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  • Le crossfit: une façon de se motiver en groupe

    Le crossfit: une façon de se motiver en groupe

    Médaillée d’or et championne du monde aux championnats mondiaux d’haltérophilie masters à trois reprises (danemark-2014, Finlande, 2015 et Espagne 2018), Manon Croteau a le sens du défi et la force d’une guerrière.  Elle s’est entourée d’une jeune équipe de cinq entraîneurs et garde la tête haute face à l’adversité de la dernière année pour son centre d’entraînement qui fêtait son 6e anniversaire en octobre dernier.   

    Elle a mené un déménagement de ses installations en pleine pandémie, de derrière le marché aux puces aux usines Ayer’s avec l’aide de sa communauté. «La bâtisse que je louais a été vendue et en deux mois on a déménagé le tout avec l’aide de plateformes de cultivateurs de la région», se rappelle-t-elle. Résidente de Saint-Colomban ayant oeuvré pour la Ville de Montréal durant 30 ans aux services des loisirs et à la gestion d’activités sportives, elle a réussi à faire face aux fermetures obligées par le covid.  L’aide obtenue par la MRC d’Argenteuil pour l’obtention d’un prêt du gouvernement a été accueillie avec joie. 

    Malgré tout, le centre est passé de 100 membres à 60 et les coûts de bannière Crossfit à 5000$ par année et des assurances reviennent rapidement, quoiqu’ils ont eu un certain répit lors des fermetures au prorata des mois fermés.  Et le passeport vaccinal a encore une fois marqué un dur coup avec une autre perte de 15% de sa clientèle. «Je suis une personne de nature optimiste, je veux aller de l’avant et je recommence à chaque fois avec énergie!», indique-t-elle.  D’ailleurs, si ce n’est pas annulé, elle devrait participer à une compétition internationale d’haltérophilie des masters au Japon en avril prochain. 

    Elle croit être un service essentiel pour remettre la communauté d’Argenteuil en forme.  Le Crossfit relie trois de ses passions, soit l’haltérophilie, la gymnastique et l’athlétisme avec des entraînements intensifs.  «Nous proposons des entraînements adaptés pour tout le monde avec une programmation variée, explique Mme Croteau, qui tente de trouver de nouvelles idées pour attirer une clientèle diversifiée.  Nos cours sont encadrés par des entraîneurs qualifiés, qui font plus qu’enseigner.  On crée une atmosphère agréable et amicale.  On ne laisse personne seule et on a toujours des solutions avec des mouvements adaptés selon les capacités de chacun.»  Mme Croteau assure qu’en moins de 3 mois, ses clients retrouvent la forme et que les entraîneurs aident autant à définir de bons objectifs qu’à motiver le participant. 

    Pour les prochaines semaines, plusieurs activités ont été mises en branle pour promouvoir le centre. Le crossfit Lachute est ouvert 7 jours sur 7 et propose des entraînements en groupe à heure fixe facilement accessibles avec une application cellulaire.  

    Le CrossFit a été fondé par l’ancien gymnaste universitaire Greg Glassman et Lauren Glassman dans le courant des années 1970. 

  • Deux médailles d’or pour Josianne Campeau aux championnats de la WKC

    Deux médailles d’or pour Josianne Campeau aux championnats de la WKC

    L’athlète de Lachute a remporté ses deux médailles d’or dans la catégorie d’âge 35 ans et plus dans ses disciplines de prédilection: le kata traditionnel armé et le kata créatif armé. Les participants à l’épreuve de kata traditionnel armé doivent capturer l’essence des mouvements classiques des arts martiaux et des techniques traditionnelles avec une arme. L’accent est mis sur l’exécution et la mise en application de la technique, l’équilibre, la vitesse, la puissance, la posture et la concentration. Toutes les armes utilisées dans cette compétition doivent être de nature traditionnelle. Pour le kata créatif armé, les compétiteurs ont la possibilité d’inclure des techniques d’arts martiaux contemporains qui ont évolué au cours des 20 dernières années et peuvent également utiliser les armes légères les plus récentes. 

