bons jours.»

    M. Joyal ajoute aussi que la reine a signé le rapatriement de la Constitution canadienne en 1982, qui confère au Canada une autonomie complète par rapport au Parlement britannique, «une évolution considérable pour le pays, explique-t-il. Ça faisait 50 ans que différents premiers ministres s’attelaient à la tâche de trouver une solution. On a fini par la trouver.»

    Le professeur François Larocque rappelle qu’en signant la Constitution, la reine signait la Charte canadienne des droits et libertés, «qui contient des droits linguistiques qui protègent la francophonie canadienne à l’extérieur du Québec et qui donne droit à l’éducation dans la langue de la minorité (article 23).»

    Le juriste franco-ontarien nuance son propos : «La reine n’a pas de mot à dire dans l’adoption d’une loi, autre que la sanction royale. Même là, c’est par l’entremise de ses représentants au Canada, les gouverneurs généraux et les lieutenants-gouverneurs.»

    Malgré ce lien très formel, la francophilie que nourrit personnellement Elizabeth II est claire. «Je pense qu’elle a dû voir d’un bon œil le fait qu’on enchâssait dans la Constitution du pays les articles 16 à 23.»

    Elizabeth II, la francophile

    D. Michael Jackson souligne l’attachement de la Couronne britannique, et non pas seulement de la souveraine actuelle, à la dimension francophone du Canada. Il estime qu’une tradition de respect des monarques pour le Québec, le Canada français, remonte à la Conquête. «Le Roi George II a manifesté beaucoup de sympathie pour ceux qu’il appelait “ses sujets canadiens et catholiques”. Il a appuyé fermement l’Acte de Québec, où on a toléré la religion catholique romaine, ce qui est inouï pour la Grande-Bretagne protestante du 18e siècle.»

    Par ailleurs, la reine mère, issue de la noblesse écossaise, était elle aussi francophile. Avant même d’être héritière du trône, une toute jeune Elizabeth a ainsi appris la langue de Molière. Son défunt époux, Philip, la parlait aussi. D’autres membres de la famille royale, dont la sœur, les enfants et les petits-enfants d’Elizabeth II, maitriseraient jusqu’à cinq langues, dont le français.

    D. Michael Jackson en a été témoin. Il se souvient du passage de la princesse Margaret en 1980 pour le 75e anniversaire de la Saskatchewan : lors d’un diner, elle a conversé en français, parce qu’un des membres du personnel était francophone. Il a entendu le prince Charles parler en français à Zenon Park et la princesse Anne à Gravelbourg. «Il faut se souvenir que la famille royale est vraiment internationale.»

    Et il rappelle que la reine est cheffe du Commonwealth, «titre dont devrait hériter Charles. Ils sont très sensibles à cela et, dans ce cadre, au fait canadien, aux francophones, aux Autochtones et aux Néo-Canadiens.»

    Lors de la visite de 1964 durant laquelle a eu lieu le samedi de la matraque, Elizabeth II a déclaré devant l’Assemblée nationale du Québec: «Je suis heureuse de penser qu’il existe dans notre Commonwealth un pays où je peux m’exprimer officiellement en français.» (Source)

    «[La reine Elizabeth] parle français sur la tribune publique quand elle le peut et qu’il convient de le faire, observe François Larocque. «Ça rend encore plus drôle que ses représentants dans le pays ne parlent pas français, laisse-t-il tomber, faisant allusion à certains gouverneurs généraux et lieutenants-gouverneurs.

    Selon Serge Joyal, la reine «est un exemple qui sert, à mon avis, d’inspiration aux hommes politiques, aux femmes politiques. Quand on a une responsabilité publique, on s’y donne complètement.»

    L’ex-sénateur vante le bilan de la reine, à ce chapitre. «On a un seul exemple qui est remarquable en tous points de vue.»

    Il conclut: «Notre idée de la monarchie, c’est celle qui est incarnée par Elizabeth II. […] Elle a établi des standards pour au moins deux générations.»