    Josianne Campeau pratique le karaté de façon compétitive depuis cinq ans. Elle s’est d’abord intéressée aux arts martiaux afin d’apprendre des techniques d’autodéfense, pour ensuite participer à des tournois provinciaux. Ses succès en compétition l’ont ensuite conduit jusqu’aux niveaux national puis international. 

    Après avoir participé aux championnats virtuels en 2020, où elle s’est classée première, Mme Campeau était soulagée de pouvoir participer aux championnats mondiaux en chair et en os cette année. «J’étais surprise de voir que les gens n’ont pas abandonné. C’était inspirant de voir le dévouement des athlètes pour leur sport, même en pleine pandémie.» 

    Forte de son expérience aux championnats mondiaux, elle voudrait participer à la formation de la prochaine génération d’athlètes en arts martiaux et rêve d’entraîner une cohorte pour les préparer à la compétition internationale. 

    Elle tenait à remercier ses entraîneurs, Pierre Saulnier, le fondateur des studios Sunfuki, et son fils Nicolas Saulnier qui la forme depuis ses débuts, ainsi que son commanditaire, le Groupe Jetté Assurances, qui lui permet de se procurer le matériel nécessaire pour s’entraîner. 

  • Un spectacle rock au centre communautaire de Grenville

    Un spectacle rock au centre communautaire de Grenville

    Le groupe The Under_Score et le groupe The Crooked Minds, deux formations originaires de Lachute, y feront vibrer les planches de la scène en interprétant des chansons de styles rock, grunge et métal. «Si vous aimez le style Nirvana, Godsmack, Korn, Chevelle, Green Day et Stone Temple Pilots, vous allez passer une très belle soirée», compare Dominic Corbeil, chanteur du groupe The Under_Score.  

    The Under_Score, groupe qui en juin dernier avait lancé leur premier simple «The Crow in You» et dont le vidéo clip avait été répertorié par l’ADISQ, ouvrira la soirée en créant une décharge d’énergie pour échauffer la salle.  

    En seconde partie, le groupe The Crooked Minds livrera à leur tour une prestation haute en décibels et profitera de cette soirée pour effectuer le lancement de leur tout premier titre intitulé «Invisible Man», actuellement diffusé sur diverses stations de radio. «Nous sommes vraiment fiers de cette chanson et heureux de vous la partager!», mentionne Carl Boucher, chanteur de la formation. 

    Comme à l’habitude, les groupes mettront le paquet coté effets visuels en s’associant avec Serge Gangloff, éclairagiste de spectacle de grande renommée, le tout orchestré en régie par Johnny Hayes. 

    Les billets peuvent être réservés en appelant au 579-366-8880. Le passeport vaccinal sera obligatoire pour assister à cet évènement.  

  • Hausse de la violence conjugale?

    Hausse de la violence conjugale?

    «Du jamais vu» se sont alarmés certains organismes d’hébergement pour femmes, dont Citad’Elle, une maison d’hébergement pour femmes en détresse à Lachute. La pandémie a-t-elle joué un rôle dans l’augmentation des féminicides?  

    Le raisonnement est le suivant: papa a perdu son job parce que la shoppe est fermée, dans certains cas pour toujours. Maman télétravaille avec les enfants dans les pattes parce que les cours sont suspendus. On ne peut même pas s’amuser: restos, bars, salles de spectacles, arénas sont interdits. La peur s’installe, on s’énerve, on est exaspéré, désemparé, on s’engueule et au bout du compte, on pète une coche ce qui a parfois des conséquences funestes.  

    La violence conjugale n’a pas attendu la pandémie pour se manifester. Il s’agit d’un phénomène vieux comme la terre et dont les causes sont complexes, mais qu’on peut ramener à deux caractéristiques principales: volonté de contrôle et affirmation de pouvoir.  

    Pour Marie Lévesque, responsable des communications à Citad’Elle, il importe de distinguer les facteurs de risque des causes elles-mêmes. Ces facteurs, pauvreté, origine ethnique, instruction défaillante, ne sont pas des absolus, car la violence conjugale ne connaît pas de frontières. Elle ignore les classes sociales. On la retrouve tout autant chez les universitaires que chez les analphabètes, dans les beaux quartiers comme dans les HLM. Elle est plutôt le résultat d’une transmission par l’éducation de stéréotypes (homme=domination, femme=soumission) et d’un vestige du manque d’équité qui en découle.  

    En outre, elle obéit à un cycle (voir encadré). Revenons à la Covid. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur son influence, à Citad’Elle, on possède quand même des indices. Au début du confinement, dit Mme Lévesque, c’était «dangereusement tranquille». Le téléphone était muet. Les visites à la maison d’hébergement, moins nombreuses. Avait-on peur du virus? Possible. Plus vraisemblable, l’agresseur et la victime étant constamment en présence l’un de l’autre, cette dernière n’osait plus bouger, encore moins appeler à l’aide. Puis, à compter de l’été 2020, avec l’arrivée de la seconde vague, les demandes d’assistance à Citad’Elle ont augmenté. L’annonce des féminicides qui se sont succédé à un rythme inquiétant y a probablement été pour quelque chose. Actuellement, la maison d’hébergement affiche complet (elle peut accueillir 13 personnes), une augmentation de près de 10% de l’occupation qui est passée de 75% en 2020 à 84% cette année. Elle a dû recommander plusieurs femmes à d’autres maisons des Laurentides. Autre indication. ACCROC est un organisme laurentien qui offre du soutien aux hommes qui ont des comportements violents ou des difficultés dans leurs relations.  

    Le directeur, Steeve Mimeault, a vu en 2020 les demandes d’aide passer de 300 à 421, une augmentation de 25% par rapport à l’année précédente. D’avril à septembre 2021, il a reçu 325 appels à l’aide; il s’attend à en recevoir encore 300 autres d’ici la fin de l’année.  

    Plusieurs hommes ont des réactions qui les inquiètent au point de ne pas se reconnaître, dit en substance M. Mimeault qui pense que l’isolement social est un facteur déterminant. En somme, tout indique que le confinement et la raréfaction des échanges normaux dans la communauté ont eu une influence sur la violence conjugale. En revanche, comme on en a beaucoup parlé dans les médias cela a entraîné dans la population une prise de conscience qui pourrait se révéler positive à long terme.  

  • «Ce n’est pas une question d’opinion!» -Marc-Olivier Labelle, maire sortant

    «Ce n’est pas une question d’opinion!» -Marc-Olivier Labelle, maire sortant

    « M. Quintal demande une entorse au règlement, ce n’est pas une question d’opinion», de réagir le maire sortant qui n’apprécie guère ce genre de pression. 

    Dans le cas du projet soumis par Alain Quintal, un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) en lien avec la protection du patrimoine bâti doit être appliqué. Ce plan permet et favorise la conservation d’une homogénéité des bâtiments sur la route 344 longeant la rivière des Outaouais: la brique rouge, les toits en pignon, les carrelages dans les fenêtres et certains matériaux de revêtements, entre autres, sont privilégiés. Les constructions ne seraient pas obligées de cadrer dans tous les points, mais il devrait y avoir, du moins, certains aspects.  

    Dans le cas du projet de M. Quintal, c’est le look moderne et contemporain qui ne cadre pas dans le PIIA patrimoine en place. Le conseil consultatif d’urbaniste (CCU), composé de membres de la ville et de résidents, a fait des recommandations défavorables et recommandé des changements.  Ils sont les chiens de garde de la ville. 

    «M. Quintal a un super beau projet de maison haut de gamme, de grandes superficies, sur une route auquel il y a un PIIA patrimoine, explique M. Labelle, qui dit avoir rencontrer le citoyen à deux reprises.  Le projet cadre difficilement tel que présenté. Plusieurs solutions, idées d’aménagement et modifications de plan ont été présentées, mais M. Quintal ne veut rien changer. Il veut faire plier la municipalité à ses besoins. En fait, ce qu’il demande, c’est une entorse au règlement, qui est refusée pour l’instant.»  

    Le cadre normatif en place depuis plusieurs années serait inscrit dans le certificat de localisation lors de l’achat et il ferait partie de l’engagement du notaire de le divulguer. «Ce n’est pas en mettant une pression indue autant sur l’équipe d’administration que sur les élus que ces dossiers doivent être considérés en premier, insiste M. Labelle, qui dit vouloir gérer pour le bien de l’ensemble de la communauté et donner autant d’énergie à des citoyens qui seraient moins privilégiés par la vie. Il doit travailler avec nous pour trouver une solution à son projet.» 

     

  • Labelle: un homme d’équipe

    Labelle: un homme d’équipe

    «L’ambiance de travail est bonne, on sent que le personnel a un objectif commun et ça c’est très important pour moi», d’avancer Marc-Olivier Labelle, pour qui le changement de la culture organisationnelle a été l’un de ses premiers cheval de bataille. Entre autres, il explique à quel point le personnel travaillait à l’époque en vase clos. Toutes les portes de la mairie étaient barrées, ce qu’il s’est empressé de changer, alors qu’il prône le travail d’équipe, le soutien aux employés et l’entraide. 

    Il parle avec fierté d’Arianne, aux travaux publics et à l’urbanisme, et de Vanessa, des ressources hors pair qui font partie de la première ligne, de Guillaume, un ajout aux travaux publics et de l’embauche d’un nouveau directeur aux incendies avec enthousiasme et fierté. 

    Pourtant, l’addition de circonstances exceptionnelles au cours de ses 4 années à la barre de la municipalité aurait pu avoir raison de ce père de famille et homme d’affaires. «J’aime ça! J’aime encore plus ça que j’aurais pensé! Mais ce n’est pas facile, ce n’est pas facile d’être bon partout! Il faut vraiment être bien organisé», insiste celui qui est entré en poste avec le règlement des dossiers reliés aux premières inondations de 2017. S’en sont suivi une 2e inondation majeure en 2019 et la gestion de la pandémie en 2020, en plus de dossiers importants qui traînaient sur la table depuis des années, soit la gestion du traitement de l’eau potable et le réseau d’aqueduc désuet. Il indique que le plan de relocalisation et règlements pour les personnes inondées est en grande majorité complété. 

    Questionné sur l’augmentation des coûts de déneigement soulevé par son opposant Stephen Matthews, M. Labelle explique que les gestionnaires municipaux doivent faire face à une tendance lourde d’augmentation des coûts des services de base. Lors du renouvellement du contrat en 2018, le coût de déneigement est passé de 6400$ à 11 000$ du kilomètre. Le conseil de ville, qui a fait ses devoirs à ce moment, est retourné en appel d’offres pour sauver un 300 000 dollars. «La vraie problématique, c’est le contrat de déchets qui vient à échéance, prévient M. Labelle. C’est difficile de contrôler cette augmentation parce que tout le monde se réfère à la pénurie de main-d’œuvre et à l’augmentation de coût de l’essence et des équipements. Toutes les villes vivent ces problématiques. On est au fait de nos dossiers.» 

    Avec la pandémie, l’intérêt pour la couronne nord de Montréal a eu ses effets positifs: les maisons se vendent rapidement, il y a un engouement pour des terrains, l’ajout de nouvelles constructions et beaucoup de rénovations, ce qui débouchera sur de nouveaux revenus. «Pour une municipalité des basses terres comme la nôtre, à proximité de deux grands cours d’eau, les restrictions à l’aménagement sont quand même importantes en raison des zones inondables et de la protection des milieux humides.  =C’est là qu’on a la plus grande complexité, évoque M. Labelle.  On est dans une optique d’encadré pour s’assurer que nous sommes dans la bonne direction.» 

    Jeux d’eau au village et parc de Carillon 

    M. Labelle réitère son désir d’implanter d’abord des jeux d’eau au cœur du village, tout près de l’école, du CPE et des installations municipales, ce qui facilitera aussi la gestion et la surveillance.  =D’ailleurs, une subvention de 90 000 dollars dort dans les coffres depuis 2015 pour améliorer le milieu de vie des citoyens. «Ce que l’on constate, c’est qu’il y a de jeunes familles qui si ce n’est pas de l’école, du CPE ou du camp de jour qui les amènent aux activités, ils sont moins enclins à y aller, explique celui qui rappelle aussi que les camps de jour sont revenus au village depuis 3 ans.  Prendre un véhicule pour aller à Carillon, c’est limitatif pour les enfants qui sont en plus grand nombre au village.» Il cite en exemple la ligue de baseball qui a connu un vif succès par sa proximité, tout en n’excluant pas la possibilité de faire un 2e plan éventuellement à Carillon. En ce qui concerne le manque d’eau, M. Labelle rappelle que les jeux d’eau doivent être installés sur des puits en circuit fermé traité par des UV et non connecté directement sur la source d’eau potable. 

    «J’y crois et j’y mets tout mon cœur. On a probablement l’une des plus belles régions avec un beau patrimoine bâti. On a encore du travail important à faire. Le parc de Carillon est un joyau incroyable. Est-ce qu’il est sous-utilisé? Oui. Mais nous avons des plans de mise en valeur du parc et du camping comme attrait touristique qui sont en cours», conclut celui qui invite les citoyens à voter en grand nombre ce dimanche 7 novembre. 

     

     

  • Trois accidents mortels

    Trois accidents mortels

    Le premier accident est survenu dans la nuit de jeudi à vendredi dernier à 3h30 sur la route 344 à Saint-Placide.  Deux véhicules sont entrés en collision menant à un incendie.  Une victime, dont on ne connait toujours ni l’âge ni le sexe, a été découvert dans le véhicule par les sapeurs dépêchés sur les lieux. 

    Un enfant de 5 ans de la région d’Argenteuil a succombé à ses blessures vendredi soir après un accident survenu vers 14h sur la route 329, à Gore.  Une voiture, qui aurait dévié de sa voie, et une mini-fourgonnette sont entrées en collision, près du Domaine Lakefield.  Deux autres personnes ont été blessées lors de l’accident, mais sont hors de danger. La route a été fermée jusque tard en soirée pour mener l’enquête, qui se poursuit. 

    Un autre accident sur l’autoroute 50 a eu lieu lundi à 18h15 au kilomètre 246 à Brownsburg-Chatham forçant la fermeture de l’autoroute durant quelques heures. Alors qu’il aurait percuté un orignal de plein fouet, l’homme de 67 ans de Repentigny a perdu la vie. 

    La Sûreté du Québec rappelle l’importance d’être vigilant sur les routes, surtout à l’aube de la saison hivernale qui demande à redoubler de prudence. 

  • Le squelette d’Argenteuil  

    Le squelette d’Argenteuil  

    À l’époque, il y avait environ 650 habitants dans ce petit village du comté d’Argenteuil. Lachute était plutôt paisible, elle voyait grand avec l’arrivée de sa nouvelle gare. C’était l’espoir de voir son village devenir une ville et peut-être même une plaque tournante pour l’économie.  

    Certains soirs de pleine lune, on pouvait entendre des os claquer dans la clairière du bois à McKenzie, juste l’autre bord de la rivière du Nord. Certains disaient que c’étaient plutôt des arbres qui tombaient sur d’autres arbres à cause de forts vents. Le vent dans le comté d’Argenteuil n’a jamais écorné les boeufs, mais il déracine les arbres, à ce qu’on raconte. C’était la façon la plus logique pour expliquer le phénomène et surtout, pour aider les enfants à dormir malgré la peur qui les envahissait.  

    Par ailleurs, les bûcherons ne voulaient jamais aller travailler dans le bois à McKenzie. Ils préféraient aller bûcher à Kilmar ou choisissaient même de monter aussi loin que Mont-Laurier. Dans les camps de bûcherons à travers le haut et le bas Canada, il était reconnu qu’il ne fallait pas accepter des contrats pour travailler dans la forêt à McKenzie, dans le coin de Lachute.  

    On rapporte aussi que Messieurs Félix Hamelin et Thomas Ayers, les fondateurs de Ayers ltée, auraient commandé des recherches privées pour comprendre le phénomène et possiblement le régler. C’était le talk of the town pendant un maudit bon moment! Il y avait même une rumeur, dans les cours d’école, qui disait que si tu te fermais les yeux à la noirceur devant un miroir et que tu disais lentement trois fois «le squelette à McKenzie», il apparaissait derrière toi, éclairé comme une aurore boréale ! Malheureusement, je ne peux pas confirmer cette rumeur, car aucun enfant n’a eu le courage d’essayer.  

    Le squelette, à ce qu’on raconte, serait les restants de Bagot Durocher… Bagot Durocher était un homme bon et simple. Il travaillait à l’usine Ayers sur les machines à laine. Il avait une femme qu’il aimait plus que sa propre personne. Lui et sa femme avaient aussi un enfant. Juste un, ce qui était très rare à l’époque. Sa femme avait eu des complications à l’accouchement du petit Fernand et depuis, elle ne pouvait plus enfanter. Heureusement, le petit Fernand était en pleine santé! Une petite tornade dans la chaumière des Durocher. De bonne heure dans le petit matin, Bagot allait en plus livrer de la glace en charrette. Un métier difficile, mais noble.  

    Bagot était un homme de peu de mots, qui mettait ses babines au même rythme que ses bottines. Ce n’était pas l’époque du «je, me, moi». Dans ce temps-là, on se retroussait les manches jusqu’au coude, pis on fabriquait de l’huile à bras. Les nuits étaient courtes au pays des Durocher, comme pour tout le monde.  

    À l’automne, c’était le temps de la chasse dans le bois à McKenzie. La chasse dans les profondeurs de cette forêt sans fin. Si ma mémoire du folklore canadien-français est bonne, l’histoire se passe en 1875 très exactement, un automne dru, à ce que l’almanach de l’époque racontait. Un automne pour le monde fait fort avec des tempêtes de grêle, des vents à déraciner des bouleaux et de la neige qui s’était installée avant la mi-octobre. Pays de misère au fin fond d’Argenteuil.  

    Pour la première fois, Bagot pouvait amener Fernand avec lui à la chasse; un moment important dans la vie d’un père et d’un fils ! Par la suite, ils sont partis le matin vers 4h avec leur tente pour veiller les bêtes quelques jours, des sandwiches pis un gros paquet de bonheur. Bagot avait aussi son gros couteau bien affilé pour l’occasion et un fusil double à broche. Les ours noirs du coin n’avaient qu’à bien se tenir. Après trois jours, rien à l’horizon, comme si les ours s’étaient parlé, comme si les ours avaient eu un meeting d’avant chasse.  

    Fernand n’était jamais trop loin de Bagot, mais Fernand qui n’avait que dix ans s’était aventuré un peu trop près de la rivière du Nord… L’histoire du squelette raconte que le petit Fernand aurait été emporté par les eaux de la rivière. Malgré sa grande beauté ancestrale, la rivière du Nord est sans âme, sans pitié. Elle prend tout, même les pauvres petits enfants, et les emporte en son centre, à ce qu’on raconte. 

    Aller dans ses profondeurs, je suis persuadé qu’on ferait un maudit saut ! Il y a des secrets là-dedans à fendre un cœur en deux. Quand Bagot s’est aperçu que Fernand n’était plus avec lui, il était déjà trop tard. Quand la nuit fut proche, il a crié à ne plus avoir de poumons. Son cœur voulait éclater dans sa poitrine. Il a cherché et cherché durant toute la nuit comme un fou. Les corbeaux, aux quatre coins de la forêt, le suivaient partout. Les écureuils, les mouffettes, les ours noirs, tous se sont mis à suivre le bonhomme. L’âme de la forêt était au cœur de la tragédie.  

    À part les pas furieux de Bagot dans les feuilles mortes enfouies dans la neige, on n’entendait que le silence d’un bout à l’autre de la forêt. L’âme du bois à McKenzie retenait son souffle. Bagot ne voulait pas revenir chez lui, devant sa femme, sans le petit Fernand. C’était impossible, pour lui. Il préférait mourir pour le chercher.  

    La légende raconte que Bagot a cherché son fils jusqu’à perdre son identité. Il a tellement cherché qu’il n’est jamais revenu. Il était perdu, au sens propre et figuré. Pour dire la vérité, on ne l’a jamais revu. Et c’est pour ça que le squelette d’Argenteuil cherche toujours, aujourd’hui, son petit Fernand.  

    Maintenant, on a oublié cette histoire, on a oublié que Bagot a laissé sa peau dans la forêt à McKenzie. Tellement qu’avec le temps qui passe, il est devenu un squelette. Son âme perdue, mais accrochée à ses os ! Comme si le temps s’était arrêté. Une chance que la rivière du Nord ne parle pas. Une chance. Mais parfois, au bout de la clairière, on peut entendre un squelette pleurer, qui claque en sanglots. 

  • Pas bien dans sa peau: des ressources existent

    Pas bien dans sa peau: des ressources existent

    Pour plusieurs, encore aujourd’hui, ce sont des signes de faiblesse. Depuis la pandémie, on parle beaucoup de santé mentale; à part le risque de contagion, c’est devenu la grande préoccupation. Selon un récent article du Devoir et selon les dernières statistiques du ministère de la Santé et des Services sociaux, il y aurait 19 098 personnes qui attendent une consultation avec un psy. Toujours selon cette source, la pandémie aurait « exacerbé la détresse psychologique dans la population.» 

    Karen St-James est coordonnatrice du Centre Aux sources d’Argenteuil, un organisme communautaire qui offre une approche à la santé mentale différente de celle de la méthode biomédicale. Alors que cette dernière a souvent recours aux médicaments (antidépresseurs, psychotropes, etc), la pratique alternative repose sur la conviction que nous possédons en nous les ressources pour faire face aux moments difficiles de la vie. «Car, dit Karen, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Au contraire, tout le monde connaît des hauts et des bas. C’est normal.»  

    Il se trouve seulement que certains bas sont parfois plus souffrants que d’autres et réclament une assistance pour en sortir. Membre d’Alternatives Laurentides, un regroupement d’organismes qui partage une même vision de la santé mentale, Aux sources d’Argenteuil propose une démarche d’accueil et d’écoute qui tient compte de la personne dans sa globalité, de son histoire et des circonstances extérieures qui agissent sur elle comme sa situation économique, sa famille ou son travail.  

    Alors que la biomédecine tient la maladie mentale pour une anomalie négative, l’approche alternative la perçoit comme un déséquilibre normal dans le cours d’une vie qui peut même se révéler enrichissante. Karen St-James a depuis longtemps banni de son vocabulaire les expressions maladie mentale ou troubles mentaux. Elle préfère santé mentale, une expression que les médias adoptent d’ailleurs davantage aujourd’hui.  

    Il importe d’abord de faire une distinction entre déficience intellectuelle et problèmes de santé mentale. Alors que la première est une affection permanente de gravité variable qui handicape l’individu, la seconde est un déséquilibre ponctuel (dépression, anxiété, frayeurs, etc) qui peut affecter tout un chacun au cours de sa vie. Cela étant, Aux sources d’Argenteuil ne fonctionne pas à partir d’un diagnostic. Au contraire, on laisse à la personne le soin d’identifier elle-même son malaise en lui fournissant une oreille attentive et un environnement rassurant, car «au bout du compte, explique Karen St-James, notre mission consiste à lutter contre les préjugés (la dépression est un signe de faiblesse) et de briser l’isolement». La personne qui éprouve des troubles de santé mentale aura tendance à se replier sur elle-même et cette solitude ne fera qu’aggraver son problème. C’est pourquoi le Centre se veut d’abord un lieu d’accueil que les usagers qui en deviennent des membres considèrent au bout d’un temps comme un second chez soi, voire comme leur famille.  

    Le Centre obéit à cinq principes : le respect de soi et de l’autre, la démocratie, c’est-à-dire que rien n’est imposé qui n’est pas souhaité par la majorité, la solidarité (on est tous dans le même bateau), l’autonomie (je suis responsable de moi) et l’entraide. Aux yeux de certains, cette approche bienveillante dégouline de bons sentiments, mais le fait est que, dégoulinante ou non, elle fonctionne. 

     Par la prise de parole et par le recours à des activités de loisir comme la pratique de l’art, la tenue d’un journal créatif ou de simples parties de cartes, les usagers parviennent à atténuer leur souffrance et retrouver un certain équilibre dans leur vie. Et la pandémie dans tout cela -car il faut bien en parler- a-t-elle eu une influence sur la santé mentale? « Le confinement nous a fait perdre des membres, avoue-t-elle. Les gens n’osent plus venir au Centre de crainte d’attraper la Covid».  Le paradoxe s’explique parce que le confinement et les mesures sanitaires imposées depuis presque deux ans ont engendré de l’insécurité dans la population.  

    Conscient que cette situation comporte un potentiel de crise, le Centre a voulu garder le contact avec les absents en leur téléphonant régulièrement. Mais, selon Mme St-James, il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences réelles de la pandémie sur la santé mentale. Quand, par exemple, on vit confiné à quatre ou cinq dans un espace réduit, qu’on a perdu son emploi ou bien qu’on doit télétravailler avec des enfants autour ou un conjoint désœuvré, on atteint vite un point de saturation. Alors, la soupape saute : au pire, la colère s’installe. La violence aussi, parfois verbale parfois physique.  

    Mme St-James s’attend à un ressac d’ici quelques mois. On verra bien si elle a vu juste.  

  • Attention aux petits monstres costumés

    Attention aux petits monstres costumés

    Avant de partir à la recherche de bonbons, la Sûreté du Québec rappelle quelques consignes de sécurité. Choisissez le maquillage plutôt que le masque pour votre sécurité, car les masques peuvent empêcher de bien voir et de bien entendre; utilisez une lampe de poche pour mieux voir et être plus visible et informez vos parents de votre trajet et de l’heure de votre retour. 

    Pendant la cueillette de bonbons, sonnez aux portes et attendez toujours à l’extérieur des maisons; traversez les rues aux intersections et respectez la signalisation routière et les feux de circulation et ne vous approchez pas du véhicule d’un inconnu et n’y montez pas sans la permission de vos parents.  Vérifiez les friandises reçues avec un adulte. 

    Pour les automobilistes, les policiers demandent d’être particulièrement vigilants et de circuler à vitesse réduite dans les zones résidentielles, en accordant la priorité aux enfants qui sillonneront les rues, notamment aux intersections.